« Quoi de 9 ? » 330 : du 21 au 26 juillet 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR avec Linda Fischer, Christoph Yavkin et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. C’est depuis le magnifique village de Cressier que nous allons vous présenter nos émissions de la semaine. À commencer par la Fête du Vin Nouveau.

 

 

Bonjour Christoph.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Cressier, c’est un village très apprécié, très visité. Quels sont ses principaux atouts ?

Cressier est surtout connu, réputé pour l’extrême quantité de constructions et d’architectures, de maisons remarquables qu’on trouve au mètre carré, on peut dire, dans le village.

 

À quoi ça tient finalement, que des gens assez riches ont dû venir s’installer dans ce village à une certaine époque ?

Ça c’est beaucoup passé au XVe et au XVIe siècle avec l’édification de la Maison Vallier, qui a été construite par Jean-Pierre Vallier II, que les Cressiacois aujourd’hui encore considèrent, en tout cas, pour la plupart d’entre eux, comme le bâtiment le plus remarquable du village. On compte aussi, de façon un peu particulière, deux châteaux à Cressier. Un qui est le véritable château, dont l’édification a commencé en 1610 par le fils du Vallier précédent, Jakob qui avait une très, très grande famille et à qui je pense, la superficie de la Maison Vallier n’a pas suffi… Il a donc entamé l’édification de ce château en 1610 et cela a pris six ans. C’est un château qui abrite encore aujourd’hui l’administration communale, les écoles, qui a appartenu à quatre familles différentes et, curieusement, on trouve très en dehors du village, à 800 mètres du centre du village, une autre maison qu’on a baptisée et qu’on a appelée « château ». On ne sait pas vraiment pourquoi, elle a été construite dans les années 1520 et a pris le titre de château en 1872. On l’appelle le château Jeanjaquet, mais c’est en réalité une ancienne église, c’est l’église Saint-Martin qui était la cure au moment de sa construction.

 

D’autres maisons célèbres qu’on peut visiter ou aller visiter les façades, si ce n’est pas l’intérieur ?

J’ai une admiration particulière pour une autre maison, une autre bâtisse remarquable de Cressier, qui est la maison qu’on appelle des « Thuyas » qui a été construite aussi dans ces années-là, bien sûr, et qui présente la particularité d’avoir un grand jardin et des vignes attenantes. C’est une maison qui produisait déjà du vin.

 

À quoi ça tient cette prolifération de magnifiques demeures ?

Ça tient essentiellement à la tradition fortement viticole du lieu qui fait qu’énormément de domaines divers de ce type-là se sont développés systématiquement dans la région.

 

Il y a d’autres zones intéressantes à Cressier ?

Cressier est un village qui a une seule petite dépendance par rapport à d’autres villages qui ont beaucoup de lieux-dits. Une petite dépendance, c’est une sorte de particularité de par la situation géographique du village, dans une sorte de virgule topographique, qu’on trouve au-dessus de Cressier. C’est d’ailleurs le point le plus élevé du village, de la commune, à peu près 1000 mètres, on trouve le hameau de Frochaux qui en fait partie et qui est un hameau d’une dizaine de maisons à peine.

 

Qui appartient à la commune de Cressier ?

Qui est la seule petite dépendance appartenant à la commune de Cressier, oui. Contrairement à beaucoup d’autres villages qui eux ont souvent énormément de hameaux, de lieux-dits. Cressier n’a que Frochaux comme petite dépendance sur sa hauteur. C’est donc le point le plus haut. Le point le plus bas du village est à 420 mètres.

 

Qui se trouve donc au bord du canal de la Thielle ?

Voilà. C’est donc une sorte de réserve qu’on peut appeler aujourd’hui « Réserve naturelle de la vieille Thielle », qui a été très longtemps marécageuse et assez sale, jusqu’à il y a une trentaine d’années. J’ai bien connu l’endroit.

 

Pourquoi cette zone était-elle sale comme vous le dites ?

Elle commence très près de ce qu’était l’ancienne CISAC, fabrique, comme tout le monde le sait, devenue FRIGEMO, qui produit des pommes de terre, des frites, etc. À l’époque, j’ai eu l’occasion d’aller, à titre intérimaire, y travailler, de participer notamment au nettoyage de la station d’épuration. J’avais été choqué par le fait qu’il devait y avoir énormément d’écoulement de produits polluants qui se déversaient du côté de ce qui ensuite a été assaini et qui est devenu la réserve, qu’on peut vraiment maintenant appeler « Réserve naturelle », parce qu’elle est propre…

 

Je crois savoir que Cressier se prépare à un événement assez important pour cet automne ?

Oui, Cressier sera cette année la commune d’honneur invitée par la Fête des Vendanges de la grande Neuchâtel voisine. Il n’est pas nécessaire d’attendre jusque là pour découvrir les charmes de ce village et on peut encore, à propos de fête, ajouter que tous les premiers week-ends de mai, le village organise sa propre fête qui s’appelle « La Fête du Vin Nouveau » qui a pris d’ailleurs avec les années, un essor assez considérable.

 

On va s’y rendre. C’était il y a quelques semaines, un événement extraordinaire qui attire des milliers de spectateurs.

 

 

Place maintenant à nos amis, le Duo du Bas, du théâtre du Matchbox, qui ont décidé cette semaine de créer une entreprise de thalasso à Neuchâtel, à Boudevilliers, on verra bien…

 

 

C’est l’heure d’aller retrouver Linda Fischer avec qui on va parler musique ou plutôt rythme, rythme afro-latin comme la samba par exemple…

 

 

Chose promise, chose due ! On va donc parler musique avec Linda Fischer, bonjour Linda.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Vous connaissez bien l’Amérique du Sud, ses musiques, ses traditions, ses rythmes. Parlez-nous en général de ces airs classiques, samba et compagnie, qu’on connaît bien !

Toutes les musiques qu’on connaît aujourd’hui comme musique latine ont des origines dans la musique africaine, européenne, mélangées avec des éléments des indigènes de l’Amérique latine. Par exemple, la salsa est originaire de Cuba.

 

Ce qui est assez particulier en Amérique du Sud, c’est que toutes les musiques, tous les rythmes sont liés avec une danse. Ils ont la danse dans le sang.

Oui, c’est un peuple gai. Ils aiment danser. Ils ne sont pas tellement consommateurs de musique, comme nous, qu’on regarde. Ils vivent la musique… C’est toujours une danse et un genre de musique. La salsa par exemple est partie aux États-Unis dans les années 60 où a été créé l’État libre de Porto Rico et la révolution cubaine qui a causé une grande migration vers les États-Unis. C’est comme ça qu’elle a commencé à se répartir dans tout le monde. Les États-Unis ont connu différentes modes comme la mambo, la rumba, le cha-cha-cha ou le pachanga. C’est tout venu avec ces émigrants sud-américains. Après, la samba, elle est née dans les bidonvilles de Rio de Janeiro. Là on dit le style de musique, le samba. Si on dit la samba, c’est clair, c’est la danse.

 

D’accord.

D’ailleurs, le premier samba qui a été écrit, a été écrit par Beethoven je suppose qu’il ne savait pas que c’était de la samba, dans son rondo final de son Premier Concerto pour piano. Là, il y avait un rythme de samba. Mais la samba même est apparue qu’à la fin du XIXème siècle. Il y a un style particulier qui est maintenant connu pour le carnaval de Rio, c’est le samba do enredo. C’est le samba à thème. Cela a été développé dans les Écoles de samba dans les années 1920. Depuis 1930, c’est la musique du carnaval ! Avant, elle était presque interdite et les défilés se sont transformés en compétitions vers 1932. Depuis 1935, les écoles sont officiellement enregistrées comme Gremio, cercles récréatifs. Depuis là, il y a eu une très grande révolution. Dans les années 60 à 70, ça a encore une fois changé, parce que c’est la classe moyenne qui a commencé à participer.

 

Une danse assez particulière, la cumbia ?

Oui, la cumbia est originaire de Colombie. Elle est née au XVIIème siècle. C’est l’une des danses la plus dansée un peu partout dans l’Amérique latine, aussi ici. Après, il y a encore le merengue qui est typique de la République dominicaine. C’était surtout une danse de campagne, parce que la classe moyenne préférait la tumba, jusqu’à ce que le dictateur Rafael Trujillo déclare le merengue comme musique nationale de la République dominicaine. Depuis là, ça a un petit peu changé. En Uruguay, il existe le candombe, qui est d’ailleurs l’une des sources du tango, tango argentin. Ce sont des tambours et des flûtes. Là au carnaval de Montevideo, il y a les Llamadas. Tous les musiciens jouent, mais en dansant. Le musicien danse. C’est aussi connu dans d’autres pays, dans d’autres styles de musique de l’Amérique du Sud.

 

Chaque région, elle a sa samba ou sa musique particulière ? Chaque pays, chaque région, c’est drôle ?

Oui, il y a encore par exemple la saya qui est aussi d’origine africaine, mais dans les Yungas, une vallée de la Bolivie. Après, il y a encore les sikouris, typiques des Indiens. Il y a les pinkillos, qui sont aussi d’une autre région. C’est aussi des trucs d’indigènes.

 

C’est intéressant. Les indigènes ont marqué quand même leur terrain ici. Ils n’ont pas disparu complètement, leur culture est toujours vivante ?

Oui, il y a des endroits. Il se modernise de plus en plus et l’on commence à donner de plus en plus d’importance aux choses qui viennent des États-Unis. C’est un peu dommage, mais il y a quand même des gens qui sont très conservateurs, ils maintiennent ça.

 

Très fondamentalement, ils y tiennent à leur musique ?

Oui.

 

Les Américains ne vont pas effacer comme ça leur folklore ?

Non certainement pas. Il y a aussi des rythmes qui sont vraiment très beaux, la saya, le caporales ou la morenada qui est une danse, par exemple, typique d’indigènes. On a un costume qui pèse 40 kilos, et ils dansent jusqu’à tomber… Ce sont des traditions qui sont de là-bas.

 

Merci Linda pour ce petit voyage en Amérique du Sud et à bientôt.

À bientôt Jean-Pierre.

 

On va aller retrouver maintenant un passionné de musique d’Amérique du Sud, M. José Carrasco, qui est également le fondateur du célèbre groupe Los Mambos.

 

 

Une petite page poétique pour terminer cette émission avec un poème d’Éric Broye mis en images par Oscar Garcia.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivie. Il est temps pour nous de quitter Cressier pour aller visiter d’autres villages neuchâtelois dans l’attente du plaisir de vous retrouver, prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod