« Quoi de 9 ? » 351 : du 14 au 20 décembre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous. Dans quelques instants « Quoi de 9 ? » avec François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. On se trouve cette semaine devant la Collégiale à Neuchâtel pour vous présenter nos reportages.

On commence par la Fête du costume neuchâtelois qui s’est déroulée à Peseux.

 

 

Après ces belles musiques, ces belles danses, ces beaux costumes, on se retrouve avec François Gombàs, bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Alors, l’homme, les costumes et les habits… l’homme ne s’est pas toujours habillé.

Au départ, il était nu, c’est clair. On dit que depuis le péché originel d’Adam et Ève, on a voulu au moins mettre un petit truc. Au départ, il cachait l’essentiel. C’était plutôt un aspect pudique. Mais au départ, les gens qui habitaient les régions froides, ils s’enduisaient de graisse animale pour se protéger du froid et, dans les régions tempérées, juste un petit pagne. Cela s’est développé comme ça et, pendant des milliers d’années, c’était comme ça et après il y a eu d’autres préoccupations qui ont fait que les gens voulaient mettre d’autres habits.

 

Vous dites d’autres préoccupations, mais lesquelles ?

Tout d’abord, les gens avaient envie, un peu comme aujourd’hui, de plaire aux autres. L’habillement est devenu une espèce d’atout pour séduire les partenaires. Deuxièmement, on voulait se différencier par rapport à la hiérarchisation sociale, donc les chefs des clans et des tribus s’habillaient différemment. Ils utilisaient les meilleures fourrures pour montrer qu’ils avaient tués le lion, le tigre ou l’ours. Ça différenciait les gens et un troisième aspect, c’est la spiritualité qui s’est développée, que ce soit n’importe quelle religion, les chamanes, les prêtres ou les dignitaires religieux de chaque tribu, chaque clan, chaque civilisation, de par l’habit, essayaient de montrer qu’ils étaient différents, peut-être plus du côté divin que les gens.

 

Qu’est-ce qui a fait finalement évoluer tout ça ?

En fait, ça n’a pas évolué jusqu’au Moyen-Âge et, avec les découvertes, la prolifération, les avancées techniques, le tissage, de nouvelles étoffes, des nouvelles couleurs, les échanges entre pays, ça a permis de créer de nouvelles modes et on a vu là une scission entre les vêtements féminins et les vêtements masculins. C’était assez codifié. Les femmes devaient se vêtir comme ça, les hommes aussi et ça changeait tous les cinquante ans, à peu près, jusqu’à la Révolution française. Après, cela s’est un peu libéralisé. Les hommes ont commencé à porter des pantalons et après on a dû encore attendre avec l’industrialisation, jusqu’à la Première guerre mondiale pour que les femmes se différencient vraiment. Là, elles devaient avoir des habits qui soient un peu plus amples, plus faciles à porter pour pouvoir travailler à l’effort de guerre de la Première guerre mondiale.

 

Est-ce que cette libéralisation de la femme, ça a été la fin du costume ?

Pour ainsi dire oui, en tant que mode vestimentaire, ce n’est pas mort encore aujourd’hui. Mais c’est vrai qu’avec l’avènement du sport en plus, là on ne parle plus de l’histoire du costume, mais plutôt de l’histoire de la mode comme elle est encore aujourd’hui, comme elle change. D’ailleurs les costumes, ça n’a pas été perdu, parce qu’il y a quand même un souci de préserver son patrimoine. Il y a des associations qui se sont créées, notamment dans les années 20. La FNCS, c’est la Fédération Nationale du Costume Suisse où l’on avait des représentants déjà même avant au XVIIIème siècle, qui participaient à des fêtes, des cortèges. On avait un couple de chaque canton qui venait, qui déambulait dans les rues avec son propre costume et même chaque région. Même dans un canton, on avait plusieurs endroits avec des costumes différents. Il y a eu des femmes dans le canton de Vaud et dans le canton de Neuchâtel qui ont voulu préserver tout ça en fait. Maintenant, elles créent des groupes de danses, de chants et de costumes et ils se produisent un peu partout…

 

On l’a vu tout à l’heure dans le reportage que les costumes du Locle ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de La Chaux-de-Fonds ?

Oui, c’est ça. On peut même dire que, des fois, chaque district a son costume propre et on essaye de préserver ça. Je pense que c’est important, ça donne une identité régionale et sociale à chaque participant. C’est bien de voir que ça perdure.

 

Très bien. Merci François pour toutes ces explications. On se retrouve tout à l’heure pour continuer de parler un petit peu d’histoire, mais aussi de sport. À tout de suite.

À tout de suite.

 

 

Nos amis, le Duo du Bas espèrent pouvoir rencontrer Dieu pour lui poser quelques questions, parce que comme vous le savez, ils sont en train de préparer notre fameuse émission TOR Boyard et ils ont quelques problèmes. Dans quelques secondes, ils vont venir ici. Vont-ils rencontrer Dieu, vont-ils pouvoir lui parler, aura-t-il les bonnes réponses à leur donner ? Restez avec nous, vous allez le savoir dans quelques secondes.

 

 

En préambule à la course Morat-Fribourg que nous allons vous présenter tout à l’heure, cette fameuse course à pied, cette course populaire qui attire des milliers de personnes, on va en parler un petit peu avec François, parce que des courses comme ça, il y en a de plus en plus, il me semble en Suisse ?

C’est vrai. Il y en a une dizaine un peu partout, en toutes saisons, dans tous les cantons romands. Les plus importantes, on peut citer Sierre-Zinal qu’on appelle aussi « la course des cinq quatre mille » parce que quand on court, on peut voir cinq montagnes qui culminent à plus de 4 000 mètres. Il y a aussi l’Escalade de Genève qui se court depuis trente ans en décembre. Il y a la Corrida Bulloise, la Corrida d’Octodure à Martigny. À Neuchâtel, il y a le Tour du Canton qui est sur plusieurs jours. Il y a la Course des Pavés à La Neuveville qui s’est tenue au mois de novembre. On a aussi le Défi du Val-de-Travers, c’est une course de 75 kilomètres à travers la vallée de l’absinthe. Mais je pense que le succès de ces courses, c’est que les organisateurs ont su s’adapter aux demandes de toute la population. On a adapté des distances différentes pour les professionnels, les amateurs, pour les grands, pour les petits, pour les familles, pour les coureurs de fond, pour ceux qui aiment marcher et aussi pour le nordic walking qui est le sport très à la mode maintenant. C’est une sorte de marche avec de grands piolets, à l’instar de Morat-Fribourg qui a aussi pu s’adapter à la population.

 

Parlons-en justement de cette fameuse course Morat-Fribourg qui a une origine historique ?

Oui, à l’instar de l’Escalade de Genève, c’est aussi une origine historique. En fait, c’est pour célébrer la bataille de Morat de 1476, quand Charles le Téméraire avait perdu la bataille de Grandson. Il avait reformé une armée pour s’attaquer à Berne, mais en chemin, il est tombé sur les gens de Morat qui s’étaient retranchés derrière leurs murailles et qui ont tenu tête à Charles le Téméraire. Ensuite, ils ont reçu des renforts des Confédérés et ils se sont battus et ils ont vaincu cette grande armée de Charles le Téméraire. C’est pour ça qu’aujourd’hui, on fête cette course. D’ailleurs, cette course a aussi donné lieu à deux mythes, deux légendes assez connues.

 

Justement parlons-en. Cette légende ressemble étrangement à celle du marathon ?

Exactement. C’est tout comme à Marathon. L’histoire du messager qui va depuis le champ de bataille de Morat jusqu’à Fribourg pour annoncer la victoire. Il est arrivé à Fribourg et il est mort d’épuisement à Fribourg. Aussi comme à Marathon, le coureur avait lui une branche d’olivier et ici il avait une branche de tilleul qu’il a ramené et on dit qu’où il s’est effondré, un tilleul a grandi grâce à ce petit rameau de tilleul qu’il a ramené… L’arbre a aussi subi pas mal de péripéties au cours des années. D’ailleurs pour la course de Morat-Fribourg au départ depuis 1932 jusqu’en 1977, il signalait la fin de la course.

 

C’était l’arrivée.

C’était l’arrivée et ensuite on a changé l’arrivée. On l’a mis en haut de la rue des Alpes. Mais chaque fois, les coureurs quand ils passent devant, ils saluent cet arbre en hommage. Mais malheureusement en 1983, le pauvre arbre a été embouti par une voiture et on a dû le couper. Grâce à un botaniste, c’est le Père Aloïs Schmid ; il a préservé des boutures et grâce à ces boutures, il a refait pousser quelques tilleuls et on en a planté un qui trône aujourd’hui presque à l’emplacement exact de l’ancien.

 

Qui a eu l’idée de faire cette course en hommage à ce messager ?

La première fois, c’était Théo Aeby en 1904. C’était un professeur là-bas et il a eu cette idée-là. Il n’a pas eu beaucoup de succès. En 1931 un peintre, Adolf Flückiger, a décidé de faire cette course tout seul. Il l’a fait et il a rencontré Beda Hefti qui était le fondateur du Ski-club nautique et l’année suivante, ils ont décidé de faire cette course. C’était réservé uniquement aux membres du ski club. L’année d’après, cela a eu tellement de succès qu’ils ont présenté ça aux autorités et là, on a fait une course pour tout le monde, à partir de 1933. Depuis, on court chaque année. Cette année, c’était la 76ème édition avec presque 10 000 participants. On peut aussi dire que c’est ouvert à tout le monde. C’est devenu très populaire, mais ce n’était pas toujours le cas. C’était réservé seulement aux hommes. D’ailleurs la première femme qui a couru, Mme Moser, c’était en 1971…

 

Elle a dû se déguiser, je crois ?

Elle a dû se déguiser ; elle a dû prendre un pseudonyme masculin.

 

Bien. Merci François pour ce rappel et à bientôt.

À bientôt.

 

On va donc se rendre à Morat. Vous verrez, il n’y a pas seulement des femmes maintenant qui font aussi la course, mais il y a aussi des médaillés olympiques. Nous en avons rencontré un.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Merci Mesdames et Messieurs d’être toujours plus nombreux à suivre nos reportages. Passez une très bonne fin de journée, une bonne soirée, une bonne nuit. Prenez bien soin de vous et des autres aussi !

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod