« Quoi de 9 ? »
335 : du 24 au 30 août 2009
Les frères Totor
Salut
à tous et bienvenue sur TOR. Avec aujourd’hui François Gombàs,
Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs,
chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et
culturelle neuchâteloise. Bienvenue également dans le berceau de l’absinthe
dans lequel nous avons rencontré la fée verte, ici même, à Boveresse,
lors de
Bonjour Linda.
Bonjour
Jean-Pierre.
On va parler ensemble de cette boisson,
qui a fait la célébrité, presque, du Val-de-Travers
qui est l’absinthe. Depuis quand parle-t-on de cet alcool dans le Val-de-Travers ?
Bon,
la thuyone même est connue déjà depuis l’Antiquité
mais c’est au cours du XVIIème siècle que
la mère Henriod a été la première à avoir fait une
absinthe distillée contenant de l’anis vert et du fenouil et considérée comme
un médicament. Et puis après, c’est Daniel Henri Dubied,
né à Boveresse, qui a l’a achetée des demoiselles Henriod, qui d’ailleurs n’avaient rien à voir avec la mère Henriod. Elles l’ont eue par Madame Grandpierre
qui était la gouvernante du Docteur Ordinaire qui l’avait, lui, acheté
justement à la mère Henriod. Et puis ils ont ouvert
la première fabrique d’absinthe, à Couvet, Daniel-Henri
Dubied, avec son fils, Marcellin et son gendre, Henri-Louis Pernod. C’était Dubied
Père & fils. Alors la première distillerie était à Couvet. Après, le gendre
est parti à Pontarlier, et puis il a ouvert la distillerie Pernod, Pernod Fils,
aussi à Pontarlier et puis cela a d’ailleurs été la première marque de
spiritueux de
On a pu voir où ça sortait après… d’accord.
Des écrivains célèbres comme Émile Zola ont parlé de l’absinthe et
des méfaits de l’alcool.
Oui,
il a écrit le bouquin « L’Assommoir » où ça, c’était le sujet et puis
il a enclenché un mouvement, avec l’aide des ligues anti-alcooliques et
l’église catholique surtout, contre l’absinthe et leur thèse était :
« Tous pour le vin ! Contre l’absinthe ! » Finalement, cela
a conduit au fait que le 7 octobre 1910, l’absinthe a été interdite. Et puis
cela a eu comme suite, après l’interdiction des marques d’absinthe, que les
produits se convertissent en des anisés sans sucre. Et là, c’est Paul Ricard
qui a inventé le Pastis.
Vous parlez du Pastis, le Pastis et
l’absinthe sont un peu fabriqués la même chose, les mêmes plantes…
Oui,
à peu près, oui on peut dire que le Pastis et le Ricard ont suivi l’absinthe.
Comme l’absinthe était interdite, alors ils ont inventé ces recettes-là pour
continuer d’avoir leur anis, leur anisette. Et puis, bon, on sait que dans
l’absinthe, c’est surtout la thuyone qui vient de la
plante Artemisia absintium
qui était à la base du produit et qu’elle avait la vertu de rendre les gens
fous. Et puis en France, il y a aussi par exemple la fenchone,
qui vient du fenouil, qui est interdite. En Suisse non, en Suisse, c’est légal.
Et puis paradoxalement, depuis le 1er mars 2005, on peut de nouveau
produire officiellement et les taux de thuyone sont
jusqu’à 35 milligrammes par litre et puis c’est beaucoup plus haut que
l’absinthe avant, lorsqu’elle était illégale.
Oui c’est surprenant. Mais c’est vrai
qu’on a dit longtemps que l’absinthe rendait fou, c’est ce qui a justifié l’interdiction.
Oui
et puis c’était, je pense, surtout parce qu’ils voulaient vendre d’autres
choses. Après, pendant la première guerre mondiale, il y avait tout à coup une
surproduction d’absinthe qui était aussi faite avec du méthanol et puis ça,
c’était une mauvaise qualité….
Un phénomène bien connu de tous les buveurs
d’absinthe, quand on rajoute de l’eau, l’eau devient trouble, c’est un
phénomène assez spécial.
Oui,
c’est dû à des essences insolubles qui ne se dissolvent pas quand on rajoute de
l’eau et le taux d’alcool diminue. Il y a aussi les absinthes claires, alors
là, il y a une troisième phase de production, où l’on met des herbes pour la
coloration, qu’on n’a pas faite. Alors, elles restent claires. Mais elles ont
le même effet parce qu’il y a aussi le fenouil qui est la cause du trouble.
Avant de conclure, encore deux petites informations
sur l’absinthe ?
Aujourd’hui,
il y a certaines absinthes qui sont macérées puis filtrées, ce qui est un
nouveau processus. Une vraie absinthe est toujours distillée. Et puis pour les
gens qui sont intéressés à tout l’historique de l’absinthe, aussi par les
affiches qui sont très artistiques, alors il existe le Musée virtuel de
l’absinthe, le site est www.museeabsinthe.com.
Bien, merci en tout cas déjà Linda pour
ces premières explications et à bientôt.
À
bientôt Jean-Pierre.
On va se rendre maintenant à Boveresse où a eu lieu il n’y a pas tellement longtemps
Après l’absinthe, le cervelas, un autre
produit 100 % helvétique que vous pouvez venir griller ici, au bord de l’Areuse, en famille ou alors avec nos amis, le Duo du Bas,
du Théâtre Matchbox.
On va quitter l’eau, un peu fraîche, de
l’Areuse, pour aller dans le lac de Morat, où l’eau
est nettement plus chaude et pour y découvrir des sports aquatiques. Vous
verrez, on n’arrête pas le progrès. Je vais aller retrouver pour parler de tout
ça, François Gombàs.
Bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
Il y a quelques semaines, sur le lac de
Morat, s’est déroulée une compétition assez particulière de wakeboard,
un sport pas très, très connu encore en Suisse.
Non,
tout à fait ! Cela a débuté dans les années 80, le wakeboard
est un mot anglais qui est tiré de deux mots anglais, « wake » qui signifie le sillage, donc la trace qu’un
bateau laisse et « board » qui est la
planche. Et puis, dans les années 80, un surfer, Tony Finn, a inventé ce qu’on
appelle le skurf, c’est un mélange de ski nautique et
de surf. Il voulait essayer de découvrir un sport où l’on n’était pas contraint
de le faire sous certaines conditions météorologiques, c'est-à-dire sans devoir
avoir du vent, sans devoir avoir des vagues, etc. Donc il a créé ce sport où on
pouvait être tiré par un bateau à moteur et puis c’est comme ça que c’est né.
Ensuite ça a été importé en Europe, surtout grâce à la chaîne de télé ESPN, qui
est la grande station sportive aux États-Unis. Ils ont commencé à retransmettre
ce sport, en le présentant comme un de ces nouveaux sports extrêmes auxquels
les jeunes peuvent s’identifier. On était au début des années 90, donc ça a
permis à des millions de gens de connaître ce nouveau sport et en France, dès
les années 90, on a commencé à avoir des organisations qui se sont formées. On
a formé des juges, des initiateurs de ce sport et en 1999, il y a eu les
championnats d’Europe en France, en 2000, les championnats du monde. Donc,
depuis, ça a vraiment explosé et maintenant, dans le monde entier, on a des
tournois de wakeboard, improvisés, partout dans le
monde.
Et puis, question matériel, je crois
savoir que la planche est déjà un petit peu spéciale,
n’est-ce pas ?
Oui,
elle est donc différente du surf. On l’a adaptée exprès pour faire du wakeboard. En général, elle a entre 130 et
Le bateau est également très
particulier.
Oui,
en effet, c’est aussi un bateau très spécial parce qu’il faut créer justement
le sillage, le « wake » comme on dit et,
pour cela, on a dû adapter des bateaux, donc on a dû les alourdir. On met du
ballast derrière. Ensuite, on a développé une coque assez spéciale ; ensuite,
on équipe le bateau d’une tour qui fait à peu près deux mètres de haut pour
tirer le « rider » et avec cela, on arrive à créer un sillage que les
wakeboarders empruntent. Et puis, dès qu’ils veulent
faire une figure, le bateau accélère et ils montent sur la vague et ça leur
sert un peu de rampe de lancement et ils arrivent à effectuer ces super figures.
Alors, il y a donc des
championnats ; il y a un jury et ce sont les figures que doivent faire les
skieurs qui départagent les concurrents.
Oui,
c’est ça. En fait, ces figures, qu’on appelle « tricks » en anglais, c’est
ça qui les départage. Ils ont un temps donné de trois minutes pour effectuer
leurs figures et c’est par rapport à ce qu’ils font qu’on va déterminer le
champion. Mais c’est plus par comparaison. Donc le premier coureur va
partir ; il va faire ses figures ; on le note. Ensuite, le deuxième
arrive et puis on le compare avec le premier. Est-ce que c’était moins bien ?
Est-ce que c’était mieux ? On note aussi son agressivité, sa fluidité. Et
il y a des noms spécifiques pour certains « tricks », qu’on appelle
« Frontroll », « Backroll »
ou « Whirlybird », des « 360 »
qui sont donc des tours complets, « 720 » c’est deux tours,
« 900 » ce seraient deux tours et demi, etc.
Il existe des sports qui se sont inspirés un petit peu du wakeboard.
Oui
c’est ça. Dans cette lignée de sports extrêmes, on a fait d’autres sports qui
s’apparentent à ça. Notamment, il y a le kitesurf.
Donc la planche est quasiment la même que dans le wakeboard,
mais au lieu d’être tiré par un bateau, on est tiré par un cerf-volant, donc il
y en a beaucoup maintenant, surtout sur la mer. Ensuite on a aussi le wakeskate. La planche est aussi la même, mais cette fois,
on n’a pas de cale-pieds, donc les pieds ne sont pas fixés sur la planche, mais
pour faire du wakeskate, il faut quand même avoir
fait du skateboard ou bien du wakeboard avant. On a
aussi le kneeboard. Alors, le kneeboard,
c’est un peu la même planche, un peu plus courte, mais les gens, alors cette
fois, ils sont à genoux sur la planche et ils sont tirés par le bateau et ils
effectuent leurs figures à genoux. On a encore le wakesurfing.
Alors, cette fois, on est tiré par le bateau juste au départ et après, c’est
comme en mer, on va rester sur la vague que crée le bateau et on peut rester
sur une vague infinie qui peut vous tirer même sur un kilomètre. D’ailleurs,
dans le golfe du Mexique, il y a une variante, c’est le tankersurfing.
Alors là, les boarders utilisent la vague que créent
les super bateaux, les super bateaux géants, les transporteurs de pétrole, etc.
Parce que ça crée des vagues énormes et ça c’est très à la mode bien sûr et on
peut encore parler de extrerme body surfing. Là, les gens ne sont équipés d’absolument rien du
tout, donc ils se font tirer par le bateau, sur le corps et ils essaient
d’effectuer aussi des figures épatantes.
Oui, on n’arrête décidément pas le
progrès.
Non,
il y en a pour tous les goûts…
Il y en a pour tous les goûts !
Merci François, on se revoit tout à l’heure pour parler d’un autre sport, donc
je vous dis à tout de suite.
À
tout de suite !
Voilà, on va donc se rendre à Morat pour
assister à une manche des championnats suisses.
Nous sommes toujours dans le Val-de-Travers, à Môtiers plus
précisément, pour vous parler d’un sport équestre pas très connu, le Concours
Complet.
On revient sur terre avec François Gombàs pour parler cette fois d’un sport alors un peu plus
ancien, mais pas forcément beaucoup plus connu qui est le Concours Complet.
Oui,
donc c’est un concours équestre. Il a ses origines en fait dans les épreuves
militaires. Parce qu’à l’époque, le cheval était le moyen de transport le plus
commun des militaires. Donc on devait choisir des chevaux. Alors pour cela, on
a créé un concours : le cheval devait être non seulement endurant, fort,
mais en plus il devait obéir aux ordres, donc, il devait être assez docile,
qu’il puisse aussi bien se comporter dans des circonstances de guerre, donc on
a créé ce concours qui est une espèce de cross country qui durait de trente à
septante kilomètres.
Là, cela permettait aux militaires, à
l’époque, de vraiment tester le cheval.
Voilà,
c’est comme ça qu’on pouvait trouver les meilleurs éléments. Ensuite, à partir
de ça, on a créé le Concours Complet. Comme son nom l’indique, il y a plusieurs
disciplines, mais qui ne sont pas du tout les mêmes. Il y a donc les deux qu’on
connaît assez, c’est le saut d’obstacles et aussi le concours de dressage, auxquels
on a mêlé le cross. Donc, dans l’ordre, on va commencer avec le concours de
dressage, ensuite on aura le cross et le concours se termine par l’épreuve du
saut d’obstacles.
Alors c’est clair, trois disciplines
vraiment très, très différentes. Le dressage, c’est tout en finesse, le cheval
court très peu, il danse, il fait des figures, on connaît bien ça.
Alors
voilà, c’est un peu comme des figures imposées en patin. Le cheval doit
effectuer une vingtaine de figures et alors, on va juger, on va lui donner des
notes. Est-ce que la figure est exécutée ou pas ? On va lui attribuer une
note de 0 à 10 ; ensuite, les juges
vont déterminer sa souplesse, son agilité, son allure, sa grâce, sa
précision, etc. Tandis que pour le cross, donc ça c’est l’épreuve la plus
difficile, on fait un parcours qui dure plusieurs kilomètres. On doit
l’effectuer en un temps donné et passer des obstacles. Les obstacles sont des
obstacles naturels, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il passe par la
plaine, par des bois et souvent il y a des gués à passer aussi et ils sont donc
fixes. Donc, il y a plus de danger au cross et la dernière épreuve, c’est le
saut d’obstacles. C’est l’épreuve qu’on voit le plus souvent à la
télévision ; c’est donc assez similaire à ça. Par contre, comme c’est le
troisième jour, on va laisser quand même au cheval et au cavalier une certaine
chance ; c'est-à-dire qu’on va rallonger la piste d’élan. On va un peu
abaisser les obstacles, mais il y a quand même une douzaine d’obstacles à
franchir.
Et ce n’est pas facile parce que le
cheval, comme vous dites, tout se passe en trois jours, donc le deuxième jour,
c’est le cross, le cross, les obstacles sont donc fixes, il peut de temps en
temps poser les pattes sur l’obstacle, ce qu’il ne peut pas faire après.
Voilà,
donc c’est vrai qu’en fait ce qui est le plus dur, c’est de passer du cross au
saut d’obstacles parce qu’il franchit des obstacles et souvent ils mettent un
peu les pieds dessus pour s’appuyer, vu qu’ils sont fixes et ils vont à un trot
beaucoup plus rapide, c'est-à-dire qu’au cross ils vont à 30 à
Bon, c’est clair, ce n’est pas pour dire
du mal de ce sport, mais il y a quand même assez souvent des accidents et même
des accidents mortels.
Oui,
c’est vrai. Bon, le cheval, c’est un grand animal, donc déjà s’il vous tombe
dessus ou quand vous tombez, quand il fait un refus, vous pouvez passer
par-dessus, vous tapez la tête. Par contre, c’est vrai que dans le dressage et
dans le saut d’obstacles, c’est un peu moins dangereux, mais le plus dangereux,
c’est quand vous allez courir dans la forêt. C’est vrai que là, c’est très
dangereux. En plus, le cheval, souvent, est fatigué, donc il y a beaucoup plus
de risques et il y a souvent des accidents mortels ou graves.
On disait que c’est un sport qui n’était
pas très, très connu et, comme toujours, c’est parce qu’il n’est pas très, très
médiatisé.
En
effet, il est peu médiatisé. Bon, d’une part il faut dire que pratiquer un
sport équestre, ça coûte aussi pas mal d’argent, donc ça limite un peu le
genre, le type de personnes qui vont pouvoir faire du cheval parce qu’il faut
quand même acheter les chevaux, payer les écuries, il faut s’occuper du cheval.
Cela prend du temps et de l’argent, donc c’est un sport qui est peu accessible
à tout le monde. En plus de ça, pour la télévision, ce n’est pas un revenu
publicitaire très rentable ! Mais c’est un sport qui est inscrit aux Jeux
Olympiques depuis les Jeux de Stockholm en 1912, donc souvent on va le voir
pendant les Jeux Olympiques et peut-être quelques fois aux championnats suisses
ou aux championnats du monde. Mais c’est surtout la partie cross qui est
difficile à rentabiliser parce que c’est vrai que pour un parcours de cross, on
doit mettre beaucoup de caméras, donc beaucoup d’infrastructure technique pour
couvrir ce sport, donc on va en voir peut-être des résumés ou bien le départ ou
bien une caméra stratégique ici et là. Mais c’est vrai que c’est dommage parce
que c’est quand même un sport qu’on peut voir en Suisse. Il y a plusieurs
événements et ça ne coûte pas trop cher d’aller sur le parcours et d’aller
regarder quand même ce sport. Parce que ce sont quand même des sportifs émérites
et c’est aussi un sport assez dangereux.
Alors c’est vrai qu’aux derniers
championnats d’Europe qui ont eu lieu en Suisse, notre télévision était la
seule télévision présente. Bien sûr qu’on n’a pas pu faire ce que pourrait
faire une grande télévision mais on a, je crois, donné une assez bonne image de
ce que représentent ces trois jours. On va peut-être aller regarder ces
championnats d’Europe, c’était du côté d’Avenches, en
attendant je vous dis à bientôt !
À
bientôt Jean-Pierre !
Voilà ! Mesdames et Messieurs, on
va donc partir à Avenches, sur le magnifique
hippodrome de la cité romaine pour voir ce championnat d’Europe de Concours Complet
junior.
Nous arrivons au terme de notre
émission. Merci d’être restés avec nous. Il est temps pour nous de quitter le Val-de-Travers mais on y reviendra très, très bientôt. Dans
cette attente, passez une bonne fin de journée, une bonne soirée, prenez bien
soin de vous et des autres aussi.
Émission
présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte
retranscrit par Christoph Yavkin