« Quoi de 9 ? » 352 : du 21 au 27 décembre 2009

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous. Joyeux Noël et bienvenue sur TOR avec aujourd’hui François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. En cette semaine de Noël, nous nous trouvons dans le magnifique quartier Denis-de-Rougemont, en dessus de Neuchâtel, en compagnie de François Gombàs, bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler de la culture américaine en se posant la question, est-ce que nous, ici en Europe, en Suisse on est influencé par cette culture ?

Oui, tout à fait ! Il y a toujours chaque année des nouvelles modes qui viennent d’Afrique, d’Asie, d’un peu partout. On a eu des influences de nos voisins, la France, l’Italie surtout dans la nourriture, etc. Mais quand même la culture américaine nous a beaucoup, beaucoup influencés. Premièrement, de par la langue, parce qu’on dit que l’anglais, c’est la langue universelle aujourd’hui. Même en Suisse, où on a quatre langues, on parle le français, l’allemand, le romanche et l’italien, souvent entre nous, on utilise l’anglais pour communiquer avec des mots de tous les jours que les gens connaissent : snack, sandwich, week-end qui en font des mots qu’on parle aussi dans les autres langues ce qui en fait une langue universelle.

 

On est influencé par leur langage, par les mots, le vocabulaire, mais la musique aussi ?

Tout à fait ! En particulier, les grands courants musicaux. On a aussi la variété française, la pop anglaise, mais aussi le jazz, le blues et surtout le rock n’roll avec tous ses dérivés depuis les années 50. Il y a eu le pop rock, le hard rock, l’alternative rock. On a eu le twist. On a encore aujourd’hui le hip-pop, le rap. C’est tout de la musique qui vient du continent américain et qui influence beaucoup les jeunes, surtout dans l’esprit vestimentaire aussi.

 

On s’est approprié aussi quelques fêtes ?

Oui comme Halloween, c’est une fête typiquement américaine. À l’origine, c’est celte mais la tradition veut que l’on fête ça le 31 octobre aux États-Unis depuis des années et ça, c’est venu en Suisse assez récemment. Il y a aussi la fête de la Saint-Valentin qui est devenue une très grande fête populaire. Ce n’est peut-être pas vraiment par tradition qu’on a importé ça, c’est surtout pour la culture du marché de la consommation, parce qu’avec ces fêtes, cela donne la possibilité de vendre des dérivés de ces fêtes, les guirlandes d’Halloween, les décorations et tout ça…

 

Si la Saint-Valentin marche bien, Halloween, c’est un peu moins le cas ?

C’est vrai qu’au début ça marchait bien, mais depuis quelques années, on voit que l’engouement diminue petit à petit. C’est peut-être aussi une façon de montrer qu’on n’est pas totalement influencé. Par contre, l’audio-visuel, là toutes les émissions américaines, on les reprend. Hollywood nous bombarde de films chaque année. Il y en a pour tous les genres, tous les goûts. Maintenant, il s’adapte même à notre mentalité à nous, parce qu’avant on pensait toujours que c’était un happy end, une bonne fin aux films. Aujourd’hui de moins en moins. Même le marché hollywoodien s’adapte à nous. La moitié des émissions de la TSR, plus de la moitié sont d’origine américaine avec Friends, les Simpson…

 

Top Model.

Top Model. Il y en a vraiment aussi pour tous les goûts. On considère aussi la presse, les journaux sont tous calqués sur les formats américains, ce qu’on retrouve dans Gala, même dans l’érotique Playboy, c’est tout à fait pareil qu’aux États-Unis.

 

Les vêtements aussi ?

Oui. Déjà avec le jeans, le Levi’s qui est très connu, ça c’est aussi universel. Cela a été exporté dans tous les pays du monde et maintenant il y a les grandes marques Nike, Hilfiger, le « street wear ». On est tous devenu des « fashion victims », des victimes de la mode en fait et surtout chez les jeunes. Les adolescents, ils adorent suivre ça avec les tee-shirts, les baskets, les pullovers. C’est tout des mots anglais qu’on utilise aujourd’hui. On a aussi la nourriture.

 

Ça c’est peut-être moins heureux ?

C’est peut-être moins heureux, parce que c’est une façon de manger qui ne convient pas, surtout aux ados. On devient beaucoup plus boulimique. On devient plutôt obèse et ça pose un problème… On a importé surtout Mac Donald, Burger King, le plus grand concurrent de Mac Donald. Maintenant le dernier arrivé en Suisse, le Kentucky Fried Chicken, c’est du poulet frit toujours avec de l’huile, donc assez gras qui nous remplit peut-être pour une heure ou deux, mais qui en fait ne nous satisfait pas… Ils vont toujours en rechercher.

 

On a été très influencé, surtout à la fin de la guerre, mais est-ce que ça continue aujourd’hui d’être sous le charme américain ?

C’est vrai que ça diminue un petit peu. On est peut-être moins admiratif devant ce qu’ils font, surtout avec tous les problèmes qu’il y a eus récemment avec les guerres, aussi un peu leur côté égoïste, individualiste, matérialiste, ça ne plaît plus tellement. Mais on ne peut pas nier que depuis les 50 dernières années, on est complètement influencé par la culture américaine. On ne peut pas le nier !

 

On va peut-être en rester là pour les influences. On se retrouve tout à l’heure pour parler poésie, poésie française.

D’accord à tout à l’heure.

 

Voilà. On va regarder maintenant le Barber Shop Quartet. C’était à La Passade à Boudry, ça nous vient des États-Unis, mais de France aussi. Vous verrez, c’est très intéressant.

 

 

Nos amis, le Duo du Bas, qui sont en train de réaliser la plus grande émission de télévision qui n’ait jamais été réalisée en Suisse, TOR Boyard, ils vont se rendre au Château à Neuchâtel pour rencontrer nos amis, les conseillers d’État. Leurs rêves, c’est de recevoir de leur part de très, très bons conseils… À voir !

 

 

On vous propose maintenant une petite balade à Bellerive, c’est juste de l’autre côté du lac, chez Sandro Zimmermann qui, avec son amie, artistes tous les deux ont ouvert un restaurant et une galerie absolument magnifiques. On ne peut que vous recommander d’aller les visiter.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Mais on va quand même encore ouvrir une page littéraire en vous parlant de M. Guy de Maupassant qui est né, je crois François, en 1850 ?

C’est exact, 1850 dans une famille lorraine, mais qui a déménagé en Normandie. Le papa, lui est parti assez vite. Il a quitté le foyer. Il a été élevé surtout avec sa mère et son frère Hervé et en compagnie de Gustave Flaubert. C’était un grand ami du frère de Madame. Il l’a parrainé très, très jeune et c’est lui qui l’a poussé un peu à écrire. Il a passé son bac en 1870 et il a dû s’engager dans l’armée avec la guerre franco-prussienne qui faisait rage. Ces événements l’ont marqué à vie. Il a vraiment été découragé par la sauvagerie humaine qu’il a rencontrée pendant cette guerre franco-prussienne. Après, il est revenu. Il a racheté le droit de sortir de l’armée et il en est sorti. Après, il a commencé à écrire.

 

Flaubert qui a vécu à la même époque que Guy de Maupassant l’a beaucoup influencé ?

C’est ça. C’était vraiment son mentor. D’ailleurs, il ne l’a pas laissé publier ce qu’il écrivait tant qu’il n’avait pas acquis une maturité littéraire et journalistique. Il a travaillé pour plusieurs journaux, dont le Figaro, le Gaulois. En 1878, il a rencontré Émile Zola. Ils sont devenus amis et après ils ont décidé de faire paraître un recueil d’écrits naturalistes, donc pas vraiment réalistes et ils ont publié en 1880 « Les soirées de Médan » dans laquelle est parue son premier grand ouvrage « Boule de suif ». D’ailleurs Flaubert a dit que ce chef-d’œuvre restera, que c’était vraiment un grand chef-d’œuvre… Ensuite Flaubert est mort la même année malheureusement, mais ça n’a pas empêché Maupassant de devenir un écrivain riche et célèbre de son temps.

 

Que peut-on dire du style de Maupassant ?

Maupassant s’inscrit dans le réalisme ; toutes ses œuvres sont un peu réalistes, mais il y a aussi beaucoup de fantastique et pas mal de pessimisme dans ses œuvres. Pour lui, le réalisme c’est une vision personnelle. Le romancier doit partir de sa propre personnalité, de son propre vécu et il choisit un fait réel qu’il doit décrire pour ça. Pour lui, le réalisme c’est quand même subjectif ; bizarrement, cela ne va peut-être pas ensemble, mais c’est comme ça. Il avait toujours un souci de recherche de sobriété de la description des faits, des gestes. Il avait toujours des phrases assez courtes, des paragraphes assez courts voire même très courts ce qui en fait une écriture assez aérée et dynamique qui est très facile et très plaisante à lire.

 

Et pour terminer, est-ce qu’il a beaucoup écrit Guy de Maupassant ?

Il a beaucoup écrit, mais en peu de temps. Il a commencé vraiment en 1880 où il est devenu célèbre et la décennie qui a suivi a été la plus féconde. Il a écrit six romans, trois cents nouvelles en dix ans. Malheureusement quand il était jeune, il avait été atteint de la syphilis et cette maladie, vers la fin de sa vie, a créé des hallucinations, des délires. Il a même voulu mettre fin à ses jours, donc il a été interné et les dix-huit derniers mois de sa vie, il est mort en 1893, il les a passés dans un asile en état de semi-conscience entre délire et hallucinations aussi. C’est vraiment malheureux. On peut aussi dire que c’est l’écrivain français qu’on a voulu mettre à l’écran, petit et grand, le plus de fois, plus de 130 fois depuis 1906, « The Son’s Return », en français « le retour du fils » et encore récemment en 2007, on a fait huit téléfilms qui ont été diffusés en 2007. C’est vraiment un écrivain assez important, autant qu’Hugo presque…

 

Voilà une fin bien positive. Merci François, à bientôt !

Merci, à bientôt !

 

Voilà Mesdames et Messieurs, si vous aimeriez en savoir un petit peu plus sur Guy de Maupassant, restez avec nous, voici un poème de Maupassant mis en images par Oscar Garcia.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Merci Mesdames et Messieurs d’être restés avec nous. Permettez-moi au nom de toutes nos collaboratrices et de tous nos collaborateurs de vous souhaiter de très, très joyeuses Fêtes de Noël, de vous dire encore une fois de bien prendre soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod