« Quoi de 9 ? » 218 : du 28 avril au 4 mai 2008
Les frères Totor
Silence, on tourne. Ah ! Vous êtes déjà là ? Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour. Dans quelques instants « Quoi de 9 ? », avec Françoise Berthod, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Monsieur, merci d’avoir décidé de venir passer quelques instants sur Télé Objectif Réussir. Une émission littéraire et musicale cette semaine, avec Linda Fischer pour commencer, bonjour Linda.
Bonjour Jean-Pierre.
Nous aurons d’ailleurs le plaisir de recevoir dans le cadre de l’émission « Canevas » de François Berger, l’écrivaine neuchâteloise Cléa Carmin. Mais avant, on va peut-être parler en général de la littérature en Suisse ; pas très facile au vu de toutes les régions linguistiques.
Oui. C’est un peu difficile. Nous avons quatre régions linguistiques, et chaque région a ses propres écrivains. Un des plus connus au Tessin est probablement Fabio Pusterla, ou alors Francesco Chiesa, qui lui, par exemple, refusait d’écrire en dialecte tessinois. Il écrivait seulement en italien. Après, il y a les Romanches. Là-bas, le plus connu, c’est peut-être Linard Bardill ; du moins en Suisse alémanique. Mais il y en a beaucoup quand même. Concernant la Suisse alémanique, il y a la plupart des écrivains. C’est la plus grande part de la Suisse. Dans l’actualité, il y a certainement Erich von Däniken, qui est connu mondialement aussi pour ses théories un peu folles sur les soucoupes volantes. Ici à Neuchâtel, c’était certainement Friedrich Dürrenmatt. Lui, il avait déjà fait une édition bilingue français-allemand, tout comme Jean-Claude Grivel que nous avions récemment reçu ici au studio. C’était d’ailleurs un très grand ami de Max Frisch, qui est aussi un écrivain très connu.
Dürrenmatt faisait aussi des pièces de théâtre, je crois, et de la peinture.
Oui. Il faisait du théâtre et de la peinture. Il était très ample avec son art.
Tout à fait.
Il est décédé ici à Neuchâtel en 1990, je crois.
On a aussi une écrivaine neuchâteloise qui a reçu un prix il y a quelques semaines.
Il s’agit de Mme Anne-Lise Grobéty, qui a reçu une distinction pour son livre « L’Abat-jour » à La Chaux-de-Fonds le mois dernier. Il y a aussi l’écrivain Jean-Paul Comtesse, qui est bevaisan, et qui a édité son premier livre à 65 ans.
Il y a aussi la littérature enfantine ?
Oui. Dans l’actualité, c’est Emmanuelle Houdart, une écrivaine suisse romande qui écrit des livres pour la jeunesse et les enfants, et naturellement la plus connue, Johanna Spyri, qui a créé le personnage de renommée mondiale Heidi. Il existe le dictionnaire des auteurs suisses romands où on peut s’inscrire. Pour le moment, il y a environ deux cents écrivains contemporains, et si quelqu’un a des ambitions en matière d’écriture et de se faire publier, il pourrait aller voir le site et s’y inscrire.
On se rend compte, quoi qu’il en soit, que le monde littéraire est très riche. Ce qui est peut-être dommage, c’est que les médias n’en causent pas beaucoup. Cela doit être très difficile de vivre de la littérature en Suisse.
Oui, c’est très difficile de trouver un éditeur, puis de trouver des acheteurs, de se faire connaître. Cela, ce n’est pas évident.
Enfin, notre télévision va essayer de combler, si je puis dire en étant un peu prétentieux, cette lacune en parlant comme nous le faisons régulièrement d’écrivains. D’ailleurs, mon petit doigt me dit que François Berger et Cléa Carmin sont en train de venir nous retrouver. On va peut-être les écouter. Cléa Carmin est une écrivaine pas tout à fait comme les autres, puisqu’elle est spécialisée dans l’érotisme. Merci Linda, et à très bientôt.
Merci Jean-Pierre, à bientôt.
Après cette émission littéraire, on va parler avec Françoise Berthod. Bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
On va parler de chansons et musique, un peu comme nous l’avons fait pour la littérature en Suisse romande. Un monde dans lequel il est difficile aussi de se faire une place.
Oui. C’est vraiment difficile pour les jeunes d’aujourd’hui. On a souvent à faire à des gens qui le font par passion et qui ont un métier à côté.
Il ne faut pas trop qu’ils espèrent gagner leur vie.
C’est très difficile. On le voit avec les anciens chanteurs. Certains ont percé comme Henri Dès qui vit de ça. Michel Bühler aussi.
Il y a vingt ou trente ans, il y avait quand même des débouchés pour certains chanteurs, dont les plus anciens d’entre nous se rappellent certainement.
Oui. Il semble qu’à cette époque-là, il y avait plus de chanteurs. Est-ce qu’il vivait vraiment de leur passion ? Il y avait par exemple Arlette Zola, qui a chanté durant longtemps.
Absolument. Arlette Zola la Fribourgeoise.
Oui. Elle a vécu un temps de sa musique. Elle a arrêté un moment et recommence maintenant.
Il y avait aussi Gaby Marchand.
Oui. Jacky Laeger ou Henri Dès, comme on l’a déjà dit.
Guy Sansonnens aussi. À cette époque, les chanteurs qu’on vient de citer étaient régulièrement invités par des grands médias comme la TSR. On les voit beaucoup moins aujourd’hui, même si Alain Morisod invite de temps en temps des chanteurs suisses romands.
Oui. Justement. Je pense que c’est là que se situe vraiment le problème. En ce temps-là, on les voyait à la télévision. Maintenant il n’y a plus rien. Dans les festivals, de temps en temps, on en voit un qui est invité, mais peu souvent. Concernant les enfants, les représentations semblent avoir plus de succès.
Il semblerait qu’en France, les chanteurs et chanteuses aient moins de problèmes.
Oui. Il y a plus de jeunes chanteurs qui arrivent à percer. Mais la France est aussi plus grande.
C’est vrai qu’un million, un million et demi de Suisses romands, ça ne vaut pas le potentiel de la France. Il y a bien ces émissions comme la Star Ac’ et autres qui fabriquent un petit peu des chanteurs ou des chanteuses vite fait, bien fait, mais qui ne durent pas forcément très longtemps.
Non. Et ici en Suisse, lors de ces castings, il semblerait qu’il y ait quand même beaucoup de monde. Il semblerait aussi qu’il y ait deux ou trois cents personnes qui attendent d’être prises. Il y a donc beaucoup de jeunes qui aimeraient…
Qui rêvent en tous cas de pouvoir faire carrière dans la chanson. Une solution serait peut-être d’inclure des chanteurs suisses aux premières parties de chanteurs français ou belges célèbres.
Oui, exactement. On devrait lancer un appel aux grands chanteurs. Dans le temps, ça se faisait plus régulièrement que maintenant. Plusieurs chanteurs en première partie de Johnny se sont fait connaître de cette manière-là. Maintenant, il n’y a plus personne, en général.
Quoi qu’il en soit, je pense que les temps ont changé. La qualité n’est plus vraiment le principal critère, apparemment, pour réussir une carrière. Les grandes chaînes de télévision cherchent d’abord à se faire de l’argent en choisissant des chanteurs ou des chanteuses qui ont surtout des bonnes gueules, mais qui ne sont pas forcément des génies du chant, et qui ne composent souvent même pas leur musique eux-mêmes, ni les paroles de leur chanson.
Non. On le voit bien dans ces émissions genre Star Academy ou Nouvelle Star. C’est vraiment stéréotypé ; fini, terminé. Après… Certains, on ne les entend même plus.
Tout à fait. On a fait une description un peu pessimiste et négatif du …
De la chanson française.
Cela dit, il y a quand même des chanteurs qui ont du talent en Suisse romande. On en a rencontré un. Il s’agit de Vincent Bigler, qui habite d’ailleurs Cortaillod.
Oui.
Un garçon qu’on a eu vraiment beaucoup de plaisir à rencontrer, parce que ce n’est pas de la comédie. Il est vraiment auteur, compositeur et interprète, et c’est un garçon qui a du cœur. C’est un garçon qui a des choses à dire, et je pense qu’il a un grand avenir devant lui.
Oui.
Je vous propose, Mesdames, Messieurs, d’écouter Vincent Bigler que nous avons rencontré dans son studio à Cortaillod, ainsi qu’au port de Cortaillod. Merci Françoise de m’avoir assisté pour parler de la chanson et à très bientôt.
À très bientôt, merci aussi.
C’est sur ces magnifiques paroles que s’achève notre émission de la semaine. Merci Vincent. Et si tu nous écoutes, bonne chance pour ton avenir. Mesdames et Messieurs, merci à vous de nous avoir suivis. On vous souhaite une très, très bonne fin de journée, une bonne soirée et une bonne nuit. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod