« Quoi de 9 ? » 352 :
du 21 au 27 décembre 2009
Les frères Totor
Salut
à tous. Joyeux Noël et bienvenue sur TOR avec aujourd’hui François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis, bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et
culturelle neuchâteloise. En cette semaine de Noël, nous nous trouvons dans le
magnifique quartier Denis-de-Rougemont, en dessus de Neuchâtel, en compagnie de
François Gombàs, bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
On va parler de la culture américaine en
se posant la question, est-ce que nous, ici en Europe, en Suisse on est
influencé par cette culture ?
Oui,
tout à fait ! Il y a toujours chaque année des nouvelles modes qui
viennent d’Afrique, d’Asie, d’un peu partout. On a eu des influences de nos
voisins,
On est influencé par leur langage, par
les mots, le vocabulaire, mais la musique aussi ?
Tout
à fait ! En particulier, les grands courants musicaux. On a aussi la
variété française, la pop anglaise, mais aussi le jazz, le blues et surtout le
rock n’roll avec tous ses dérivés depuis les années 50. Il y a eu le pop rock,
le hard rock, l’alternative rock. On a eu le twist. On a encore aujourd’hui le hip-pop, le rap. C’est tout de la musique qui vient du
continent américain et qui influence beaucoup les jeunes, surtout dans l’esprit
vestimentaire aussi.
On s’est approprié aussi quelques
fêtes ?
Oui
comme Halloween, c’est une fête typiquement américaine. À l’origine, c’est celte
mais la tradition veut que l’on fête ça le 31 octobre aux États-Unis depuis des
années et ça, c’est venu en Suisse assez récemment. Il y a aussi la fête de
Si
C’est
vrai qu’au début ça marchait bien, mais depuis quelques années, on voit que
l’engouement diminue petit à petit. C’est peut-être aussi une façon de montrer
qu’on n’est pas totalement influencé. Par contre, l’audio-visuel, là toutes les
émissions américaines, on les reprend. Hollywood nous bombarde de films chaque
année. Il y en a pour tous les genres, tous les goûts. Maintenant, il s’adapte
même à notre mentalité à nous, parce qu’avant on pensait toujours que c’était
un happy end, une bonne fin aux films. Aujourd’hui de moins en moins. Même le
marché hollywoodien s’adapte à nous. La moitié des émissions de
Top Model.
Top
Model. Il y en a vraiment aussi pour tous les goûts. On considère aussi la
presse, les journaux sont tous calqués sur les formats américains, ce qu’on
retrouve dans Gala, même dans l’érotique Playboy, c’est tout à fait pareil
qu’aux États-Unis.
Les vêtements aussi ?
Oui.
Déjà avec le jeans, le Levi’s qui est très connu, ça
c’est aussi universel. Cela a été exporté dans tous les pays du monde et
maintenant il y a les grandes marques Nike, Hilfiger,
le « street wear ». On est tous devenu des « fashion victims », des
victimes de la mode en fait et surtout chez les jeunes. Les adolescents, ils
adorent suivre ça avec les tee-shirts, les baskets, les pullovers. C’est tout
des mots anglais qu’on utilise aujourd’hui. On a aussi la nourriture.
Ça c’est peut-être moins heureux ?
C’est
peut-être moins heureux, parce que c’est une façon de manger qui ne convient
pas, surtout aux ados. On devient beaucoup plus boulimique. On devient plutôt
obèse et ça pose un problème… On a importé surtout Mac Donald, Burger King, le
plus grand concurrent de Mac Donald. Maintenant le dernier arrivé en Suisse, le
Kentucky Fried Chicken, c’est
du poulet frit toujours avec de l’huile, donc assez gras qui nous remplit
peut-être pour une heure ou deux, mais qui en fait ne nous satisfait pas… Ils
vont toujours en rechercher.
On a été très influencé, surtout à la
fin de la guerre, mais est-ce que ça continue aujourd’hui d’être sous le charme
américain ?
C’est
vrai que ça diminue un petit peu. On est peut-être moins admiratif devant ce
qu’ils font, surtout avec tous les problèmes qu’il y a eus récemment avec les
guerres, aussi un peu leur côté égoïste, individualiste, matérialiste, ça ne
plaît plus tellement. Mais on ne peut pas nier que depuis les 50 dernières
années, on est complètement influencé par la culture américaine. On ne peut pas
le nier !
On va peut-être en rester là pour les
influences. On se retrouve tout à l’heure pour parler poésie, poésie française.
D’accord
à tout à l’heure.
Voilà. On va regarder maintenant le
Barber Shop Quartet. C’était à
Nos amis, le Duo du Bas, qui sont en
train de réaliser la plus grande émission de télévision qui n’ait jamais été
réalisée en Suisse, TOR Boyard, ils vont se rendre au Château à Neuchâtel pour
rencontrer nos amis, les conseillers d’État. Leurs rêves, c’est de recevoir de
leur part de très, très bons conseils… À voir !
On
vous propose maintenant une petite balade à Bellerive,
c’est juste de l’autre côté du lac, chez Sandro Zimmermann qui, avec son amie,
artistes tous les deux ont ouvert un restaurant et une galerie absolument
magnifiques. On ne peut que vous recommander d’aller les visiter.
Nous arrivons au terme de notre
émission. Mais on va quand même encore ouvrir une page littéraire en vous
parlant de M. Guy de Maupassant qui est né, je crois François, en 1850 ?
C’est
exact, 1850 dans une famille lorraine, mais qui a déménagé en Normandie. Le
papa, lui est parti assez vite. Il a quitté le foyer. Il a été élevé surtout
avec sa mère et son frère Hervé et en compagnie de Gustave Flaubert. C’était un
grand ami du frère de Madame. Il l’a parrainé très, très jeune et c’est lui qui
l’a poussé un peu à écrire. Il a passé son bac en 1870 et il a dû s’engager
dans l’armée avec la guerre franco-prussienne qui faisait rage. Ces événements
l’ont marqué à vie. Il a vraiment été découragé par la sauvagerie humaine qu’il
a rencontrée pendant cette guerre franco-prussienne. Après, il est revenu. Il a
racheté le droit de sortir de l’armée et il en est sorti. Après, il a commencé
à écrire.
Flaubert qui a vécu à la même époque que
Guy de Maupassant l’a beaucoup influencé ?
C’est
ça. C’était vraiment son mentor. D’ailleurs, il ne l’a pas laissé publier ce
qu’il écrivait tant qu’il n’avait pas acquis une maturité littéraire et
journalistique. Il a travaillé pour plusieurs journaux, dont le Figaro, le
Gaulois. En 1878, il a rencontré Émile Zola. Ils sont devenus amis et après ils
ont décidé de faire paraître un recueil d’écrits naturalistes, donc pas
vraiment réalistes et ils ont publié en 1880 « Les soirées de Médan »
dans laquelle est parue son premier grand ouvrage « Boule de suif ».
D’ailleurs Flaubert a dit que ce chef-d’œuvre restera, que c’était vraiment un
grand chef-d’œuvre… Ensuite Flaubert est mort la même année malheureusement,
mais ça n’a pas empêché Maupassant de devenir un écrivain riche et célèbre de
son temps.
Que peut-on dire du style de
Maupassant ?
Maupassant
s’inscrit dans le réalisme ; toutes ses œuvres sont un peu réalistes, mais
il y a aussi beaucoup de fantastique et pas mal de pessimisme dans ses œuvres.
Pour lui, le réalisme c’est une vision personnelle. Le romancier doit partir de
sa propre personnalité, de son propre vécu et il choisit un fait réel qu’il
doit décrire pour ça. Pour lui, le réalisme c’est quand même subjectif ;
bizarrement, cela ne va peut-être pas ensemble, mais c’est comme ça. Il avait
toujours un souci de recherche de sobriété de la description des faits, des
gestes. Il avait toujours des phrases assez courtes, des paragraphes assez
courts voire même très courts ce qui en fait une écriture assez aérée et
dynamique qui est très facile et très plaisante à lire.
Et pour terminer, est-ce qu’il a
beaucoup écrit Guy de Maupassant ?
Il
a beaucoup écrit, mais en peu de temps. Il a commencé vraiment en 1880 où il
est devenu célèbre et la décennie qui a suivi a été la plus féconde. Il a écrit
six romans, trois cents nouvelles en dix ans. Malheureusement quand il était
jeune, il avait été atteint de la syphilis et cette maladie, vers la fin de sa
vie, a créé des hallucinations, des délires. Il a même voulu mettre fin à ses
jours, donc il a été interné et les dix-huit derniers mois de sa vie, il est
mort en 1893, il les a passés dans un asile en état de semi-conscience entre
délire et hallucinations aussi. C’est vraiment malheureux. On peut aussi dire
que c’est l’écrivain français qu’on a voulu mettre à l’écran, petit et grand,
le plus de fois, plus de 130 fois depuis 1906, « The Son’s
Return », en français « le retour du fils » et encore récemment
en 2007, on a fait huit téléfilms qui ont été diffusés en 2007. C’est vraiment
un écrivain assez important, autant qu’Hugo presque…
Voilà une fin bien positive. Merci François,
à bientôt !
Merci,
à bientôt !
Voilà Mesdames et Messieurs, si vous
aimeriez en savoir un petit peu plus sur Guy de Maupassant, restez avec nous,
voici un poème de Maupassant mis en images par Oscar Garcia.
Nous arrivons au terme de notre émission.
Merci Mesdames et Messieurs d’être restés avec nous. Permettez-moi au nom de
toutes nos collaboratrices et de tous nos collaborateurs de vous souhaiter de
très, très joyeuses Fêtes de Noël, de vous dire encore une fois de bien prendre
soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod