« Quoi de 9 ? »
336 : du 31 août au 6 septembre 2009
Les frères Totor
Salut
à tous et bienvenue sur TOR. Avec aujourd’hui, François Gombàs,
Daniel Zumbrunn, Fabrice Drapel et Jean-Pierre
Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision culturelle et
régionale neuchâteloise. Bienvenue également dans le magnifique village du Landeron.
Nous avons décidé cette semaine de
rendre hommage au doyen des neuchâtelois, qui est décédé le 4 août
dernier : il s’agit de Monsieur Jean-Carol Godet, qui aurait fêté cette
année son cent quatrième anniversaire. L’année passée, il avait accordé à notre
télévision un long entretien durant lequel il nous raconta son enfance, pas
toujours facile, pour cause de sa santé précaire, eh oui, puis son admiration
pour son père qui connaissait Albert Einstein. Durant cet entretien, Monsieur
Jean-Carol Godet nous a également parlé de la mort, tout en nous expliquant
pourquoi il ne croyait pas en Dieu et encore moins aux anges. À l’ensemble de
nos collaborateurs, il laissera un souvenir magnifique, l’image d’un homme
ayant un fort caractère, de fermes convictions et une éducation exemplaire.
Bonjour Fabrice.
Bonjour
Jean-Pierre.
Alors on va parler un peu de la
longévité, une chose qui nous préoccupe tous, on a tous envie de vivre, en
principe, le plus longtemps possible. Qu’est-ce qu’on peut dire sur ce sujet
qui intéresse l’être humain depuis longtemps, je pense…
Oui
alors, en effet, depuis longtemps. Bon, si on va remonter à un peu moins
longtemps, on peut dire que jusqu’au XXème siècle, la limite de la
longévité était à peu près située à une centaine d’années. Mais c’est peu
probable que beaucoup d’individus, à cette époque, aient atteint cette
limite-là. Aujourd’hui il y a de plus en plus de centenaires, voire même de
super centenaires, donc c’est des personnes qui ont atteint 110 ans voire plus
dont la plus célèbre est Jeanne Calmant, c’est la doyenne de l’humanité, c’est
la personne qui a vécu le plus longtemps, jusqu’à 122 ans.
122 ans. C’est en tous cas la plus
vieille Française, elle a le record. Quoique les Japonais… mais on ne sait pas
si on peut faire confiance à leurs chiffres ?
Alors,
c'est-à-dire que c’est vrai que la course à la longévité, c’est ancestral. Déjà
le fondateur de
Comme quoi, de dire que le travail c’est
la santé n’est pas un mensonge.
Ah,
non alors ! Ce n’est pas un mensonge du tout ! Au contraire, c’est
fortement recommandé, l’activité et tout. Bien sûr, maintenant, avec l’âge, il
y a certaines personnes qui n’ont plus la possibilité de pouvoir se mouvoir
mais c’est vrai que c’est un facteur de longévité. On pourrait se poser une
question aussi : « Est-ce que dans la longévité, il y a une
limite ? » C’est vrai que maintenant, avec les progrès biologiques,
génétiques aussi, on peut dire que d’ici quelques années, on pourrait atteindre
une limite d’âge de 150 ans environ. Ce sont un peu des prévisions. D’ailleurs
ils prévoient pour 2050 environ 80 000
centenaires en France.
Ce
qui est intéressant de voir aussi, c’est qu’ils ont posé la question aux gens un
peu partout en Europe, à savoir un peu quel était le secret de la longévité… Beaucoup
de gens ont parlé de la manière de s’alimenter, de se nourrir et ce qui est
assez intéressant à constater, c’est que les industries agro-alimentaires n’ont
pas hésité, aujourd’hui, à reprendre les anciens produits, soit trop sucrés
soit trop salés et rajouté un peu d’oméga-3, rajouter un peu de vitamines, les
remettre au goût du jour en fait. Ils essaient un peu d’exploiter ce
créneau-là, parce que c’est vrai que, justement, selon les Tibétains aussi,
c’est une question d’alimentation. Selon les Japonais, le secret de la
longévité serait à quelque part aussi dans la manière de se nourrir.
Connaît-on alors le secret des femmes,
qui vivent toutes plus longtemps que nous ?
Alors
justement, on parle de la longévité supérieure des femmes et pendant longtemps,
cela a été attribué à la vulnérabilité masculine, à son comportement à risques,
c'est-à-dire que l’homme fait peut-être moins attention. Il a peut-être un peu
plus un comportement à risques et d’après des études, deux biologistes anglais
ont remarqué que ce n’était pas la réponse. Le fait est que l’homme est plus
vulnérable aux parasites, donc ça, ils l’ont déjà remarqué chez les animaux. Les
animaux mâles, qui la plupart du temps sont plus gros, sont plus vulnérables
aux parasites et également dans leur manière de s’alimenter ; c'est-à-dire
qu’ils mangent plus de nourriture.
Donc une des raisons qui fait que
l’homme vit moins longtemps, c’est qu’il se nourrit mal ou qu’il mange trop… Il
y a d’autres raisons aussi ?
Alors
cette fragilité masculine pourrait également être due au rôle immunosuppresseur
de la testostérone. C’est cette hormone qui est connue pour diminuer les
défenses immunitaires. Et puis est-ce que la grande taille d’un homme, est-ce
que la grande quantité de nourriture qu’il ingurgite sont
des causes parce que ça les exposerait à plus de risques, ça reste à déterminer
en fait. Pour conclure, il y a aussi une étude qui a été faite sur l’espérance
de vie. Actuellement, en Europe, l’espérance de vie est à peu près de 75 ans,
alors ils ont fait un peu des comparaisons et, par l’hygiène de vie, les
maladies, comparé par exemple avec l’Afrique ou l’espérance de vie est de 57
ans. Chose assez intéressante à voir aussi, c’est qu’en Russie en fait, ils ont
eu une assez longue espérance de vie jusqu’à il y a vingt ans en arrière et puis
elle a baissé progressivement. Donc, ça dépend aussi de facteurs d’hygiène de
vie, de la manière dont on se comporte psychologiquement et puis tout ça joue
également un rôle, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de recette forcément clé, mais
c’est vrai que, pour conclure, la manière de s’alimenter est très importante.
Bien, merci Fabrice pour ces bons
conseils, alors on va essayer de manger moins et mieux, je parle peut-être pour
moi ! Mais on va y penser, merci, à bientôt.
De
rien Jean-Pierre, à bientôt.
Vous avez aimé « La guerre du
feu », vous savez, ce film mythique qui est sorti en 1981 ? Si c’est
le cas, alors vous allez adorer la version du Duo du Bas, du Théâtre Matchbox.
Nous sommes toujours au Landeron mais nous allons maintenant nous rendre à Estavayer-le-Lac pour assister au Free4Style 2009.
Salut Daniel.
Salut
Jean-Pierre.
Alors après ces images assez
spectaculaires de ces sports modernes, sur l’eau, sur terre, on a vu les motos,
on a vu Rebeaud, que dire de ce nouveau sport qui
s’appelle le FMX ?
C’est
un sport qui est, à la base, issu du motocross, donc
le motocross traditionnel qui avait beaucoup de succès dans les années 70. On
se souvient tous du film d’Yves Yersin « Les petites fugues » où ils
finissent à Roggenburg pour voir une compétition de
motocross. C’est vrai que dans le motocross normal, il y a des sauts mais ils
sont limités. Le but est quand même d’aller le plus vite et pas forcément de
sauter le plus haut. Et puis les jeunes, les Américains en particulier, ont eu
envie de vraiment se concentrer sur la partie saut et de la transformer en sauts
esthétiques, pour le show, pour pouvoir le faire aussi dans des stades et pas
toujours dans la nature, dans les champs. Ça permet aussi à plus de public de
venir, notamment de pouvoir le faire dans les grandes villes.
Bon, là, c’est vrai, à Estavayer, c’était à l’extérieur. Aux États-Unis, voire
même, je crois, à Genève, ça se fait en salle.
Voilà,
il y a le supercross qui est bien connu à Genève, où
là, ça se passe dans une grande salle où on amène de la terre. On fabrique des
sauts et puis on fait vraiment des courses de motocross. Il y a une petite
démonstration de FMX mais ça reste modeste, c’est essentiellement du motocross.
Sinon, ça se passe dans des stades, dans des arènes de taureaux en Espagne, ça
peut aller dans des stades de foot, dans de grandes arènes et puis ça permet
vraiment de faire un spectacle où les gens sont assis, ils peuvent découvrir ça
et se faire un peu des frayeurs.
Des frayeurs, oui, ils en font aux
spectateurs… Les sportifs, les motards aussi, on sent que pour gagner, il faut
faire des figures toujours plus compliquées, donc à quelque part, toujours plus
dangereuses ?
Exactement,
pour l’entraînement, ils ont des bacs à mousse, donc quand ils retombent, ils
tombent dans la mousse. Ils ne se font pas mal et ils peuvent essayer,
s’entraîner, s’entraîner, répéter des gestes pour essayer de faire des figures
toujours plus compliquées. Mais bon, une fois qu’ils ont réussi quelques fois à
l’entraînement sur la mousse, ils sont tentés de le faire aussi en compétition
et puis là, quelques fois, ils se ratent. Malheureusement, cette année, dans le
FMX, il y a eu un mort, c’est l’américain Jeremy Lusk, qui s’est loupé ;
il n’a pas tourné assez avec sa moto ; il est retombé sur l’avant ;
il s’est fait un peu écraser et puis il en est mort. Il y en a eu un deuxième
qui a eu un accident justement à Madrid ; c’est l’australien Cameron Sinclair
qui, lui, a fait trois semaines à l’hôpital à Madrid. Maintenant, il est dans
un hôpital en Australie mais ça va mieux ; il commence à pouvoir
remarcher, à pouvoir parler, donc il devrait s’en sortir. Mais bon, il n’y a
pas besoin de faire ces figures folles pour avoir des accidents. On parlait du supercross à Genève, il y a un Genevois, Marc Ristori qui lui, c’est en faisant du cross et pas du FMX
qu’il a eu un accident et il se retrouve paraplégique.
Donc c’est vrai que, contrairement à ce
que ces garçons ont envie de nous dire que ce n’est pas dangereux, bon, c’est
peut-être pour chasser le mauvais sort qu’ils se racontent ça, parce que même
Mat Rebeaud, il en a fait, quelques séjours, à
l’hôpital…
Oui,
il s’est fait retoucher un genou, les deux poignets, il s’est cassé la jambe.
Bon ça finalement, ce n’est pas trop, trop grave, mais quand ça touche les
organes vitaux ou qu’on reste paralysé ou qu’on en meurt, eh bien là, c’est un
autre problème. Donc c’est vrai qu’il y a des risques qui sont calculés mais
comme dans tout sport, maintenant, ils commencent à bien gagner leur vie, à
gagner beaucoup d’argent et, forcément, s’ils finissent premier, ils gagnent
plus d’argent que s’ils finissent vingtième, donc ils ont toujours envie de
dépasser l’autre et puis d’essayer une figure encore plus compliquée pour avoir
les meilleures notes.
Pour pratiquer le FMX, il faut des motos
spéciales ou pas ?
Alors,
à la base, ce sont des motos de cross de 250 mais effectivement elles sont
légèrement modifiées.
Déjà,
les suspensions sont renforcées parce qu’ils atterrissent depuis certaines
hauteurs, et puis, ils pratiquent des ouvertures ; ils rajoutent des
poignées pour pouvoir s’accrocher, parce qu’ils s’accrochent à la moto comme on
a vu, à l’envers, à l’endroit, dans tous les sens. Il y a même des fois où ils
la lâchent. On se demande comment ils font pour la rattraper en vol. C’est
vraiment impressionnant, mais ce ne sont pas fondamentalement des motos
spéciales. Elles sont un petit peu trafiquées, mais ça reste quand même une
moto de cross de base.
Petite anecdote encore peut-être
concernant notre champion Mat Rebeaud ?
Oui,
en fait ça peut paraître assez bizarre mais il n’a pas le permis moto… Parce
que lui, rouler sur la route, ça ne l’intéresse pas, il n’y prend pas de
plaisir et en plus, il trouve ça dangereux avec les voitures et tout… Donc lui il
préfère faire ses acrobaties, les peaufiner à l’entraînement en toute sécurité
et une fois qu’il est sûr, faire ses figures mais non, il n’a pas le permis
moto et il est champion du monde de moto.
Voilà, comme quoi, finalement… Très
bien, merci Daniel pour ces explications et peut-être à très bientôt sur le FMI
ou autre chose.
Le
FMI, je ne pense pas, le Fonds monétaire, ça ne m’intéresse pas trop !
D’accord, FMX. Très bien, allez, on va
maintenant tourner une petite page poétique avec une poésie d’Éric Broye qui a été mise en images par Oscar Garcia.
Le Marché artisanal du Landeron, un événement absolument incontournable dans la
région. On y fait aussi des rencontres très intéressantes comme par exemple
cette année avec une femme passionnée de marionnettes.
Bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
Alors on va parler de marionnettes, en
préambule à la visite du Marché artisanal du Landeron,
marionnette, marionnettiste, je crois qu’on dit ainsi, quelles sont les
origines de ce mot ?
En
fait le mot est utilisé depuis le Moyen-Âge, il vient du prénom Marie, en fait
des diminutifs de Marie, Marion, Mariole et puis qui signifie « petite
Marie chérie ». Puis après on a utilisé le mot pour toutes les figurines
qui étaient en bois, qu’elles soient sacrées ou profanes et même pour les
figurines qu’on utilisait dans la sorcellerie. La première fois qu’on a
entendu, qu’on a écrit le mot marionnette dans des livres, c’était en 1584, un dénommé
Bouchet. Par contre, dans les autres pays d’Europe, le mot marionnette est
plutôt associé au mot poupée, par exemple en anglais on dit puppet,
en allemand c’est Puppe et puis en italien,
c’est pupo, donc c’est plus des marionnettes
qu’on active par dessus avec des fils. On dit que le théâtre de marionnettes,
on l’utilisait bien avant que n’existent des spectacles avec de vrais acteurs.
Par contre, les marionnettes existent depuis les temps primitifs ; elles
ont toujours eu une espèce de pouvoir de fascination, magique et religieux. On
les utilisait dans les sociétés primitives pour essayer de converser avec les
ancêtres, ou bien avec Dieu, pour qu’ils interviennent dans toutes les affaires
sociales, que ce soient des rites funéraires, des mariages, des naissances ou
même pour la récolte, pour la semence, donc elles ont toujours eu un pouvoir
assez mystérieux.
Comme les sculptures aussi à une
certaine époque ou les photographies maintenant ?
Exactement.
D‘ailleurs les experts, ceux qui font des spectacles de marionnettes disent
souvent que c’est très spécial, le pouvoir presque hypnotique qu’ont les
marionnettes sur les spectateurs. Donc on peut influencer beaucoup les gens de
par cela, d’ailleurs en Afrique aujourd’hui, on a des utilisations un peu
autres ; on les utilise par exemple pour la prévention du sida, vu que c’est
un grand problème en Afrique. On essaie d’utiliser les marionnettes parce que
les gens s’identifient et puis, bon, on ne doit pas lire des trucs, on ne doit
pas lire trop d’informations et puis aussi, au Mali, c’est un moyen
thérapeutique, un peu comme on utilise aussi les clowns ici chez nous, donc on
essaie d’utiliser les marionnettes pour essayer de guérir certaines personnes.
Et même, depuis longtemps, en Birmanie aussi, on leur donnait le pouvoir de
guérir et autres.
Il me semble même en avoir vu sur Télé
Objectif Réussir.
Oui
tout à fait, on a les célèbres frères Totor qui
animent nos émissions sur Télé Objectif Réussir. On a aussi à la télévision, je
pense que beaucoup de gens connaissent les Guignols de l’Info sur Canal + et
aussi le plus connu, je pense, dans le monde entier je dirais, c’est le Muppet Show qui existe depuis beaucoup d’années, on en a
même fait des films avec Miss Piggy, Kermit la grenouille, les deux vieux qui sont toujours au
balcon.
Je vois que vous connaissez vos
classiques.
Oui,
parce que ça fait depuis longtemps, ça fait… ça a traversé les générations,
comme je dirais, aussi Guignol qui est connu depuis très longtemps. D’ailleurs,
ces théâtres de guignols ont inspiré plusieurs autres théâtres ou ont été
inspirés d’autres théâtres comme par exemple le Théâtre de l’Ombre, c’est en
fait les ombres chinoises, mais on dit en fait que ça a commencé en Inde.
Il existe donc de nombreux types, de
nombreux genres de marionnettes.
Oui,
c’est vrai, en fait je ne sais pas s’il y a une limite. L’imagination de l’être
humain est assez grande ; on a même des marionnettes sur eau, qui
flottent, qu’on dirige aussi en les manipulant avec des fils depuis le dessous.
Justement, ces marionnettes qu’on manipule aussi avec des baguettes ou des
tiges ; on peut les jouer à vue, c’est-à-dire, on voit le manipulateur,
donc tout le monde le voit, on est autour et on voit celui qui manipule les
marionnettes ou bien dans un théâtre noir, alors les manipulateurs s’habillent
tout en noir et on ne voit plus que les marionnettes s’activer. Il y a aussi
des marionnettes portées, c’est donc des habits qu’on enfile ; on a la
marionnette sur la tête ou bien sur le dos, donc c’est des habits, des costumes
entiers. On a aussi aujourd’hui les marionnettes électroniques qu’on utilise
surtout dans les films. On a encore ce qu’on appelle des marottes, ce sont
aussi des marionnettes portées mais
sur un bout de bois et, vraiment, je pense qu’aujourd’hui, on peut faire
n’importe quelle marionnette. Si vous avez un peu d’imagination, vous allez
trouver une idée, même avec des bouts de papier de toilette, des rouleaux de
papier de toilette, vous pouvez construire vos propres marionnettes.
Vous parlez d’imagination, justement,
dans le petit sujet qu’on va voir maintenant, on va rencontrer une dame
spécialisée dans les marionnettes, une ancienne institutrice et qui, on le
verra, ne manque pas d’imagination. Alors à bientôt François et bonne fin de
journée !
Merci,
à vous aussi, au revoir.
Nous arrivons au terme de notre
émission, merci, Mesdames et Messieurs, de votre fidélité, passez une bonne fin
de journée, une bonne soirée, prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Christoph Yavkin