«QUOI DE 9 ? »  345 : du 2 au 8 novembre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR avec aujourd’hui Christoph Yavkin, François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. C’est depuis le port de Saint-Aubin que nous avons le plaisir cette semaine de vous présenter nos émissions. L’humour noir, l’humour noir n’est pas forcément triste. On va en parler dans quelques secondes avec Christoph Yavkin.

 

 

Bonjour Christoph.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler de l’humour noir en particulier.

L’humour noir en particulier qui pêche ses origines, ses artifices, dans la famille des cyniques. Le cynisme, c’est un humour qui se charge de relater avec amertume, cruauté, désespoir parfois, les absurdités de ce monde. C’est la raison pour laquelle il s’établit un contraste assez fort évidemment, inévitablement avec ce qu’est l’humour au sens plaisanterie classique du terme.

 

Je disais tout à l’heure, l’humour noir n’est pas forcément triste. Cela dépend des régions, des pays, des cultures ?

On ne peut pas tellement le dire comme ça. On peut se poser la question de savoir si l’humour noir est perçu de la même façon à travers le monde. De par la foule de mentalités différentes qui peuplent cette planète, il est clair que certaines formes d’humour noir seront perçues différemment par certaines mentalités, notamment en raison des tabous qui peuvent être évoqués… dans un pays, sur un continent, ça donnera un résultat tout à fait catastrophique et il y a d’autres régions où on en rira très différemment. C’est surtout en fonction des tabous que l’humour noir effleure et qu’il peut y avoir une grosse différence.

 

On prête souvent à l’humour noir des origines anglaises, c’est juste ?

On pourrait vraiment, vraiment le croire, mais ce n’est pas le cas. Non, c’est une importation américaine. On prête à Mark Twain, l’auteur américain du début du siècle qui a écrit Huckleberry Finn et Tom Sawyer qui sont des livres que beaucoup de nos enfants d’ici ont dévorés. On lui prête cette invention-là. Je souris un peu, parce que j’en doute moi-même. Personnellement, je vois plutôt les véritables origines en Irlande, mais c’est peut-être par ricochet, l’émigration et le retour.

 

D’accord. À quels grands noms, nos téléspectateurs pourraient s’identifier comme humoristes qui nous auraient marqué ?

Pour les plus érudits, et c’est la raison pour laquelle je parlais d’Irlande tout à l’heure, Oscar Wilde sans aucun doute. Plus près de chez nous, sur le plan francophone, Boris Vian, Pierre Desproges dont j’ai oublié tout à l’heure de citer à propos de différences de mentalités, c’est une remarque importante de sa part, il avait dit un jour : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ! » Ça illustre assez bien cet aspect-là. Plus près de nous encore, Dieudonné, le décrié Dieudonné et Coluche comme exemple très populaire…

 

Justement Coluche, il y a quelques gags assez spéciaux là-dessus.

Coluche a fait dans l’humour noir, pas toujours, mais quand il l’a fait, il a réussi à sortir des choses assez étonnantes. Il y a une histoire de Coluche qui illustre sa façon à lui de voir l’humour noir, c’est sa façon de raconter comment une femme très, très moche a rencontré un homme encore plus moche qu’elle. Ils ont fait un enfant et ils ont dû le jeter…

 

Ça fait rire, c’est quand même malheureux. Avant de voir le premier sujet de la semaine, vous avez une petite conclusion, je crois à ce sujet ?

Oui bien sûr. En dehors des auteurs, il faut tenir compte des dessinateurs, des caricaturistes, des réalisateurs. Sur le plan de la caricature, les plus forts, les plus puissants nous viennent de l’Est, probablement parce que le risque de censure y était beaucoup plus grand qu’ailleurs et parmi les réalisateurs, pour les amateurs de cinéma, pour les amateurs du genre, il y en a à ne pas manquer du tout, à tout prix, c’est les Monty Python. Pour terminer, je voudrais encore mentionner qu’il existe bien sûr des magazines d’humour noir. Il n’en existe plus des masses en langue française. Hara Kiri, je crois à maintenant gentiment disparu. Il reste Charlie Hebdo. Dans une certaine mesure Le Canard Enchaîné et à tout seigneur, tout honneur, on peut terminer en disant que nous avons même connu en Suisse, un excellent et fameux Nebelspalter.

 

D’accord. Je ne sais pas si tout le monde l’a connu ! Merci en tout cas Christoph pour cette petite balade dans le monde de l’humour noir et à très bientôt.

À très bientôt Jean-Pierre.

 

Nous allons aller retrouver maintenant un homme, que dis-je un ami, qui manie très, très bien l’humour noir. Il s’agit de Boillat X. Boillat X qui a monté il n’y a pas tellement longtemps un spectacle avec plusieurs musiciens. Si notre ami Boillat X nous regarde, j’aimerais lui souhaiter un très, très bon rétablissement, parce que je sais qu’il est malade. Alors Boillat, si tu nous écoutes, accroche-toi, on pense à toi et surtout on a encore besoin de toi…

 

 

Equus helveticus, non ne craignez rien, je ne suis pas devenu curé et ce n’est pas le retour non plus de la messe en latin. On va parler d’une grande manifestation qui s’est tenue à Avenches et où l’on a beaucoup, beaucoup parlé de ce magnifique animal qu’est le cheval.

 

 

À mes côtés François Gombàs, bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Quand on parle cheval en Suisse, on parle assez facilement du franc-montagnard, un cheval parmi les plus célèbres en Suisse ?

C’est exact. D’ailleurs, il est né d’une volonté d’une société qui a été fondée en 1830 ; c’est la « Société pour l’amélioration de l’élevage du cheval en Suisse. » Elle voulait créer un cheval robuste, à partir d’un cheval existant : c’était l’« anglo-normand ». À partir de cette idée-là, dans les Franches-Montagnes, on a effectué plusieurs croisements avec des étalons demi-sang anglo-normands pour essayer de créer cette race robuste et qui devait être adaptée au climat rude des montagnes, à plus de 1000 mètres d’altitude, avec des bois, des pâturages avec un sol calcaire ; il devait s’adapter à ça. On a surtout importé ces étalons. Le plus célèbre, c’est Vaillant en 1891, qui lui a donné naissance vraiment à une très grande lignée de ces chevaux francs-montagnards. On a aussi utilisé des demi-sang hackney pour l’endurance et aussi des ardennais pour la robustesse, la musculature.

 

C’est ça les raisons pour lesquelles on a décidé de créer un cheval ?

Il fallait qu’il soit robuste et adapté à ces conditions. À l’époque, il faut se dire que le milieu agricole avait besoin de ces chevaux pour aller défricher dans la forêt, pour accéder à des endroits qui sont peut-être moins accessibles et à l’armée, il lui fallait un cheval de bât pour aller justement dans les terrains accidentés. En 1960, malheureusement avec la mécanisation, leur nombre a beaucoup diminué tant agricole que militaire. Il y a eu les tracteurs, après les 4x4 chez les militaires et ça a mis un gros coup de frein… En 1980, le cheval, avec toutes ces années d’élevage, il y a eu des problèmes de consanguinité. On a dû faire appel à d’autres sangs, demi-sang de Suède, des arabes, etc. Il y avait un célèbre étalon suédois qui a donné une carrure un peu plus ample qu’on retrouve encore aujourd’hui.

 

C’est donc un petit peu pour toutes ces raisons qu’il est encore très apprécié aujourd’hui ?

Oui, c’est vrai qu’il est encore très apprécié. Mais aujourd’hui, c’est aussi un cheval de loisirs et aussi un cheval de sport. La principale raison, c’est sa polyvalence. Il est docile, il apprend facilement, il apprend vite, il est précoce. C’est un cheval un peu pour toute la famille et aussi pour tous ceux qui veulent faire du sport, que ce soit de la randonnée, du trek, de la voltige, même de la monte western et en plus de ça, c’est aussi un vrai champion. Bien qu’il soit un cheval de famille, il a gagné beaucoup de compétitions en attelage, en voltige, etc. En plus de ça, c’est un cheval, vu ses aptitudes et ses qualités, il n’est vraiment pas cher. Les gens, chaque année, au célèbre Marché-Concours de Saignelégier, ils ont la possibilité de prendre le cheval pour l’atteler, de regarder ce qu’il fait ou même de le monter. Chaque année, des dizaines de chevaux partent à l’occasion de cette fête.

 

Et pour ceux qui n’en aurait jamais vu un de près, à quoi il ressemble ? Quels sont ces caractéristiques physiques ?

Ce n’est pas un cheval très, très grand. Il fait entre 1,50 et 1,60 mètre au garrot. Ses couleurs, sa robe est en général alezane ou baie, rarement noire ou blanche. On peut dire que c’est l’un des derniers modèles de cheval de traits légers en Europe occidentale et c’est le seul qui vient de Suisse. Aujourd’hui, il y a à peu près 10 000 chevaux des Franches-Montagnes qui existent. 4 400 juments et 200 étalons reproducteurs et à peu près chaque année, on a 3 300 poulains qui naissent et on les retrouve dans à peu près tous les pays limitrophes de la Suisse, en France, en Italie, en Allemagne, en Hollande et en Belgique. D’ailleurs dans ces pays, il a une nouvelle fonction, on l’utilise pour l’hippothérapie.

 

Parce qu’il s’adapte bien aux personnes handicapées et aux malades ?

L’hippothérapie, c’est ça. C’est pour des personnes qui ont des handicaps physiques ou mentaux, qui ont des troubles de la personnalité, de l’hyper activité, des troubles de déficit de l’attention aussi. On peut dire que c’est plutôt de la thérapie avec le cheval, parce que c’est vraiment l’assistant du thérapeute autant pédagogique que pour soigner. Selon le cas, l’approche est différente. On peut l’utiliser à la longe, en contact avec l’animal, des exercices de psychomotricité, de confiance en soi. Mais il y a deux conditions essentielles, c’est le respect de la personne et de sa différence et aussi le respect de l’animal.

 

Écoutez, on ne pouvait pas mieux vendre le franc-montagnard que vous venez de le faire et je vous dis, à bientôt.

À bientôt Jean-Pierre.

 

Voilà Mesdames et Messieurs, on va partir à Avenches où l’on va rencontrer une autre personne passionnée comme François Gombàs par le cheval et qui va nous montrer tout ce que peut faire ce sacré franc-montagnard

 

 

On s’en va maintenant à Corcelles pour rencontrer trois artistes neuchâtelois qui exposent leurs œuvres à la salle de spectacles depuis ce vendredi jusqu’à dimanche soir.

 

 

On arrive déjà au terme de notre émission. On va quitter Saint-Aubin pour aller visiter une autre région du canton de Neuchâtel. En attendant, je vous souhaite une bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod