« Quoi de 9 ? » 342 : du 12 au 18 octobre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Christoph Yavkin, François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. On se trouve cette semaine dans un endroit très connu et très apprécié des Neuchâtelois, les Jeunes-Rives.

 

 

Notre collaborateur, François Gombàs a rendez-vous aujourd’hui avec M. Julien Dunilac, écrivain, nouvelliste, essayiste d’une cinquantaine d’œuvres réparties entre romans et poésies. On les écoute.

 

 

Nos amis, le Duo du Bas, se lancent à nouveau dans la poésie. Ce n’est pas encore parfait, mais bon, il y a des progrès… quoique.

 

 

Le Festi Coin Coin vous connaissez ? Non ? Ça s’est passé pourtant ici sur les Jeunes-Rives. Ce n’est pas le Paléo Festival, mais c’est sympathique, c’est chaleureux et on espère les revoir l’année prochaine.

 

 

Bonjour Christoph.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On vient d’aller faire un petit tour du côté de ce tout nouveau petit festival, le Festi Coin Coin. Il y a une longue tradition derrière ces festivals. Je ne parle pas seulement en Suisse, mais dans le monde en général ?

C’est tout simplement gigantesque. On peut parler de mania-festival. On commence évidemment par la base en 1968 avec Woodstock. Mais Woodstock, ce n’était pas un festival, c’était une occasion pour les jeunes de se réunir et ça ne se voulait pas festival dans ce sens-là. Cela en a pris le nom, mais c’était plutôt une réunion des contestataires de l’époque qu’un festival. Peu de choses ont suivi dans l’immédiat vraiment, parce que l’industrie du disque phonographique marchait très bien. C’est un point très important, vous allez voir pourquoi.

À partir de 1972 ou 1973, s’est créé en France le Printemps de Bourges, qui est l’une des manifestations les plus importantes en termes, plus seulement chansons françaises d’ailleurs, parce qu’il s’est pas mal internationalisé. Pour moi, c’est un petit peu le début de la mania-festival dont je parlais tout à l’heure. À partir de là ce sont développées toutes sortes de petites structures et chacun voulait la sienne. Il en fallait un en Valais. Un en Valais Est, un en Valais Ouest, un dans trois régions différentes du canton de Vaud et ainsi de suite…

 

Les festivals de montagne aussi.

Festivals de montagne et tout et sont nés, petit à petit, des festivals d’une plus grande importance où les sponsors ont de plus en plus couverts. C’est là que j’en reviens à ce que je disais tout à l’heure. Ces festivals et la pléthore de ces festivals depuis maintenant plus de 20 ans remplacent d’une certaine manière ou compensent la baisse du marché de l’industrie phonographique. Les ventes de disques et les ventes de supports à proprement parler ont chuté et c’est par le biais de festivals et par le biais de manifestations live que les groupes fonctionnent maintenant. Leur chiffre d’affaires, ils ne le font plus qu’avec les disques.

 

Vous êtes en train de nous dire que ce seraient les festivals qui seraient responsables des problèmes qu’a rencontré le monde du disque ?

Non, ils ne sont pas responsables.

 

La cause ?

C’est plutôt le fait que la tendance à la consommation du disque déclinait de plus en plus et très fortement, très violemment. C’est de l’ordre de 15 à 20 et jusqu’à 25 % par an, et ensuite il y a encore Internet bien entendu qui s’en mêle. La chute des disques a aidé à ce que ces festivals se multiplient, car les groupes ont de plus en plus spéculé sur les cachets possibles. En Suisse, il y a aussi des exemples qui ne sont pas très, très catholiques, parce qu’on a beaucoup trop payé les groupes pendant un certain temps. Il y a passablement d’anecdotes sur lesquelles je pourrais revenir…

 

Il y avait une surenchère ?

Il y avait une surenchère terrible et s’est mis en place toute cette structure sponsoring qui fait que le festival aujourd’hui vit pour ainsi dire de lui-même. Dans les pires cas, je peux imaginer des garanties de déficit, mais qui sont très, très mineures par rapport aux risques que prenait l’organisateur de concert que j’étais, par exemple, il y a 25 ans… Prenez aussi le cas de Paléo, il faut le citer. Paléo était aussi l’un des tout premiers festivals en Suisse. C’était un véritable festival folk qui s’est transformé, en 30 ans, en une gigantesque foire dans laquelle vous trouvez l’UBS, Postomat, la Migros. C’est devenu véritablement…

 

Un grand business.

Un très, très grand business et simultanément la vente du produit a chuté… et les gens vont consommer la musique gratuitement dans la mesure du possible sur Internet et, ma foi, consacre une partie du budget à passer du temps dans ces festivals.

 

Est-ce que l’on sait combien il y a de festivals ou de manifestations de ce genre en Suisse et dans le monde ?

Si on prend l’Europe en général, j’imagine que c’est de l’ordre de 7 à 800 pendant la belle saison. Si on prend la Suisse uniquement et les plus gros, ça tourne quand même, mine de rien autour de 40 festivals qui drainent à eux seuls, 40 fois 10 000 personnes, si ce n’est pas 20 000 ou 100 000 comme à Paléo par exemple sur une semaine. Les plus importants sont bien sûr Paléo qui est devenu un village carrément pendant une semaine. Le Gurten Festival qui est peut-être le plus sympathique de tous les gros festivals qu’on trouve en Suisse. Je ne veux quand même pas oublier de parler du Montreux Jazz. C’est une structure totalement à part. C’est d’ailleurs à partir des questions liées au Festival de Montreux que ce sont posés les plus gros problèmes pour les organisateurs de petits spectacles, parce que Montreux ratissait les sponsors. De ce fait, il payait extrêmement bien pour ne pas dire trop les musiciens. Conséquence : les musiciens savaient qu’en venant jouer en Suisse, ils pouvaient demander beaucoup. J’ai pu faire des comparaisons à l’époque entre ce qu’était payé le soir d’avant un groupe qui jouait à Roanne et le soir d’après à Montreux, c’est invraisemblable. Les creux sont tout simplement inouïs. J’aimerais mettre en avant une pratique vraiment exécrable, je ne sais pas si ça se passe dans beaucoup d’endroits, en tout cas dans celui qui s’appelle le Greenfield Festival d’Interlaken. Je ne me gênerai pas de dire qu’il y a, pour les festivaliers, les plus jeunes, il n’y a aucun point d’eau, aucun accès point d’eau, ce qui signifie que le consommateur est obligé de passer par l’achat de bouteilles. Il ne peut même pas aller boire au robinet… Il y a de quoi faire un constat assez négatif sur l’ampleur qu’ont pris les choses.

 

Merci en tout cas Christoph de nous avoir éclairé sur un sujet que visiblement vous connaissez bien.

C’est un sujet que je connais bien pour avoir travaillé commercialement dans la branche pendant 25 ans et que j’ai dû malheureusement fermer les portes de mon commerce particulièrement pour cette raison.

 

Il reste vos connaissances et on vous remercie de bien vouloir les partager avec nous et à très bientôt.

À très bientôt Jean-Pierre. Merci.

 

 

Nous allons maintenant nous pencher sur le problème de la santé avec M. Philippe Maire et son ouvrage qui s’intitule justement « La santé dans le canton de Neuchâtel ».

 

 

Bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On l’a vu, la médecine, ça crée toujours des grandes discussions, des grandes polémiques parfois. Mais la médecine a toujours été au centre des préoccupations de l’être humain ?

Oui. Bien sûr, depuis le début, toutes les civilisations, toutes les sociétés se sont senties concernées pour la médecine. « L’art de guérir », ça se confond avec la culture, les traditions, la magie, le surnaturel, au début, même la religion. C’est aussi l’étude des thérapeutiques qu’elles ont apportées. Avant c’était un peu des médecines traditionnelles. La médecine moderne, on peut dire qu’elle a débuté au milieu du XIXème siècle avec de nouvelles découvertes comme le microscope. Ensuite, on a eu Pasteur qui a inventé la pasteurisation et pour finir Flemming avec la pénicilline.

 

Revenons peut-être aux médecines traditionnelles qui n’ont d’ailleurs pas disparu, malgré le progrès ?

Aujourd’hui, elles font un grand retour. Cela se voit un peu partout. Les gens font recours à ces médecines dites primitives. Elles ne sont pas si primitives que ça. En Chine, on les utilise depuis des milliers années, telle l’acupuncture. Aujourd’hui, tout a été retranscrit, tous les textes ont été sauvegardés depuis des millénaires. Au XXème siècle, on a tout récupéré. On connaît bien ces médecines et, aujourd’hui, elles arrivent chez nous. Il y avait aussi la médecine mésopotamienne qui était plus basée sur la magie, les rituels, bien qu’eux, ils avaient déjà inventé des médecines à base de plantes, des parties d’animaux qu’on retrouve aussi aujourd’hui. Ce qui a marqué l’Antiquité, c’est surtout les Grecs. Le premier grand médecin qu’on considère comme le père de la médecine, c’est Hippocrate dès le Vème siècle avant J.-C. Mais là, c’était plus une philosophie et on a perdu pas mal de ses ouvrages. Un deuxième Grec, Claude Galien qui a écrit plus de 500 ouvrages. C’était le médecin des gladiateurs. Il a fait beaucoup d’interventions chirurgicales, j’imagine…

 

On peut comprendre.

Il a aussi fait beaucoup de dissections animales et il a écrit des livres sur l’anatomie surtout, sur certaines pathologies. Lui, en a écrit 500. On n’en a récupéré que 83 aujourd’hui. D’ailleurs aujourd’hui, il y a toujours le serment d’Hippocrate que les médecins doivent prononcer avant de devenir médecin. C’est un certain code d’éthique qu’on utilise à travers sa vie de médecin.

 

Mais aujourd’hui, on a fait d’immenses progrès. La preuve, c’est l’espérance de vie qui ne cesse d’augmenter ?

Oui, c’est vrai. Au Moyen-Âge, l’espérance de vie dans certaines cultures était de 25 ans. Aujourd’hui, ça atteint 80 ans. C’est vrai qu’il y a des disparités suivant d’où on vient sur terre. Il y a des pays comme en Afrique où c’est très bas. Cela est aussi dû à la mortalité infantile qui était beaucoup plus grande et on compte dans ces espérances de vie les morts à la naissance. Des fois, c’est un peu tronqué… C’est vrai qu’on vit mieux. Il y a beaucoup de nouvelles médecines grâce au laser, l’imagerie médicale avec les ordinateurs et maintenant on a aussi des biomatériaux. On peut réparer un organe, voire même le remplacer. C’est vrai qu’on a fait d’énormes progrès, mais ce progrès a quand même un côté noir, je dirais. On dit que l’hygiène a fait beaucoup pour la médecine. Mais c’est vrai que l’hygiène aussi aujourd’hui, elle a amené quelque chose de moins bien, c’est-à-dire qu’on a des maladies, surtout virales, qui sont devenues bio résistantes et avec la pollution qu’on a aujourd’hui, comme on change tout notre environnement, on a une pollution de l’air, une pollution sonore, une pollution qui est tout autour de l’environnement et qui crée des nouvelles maladies. Il y a beaucoup d’allergies qui viennent toucher les gens. On a la poliomyélite qui fait des retours. On a bien éradiqué la variole, mais on a des nouvelles maladies comme le sida qui font leur grand retour. Il y a aussi l’autre côté, ça peut conduire même au bioterrorisme. On peut décimer des populations entières comme on l’avait fait au Moyen-Âge, peut-être qu’on n’avait pas fait exprès, mais il faut dire qu’en Amérique du Sud et en Amérique du Nord, beaucoup de tribus indiennes ont été décimées par la variole et d’autres maladies importées d’Europe.

 

Mais en modifiant parfois légèrement son comportement, on peut aussi se trouver en meilleure santé ?

Ça c’est vrai. Déjà son comportement vis-à-vis de l’environnement. Mais des comportements personnels, je dirais oui. C’est des facteurs qu’on entend toujours à la télé ou même dans les pubs. C’est sa consommation d’alcool. Si vous n’utilisez qu’un petit verre par jour, ça va. La consommation de tabac. Consommer 5 fruits et légumes par jour et, bien sûr, au moins une demi-heure d’exercice physique. C’est vrai qu’aujourd’hui, on en fait de moins en moins et ça, ça pourrait changer. Il y a ces médecines traditionnelles auxquelles on peut retourner. En Afrique, 80 % des gens se guérissent avec ces médecines traditionnelles. En Chine, encore 50 % des gens achètent des médicaments à base de plantes, de parties animales, des thérapies avec des cailloux, etc. Aujourd’hui, il y a une grande déforestation qui se produit. On est en train de détruire beaucoup de connaissances… Connaissances des gens qui habitent dans ces régions, notamment en Amazonie, mais on détruit certaines plantes qui pourraient être des remèdes, des médicaments contre le cancer et d’autres grandes maladies. Nous, on les détruit comme ça pour rien juste pour le profit et c’est ça qui est bien dommage…

 

Vous pensez que l’industrie pharmaceutique a des soucis à se faire ?

Les médicaments qu’on a aujourd’hui… maintenant, ils font des études, des recherches, on les a utilisés 20 ou 30 ans et on remarque maintenant que ces médicaments causent plus de dommages que de bien. Ils créent même d’autres maladies qu’on ne connaissait pas, ne serait-ce que la pilule pour les dames, des médicaments contre le cancer, etc. On remarque que cela fait plus de dommage que ça donne du bien-être.

 

Un retour à la médecine naturelle n’est pas une utopie ?

Ce n’est pas une utopie. Je pense qu’il y a beaucoup de connaissances dans ces tribus primitives qui eux n’ont jamais eu de cancer ou de graves maladies. Au Groenland, on a étudié les Esquimaux qui ne consomment que du poisson, eux n’ont pas de cancer… Il y a plein de tribus comme ça, des petites entités un peu partout dans le monde qui n’ont pas les maladies que notre grande société capitaliste, matérialiste a aujourd’hui. Je pense que ça serait bénéfique d’écouter et même d’être à l’écoute de la nature pour retrouver certains médicaments, certains remèdes, certaines pratiques qui existent sûrement.

 

Et pour terminer, une maladie qui fait beaucoup, beaucoup de dégâts, c’est la dépression.

Oui dans notre société actuelle, avec la crise qui fait rage, il y a beaucoup de gens qui tombent dans la dépression, qui sont déjà dans la dépression depuis longtemps, notamment aussi les personnes âgées qui sont seules. Mais ce que je pourrais dire avec ça, un des meilleurs remèdes qui existent, c’est vraiment essayer d’avoir un bon état d’esprit, de retrouver un moral, de s’entourer de gens qui sont à l’écoute et, peut-être aussi, de développer une médecine comme ça où on a plus de gens qui viennent à l’écoute. L’état d’esprit fait beaucoup pour soigner la personne même, ne serait-ce que la solitude, la dépression ou bien d’autres maux.

 

Merci pour tous ces conseils François, à bientôt.

À bientôt.

 

Pour lutter contre la dépression, je vous recommande de regarder TOR, c’est probablement la seule télévision qui peut vous donner que du bonheur. En tout cas, je vous le souhaite. Je vous souhaite une bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod