Quoi de 9 ? 324 : du 8 au 14 juin 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR. Bienvenue dans le Val-de-Ruz avec aujourd’hui François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. On se trouve cette semaine avec François Gombàs, bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Dans le Val-de-Ruz, plus précisément à Villiers, parce que tout à l’heure, nous avons rendez-vous avec l’un des plus grands peintres neuchâtelois, M. Aloys Perregaux. Mais d’abord, parlons un petit peu du Val-de-Ruz, qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Le Val-de-Ruz est un des six districts du canton de Neuchâtel. C’est celui qui relie Neuchâtel à La Chaux-de-Fonds. Aujourd’hui, grâce au tunnel, on le traverse assez vite, mais on peut dire qu’il est composé de seize communes différentes qui datent toutes de l’Antiquité.

 

Est-ce que l’on sait depuis quand le Val-de-Ruz est habité ?

On pense que peut-être Cro-Magnon ou l’homme de Neandertal s’y seraient promenés. Mais les premiers vestiges qu’on a datent de l’âge de bronze et de l’âge du fer. Ensuite, il y a eu bien sûr les invasions romaines, les invasions germaniques et petit à petit on a eu des communes qui se sont créées dans le Val-de-Ruz. Vers 1200, on avait déjà six communes qui composaient le Val-de-Ruz, mais à part ça, le Val-de-Ruz est sans histoires. C’est un pays qui est entre deux montagnes forestières qu’on a beaucoup défrichées avec le temps. Mais le seul point d’orgue, qu’on peut citer au Val-de-Ruz, c’est un trésor qu’on a découvert en 1824.

 

Le Val-de-Ruz cache des trésors ?

Oui, c’est un trésor de l’Antiquité romaine. On avait découvert 420 pièces de monnaie de l’empire romain. Il était caché sous une pierre près de Dombresson. On ne sait pas qui l’a caché. Il a été caché à peu près entre 55 et 56 de notre ère. Il est resté enfoui quasi dix-huit siècles et on a recensé ce trésor, c’est les deux pasteurs du coin, qui ont recensé ce trésor.

 

Un trésor à Dombresson ! Et ici, à Villiers où l’on se trouve, est-ce qu’il y a aussi eu des trésors cachés ?

Pas de trésor. On peut dire que le seul fait historique marquant de Villiers, c’est qu’à la fin du XVIIe siècle, il a quasiment tout été détruit par un incendie. En 1933, c’était le terminus du tram qui jusqu’en 1947 a desservi Villiers. Ensuite, c’était le trolleybus jusque dans les années 80 et depuis, on peut s’y rendre qu’en bus.

 

Merci François de nous avoir parlé du Val-de-Ruz et de Villiers. Comme on peut s’en rendre compte, Villiers est un petit village très dynamique, très actif, beaucoup d’artisans, d’artistes, d’enfants, d’agriculteurs et puis, un très, très grand artiste avec qui nous avons rendez-vous dans quelques secondes, il s’agit de M. Aloys Perregaux.

 

 

Il est temps de donner la parole à nos amis du Duo du Bas, du théâtre Matchbox, qui comme vous le savez, il y a Roger Sassuit et il y a aussi M. Pierre Ponce qui est paysan à Boudevilliers qui devaient nous parler aujourd’hui de la protection de la nature. Je dis bien qu’ils devaient nous en parler, parce qu’aux dernières nouvelles, ils n’avaient pas d’idée…

 

 

Nous sommes toujours dans le Val-de-Ruz, à Vilars pour être précis. François, on va parler maintenant des oiseaux migrateurs, puisque dans quelques minutes, nous allons nous rendre à La Sauge. Question toute bête, c’est le cas de le dire, pourquoi y a-t-il des oiseaux migrateurs ? Pourquoi certains oiseaux ont envie de migrer ?

C’est vrai que c’est un phénomène très étonnant. On ne connaît pas vraiment les origines de pourquoi ils vont migrer. On sait que ça date des changements climatiques du temps des glaciations. Jusqu’à très peu de temps, les scientifiques ne savaient pas du tout pourquoi. On pensait même que les hirondelles, quand elles partaient en hiver, elles allaient se terrer dans la vase des étangs. On ne savait pas où elles allaient ? Cela fait à peu près un siècle qu’on a commencé à baguer les oiseaux et on a pu recenser leur chemin, où elles allaient, dans quelles directions ? On a réalisé que certains oiseaux migraient à courte distance, c’est-à-dire jusque dans le Sud de la France, 800 à 1000 km. D’autres oiseaux, par contre, ils allaient au Sud du Sahara, jusqu’à 10'000 km, notamment les cigognes et les hirondelles.

 

Vous parlez de cigognes. Je sais que l’année passée ou il y a deux ans, on en a trouvé dans le Val-de-Ruz, d’ailleurs justement ?

Oui entre Fontaines et Fontainemelon au mois d’octobre, on a vu des cigognes, je crois, trois cigognes qui étaient ici dans le Val-de-Ruz.

 

Il y a des oiseaux qui partent l’hiver dans le Sud de la France, d’autres en Afrique. Combien de kilomètres, ces oiseaux arrivent à voler en un jour ?

Cela dépend. Ceux qui font une courte distance, ils doivent se ravitailler quotidiennement, ils font jusqu’à 50 km. Les autres qui voyagent une longue distance peuvent voyager 400 à 500 km toute une nuit et s’il y a du vent arrière, 800 à 1000 km. Là, ils doivent se reposer et attendre quelques jours, faire le plein de graisse nécessaire pour continuer leur périple.

 

On peut imaginer que traverser les Alpes ou traverser la Méditerranée, cela ne doit pas être facile ?

C’est vrai. C’est vraiment une petite partie des oiseaux migrateurs qui traversent ces deux obstacles. C’est surtout les oiseaux un peu plus petits qui ont moins d’énergie à dépenser pour transporter leur corps. Les autres oiseaux migrateurs, eux par exemple, pour les Alpes, ce qu’ils font, c’est qu’ils longent les Alpes en parallèle, soit au nord, soit au sud. Ensuite ils arrivent sur la côte en France dans le Midi et là, ils continuent de longer les côtes jusqu’à Gibraltar. Là, au détroit de Gibraltar, la distance est très courte pour traverser la Méditerranée. C’est, je crois, une trentaine de kilomètres et c’est là qu’on va avoir vraiment un attroupement d’oiseaux migrateurs. D’ailleurs ceux qui vont observer les oiseaux migrateurs, souvent se donnent rendez-vous là-bas pour regarder passer les oiseaux.

 

Ils ne montent pas volontiers à 1500, voire 3000 mètres. Ils suivent les Alpes et dès qu’il y a une tranchée, une vallée, ils prennent la vallée.

La majeure partie fait ça. Mais, il y a une petite partie bien sûr qui traverse les deux obstacles, oui.

 

Et pour traverser la mer ?

C’est pareil. Ceux qui longent la côte n’auront que 30 à 40 km et les plus petits traverseront directement, ceux qui ont passé les Alpes, ils vont continuer tout au Sud et vont traverser la mer.

 

On dit que les changements climatiques, si changements climatiques il y a, perturbent les migrations ?

Oui c’est intéressant, parce qu’au départ, on dit que c’est les changements climatiques qui ont fait qu’ils migraient et aujourd’hui les changements climatiques perturbent leurs déplacements. On a plus que le 10 % des hirondelles qui sont revenues ce printemps nicher ici. On dit que c’est l’activité humaine qui perturbe ces migrations avec le réchauffement climatique. Il y a aussi l’utilisation de pesticides, parce que les hirondelles comme beaucoup d’oiseaux se nourrissent d’insectes. S’il y en a plus, ils ne viennent plus manger, donc ils restent dans le Sud.

 

Ce qu’on peut témoigner, c’est que les hirondelles à la gare de Bevaix, nous avons plusieurs nids, elles sont venues cette année.

C’est vrai, heureusement. Il faut dire qu’il y a beaucoup de gens aussi, pour eux, c’est des nuisances, parce qu’elles ont des déjections. Certaines personnes, nous, à la gare, on ne les dérange pas, mais il y a des gens qui ne les laissent pas tranquilles…

 

Merci François pour ces explications et à très bientôt.

À bientôt.

 

Voilà Mesdames et Messieurs. On va donc se rendre à l’ASPO, c’est à La Sauge et c’est un reportage de Linda Fischer.

 

 

Être une mère pour sa fille, être une fille pour sa mère, c’est le thème abordé par César Carrasco dans sa nouvelle chanson, dont il est l’auteur et le compositeur.

 

 

C’est sur cette magnifique chanson que se termine notre émission. Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivie. Merci au Val-de-Ruz de nous avoir reçu. Passez une très, très bonne fin de journée, une bonne soirée ! Prenez bien soin de vous et des autres aussi !

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod