«QUOI DE 9 ? » 339 : du
21 au 27 septembre 2009
Les frères Totor
Salut
à tous et bienvenue sur TOR, avec aujourd’hui Christoph Yavkin,
François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et
culturelle neuchâteloise. On se trouve cette semaine dans la plaine d’Areuse, dans un magnifique décor avec un immense champ de
fleurs et qui dit fleur dit, eh oui, Fête des Vendanges et qui dit Fête des
Vendanges dit Corso fleuri avec ses chars recouverts par des dizaines et des
dizaines de milliers de fleurs. Qui dit Corso fleuri dit aussi un homme,
Monsieur Claude Botteron qui, depuis 60 ans, s’est
occupé de ces chars avec amour et passion. Un personnage haut en couleur, ce
Monsieur Botteron, c’est le cas de le dire.
Horticulteur de profession, il est également devenu très vite un spécialiste de
ces créations artistiques qui se déplacent sur quatre roues devant des dizaines
de milliers de spectateurs. Ceux qui, comme nous, ont la chance de connaître
Claude Botteron, nous tenons tous à son sujet le même
discours. L’homme paraît comme ça, au premier abord, un monument, imposant,
solide, qui fait presque un peu peur car on le sent capable d’avoir des coups du gueule, capable de vous effeuiller un champ de dahlias
plus vite qu’un ouragan. Mais en réalité, l’homme est tout simplement juste et
bon. Il sait ce qu’il veut car il sait ce qui est beau. 60 ans d’expérience, ce
n’est pas rien, on a trop souvent tendance à l’oublier. Merci de nous avoir reçus
chez vous, dans votre magnifique jardin fleuri, et longue vie à vous.
Après Monsieur Claude Botteron, on reste dans l’ambiance de
Bonjour
Jean-Pierre.
Alors est-ce qu’on sait depuis quand on
fête les Vendanges ou
Alors
oui historiquement on sait que les Grecs et les Romains fêtaient les moissons
et les vendanges. D’ailleurs les Romains et les Grecs avaient des dieux, chez
les Romains c’était Cérès, la déesse de l’agriculture et bien sûr on avait
Bacchus, c’était le roi de la vigne, le Dieu de la vigne et aussi de la
débauche… Par contre, à Neuchâtel, on sait que les vendanges et les fêtes ont
toujours existé depuis des siècles, mais on a très, très peu d’archives :
on a quelques œuvres de Frédéric-William Moritz, dont une aquarelle, à Boudry,
qui représente les gens, au départ de la vigne et qui transportaient le vin sur
des chars qu’ils tiraient jusqu’à la ville et aussi, on a une représentation,
une gravure qui désigne un cortège des vendanges, depuis l’Hôtel de Ville au
Théâtre.
XIXème siècle ?
Ça,
c’était début du XIXème siècle, 1820 à peu près. Et les siècles
auparavant, on a des récits. Donc les vendanges duraient entre deux et quatre
semaines et puis, à ce moment-là, toutes les rues de Neuchâtel étaient
sillonnées par des chars qui, justement, transportaient le raisin de la vigne
dans les pressoirs à Neuchâtel. Il y avait des gens, des chars partout et ça
durait deux à quatre semaines et là, on a une anecdote, c’est qu’à l’époque, le
jeu des enfants était de se confectionner des tire-moût. Alors ils allaient,
ils suivaient les chars, ils allaient siphonner le jus de raisin sur les chars.
Ils se faisaient enguirlander, voire fouetter par le cocher mais en général, on
les laissait faire parce qu’on savait que ce qu’ils prenaient ne portait pas à
conséquence.
Mais bon, ça n’était pas vraiment « Faire la fête », ils
travaillaient, les vignerons ?
Oui,
ils travaillaient mais alors ils fêtaient aussi. Donc, le soir venu, les gens,
ça s’apparente un peu des fois aux traditions de carnaval qu’on a aussi en
Suisse, alors ils sortaient le soir, ils se masquaient et puis c’était un bon
moyen de se moquer, de railler les autres sous le couvert d’un masque, on
allait exposer les secrets que les gens pensaient avoir en eux-mêmes et puis on
faisait la fête, on organisait des danses improvisées, des chants, de la
musique rustique autour de ces pressoirs et toute la nuit, ils faisaient la
fête. Mais normalement c’était interdit mais les autorités fermaient un peu les
yeux pendant cette période-là.
Une période donc ou tout, plus ou moins,
était permis…
Il
a fallu attendre le début du XXème siècle pour que ça s’organise un
peu, grâce au Vélo-club et certains concitoyens de Neuchâtel. Ils ont décidé de
faire un cortège un peu plus populaire, donc les premiers défilés ont eu lieu
vers 1902. En 1906, il y a eu des affiches qui se sont propagées dans toute la
ville et ça a continué avec plus ou moins de succès jusqu’en 1912, jusqu’à la
première guerre mondiale et après il y a eu un stop. Pour la fête actuelle,
Donc, là, c’étaient les vignerons qui
avaient la part belle, c’étaient eux les vedettes du cortège surtout ?
Oui,
ça l’est encore aujourd’hui, d’ailleurs cette année on a la commune de Cressier,
on a toujours une commune qui est mise en valeur, donc c’est Cressier qui est à
la fête et on a plus de 50 encaveurs de la région qui sont représentés cette
année.
Alors les chars, les chars fleuris aussi,
c’est aussi une vieille tradition qui remonte à quand, on le sait ?
Alors
je ne le sais pas exactement mais les chars existaient, les cortèges depuis le
début mais ça s’est un peu modifié. D’abord, on avait, au départ chaque
horticulteur de la région essayait de se représenter pendant
Quant à l’édition 2009, elle a donc lieu
cette semaine, que va-t-il se passer de spécial ?
Alors
comme chaque année au mois de septembre, le dernier week-end du mois de
septembre, on a
Très bien, on va rester sur ce bon
conseil qu’on va essayer de suivre. Quant à moi, je vous dis :
« Bonne Fête des Vendanges » et à bientôt.
Merci.
À bientôt.
La grippe A, H1/N1, va paraît-il bientôt
terrasser
TOR vous propose une petite visite du
village de Cressier. Cette balade vous est offerte par quelques commerçants du
village.
Comment des barils de pétrole peuvent se
transformer en instruments de musique ? C’est Christoph Yavkin qui va nous expliquer ça.
Bonjour Christoph.
Bonjour
Jean-Pierre.
Bon, je pense que tout le monde l’aura
deviné, on va parler de ces bidons d’huile, de ces bidons de pétrole qui se
transforment en instruments de musique, on va donc parler des steelbands mais qu’est-ce qui se cache derrière ce mot un
peu bizarre ?
Le
steelband, c’était vraiment la définition du fût, là,
elle est simplement brute. Mais à l’arrière de l’existence de ce fût existaient
déjà des steeldrums et qu’on appelait… qui étaient
considérés comme un instrument. On les appelait curieusement seulement
« pan », c'est-à-dire casserole alors qu’on les considérait pourtant
comme des instruments et on les considérait comme des instruments parce qu’ils
avaient des vertus idiophones, ce que signifie qu’on pouvait déjà les
considérer comme des instruments de musique.
Des bidons de pétrole restent des bidons
de pétrole, alors comment fait-on pour faire une musique correcte ?
Alors,
petit à petit, on s’est mis à les façonner, on s’est mis à les travailloter, on
s’est mis à œuvrer de façon à ce que ça devienne des instruments, on les a
polis bien sûr et gentiment, lentement mais sûrement, ces bidons se sont
transformés en de véritables instruments…
…parfaitement accordés ?
Parfaitement
accordés aujourd’hui comme nous le verrons dans le reportage tout à l’heure.
Et comment se construisaient ces fameux steeldrums ?
Alors
les fameux steeldrums se fabriquaient avec des
morceaux de tôle toute simple, voire simplement des boîtes à biscuit… Ce qui
est assez étonnant à remarquer est qu’aujourd’hui on utilise évidemment des
matériaux totalement différents pour fabriquer exactement la même chose.
Et pour conclure, peut-être une
anecdote ?
Une
anecdote, un lexique peut-être : un joueur de steelband
est appelé un paniste, le lieu de répétition d’un
ensemble de steelband s’appelle un panyard et le fabricant d’un tel instrument s’appelle un steeltuner. Tuner signifiant accordage, ça lui permet
également de s’occuper de l’instrument, un instrument qui a besoin, en moyenne,
de deux accordages par année.
Et
puis pour terminer, ce que je trouve assez particulier et assez étonnant, c’est
que, parallèlement à tout ce développement d’instruments à partir de matériaux
récupérés, malgré ça, dans les années 80 et certains s’en souviendront, sont
nés, dans la banlieue parisienne, des groupes comme « Les Tambours du
Bronx » qui ont commencé à taper sur des poubelles, un peu n’importe
comment, pour faire du bruit. Alors ça n’a pas abouti à une nouvelle forme
d’instruments mais il existe depuis une vingtaine d’années de nouveau cette
musique-là dans sa forme la plus basique. Et le dernier exemple est
suisse : c’est un groupe de St-Gall qui pratique ce genre de choses et
peut-être assez fréquemment, je n’ai pas les calendriers sous les yeux pour le
dire mais assez fréquemment dans les carnavals, qui s’appelle les Bubble Beatz mais dont il existe
un ou deux disques et qu’on doit pouvoir
trouver.
D’accord et bien merci pour toutes ces
explications, c’était vraiment intéressant et puis si vous avez envie d’en
savoir plus là-dessus, Mesdames et Messieurs, eh bien je vous propose, de vous
rendre, nous, on y est déjà allé pour vous, au Festival de Steel-Band
qui a lieu chaque année à Cudrefin.
Nous arrivons au terme de notre
émission, merci, Mesdames et Messieurs, d’être restés en notre compagnie,
passez une bonne fin de journée, une bonne Fête des Vendanges, prenez bien soin
de vous et des autres aussi.
Émission
présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte
retransmis par Christoph Yavkin