« Quoi de 9 ? » 226 : du 23 au 29 juin 2008
Les frères Totor
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour. Dans quelques instants avec mon ami Totor, mon petit frère, nous allons aller au cirque, regarder les clowns. Mais avant, c’est « Quoi de 9 ? ». « Quoi de 9 ? » qui vous sera présenté dans quelques secondes par Françoise Berthod, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir. Nous sommes aujourd’hui dans le magnifique parc du Laténium à Hauterive.
TOR vous propose une émission particulière sous la forme d’une question : « Faut-il accepter que les cirques utilisent encore des animaux sauvages dans leur spectacle ? »
Pour vous aider à vous faire une opinion, nous avons invité deux personnalités, Mme Sylvie Perrinjaquet et M. Hans Vanja Palmers.
Mais qui est donc M. Vanja Palmers ? Linda Fischer va vous donner quelques explications, bonjour Linda.
Bonjour Jean-Pierre.
M. Palmers a aujourd’hui soixante ans. Il est marié, il a une fille adulte. Il a eu la chance de ne pas avoir besoin de gagner sa vie, parce que sa famille était bien posée. Tout jeune, il a interrompu ses études d’économie et il est parti vivre de façon hippie.
Parce que là nous sommes en effet en 1968.
Oui, c’était en pleine époque. Après, il a décidé de prendre le chemin de l’ascèse, et il est parti aux États-Unis où il est resté dix ans dans un centre de bouddhistes zen, et il est devenu Prêtre Bouddhiste. Depuis qu’il est de retour en Suisse, il a lui-même ouvert un centre au Righi où il donne des workshops, des stages et des cures tout en bouddhisme. Maintenant, ça fait déjà trente ans qu’il fait quelque chose pour les animaux. Là, il a déjà fait quelque chose pour les cochons. Le plus connu, c’était le foie gras, son combat contre le foie gras. Maintenant, il se préoccupe du sort des éléphants.
Parlons en effet de la problématique des éléphants. Il y a peut-être des choses qu’on ne savait pas il y a dix, quinze, vingt ou trente ans. Mais aujourd’hui, on sait beaucoup de choses. Mais en Suisse, on n’a pas encore pris les mesures qu’ils fallaient ?
C’est juste. Les éléphants, ce sont d’abord des animaux qui vivent en famille, en troupeau où il y a une hiérarchie. Seulement, le fait qu’ils soient tellement plus grands que nous, fait que nous ne pouvons pas les tenir avec nos mains ou avec nos pieds, parce qu’ils ont automatiquement plus de force. Chez eux, c’est aussi la force qui fait la position du groupe. On est presque obligés d’utiliser d’autres méthodes. Il y a une particularité surtout chez les mâles des éléphants asiatiques, ça s’appelle le musth. C’est un mot qui vient du perse, et cela veut dire un état d’excitation, un état d’ivresse. Cela a aussi des effets corporels pour les éléphants. Il a les glandes enflées et elles travaillent plus. Psychiquement, ils ne supportent plus le bruit. Ils sont hyper nerveux. Ils sont beaucoup plus agressifs que normalement. Cela a amené que dans les zoos aujourd’hui, on ne laisse plus les mâles en contact direct avec les gardiens. Ils ont des cages spéciales qu’on peut diviser en deux avec une grille pour que le gardien puisse laver d’un côté pendant que l’éléphant est dans l’autre. On évite tout contact direct avec l’animal. Malgré tout, il y a quand même encore trois quarts des accidents qui se passent avec des femelles, et c’est dû au fait que si le gardien et l’éléphant veulent entrer en même temps par une porte trop mince, c’est clair que c’est l’éléphant qui gagne… Malheureusement, cela veut signifie pour eux la mort ! Pour le gardien comme pour l’éléphant, parce qu’après on a peur. On n’a plus confiance et il n’y a plus personne qui veut s’approcher de l’animal. En principe, on devrait vraiment penser : « Est-ce que l’humain est vraiment fait pour pouvoir tenir un animal de cette manière-là ? ».
Très bien. Merci Linda pour toutes ces explications et à bientôt.
À bientôt Jean-Pierre.
Voilà. Mesdames et Messieurs, il est temps d’aller retrouver M. Vanja Palmers, qui nous attend et qui est venu tout spécialement depuis Lucerne pour nous donner quelques explications aujourd’hui sur ce sujet.
Il est temps d’aller retrouver nos amis du Théâtre du Matchbox, le Duo du Bas, car je suis persuadé qu’ils ont un avis sur les éléphants, eux qui ne se trompent jamais !
Je ne sais pas si TOR a vraiment toujours raison, mais nous avons aussi, nous, notre opinion sur les éléphants, sur leurs problèmes de captivité et on va en parler avec Françoise Berthod. Bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Tout comme moi, vous avez des enfants, des petits-enfants. Vous les avez aussi emmenés au cirque sans trop vous poser de questions, à l’époque ?
Oui, à l’époque c’était presque pédagogique. Ils en parlaient à l’école. On allait voir le cirque. C’était surtout les éléphants. On ne réfléchissait pas.
On ne se posait pas la question si ces animaux étaient heureux ou pas ?
Non. C’était plutôt… On n’allait pas les voir comme on le fait maintenant avec des safaris ou des choses comme ça. C’était beaucoup plus difficile. Il y avait moins de télé. Maintenant les enfants peuvent ne pas aller voir les éléphants.
Quand on entend ce que vient de dire M. Palmers, c’est vrai que maintenant, cela fait réfléchir ?
Ah oui doublement. On se dit quand même qu’on peut éviter d’emmener nos enfants ou nos petits-enfants, et leur faire comprendre pourquoi on ne les amène pas. Je pense que c’est maintenant ça la difficulté. Les enfants veulent aller voir le cirque et attendent des spectacles comme ça.
Je pense en effet aux grands-parents que nous sommes, voire même aux parents. Cela va être difficile de leur faire changer d’avis ?
Oui, parce que c’est toute une éducation à faire. On allait voir le cirque, comme on dit les éléphants, les choses qu’on ne voit pas couramment. Et il faut refaire l’éducation.
Il faut donc faire changer les mentalités. Alors continuez d’aller au cirque, c’est peut-être sympathique ?
Oui, il existe d’autres cirques sans animaux sauvages. C’est surtout ça. On ne dit pas aux gens qu’il ne faut pas aller au cirque.
Il faut continuer d’aller au cirque, mais simplement faire attention de ne pas faire trop la promotion des cirques qui utilisent des animaux sauvages.
Oui, parce que c’est ce qui s’est fait quand on y allait nous, de notre temps pour voir les animaux sauvages qu’on ne pouvait pas voir autrement.
C’est évident que les propriétaires de cirques ou de zoos diront qu’on ne maltraite pas les animaux. Ils ne les frappent pas, ils ne les tapent pas. Mais tenir un lion dans une cage de 5 ou 6 m2 ou des éléphants derrière des…
Enchaînés.
Enchaînés ou derrière des barrières électriques, ce n’est pas vraiment le bonheur pour eux.
Non, ce n’est pas leur place. Pas du tout.
Merci Françoise de m’avoir aidé à parler de ce sujet et à très bientôt.
À très bientôt et merci.
Voilà Mesdames et Messieurs. Il est temps d’aller retrouver dans nos studios à Bevaix, Daniel Zumbrunn, qui reçoit aujourd’hui, Mme Sylvie Perrinjaquet.
Merci à Mme Perrinjaquet. Merci à Daniel. Mesdames et Messieurs, merci aussi à vous de nous avoir suivis. Passez une bonne fin de journée. Prenez bien soin de vous, des éléphants et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod