«QUOI DE 9 ? » 338 : du 14 au 20 septembre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR, avec aujourd’hui François Gombàs, Christoph Yavkin, mon petit chat et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Nous sommes cette semaine au bord de l’Areuse, à quelques mètres de l’endroit où cette dernière a rendez-vous avec le lac de Neuchâtel.

 

 

Un peu d’humour, ça vous tente ? Alors, si c’est le cas, on va aller retrouver Christoph Yavkin, qui s’est penché sur le sujet et qui se trouve pas très très loin d’ici.

 

 

Bonjour Christoph.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Alors, je ne sais pas si on va réussir à être drôle mais en tout cas, on va parler de l’humour. D’où le mot humour, cette notion d’humour tire-t-elle ses origines ?

Alors en lui-même, tout simplement, il vient, c’est un terme qui vient de l’anglais et c’est très, très  simple alors….

 

D’accord, ça ne remonte pas très, très loin…

Non, alors pas du tout…et ça a un lien avec l’humeur bien sûr aussi.

 

Le rire aurait donc des effets bénéfiques sur la santé ?

San aucun doute, le fait de rire, à défaut de provoquer même l’hilarité ou enfin ce qu’on voudra d’excessif, aura au moins pour objectif, disons pour résultat une sorte de connivence, une forme de complicité avec la personne et de ce pont de vue-là, c’est tout à fait bénéfique d’avoir des… je ne veux pas dire d’éclater de rire franchement ou systématiquement pour un oui, pour un non, mais c’est d’un effet bénéfique pour la santé sans aucun doute.

 

J’imagine que des spécialistes ont dû étudier un petit peu ce que provoque, physiquement presque, l’humour sur nous.

Oui, alors il y a des études qui ont été faites par des éthologues, qui sont de spécialistes de la morphologie, des formes, qui ont déterminé, qui ont réalisé, qui se sont aperçus que chez les singes par exemple, à un moment donné, la lèvre supérieure se soulevait et il se mettait à faire une sorte de grimace, qui aurait plutôt la tendance justement inverse de faire penser qu’il veut montrer les dents ou qu’il est en colère. Et c’est, pas par opposition mais de ce point de vue-là, on peut déterminer que l’être humain a fait dévier quelque peu la mimique produite et a surtout développé un discours plutôt drôle à partir de là.

 

D’accord. Quelle est la forme d’humour pratiquée le plus couramment ?

Alors pour le commun des mortels, bien entendu, ce sont bien entendu les blagues, sous toutes leurs formes. Alors il existe différents types de situations comiques : il y a du gestuel, il y a du réactionnel, il y a du parlé tout court et on peut donc distinguer différents types de comiques. On peut dire que l’humour est indissociable du rire, dont la définition est beaucoup plus facile à donner que celle de l’humour justement. On peut vraiment beaucoup plus facilement s’exprimer sur le rire que sur la notion d’humour en elle-même.

 

Le comique se pratique, j’ai envie de dire, principalement en duo ?

Alors effectivement, si on observe une personne qui se marre toute seule sur un trottoir ou une rue, ça paraîtra un tant soit peu suspect, pas si gravement suspect mais enfin, on se posera la question de ce qui lui prend. Donc deux personnes se parlent, deux personnes se racontent des histoires, deux personnes, statiques ou non, ou en mouvement, sur le point de se quitter, qui rient, ça paraîtra parfaitement normal au plus commun des mortels. L’humour est principalement perçu à plusieurs, en tous cas à deux. Personnellement, je dois dire que j’ai une préférence particulière pour tout ce qui s’est développé en solo, pensez à Devos, pensez à Desproges, pensez à des gens plus proches de nous comme Muriel Robin, Anne Roumanoff, etc. qui ont développé un humour solo mais toujours est-il que l’essentiel de l’humour nous vient effectivement du fait qu’il se pratique à plusieurs et cet exemple se développe très largement dès le début de l’histoire de l’image par le cinéma et déjà par le muet.

 

Et alors parmi les couples dans le cinéma célèbre….

Laurel et Hardy, on n’y coupe pas !

 

Cela, je le pense aussi ! Merci Christophe pour cette ballade dans le monde de l’humour et puis à bientôt.

Un peu compliqué, pas si facile à expliquer mais à bientôt, oui.

 

Mais les humoristes sont compliqués ! Vous parliez de Laurel et Hardy mais alors que dire de nos amis, le Duo du Bas, du Théâtre Matchbox et alors, attention, cette semaine, ce n’est pas eux qui sont venus à nous, c’est nous qui avons été chez eux dans leur petit théâtre qui, je le rappelle, est le plus petit théâtre de Suisse.

 

 

« La musique qui marche au pas, cela ne m’intéresse pas », disait Georges Brassens. Nous, on va tout de même s’y intéresser avec une nouvelle fois Christoph Yavkin.

 

 

On se retrouve avec Christoph Yavkin pour parler fanfares, alors est-ce qu’on sait l’origine de ce qui fait les fanfares sous leurs formes actuelles ?

Les premières fanfares existent depuis à peu près le milieu du siècle passé, enfin du XIXème, les premières fanfares sont situées en 1830, elles se sont développées par la formation, la mise en place, la réunification d’instruments de cuivre auxquels généralement on a ajouté des instruments de percussion.

Une des choses intéressantes, parce qu’elles ont existé surtout sur le plan militaire, elles servaient essentiellement de support musical à passablement de campagnes militaires et une chose intéressante donc à signaler est que c’est vraisemblablement, bien qu’il y en ait eu en Europe un peu partout avant aussi déjà, dès le débarquement alors, avec l’arrivée des fanfares américaines, on peut dire, sans craindre de trop se tromper, que les européens ont découvert à travers ces fanfares-là, les premières notes de Jazz.

 

Est-ce qu’on connaît l’origine du mot fanfare ?

Alors certains prêtent l’origine du mot à l’ancien espagnol, en l’occurrence « fanfa », qui signifiait une vanterie. Une vanterie, c'est-à-dire une sorte de multiplicité d’instruments à vent. Mais on l’attribue également à un terme arabe qui s’appelle, qui se disait « farfàr » et qui a pour signification « bavard ».

 

Mais plus fondamentalement, que désigne une fanfare ?

Alors une fanfare, d’une part, signifie un ensemble qui est vif et rythmé et, par métonymie, les composants de la fanfare elle-même. Pour donner un assez bon exemple, c’est comme si vous parliez de boire un verre, ce n’est évidemment jamais le verre que l’on boit mais son contenu. De la même manière, on parle de fanfare en parlant des composantes de cette fanfare plutôt que de les citer dans leur ensemble.

 

D’accord. Est-ce qu’on sait combien il y a de fanfares dans le canton de Neuchâtel ?

Alors dans le canton de Neuchâtel, on en compte 33 et il est vraiment, vraiment, très intéressant de citer celle de La Chaux-du-Milieu, dirigée par Martial Rosselet, qui est une fanfare exceptionnelle d’un point de vue créatif et novateur.

 

D’accord. Et s’il y a un événement en Suisse à ne pas rater pour ceux qui adorent les fanfares ?

Longuement, c’était, pour les passionnés, c’était une manifestation à ne pas rater mais uniquement dans son pays, c'est-à-dire en Écosse, c’est l’inévitable Military Tattoo d’Édimbourg mais, justement, comme cette manifestation a eu tendance à s’internationaliser toujours davantage, il n’y a même plus besoin d’aller en Écosse aujourd’hui pour suivre un Military Tattoo, vous pouvez le suivre « Live » au Parc St. Jacques à Bâle, ça peut même être deux fois par année, sans problème. Il s’est délocalisé.

 

Je disais tout à l’heure en parlant de Georges Brassens que : « La musique qui marche au pas, cela ne nous regarde pas », mais c’est vrai, la fanfare qui marche au pas, pourquoi ça avance, une fanfare, pourquoi ça ne joue pas sur place ?

Il y a bien sûr des fanfares qui jouent sur place, il y a des fanfares qui jouent des concerts fixes mais en fait, on dit que si une fanfare avance en jouant, c’est pour s’éloigner du bruit… et ce n’est pas une plaisanterie !

 

Très bien, on va prendre ça comme conclusion, on va aussi se rendre maintenant dans le Jura bernois pour assister au Giron Jurassien des Fanfares et, là aussi, les fanfares avançaient au pas puisque c’était, en plus, un concours. Merci Christoph, à bientôt.

Merci Jean-Pierre, à bientôt.

 

 

C’est ici, très précisément, que le lac de Neuchâtel et l’Areuse se sont mariés pour le meilleur et pour le pire il y a déjà très, très longtemps. C’est également depuis cet endroit magique que je vous propose de regarder et d’écouter un poème d’Éric Broye, mis en images par Oscar Garcia.

 

 

TOR, votre télévision préférée, vous propose de découvrir ou redécouvrir deux artistes exceptionnels, Messieurs Loewer et Di Teana.

 

 

Avec François Gombàs, nous allons vous présenter un mouvement qui n’a pas une ride, il s’agit du scoutisme.

 

 

Bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Alors on va parler ensemble d’un des mouvements, peut-être un des plus importants mouvements humains ou de jeunes au monde, le scoutisme.

Oui en effet, alors le scoutisme, c’est, comme vous l’avez dit, un mouvement de jeunesse qui a été créé en 1907 par Lord Robert Baden Powell. Scoutisme vient du mot anglais scout qui lui-même vient du vieux français « écoute » mais qui est écrit escoute, donc ça se prononçait escoute, ça veut dire éclaireur. Et puis dans le scoutisme en général, bon, ça dépend les pays, mais il y a trois catégories ou plusieurs catégories d’âge : il y a d’abord les louveteaux, c’est de 8 à 11 ans, ensuite on a les éclaireurs, de 12 à 17 ans et au-dessus de 17 ans, on a ceux qu’on appelle les routiers. On a aussi un mouvement qui s’appelle le guidisme, ça c’est l’équivalent féminin de scoutisme et puis, depuis les années 70, on a aussi des mouvements dits unitaires, donc qui englobent toutes les tranches d’âge et on a aussi des mouvements mixtes. Puis, bon, maintenant, on a les mixtes mais on a aussi des mouvements de scouts qui sont restés quasi féminins ou masculins.

 

On a donc compris que le fondateur est un anglais, son nom était Powell mais comment est né le mouvement ?

Il y a vraiment en fait deux sources distinctes de l’expérience de Powell. La première, c’est une expérience militaire, il y avait la guerre des Boers, c’était de 1899 à 1902, donc en Afrique, les Boers, c’étaient un peu des colons hollandais qui se battaient contre l’Angleterre Et puis, ils ont assiégé la ville de Mafeking et Powell se retrouvait dans cette ville à la défendre. Et ils étaient quatre fois plus nombreux, les assaillants et puis lui, il a dû trouver, il a dû faire avec les personnes qui étaient dans la ville, donc il a utilisé les jeunes de la ville qu’on appelait les cadets et il les a utilisés comme observateurs, comme sentinelles, aussi comme éclaireurs, comme messagers, à pied ou à vélo et grâce à eux, ils ont réussi à tenir le siège et il est rentré en héros en Angleterre.

 

Ce serait un peu limite de faire ça de nos jours parce qu’on accuserait vite celui qui ferait ça d’utiliser des enfants pour faire la guerre…

Bon, ma foi, à l’époque, on ne pensait pas comme ça… c’était ça ou mourir, donc il fallait survivre. Et puis la deuxième source, c’est un peu plus tard, il est revenu en Angleterre et puis là, il a voulu aider des jeunes qui étaient désœuvrés, donc qui venaient de quartiers déshérités et qui avaient, comment dire ? Une énergie un peu débordante. Il a décidé de créer un camp pour ces jeunes sur l’île de Brownsea, en Angleterre pour justement canaliser cette énergie. Et puis ça a marché, alors ensuite il a étendu cette expérience à tous les jeunes, donc il a essayé d’encadrer les loisirs de tous les jeunes de l’Angleterre et puis en 1908, il a écrit un livre, « Scouting for boys », qui en fait sont les principes du scoutisme.

 

Alors c’est quoi, ces grands principes qu’on peut trouver dans cet ouvrage ?

Il y en a plusieurs, ils ont plusieurs notions. Il y a le principe d’abord pédagogique où on a envie d’enseigner, de responsabiliser les jeunes, les adolescents, pour les aider à s’épanouir dans leur vie sociale et puis aussi, on a créé donc des camps, souvent dans la nature, pour qu’ils viennent là et puis qu’ils apprennent ces valeurs sociales et traditionnelles. Mais il y a aussi un autre principe qui est plutôt religieux, donc de là découlent certains devoirs, d’abord un devoir envers Dieu, donc ils doivent adhérer au principe spirituel et puis ensuite il y a un devoir envers autrui, donc on a envie d’aider les autres, c'est-à-dire respecter les autres en les aidant dans des actions d’entraides humanitaires, s’investir au niveau communal, national, voire même international, respecter la nature. Donc, il y avait déjà cette idée de respecter l’environnement et puis le troisième devoir, c’était envers soi-même, donc se responsabiliser soi-même pour justement apprendre les valeurs d’une vie, un peu monastique peut-être pas, pour aider les autres.

 

Le mouvement scout s’est donc développé, on en trouve à peu près partout dans le monde ?

Oui, donc ça a commencé en Angleterre mais c’est vrai que, rapidement, dès le début du XXème siècle, ça s’est répandu au monde entier. Aujourd’hui, on compte environ 30 millions de scouts à travers le monde et il y a eu un rassemblement de quelques dizaines de milliers de scouts, justement sur l’île de Brownsea où il avait fait son premier camp, en 2007, pour fêter les 100 ans du mouvement.

En Suisse, il y a une particularité, c’est que le mouvement suisse de scouts est unifié, donc il est divisé en 23 groupes cantonaux  avec 700 groupes locaux environ. Le premier mouvement scout a été fondé en 1912, après, en 1913, il y a eu la Fédération Suisse des Éclaireurs, suivie par la Fédération Suisse des Éclaireuses en 1919 et puis, en 1987, on a unifié les deux mouvements pour créer le Mouvement Suisse de Scouts et on peut aussi dire que l’Organisation mondiale du Mouvement scout est située à Genève.

 

Le mouvement scout, donc on l’a vu, on l’a compris, c’est un apprentissage de la vie, ça peut aider quelqu’un à se développer, il y a d’ailleurs des scouts qui sont devenus célèbres.

Oui tout à fait, c’est un mouvement qui permet aux jeunes de se développer et puis en tant qu’adultes, ils deviennent des personnes importantes, d’ailleurs les plus célèbres, on peut citer d’abord l’Abbé Pierre qui était scout, on a aussi en France les anciens Présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing, la présentatrice de TF1 Claire Chazal, l’actrice Isabelle Huppert, en Belgique on a Hergé, le créateur de Tintin, aux États-Unis on a le premier homme qui a marché sur la lune, Neil Armstrong, aussi l’ancien Président Kennedy, qui a été assassiné en 1963 et peut-être le plus célèbre joueur de basket au monde, Michael Jordan. En Suisse, on a Claude Nobs, celui qui a fondé le Montreux Jazz, on a Pascal Couchepin, ancien conseiller fédéral et l’actuel Président, Hans-Rudolf Merz.

 

Très bien, merci François pour toutes ces explications, à bientôt.

À bientôt.

 

Nous on va se rendre à Planeyse, ce n’est pas la première fois qu’on y va pour rencontrer les scouts, c’était une émission que nous avons réalisée l’année passée, une émission intéressante parce qu’on verra des scouts d’un certain âge qui, vous verrez, ont un regard un peu critique envers les scouts d’aujourd’hui, mais je crois que c’est intéressant.

 

 

Nous arrivons déjà au terme de notre émission, eh oui, les meilleures choses ont une fin, passez une bonne fin de journée, une bonne soirée, prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Christoph Yavkin