« Quoi de 9 ? » 341 : du 5 au 11 octobre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR avec aujourd’hui François Gombàs, Christoph Yavkin et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Savez-vous pourquoi, en 1934, quelques habitants de Saint-Blaise ont eu l’idée de créer la Société de Sauvetage du Bas-Lac de Saint-Blaise justement ? Eh bien restez avec nous, vous allez le savoir dans quelques minutes.

 

 

Bonjour Christoph.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Intéressante cette société de sauvetage, je trouve et quels genres de statuts, ils ont adoptés ?

C’est une société de sauvetage qui est finalement un petit peu particulière par rapport à la nature lacustre qui nous entoure, puisque c’est la seule. Elle s’est constituée en fonction de sociétés existant déjà comme la Société Internationale de Sauvetage sur le Léman qui était une société très importante vue la grandeur du lac en lui-même, la SISL a été créée vraiment sur ce mode-là.

 

Des sociétés de sauvetage, ils en existaient en France depuis longtemps comme ils en existent dans d’autres secteurs comme la montagne aussi ?

Oui, la SISL fondée en Suisse dispose de 26 bateaux, je crois, une vingtaine de vedettes. Cela vient du fait que ça touche quand même Vaud, Genève, le Valais et essentiellement la France voisine, la Haute-Savoie. Cette société a été créée sur le mode du secours en mer français qui doit être encore beaucoup plus ancien en 1885, donc 50 ans avant la création de la Société de Sauvetage du Bas-Lac.

 

Merci Christoph pour ces conclusions sur ce reportage de la Société de sauvetage. On se retrouve tout à l’heure pour parler cette fois de tout à fait autre chose. À tout de suite.

Volontiers Jean-Pierre. Merci.

 

 

Une petite leçon d’écologie, ça vous tente ? C’est nos amis, le Duo du Bas du théâtre le Matchbox, qui vont vous l’offrir gracieusement.

 

 

TOR vous propose un petit voyage à travers le Moyen-Âge, ça s’appelle « Crépuscule » et ça se passe à Estavayer-le-Lac.

 

 

Bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va continuer de parler un petit peu du Moyen-Âge ensemble après ce reportage à Estavayer et, au fait, pourquoi nomme-t-on cette période, le Moyen-Âge ?

C’est un terme qu’on a entendu pour la première fois au XVème siècle. C’est les historiens de l’époque qui ont voulu se distancer un peu par rapport aux siècles précédents parce qu’ils pensaient qu’ils étaient meilleurs. Ils essayaient de dévaloriser cette période-là. Le Moyen-Âge est une période de mille ans. Le nom vient du latin medium aevum qui veut dire âge intermédiaire, donc entre l’Antiquité et les temps modernes. On ne peut pas vraiment définir une date précise pour le début du Moyen-Âge.

On la situe environ entre 500 après J.-C. mais on a des dates qu’on utilise, par exemple celle de la chute du dernier empereur romain en 476 et pour la fin, on la situe vers les grandes découvertes déjà en navigation, la découverte de l’Amérique et aussi avec la Réforme religieuse, plein de nouveaux changements qui ont permis de faire de nouvelles découvertes et de voyager à travers le monde.

 

C’est ça qui a fait qu’on estime qu’il y a différentes périodes, qu’on a nommé différentes périodes dans le Moyen-Âge ?

Il y a trois périodes distinctes. Il y a d’abord le Haut Moyen-Âge, les cinq premiers siècles qui datent à peu près de 500 vers mille. Cette période-là est marquée surtout par la féodalité, les seigneurs, les serfs. Ensuite du XIème au XIIIème siècle, on parle du Moyen-Âge classique qui est à peu près l’apogée du Moyen-Âge avec les constructions romanes et gothiques du XIIème et du XIIIème siècle. Ensuite, on a le Bas Moyen-Âge, c’est la période du XIVème, XVème siècle et elle est marquée par les diversifications sociales. On a une nouvelle classe qui apparaît. On se détache un petit peu des seigneurs. Entre 1420 et 1630, on a ce qu’on appelle la Renaissance. C’est les historiens justement de l’époque qui pendant la Renaissance ne voulaient pas s’attacher à ce milieu-là, mais on parle aussi de Renaissance médiévale jusqu’aux temps modernes.

 

Une période durant laquelle l’Église était très présente, presque trop ?

Oui presque trop. Surtout l’Église catholique avant la Réforme. On a eu bien sûr l’Inquisition. L’Église avait main mise sur les seigneurs, même sur les rois. Tout passait par l’Église ! On leur faisait des dons de tout, de biens fonciers, immobiliers, d’argent. Ils se sont vraiment enrichis. Ils jouaient sur la peur des gens, la peur de l’enfer. Les gens étaient très croyants et même les seigneurs. Ils jouaient sur cette peur. Ils disaient aux gens : « On peut vous donner le Salut, mais il faut que vous donniez à l’Église ! » C’était comme ça. Le curé, à l’époque, c’était le centre du village. Il faisait les mariages, les naissances. Il présidait pour qu’il y ait des bonnes moissons, etc. Il était le centre du village, ainsi que l’église et le cimetière. C’était là que les gens se rencontraient chaque semaine. L’Église jouait un rôle dans l’éducation, dans la charité aussi, un peu de social.

 

À cette époque, on avait aussi une certaine vie urbaine ?

Oui, ça commençait. On avait dans les villes, des commerçants qui devenaient un peu plus puissants. Les seigneurs n’aimaient pas trop ça, ce qu’on appelle les bourgeois. Ils ont pris un peu le centre de ces villes. C’est eux qui dominaient la société, parce que le seigneur en dépendait aussi. Tous ces commerçants s’enrichissaient. Il fallait quand même les écouter. Cela ne leur plaisait pas tellement ; il y a eu beaucoup de révoltes à cette époque-là. L’ordre féodal était un peu fini. Cette nouvelle classe est venue au pouvoir et au bout d’un moment, les seigneurs ont dû s’y faire. Ils se sont vraiment installés et ont pris commande des villes…

 

Si je comprends bien, c’était une époque quand même avec des cités assez rurales ?

Oui très rurales jusqu’au XIXème siècle, c’était la principale activité dans notre monde. Les paysans, c’est un peu la base économique de toutes sociétés. C’est grâce à eux que les villes peuvent vivre, parce qu’ils doivent produire. Aujourd’hui, on l’oublie encore, les paysans souffrent beaucoup ! Mais à 95 %, c’était la population du Moyen-Âge. Ils étaient quand même assez liés à la ville, parce qu’ils vivaient surtout en périphérie des centres urbains, mais on dépendait d’eux pour vivre…

 

Si je comprends bien, à la fin du Moyen-Âge, la vie n’était pas tellement différente que celle d’aujourd’hui ?

Non, pas vraiment ! Les gens avaient les mêmes craintes, les mêmes appréhensions, les mêmes espoirs, désespoirs. Ils rêvaient d’une vie meilleure. Leur manière de faire la guerre, même de tuer, c’était pareil qu’aujourd’hui. La seule différence, c’est que peut-être à l’époque, vous aviez plus de chance d’être un pionnier ou un grand découvreur parce que les possibilités étaient multiples. Tout restait à découvrir. Aujourd’hui, il faut être surdoué en informatique pour découvrir quelque chose. Même l’ère industrielle commençait déjà. L’industrie est apparue. Toutes ces manières-là sont similaires et je pense qu’on n’a pas beaucoup évolué si ce n’est dans les moyens qu’on a à disposition aujourd’hui.

 

C’est sur ce constat un peu négatif, mais ma foi c’est comme ça qu’on va se quitter. Merci François et à tout bientôt.

À tout bientôt.

 

Nous avons l’immense plaisir de vous présenter un peintre fort sympathique. Son nom, Alain Mouret.

On se retrouve avec Christoph pour parler dessin, peinture et surtout du nu académique. De quoi s’agit-il ?

Le nu, c’est pratiqué depuis fort longtemps. Le nu académique depuis à peu près un siècle et demi, au milieu du siècle dernier et le dernier. C’est une période où la morale n’est pas un vain mot et en principe la femme est couverte du cou jusqu’aux chevilles.

 

C’est assez contradictoire autrement dit ?

C’est assez contradictoire, en effet oui. Pour l’histoire, il est intéressant de revenir à la Genèse, Dieu ayant créé l’homme trouvait qu’il lui fallait une compagne. Il lui a donc envoyé une torpeur, l’a endormie, lui a pris une côte et l’a façonnée de manière de lui présenter la femme. Depuis que le nu existe, on le pratique évidemment essentiellement avec des modèles féminins. Il y a aussi une explication assez scientifique à ça.

 

Pourquoi ce sont surtout des femmes que l’on peint nues ?

Il y a que le bassin est généralement beaucoup plus généreux chez la femme que chez l’homme, ce qui permet à l’artiste de soigner les courbes et les détails d’une manière très différente qu’il le ferait s’il peignait un homme. Le bassin, les fesses participent également à cet idéal de beauté ainsi que les jambes, mais dans un registre un petit peu différent pour d’autres raisons. Une autre chose qui a une grande importance dans l’exercice du dessin du nu, c’est la chevelure et la composition de la chevelure. À partir de ce moment-là, si tous ces éléments sont réunis, on peut parler de Vénus, de la femme Vénus, au sens artistique du terme. Le corps de la femme évoque évidemment plus subtilement le domaine érotique que celui de l’homme si l’on veut entrer encore dans ce genre de détails.

 

Le début du XXème siècle est une période assez importante pour ça ?

Oui. Le nu académique s’est pratiqué à Paris au début du XXème siècle avec une très, très grande assiduité et on a dénombré jusqu’à 850 modèles qui gagnaient environ, par heure de pose, l’équivalent de quatre de nos euros actuels… Paris était un bastion.

 

Pourquoi le corps et le nu en particulier exerce-t-il un aussi grand attrait ?

La représentation du corps a toujours été une expérience primordiale aussi dans les beaux-arts de l’Antiquité à la Renaissance, on y revient toujours. Il y a le fait qu’il s’agit de réalisations à partir de modèles vivants, ça a aussi son importance, pas à partir de modèles statiques. Il faut relever que l’exercice du nu, ainsi que celui de la perspective sont les sources principales et la dernière étape du cursus académique du dessinateur.

 

Merci Christoph pour toutes ces explications. On en sait maintenant beaucoup plus sur l’art et cette fascination pour les nus. À tout bientôt.

Beaucoup plus, je ne sais pas.

 

Un peu plus en tous cas.

Un peu plus en tous cas. Merci et à bientôt Jean-Pierre.

 

Voilà. On quitte le monde du dessin, de la peinture pour aller dans celui de la poésie avec un poème de Lamartine, mis en images par Oscar Garcia.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Merci Mesdames et Messieurs d’être restés avec nous. Passez une très bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod