« Quoi de 9 ? » 302 : du 5 au 11 janvier 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue dans « Quoi de 9 ? » avec aujourd’hui Linda Fischer, Daniel Zumbrunn et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR. Nous sommes cette semaine sur les hauteurs de Bevaix au Plan-Jacot pour être précis. Le Plan-Jacot, c’est d’abord une vue imprenable sur le lac de Neuchâtel. C’est aussi une auberge où l’on mange merveilleusement bien et bien sûr, c’est un théâtre, celui des Baladins. Les Baladins qui ont réalisé une magnifique pièce sur la vie des paysans de montagne et qui a eu énormément de succès. Avant de vous présenter quelques extraits, je vous propose de faire un petit peu plus connaissance avec les paysans de montagne et leur problématique avec Daniel Zumbrunn.

 

 

Salut Daniel.

Salut Jean-Pierre.

 

On fait une différenciation entre les paysans conventionnels, j’ai envie de dire, et les paysans de montagne, pourquoi ?

On fait surtout une différence entre les paysans de plaine et de montagne. Il y a deux raisons. La première, c’est le climat. En montagne, la gelée arrive plus vite. La saison pour planter notamment est beaucoup plus courte. Il y a aussi des problèmes d’alpage. On ne peut pas laisser les bêtes dès qu’il y a de la neige. Ça, c’est la première grosse différence et la deuxième, c’est surtout la topographie des lieux, c’est-à-dire que des champs qui sont dans de fortes pentes, on ne peut pas y aller avec des machines, des tracteurs et l’on est obligé de faire le travail à la main, avec des animaux. C’est beaucoup plus pénible. C’est donc forcément des plus petites surfaces, des plus petits domaines agricoles. On ne peut pas avoir ces gros champs, ces grosses entreprises, les grosses moissonneuses, les gros tracteurs qui font tout le travail en une journée, alors qu’à la main, on en a pour deux semaines.

 

Les paysans de plaine se plaignent et ont probablement raison de ne pas gagner suffisamment. Les paysans de montagne, cela doit être encore pire ?

Étonnamment, ils se plaignent moins, mais il faut dire qu’ils ont aussi pas mal d’aides. Il y a déjà les paiements directs de la Confédération. C’est une aide qui n’est pas du tout en rapport avec la production, avec la productivité. Cela ne change pas le prix de revient des matières, mais c’est un encouragement par rapport à l’écologie. Il y a la biodiversité et c’est très important qu’on continue de cultiver à toutes altitudes dans tous les endroits de Suisse, pas que cela devienne en friche pour la beauté des paysages, par exemple. Pour le tourisme, c’est aussi important. Pour garder aussi certaines races de vaches, de chevaux qui sont locales et qui risqueraient de disparaître si on veut vraiment faire de l’élevage intensif en plaine. On prendra forcément la vache qui produit le plus de lait. Toutes ces petites vaches tendraient à disparaître, si on n’aidait pas. C’est pour ça que la Confédération a ces paiements directs et même l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) ne conteste pas ces aides, parce qu’elle comprend bien que cela a un caractère utile et que ce n’est pas pour faire de la concurrence à la plaine.

 

En effet, certains citadins ont tendance à dire que maintenir à tout prix les paysans de montagne, c’est un peu pour le folklore. En effet, tu nous as prouvé que ce n’était pas vrai.

Oui avec les exemples que j’ai donnés, rien que le paysage… Si on commence à laisser tout en friche, il n’y aura plus que des forêts. Il n’y aura plus de champs, plus de pâturages. Il n’y aura plus d’animaux. Les touristes, est-ce qu’ils viendront encore ? Il n’y aura plus de pistes de ski non plus, s’il n’y a que des arbres.

 

Je crois savoir que CARITAS entreprend des démarches pour les paysans.

Oui. Ils ont une structure spécifique pour les montagnards, pour les paysans de montagne, qui leur vient en aide et ils cherchent surtout des gens, des bénévoles qui peuvent aller passer, ne serait-ce qu’une semaine, dans une exploitation de montagne où l’on est nourrit, logé. On fournit simplement du travail, il n’y a pas besoin d’avoir des connaissances spécifiques. C’est du travail assez manuel, mais il n’y a pas besoin d’être bricoleur. On trouve toujours une activité à faire et on peut vivre comme ça une expérience, c’est très enrichissant. C’est peut-être fatigant physiquement, mais c’est très reposant pour la tête. C’est quelque part une aventure. On pourrait inviter beaucoup de monde à le faire une fois dans sa vie.

 

Autre organisation bien connue qui s’appelle, je crois, « L’aide suisse aux paysans de montagne ».

C’est « L’aide suisse aux montagnards », parce qu’ils viennent en aide aux paysans, mais pas seulement aux paysans. Ils luttent aussi contre l’exode rural. Là, je peux prendre un exemple, un cas précis. C’est le petit hameau de Montavon dans le Jura, qui est à peine à 600 m d’altitude. Ce n’est pas de la haute montagne. Quand on pense aux paysans de montagne, on ne pense qu’aux Alpes, mais dans le Jura, on a aussi des paysans de montagne. Justement, à Montavon, ils avaient une société de tir, c’était la seule société du village et elle était en train de mourir et ils avaient leur stand de tir qui ne leur servait plus à rien. Là, ils ont décidé de demander de l’aide pour transformer le stand de tir en dortoirs. Maintenant, ils accueillent des classes, des touristes et ils ont toute une infrastructure pour les accueillir dans de bonnes conditions. Ils peuvent dormir et ça maintient quelques petits emplois occasionnels dans le village. Cela permet à des personnes de rester au village et d’avoir un petit gain accessoire grâce à cette initiative.

 

Merci Daniel pour ces explications sur nos chers amis, les paysans de montagne, à bientôt.

À bientôt Jean-Pierre.

 

Autre solution pour aider les paysans de montagne, c’est un petit peu dans la fiction, c’est la petite pièce de théâtre qui a été montée par la troupe des Baladins qui va nous parler de ça. C’est un peu une caricature, c’est très drôle et en même temps, c’est aussi très, très émouvant.

 

 

2009 a commencé. Avez-vous pris de bonnes résolutions. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Nos amis, le Duo du Bas, vont vous donner quelques idées.

 

 

Dans quelques minutes, nous aurons l’immense plaisir de recevoir un très grand poète égyptien, M. Alex Caire qui habite Neuchâtel. Pour nous mettre dans l’ambiance, j’ai le plaisir d’avoir à mes côtés, Linda Fischer, bonjour Linda.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Vous allez nous parler un petit peu de cet immense pays qu’est l’Égypte.

Oui, c’est un lieu très historique, parce qu’il y a plusieurs passages. Déjà l’Antiquité, ça a duré pendant 3000 ans avant Jésus-Christ. Après, il y a eu l’époque romaine qui a commencé en moins 30 avec le suicide de Cléopâtre. Ensuite, ça continue avec la période byzantine dès le IVème siècle. Après, il y a eu l’Égypte islamique. L’Égypte arabe a commencé au VIIème siècle. La première capitale arabe, Fustat, a été fondée et là a été construite la première mosquée de l’Afrique. Il y a encore la période Ottomane, les Turcs sont entrés en Égypte, ça s’est arrêté par une protection britannique pendant la 1ère Guerre mondiale.

 

Et l’Égypte d’aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut en dire ?

Le 23 juillet 1952, il y a eu un coup d’État. La République arabe d’Égypte est proclamée en 1953. Là, le président Nasser a fait beaucoup de changements. Il poursuivait une ligne socialiste. Il a fait nationaliser beaucoup d’entreprises textiles notamment, ainsi que le canal de Suez. Il y a eu aussi le conflit du canal de Suez et la Guerre des six jours. Il a perdu de la popularité et c’est en 1970 que Sadate a pris le régime. Il a poursuivi la même ligne, mais il a fait des changements plus favorables dans le commerce. Sadate a été assassiné en 1981 et depuis là, c’est Hosni Moubarak qui est président. Il a été élu la dernière fois en 2005. C’était la première fois que les élections étaient ouvertes à d’autres candidats. L’Égypte d’aujourd’hui, c’est le pays le plus peuplé d’Arabie. 90 % habite dans le delta du Nil. Là où le delta du Nil est le plus large, 24 km. La moyenne est de 10 km et cela peut avoir qu’une centaine de mètres. Le deuxième grand endroit où il y a des gens, c’est Fayoum.

 

Merci Linda de nous avoir fait découvrir ce grand pays et à bientôt.

À bientôt Jean-Pierre.

 

Place maintenant à la poésie avec Alex Caire.

 

 

Notre émission touche déjà malheureusement à sa fin. Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivie. Passez une bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod