« Quoi de 9 ? » 252 : du 22 au 28 décembre 2008

 

 

Les frères Totor

 

Joyeux Noël à tous et bienvenue dans le « Quoi de 9 ? ». « Quoi de 9 ? » avec aujourd’hui François Gombàs, Françoise Berthod, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR. Nous avons décidé cette semaine, puisque c’est un petit peu spécial à cause de Noël, de venir par amitié et par solidarité, présenter nos émissions au Tannenhof. Alors, c’est quoi le Tannenhof, on va vous le dire dans quelques minutes.

 

 

À mes côtés, Linda Fischer, bonjour Linda.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler ensemble des drogues, des différentes drogues qui font tant de dégâts dans notre société. Depuis quand est-ce qu’on en parle vraiment ?

Les dérivés de la morphine, de l’opium, la cocaïne ont été découverts pendant la deuxième moitié du XIXème siècle. C’est en 1927 qu’on a découvert l’amphétamine qui est une drogue complètement synthétique. Toutes ont été utilisées à des fins médicales, librement accessibles dans les pharmacies jusqu’en 1961 où on a découvert que cela rend dépendant quand même ces choses-là… On a commencé de les interdire. C’est aussi là que cela a commencé à faire des ravages, surtout l’héroïne qui a de très grandes dépendances corporelles liées à de très grandes douleurs. Avec l’interdiction, il y avait des situations précaires pour les gens concernés. C’était beaucoup des motivations d’auto-défense, ensemble avec des travailleurs sociaux qui ont commencé à faire des stations d’auto-aide.

 

C’est depuis 1970, je crois, qu’on a commencé à mettre en place des thérapies ?

Oui. D’abord c’était les gens eux-mêmes qui ont fait ça comme intermédiaires. Ils ont créé des places de travail, des magasins pour vivre et cela est devenu de plus en plus thérapeutique. Le but était toujours l’abstinence complète. C’était basé sur le programme High Top. C’est un programme en quatre étapes où l’on faisait des thérapies à différents niveaux et en profondeur. Il s’agissait aussi de changer la personne complètement. C’était en principe la seule chance pour quelqu’un comme ça jusqu’en 1988-89 où on a accepté les programmes de substitution. Là, il y a eu un changement. La jeunesse a commencé de changer, les gens devenaient de plus en plus seulement consommateurs. Les autres avant étaient plus créatifs. Avec la votation de 1997 sur la « jeunesse sans drogues » qui a été rejetée, ces stations de thérapie ont été un petit peu condamnées. Ils ont dû choisir, prendre des gens avec de la méthadone par exemple et on ne peut plus retirer les gens deux ans du travail. Il y en a passablement qui ont fermé entre-temps ou qui ont changé leurs manières.

 

Et si on parlait un petit peu du Tannenhof, puisqu’on a décidé de venir passer cette semaine de Noël ici. Ce n’est pas très connu. C’est à une dizaine de minutes de Neuchâtel. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

C’est la Fondation du patronage bernois qui se posait la question à la fin du XIXème siècle : « Que faire avec des prisonniers qui vont être libérés, mais qui n’ont pas d’emploi ? » C’est en 1889 que la Fondation Tannenhof a été fondée. Assez vite, ils ont acheté une ferme. Ils ont mis un employé. Les premiers prisonniers ou des prisonniers libérés sans emploi sont arrivés ici. Cela fait déjà 120 ans qu’ils sont en train de travailler. Ils sont toujours en train de s’adapter aussi aux questions. Aujourd’hui, ce sont surtout des gens, plusieurs ont fait certainement de la prison, mais qui ont eu des problèmes de drogue ou d’alcoolisme, un petit peu des problèmes mentaux et des problèmes dans la société qui sont ici. Il y a de la place pour 87 personnes. Ils ont des animaux, une ferme. Ils ont des légumes, des fruits et une production d’objets bois et en métal. On peut aussi leur donner des travaux à faire, qu’ils réalisent avec un soutien professionnel.

 

Ce qui est très important, son directeur va nous le dire tout à l’heure, puisque nous l’avons rencontré, c’est cette dignité qui est redonnée à ces personnes qui, normalement, serait peut-être condamnées à rester dans des maisons psychiatriques si le Tannenhof n’existait pas.

Oui certainement. Ici, ils sont utiles pour la société et aussi pour eux-mêmes, parce que pour quelqu’un qui a des problèmes, une des plus grandes satisfactions, c’est de pouvoir donner quelque chose aux autres. Ici, ils font un travail. Ils font un travail de qualité, parce qu’ils livrent leurs fruits dans plusieurs villes et ils savent exactement que si la qualité n’est pas celle demandée, ils vont perdre cette source de revenu.

 

Très bien. Merci Linda de nous avoir parlé du Tannenhof et de cette problématique des drogues. On va regarder ce reportage que nous avons réalisé ici lors de la Saint-Nicolas. Quant à moi, je vous souhaite de joyeuses fêtes et tous mes vœux de bonheur et de santé.

Pour vous aussi, merci Jean-Pierre.

 

 

Après le Tannenhof, il est l’heure sans transition d’aller retrouver nos amis le Duo du Bas. Le Duo du Bas qui d’habitude nous fait mourir de rire, mais cette fois, ce ne sera pas le cas. Bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

En effet, nos amis le Duo du Bas, d’habitude ils nous font marrer. Cette fois pour Noël, ils voient les choses autrement.

Oui, ils ont vu les choses autrement comme beaucoup de gens cette année et les autres années aussi, c’est la solitude. Il y a beaucoup de gens qui souffrent de solitude pendant cette période-là et ils nous font comprendre qu’il faut aussi partager, être à l’écoute des autres.

 

On voit que ce n’est pas facile. On le verra dans le sketch où l’un des deux voit Noël de façon très positive sans trop penser à son copain, à son collègue.

Voilà, c’est ce que beaucoup de gens font et c’est ce qu’il faut éviter pendant cette période-là. Il faut être à l’écoute des autres.

 

Bien. On va aller écouter nos amis, le Duo du Bas et on se retrouve juste après pour parler chanson. À tout à l’heure.

À tout à l’heure.

 

 

Merci à nos amis, le Duo du Bas, pour cette excellente idée qu’ils ont eue de parler de la solitude surtout durant ces fêtes de Noël. Avec Françoise, on va parler de notre ami et collaborateur, César Carrasco, qui a aussi écrit une très belle chanson pour Noël.

Oui, il est auteur-compositeur-interprète et il a écrit une chanson sur le partage. C’est vraiment un thème qu’il faut discuter de nos jours, parce que les cadeaux sont souvent la première idée de Noël, mais ce n’est pas tout…

 

En effet, déjà nos amis, le Duo du Bas nous l’ont dit, on peut avoir un voisin qui est seul. Il ne va pas nous le dire. C’est à nous de regarder un petit peu s’il y a des manques, s’il y a des gens qui souffrent autour de chez nous et César a vraiment fait quelque chose de très beau. C’est vrai en disant …

Qu’il faut partager.

 

C’est partager sa solitude aussi avec d’autres.

Voilà exactement. Il ne faut pas rester dans son coin. Il faut donner un sourire ou quelque chose, un petit moment de son temps et cela ne coûte rien.

 

Absolument. On va écouter cette magnifique chanson écrite par César. En attendant, je vous souhaite déjà de bonnes fêtes, de bonnes fêtes de fin d’année et tous mes vœux de santé et de bonheur pour l’année prochaine.

Merci, à vous aussi.

 

 

On va terminer cette émission de Noël avec un concert et François Gombàs, bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

À Noël, on en parle depuis tout à l’heure, quelles sont les principales préoccupations des gens finalement ? Vous vous êtes un petit peu penchés là-dessus.

En général en Suisse, les principales préoccupations c’est l’achat et le choix des cadeaux pour Noël. Mais ce n’est pas tout à fait vrai pour tout le monde, parce qu’il existe des gens qui sont démunis, ou ils sont enfermés, ils sont déprimés ou ils sont seuls. Pour eux, il existe des personnes heureusement qui s’occupent d’eux, qui ont envie de distribuer de la chaleur humaine, à l’instar de Mme Elizabeth Sombart, qui est une pianiste renommée et elle, elle va donner de la chaleur humaine en jouant des concerts dans les prisons, dans les EMS, dans les hôpitaux.

 

Absolument et elle fait ça gratuitement tout comme elle a une école aussi où elle donne des leçons gratuites.

Tout à fait, c’est cela. On peut dire aujourd’hui que si tout le monde faisait un peu la même chose qu’elle, même si on n’a pas grand-chose à donner, on n’est pas tous riches ou bien dotés, mais si on peut donner un peu de chaleur humaine en discutant avec les gens, en leur faisant un petit sourire, en les écoutant, en faisant un petit signe, je pense que ces fêtes de Noël se passeraient mieux pour tout le monde.

 

J’espère que votre message sera entendu. En tous cas, moi, je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noël et une bonne année 2009. À bientôt, merci.

Merci Jean-Pierre, à vous aussi.

 

C’est sur ces images que se termine notre séjour au Tannenhof. Merci Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. Passez de joyeuses fêtes. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod