« Quoi de 9 ? 232 : du 4 au 10 août 2008
Les frères Totor
Bonjour. Bienvenue sur TOR. Dans quelques instants, nous allons monter à Chaumont, retrouver Daniel Zumbrunn, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.
Mais oui, nous sommes à Chaumont. Mesdames, Messieurs, chers amis bonjour. Bonjour Linda.
Bonjour Jean-Pierre.
Vous avez rencontré un homme extraordinaire que tout le monde aime beaucoup au sein de notre télévision.
C’est vrai, c’est M. Henri-Georges Clerc peut être plus connu sous le surnom de Traclet. Il a grandi pendant la deuxième Guerre mondiale. Depuis très jeune, il a dû être assez débrouillard et chercher des possibilités. Entre autre, c’était l’époque où le be-bop est arrivé, c’était entre les années 1940 et 1950.
Le be-bop, c’était spécial ?
En principe, c’était des musiciens afro-américains qui jouaient du swing dans les big bands qui voulaient sortir un peu de leurs habitudes. Ils ont fait des formations un peu plus petites et ont commencé à faire la musique be-bop. C’était plus accéléré, beaucoup d’harmonie et plus agité.
D’accord. C’est une danse ?
C’est une danse comme le swing. Le be-bop est encore un peu plus rapide. C’est une musique qui est d’abord jouée et après elle est écrite. Les musiciens les plus connus de be-bop sont Charlie Parker, Miles Davis ou Thelonious Monk. M. Traclet a commencé à danser cette danse et il a participé à un concours qu’il a gagné. Suite à cela, c’est devenu l’une de ses danses favorites. Il a eu beaucoup de partenaires qu’il a appréciés et qui lui ont ouvert l’une ou l’autre porte.
En effet, il a gagné beaucoup de concours avec ça ?
Oui plusieurs concours et il a aussi été invité à Paris pour des spectacles de danse avec des groupes de danse suisses.
On peut donc dire que M. Clerc a eu une carrière en tant que danseur, mais il a aussi réussi à faire des très, très belles choses à Neuchâtel. Il a notamment participé à ce qu’on appelait les funérailles de la voiture quand a été créé la zone piétonne à Neuchâtel.
Oui. C’est vrai. Quand on a décidé de faire une zone piétonne à Neuchâtel, c’est lui qui a eu l’idée de faire des funérailles de l’automobile avec des musiciens de style New Orleans. Cela a eu un très grand succès en 1979. Suite à cela, il a eu l’idée de créer l’Ozone Jazz qu’il a fait pendant sept ou huit ans. Chaque année, cela a été répété. Il faisait partie de la ville de Neuchâtel.
On peut dire que M. Clerc était finalement l’un des précurseurs pour organiser des manifestations dans le centre ville. Il y avait la Fête des Vendanges, mais là, il a amené la musique dans la rue et il a fait ça sans aucune subvention de l’État. Il s’est débrouillé tout seul.
Oui, il faisait ça de son propre gré et il réussissait d’avoir des contacts avec des groupes de jazz très renommés, des Américains, des Suisses, du monde entier. Il a réussi de les inviter. Il y avait des spectacles où il y avait environ 700 musiciens qui étaient invités pendant les journées de fête. D’abord, on ne payait pas d’entrée. On demandait au public d’acheter un badge. Les gens ne voulaient pas trop. De ce fait, il a fait une perte personnelle, et après il y a eu une entrée payante.
En tous cas, ce qui est remarquable, c’est ce qu’il a réalisé sans aide. Ce qui est peut-être regrettable, c’est qu’il est vite tombé, malheureusement, dans l’oubli. C’est fout ce qu’on a la mémoire courte ! Il est finalement un grand Monsieur, mais il y a beaucoup de gens qui ne le connaissent plus…
Oui, aujourd’hui, il a 83 ans. Il est malade et ne peut plus danser. Il en parle encore. Il est toujours un petit « filou », il ne l’a pas perdu mais les gens oublient assez vite et c’est dommage.
En tous cas, nous, on ne l’a pas oublié. Vous, vous ne l’avez pas oublié et vous avez eu une très, très bonne idée de faire ce reportage sur ce Monsieur Clerc. Je sais que M. Clerc nous regarde. On le voit presque, assis là au fond de son fauteuil. On lui dit qu’on l’aime beaucoup, qu’on l’embrasse, qu’il prenne bien soin de lui, parce qu’on a encore besoin de lui et on lui dit à bientôt.
À bientôt M. Clerc et aussi à vous Jean-Pierre.
Merci Linda.
Nos amis, le Duo du Bas ont rencontré cette semaine un homme qui entasse aussi les pierres les unes sur les autres comme pour faire des tours. Et ça tient… Oui, oui, je vous le garantis. D’ailleurs, TOR n’est-elle pas la seule télévision qui a toujours raison ?
Voilà. Nous sommes toujours à Chaumont. Cette fois, je suis en compagnie de Daniel Zumbrunn, salut Daniel.
Salut Jean-Pierre.
Avec Daniel, on va parler d’un sport, j’ai envie de dire que les plus de 50 ans ne peuvent pas connaître, parce que ce sont des sports assez modernes.
Oui quand tu dis un sport, je dirais qu’on va parler de plusieurs sports, mais surtout d’un événement qui a eu lieu à Estavayer-le-Lac, il s’agit du Free4Style. C’est plusieurs sports « freestyle », d’esprit libre, basés sur le spectacle, sur le show, qui sont avant tout fait par les jeunes et pour les jeunes.
Dans tous les sports, on trouve cette catégorie, cette particularité ?
Peut-être pas dans tous les sports, mais dans beaucoup de sports, il y a des variantes où le but n’est pas de marquer le plus de buts que l’autre ou de courir plus vite que l’autre, mais c’est de faire des figures les plus intéressantes, les plus spectaculaires, les plus osées pour vraiment faire plaisir au public et se faire plaisir à soi-même aussi.
On trouve ça dans les sports d’hiver, dans le ski, j’imagine ?
Oui dans le ski. Mais là, plus particulièrement ce qu’on a vu, c’est trois sports. Il y a le wakeboard, il y a le jet-ski et le FMX qui est du freestyle en motocross.
Tu as cité là un sport qui n’est pas très connu.
Oui le wakeboard. En fait, c’est parti des surfeurs californiens qui au milieu des années 80 étaient un peu dépités les jours où ils n’y avaient pas de vagues et qu’ils ne pouvaient pas pratiquer leur sport. Ils ont vu qu’il y avait le ski nautique qui était tiré par bateau et ils pouvaient en faire même s’il n’y avait pas de vent, même si le lac ou la mer étaient calmes. Là, ils sont partis de l’idée, ils ont bricolé une planche un peu plus courte et ils se sont faits tirés par des bateaux. Notamment, le premier qui a commercialisé cette planche, c’est Tony Finn et à partir de là… D’abord, il a appelé ça le skurf qui était un mélange de ski et de surf. Au début des années 90, l’appellation wakeboard, s’est généralisée.
D’accord. Et il y avait des sports motorisés notamment à Estavayer.
Oui, toujours sur le lac, il y avait du jet-ski. Là, c’est un peu particulier, parce qu’en Suisse, le jet-ski libre sur les lacs est interdit. Mais quand on organise une compétition, on demande des autorisations spéciales et on peut organiser des courses, des démonstrations. On peut peut-être revenir sur un événement qui s’est passé ce printemps. Un des meilleurs suisses, un pionnier du jet-ski en Suisse s’est malheureusement tué dans un accident de jet-ski.
Ce n’est pas très bon pour le sport ça ?
Ce n’est pas très bon pour l’image. Mais en fait, c’est un peu les circonstances. Il est tombé dans un virage et quand il est revenu à la surface, il y a l’un de ses collègues qui le suivait qui l’a heurté. Ce n’est donc pas vraiment en tombant du jet-ski qu’il s’est blessé, mais c’est le choc avec l’autre. C’est là qu’on voit le danger du jet-ski, si on le laisse en liberté sur le lac, les nageurs sont en danger… Ce n’est peut-être pas une bonne idée de libéraliser ça juste pour quelques privilégiés qui embêteraient tout le reste de la population qui utilise le lac à des fins plus calmes.
Tout à fait, parce que ce sont des engins, on le verra dans le reportage, qui vont vraiment très, très vite.
Oui, ça va vraiment très vite. D’ailleurs, la loi qui fait que le jet-ski est interdit en Suisse, c’est qu’en fait le moteur est beaucoup trop puissant par rapport à la surface de la coque, si l’on compare ça à un bateau. C’est pour ça que c’est interdit en Suisse.
D’accord et à Estavayer, il y avait aussi de la moto, du motocross un peu particulier ?
Voilà. C’est le FMX, le motocross freestyle où on a d’ailleurs l’un des meilleurs du monde qui est Suisse, c’est Mat Rebeaud que tu as rencontré d’ailleurs. Là, cela consiste à faire des figures à moto. On fait des sauts, des sauts périlleux dans tous les sens. On lâche la moto en l’air et c’est vraiment très impressionnant pour le public qui est tout près de ces riders et c’est vrai que cela impressionne.
Rebeaud disait que ce n’est pas un sport dangereux, pas plus dangereux que les autres sports. Enfin, on voit quand même certaines images, s’ils retombent mal, cela doit quand même faire mal !
À chaque compétition, il y en a un qui finit à l’hôpital, mais ce n’est jamais des blessures bien graves. C’est souvent de la casse, c’est des os qui cassent. Ce n’est pas comme au football où il y a des déchirures de ligaments où on en a pour des mois. D’ailleurs souvent d’une compétition à l’autre, celui qui a fini à l’hôpital, il participe à nouveau à la suivante.
Tu parlais de Mat Rebeaud, c’est vrai, c’est assez exceptionnel, il est champion du monde ?
Il a été champion du monde en 2006 et cette année, il est en tête du X-fighters qui est le tour mondial. Lui, sur les quatre premières épreuves qui ont déjà eu lieu, il en a gagné trois et il a fini deuxième à la quatrième. Il est en tête pour cette saison.
À ma connaissance, ce genre de compétition n’existe pas encore en Suisse, cela va peut-être se faire ?
Justement grâce à Estavayer, on a déjà un échantillon et grâce à la présence de Mat Rebeaud qui amène tous ces copains, on a les meilleurs au monde. Même si cela ne fait pas encore partie du tour, on a déjà la possibilité de les voir et sinon, la prochaine compétition aura lieu en Allemagne, à Wuppertal, le 16 août.
Très bien. Merci Daniel pour ces explications.
Merci à toi.
En attendant que ces compétitions se fassent très officiellement en Suisse, on va se rendre à Estavayer où nous attend Mat Rebeaud et ses copains.
Après ces images ô combien mouvementées, je vous propose un poème d’Éric Broye qui a été mis en images par notre collaborateur, Oscar Garcia.
Nous arrivons déjà malheureusement à la fin de nos émissions. Merci Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. Passez une bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod