« Quoi de 9 ? »
329 : du 13 au 20 juillet 2009
Les frères Totor
Salut
à tous et bienvenue sur TOR avec aujourd’hui Jean Devost,
François Gombàs, Linda Fischer et Jean-Pierre
Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle
neuchâteloise. On se trouve cette semaine à Colombier dans l’atelier de
l’artiste peintre et sculpteur, Jean Devost.
Jean Devost
bonjour.
Bonjour.
Et merci de nous recevoir dans ton
nouvel atelier, ici à Colombier. Jean Devost, on te
connaît parce qu’on a déjà plusieurs fois parlé de toi sur TOR. Tu es un
peintre, à mes yeux, intéressant parce que tes sources d’inspiration ne sont
pas très conventionnelles. Tu es très touché, tu es toujours très ému par toute
la problématique de l’exode, de l’exclusion, de la souffrance humaine. Cela se
retrouve dans tous tes tableaux depuis longtemps.
C’est
le sujet qui me préoccupe le plus. Je me dis : « Tant que je dois
exercer mon boulot, je suis libre de faire ce qui me dérange. » De
travailler des paysages, des fleurs, ça me préoccupe moins. Je préfère les voir
dans la nature que de les peindre. Pour ce qui est de mon travail, je vais
directement à mes préoccupations.
À quand ça remonte cette passion pour
l’exode ? À l’époque où tu habitais le Québec ?
Je
ne parle pas nécessairement de mon exode. Mais finalement, c’est plutôt
l’humain qui me dérange. L’exode, c’est peut-être parce que je l’ai vécu. Non,
je n’ai pas de comptes à régler avec ce mot. Je suis un homme heureux ici. Je
ne me sens pas un exilé… ou sinon très volontaire. Non, c’est ce qui se passe
dans le monde qui me dérange.
Que ce soient les guerres, que ce soit
la faim, l’injustice en général ?
Oui,
l’homme qui souffre me dérange. Bien souvent les gens viennent dans mon atelier
sachant que je travaille avec ces préoccupations-là. Les gens me disent, on
veut voir des choses belles qui ne nous dérangent pas. Je disais :
« Moi, ça ne m’intéresse pas les choses qui ne dérangent pas. » Que
ce soit un décor de fond, ce n’est pas mon problème, mais je dois aller dans
mes préoccupations…
L’un de nos anciens collaborateurs,
notre regretté Michel Coquoz disait de toi :
« Quand on vient à une exposition de Jean Devost,
d’abord cela ne laisse pas indifférent et quand on repart, on n’est plus comme
quand on est rentré ! »
Tant
mieux d’un côté, parce que ça doit déranger. Ce n’est pas là pour bouleverser
le monde. C’est là parce qu’il y a tellement de gens qui ne veulent pas
entendre parler de ces sujets-là. C’est une grande réalité. Moi, quand les gens
viennent ici et me disent qu’ils veulent des choses qui soient belles, qui ont
le regard triste, je me dis : « Non, parlons des choses qui nous dérangent,
pas des choses artificielles ! » Je pense que Michel arrivait très bien
à saisir mon travail et la préoccupation du bonhomme.
Puisque tu parles du bonhomme, on
reviendra de toute façon te retrouver très bientôt pour un reportage beaucoup
plus complet sur toi. On reparlera de tous ces sujets si tu le veux bien.
Avec
plaisir. C’est vrai, il faut le dire. Colombier, une nouvelle adresse. Chemin
de
C’est clair. Que les gens te contactent
et viennent ici. Tu as tout ce qu’il faut pour recevoir tes passionnés.
Oui.
Il y a
On viendra, merci Jean.
Merci.
À mes côtés, François Gombàs, bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
On va parler ensemble bicyclette et
surtout du Tour de France qui se déroule actuellement. Quelles sont les
origines, à la fois de la bicyclette, mais aussi du Tour de France ?
Au
départ, il fallait bien sûr inventer le vélo. On a inventé la roue à l’âge de la
pierre. C’est en 1817, qu’un Allemand a inventé le premier vélo. Il était
propulsé par les jambes. Il n’avait pas de pédales et un Français y a ajouté
les pédales beaucoup plus tard, ce qui a permis aux courses cyclistes de se
développer. Le Tour de France, c’est une idée de Géo Lefèvre qui était
journaliste au journal « L’Auto » et le rédacteur en chef, Henri Desgrange a suivi cette idée. Il a misé là-dessus et en
1903, ils ont créé le premier Tour de France, environ
On ne parlait pas de dopage, mais il y
avait d’autres moyens pour essayer de gagner ?
Oui.
Les gens profitaient, vu que ça paraissait dans les journaux, il y avait des
comptes-rendus tout le temps, le journal se vendait bien et les gens
profitaient de ce Tour pour aller manifester déjà dès le début. En 1905, il y a
des manifestants qui ont jeté des clous sur la route. Tous les participants ont
crevé, mise à part une personne. On profitait déjà de l’exposition médiatique
pour manifester…
Justement puisque vous parlez des
médias, ces fameux médias prennent toujours, toujours plus d’importance au
niveau du Tour de France ?
Oui
bien sûr. On dépend des médias, de la couverture médiatique. Il y a beaucoup de
gens qui regardent. Il y a plus de 80 pays où l’on regarde le Tour de France, 170
chaînes de télévision. Aujourd’hui, leur rôle est un peu moins grand qu’avant.
Pourtant, c’est un journal qui a créé le Tour de France. On peut se permettre
de regarder les petites chaînes de haut. On les respecte moins. On ne leur
déploie plus le tapis rouge comme avant, parce qu’il y en a tellement qu’on n’a
plus vraiment besoin de toutes les chaînes ou tous les journaux.
Bertrand Duboux
que nous avons reçu il n’y a pas longtemps, reprochait justement aux
organisateurs de ne plus respecter, de ne plus apprécier comme cela le mériterait
les journalistes.
Très
juste. Il nous avait rappelé que
Quelques mots quand même sur le dopage,
même si c’est ennuyeux, chaque fois d’en parler. Le Tour de France, on l’a dit,
draine beaucoup de médias, des millions et des millions de spectateurs. Gagner
un Tour de France rapporte aussi beaucoup, beaucoup d’argent. Finir dernier
rapporte beaucoup moins, d’où les risques de dopage qui posent quand même un
gros problème ?
C’est
ça qui est malheureux. C’est un grand « business » avec les sponsors
qu’il y a, la pression est sur les coureurs et si le coureur ne réalise pas
d’exploits, s’il n’a pas de résultats, il va perdre ses sponsors. Il ne pourra
plus courir. Il ne pourra plus participer au sport cycliste. Il ne pourra plus
vivre de sa passion. Des contraintes justement pour gagner, pour avoir des
résultats, il faut gagner et pour gagner aujourd’hui, il faut se doper et c’est
bien malheureux… Pourtant les instances compétentes du sport travaillent ensemble
avec les coureurs pour essayer justement d’éradiquer le dopage. J’espère que
cette année, il y en aura moins, mais on ne sait jamais…
Vous parlez du Tour de France qui se
court actuellement et qui va passer, si je ne dis pas de bêtises, à la fin de
la semaine à Yverdon ?
Voilà.
Le 19 juillet. On va passer trois jours en Suisse. C’est une étape qu’on dit de
haute montagne. Une étape très importante où le Tour peut se jouer. Ils vont
partir de Pontarlier le dimanche et vont arriver en passant par Yverdon vers 11h15 le matin pour la caravane, et les
coureurs vers 13 heures. Ensuite Moudon, etc. et
l’arrivée est à Verbier.
D’accord. J’espère qu’il fera beau et
j’espère surtout, comme vous l’avez dit, qu’il n’y aura pas trop de problèmes
de dopage et que l’on connaîtra vraiment qui est le champion en arrivant à
Paris, pour une fois…
Oui,
non pas quelques années plus tard.
Extra ! On va rencontrer maintenant
un autre homme passionné par le vélo, c’est Georges Probst
qu’a rencontré Fabrice Drapel à Cortaillod. Un homme
extraordinaire qui lui-même a été un très bon coureur et qui a fait des choses
absolument fantastiques, on a déjà parlé de lui, et qui a été de très
nombreuses fois un mécanicien sur le Tour de France.
Oui,
en effet, comme mécanicien, mais il a aussi contribué à amener certains
coureurs sur le Tour de France, notamment Cadel
Evans.
Très bien et merci François pour toutes
ces explications et bon été à vous !
Merci,
à vous aussi !
Nos amis, le Duo du Bas nous attendent
du côté de Puits-Godet où ils se préparent tous les
deux à passer un examen pour devenir agriculteur…
Nous sommes toujours dans l’atelier de
Jean Devost à Colombier en compagnie de Linda
Fischer, bonjour Linda.
Bonjour
Jean-Pierre.
On va parler, il n’y a rien de plus
normal, de couleurs et surtout de la façon dont nos yeux perçoivent les
couleurs ?
Oui,
parce que les couleurs sont des ondes lumineuses que l’humain réussi à voir.
L’œil humain couvre les longueurs d’ondes de 400 à 700 nanomètres. Pour ceux
qui ne savent pas ce que c’est qu’un nanomètre, c’est un mètre divisé par un
milliard. L’œil a trois cônes. Il y a le cône « L » qui est sensible
aux ondes longues de 700 nm, qui correspond à la couleur rouge. Après, il y a
le cône « M » qui est sensible aux ondes moyennes, qui correspond à
la couleur verte, qui a 546 nm. Après, il y a encore le cône « S »
qui est sensible aux ondes courtes de 436 nm, qui correspond à la couleur bleu.
Notre vision des couleurs change avec
l’âge. Un bébé, une personne âgée ne perçoivent pas la même chose ?
Non !
Les bébés, normalement, contrôlent la vision des couleurs avec l’œil gauche et,
en grandissant, jusqu’à l’âge adulte, ça passe au côté droit. Ce qui veut dire
que la vision est dirigée par le côté gauche du cerveau où est aussi placé le
contrôle linguistique.
Il y a un phénomène assez extraordinaire
qu’on voit surtout quand il y a des orages, c’est l’arc-en-ciel ?
Oui,
l’arc-en-ciel, c’est le mélange des couleurs. Ce sont des couleurs pures et on
appelle ces couleurs, les couleurs monochromatiques. Il y a aussi des couleurs
qui ne sont pas visibles à l’œil humain dans l’arc-en-ciel. Le spectre des
couleurs va du violet au rouge entouré des infrarouges qui commencent à 780 nm
et de l’autre côté l’ultraviolet qui fait les ondes basses de 400 à 10 nm.
Quand on mélange les deux ondes des deux extrémités, le violet et le rouge, on
ne voit pas le vert qui serait l’onde moyenne, mais on obtient le magenta. Cela
s’appelle la synthèse additive. Par exemple, l’herbe et les feuilles absorbent
le bleu et le rouge pour la photosynthèse. Cette synthèse, nous, nous la
percevons comme la couleur verte. C’est justement la synthèse additive avec la
lumière, parce que plus il y a de mélanges, plus on reçoit de clarté. Mais ce
n’est pas du tout le cas avec la synthèse soustractive utilisée pour la
peinture. Ce sont des pigments et là, on a l’effet contraire.
Un autre secteur où les couleurs ont de
l’importance, c’est évidemment dans l’imprimerie ?
Oui !
Là, les couleurs de base ou les couleurs primaires sont le jaune, le cyan et le
magenta qui sont d’ailleurs les couleurs secondaires du système additif des
lumières. En mélangeant ces couleurs-là, elles perdent de la clarté. Les
peintres, alors, préfèrent utiliser les couleurs de base comme de la terre ou
des minéraux au lieu de ces trois couleurs. En imprimerie, on prend ça. Tout le
monde a aujourd’hui une imprimante et on sait quelles couleurs il y a
là-dedans. On obtient le bleu en mélangeant le cyan et le magenta. Le vert en
mélangeant le cyan et le jaune et le rouge en mélangeant le magenta et le
jaune. C’est comme ça qu’on obtient les couleurs primaires du système lumineux
et les couleurs pour peindre.
Merci Linda pour toutes ces explications
sur la couleur et à bientôt !
À
bientôt Jean-Pierre !
Voilà Mesdames et Messieurs, on va aller
retrouver Valérie Verdier, une artiste peintre neuchâteloise qui a vraiment
beaucoup, beaucoup de talent.
Une petite page poétique avant de
conclure cette émission avec un poème d’Éric Broye,
mis en images par Oscar Garcia.
C’est devant cette magnifique œuvre de
Jean Devost que j’ai le plaisir de vous remercier
d’avoir suivi cette émission, de vous souhaiter une bonne fin de journée, une
bonne soirée, de vous dire, prenez bien soin de vous et des autres aussi !
Émission présentée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod