«Quoi de 9 ? » 401 : du 4 au 10 janvier 2010

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous et bienvenue sur TOR. « Quoi de 9 ? » vous est présenté aujourd’hui par François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. « Les Jeudis-Musique » de l’Espace culturel de la Passade à Boudry vous connaissez ? Son directeur, Raymond Aebi nous en parle.

 

 

TOR Boyard, notre fameux feuilleton télévisé continue. On retrouve nos deux compères. Ils sont aujourd’hui à l’Université.

 

 

L’ornithologie est une science, mais une science qui parle de quoi ? François Gombàs va nous en parler. Bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Alors l’ornithologie, c’est quoi ?

C’est un mot qui veut dire l’étude des oiseaux. C’est une branche de la zoologie ; ça vient du grec ancien « ornis » qui veut dire oiseau et « logos » qui veut dire connaissance. En fait, c’est une des rares sciences qui est pratiquée par les amateurs. Il y a peu d’ornithologues officiels. Ils s’appuient sur un réseau d’observateurs amateurs un peu partout dans le monde. Il faut peu de matériel pour les observer et souvent les gens ont le temps de le faire.

 

Oui, une bonne paire de jumelles, des bottes, une bonne veste.

Voilà, ça suffit. Ils se regroupent, ils prennent des données et remplissent des fiches chaque jour et ça complète justement les informations qu’ont les vrais ornithologues.

 

Mais l’ornithologie, c’est une science plutôt moderne ou plutôt ancienne ?

Peut-être la science elle-même, c’est assez moderne. Mais l’observation des oiseaux, ça se fait depuis très longtemps. L’oiseau, on pense que c’est l’un des animaux qui descend des dinosaures, qui nous relie à eux. Mais depuis les hommes de l’âge de pierre, on a toujours été très intéressé. D’ailleurs, on retrouve des représentations d’oiseaux dans les peintures de ces hommes-là, de ces premiers hommes et aussi on s’intéressait à eux pour une question pratique, la nourriture, parce qu’il fallait bien manger. On a recensé à peu près 80 espèces d’oiseaux différents dans les restes de repas des premiers hommes. Il fallait avoir aussi des connaissances pour les chasser. On les a étudiés pour ça. On retrouve dans toutes les cultures, les civilisations, dans les traditions orales, dans le langage, des noms d’oiseaux. Il y a un vocabulaire assez riche par rapport à eux. D’ailleurs, certains noms d’oiseaux viennent d’onomatopées, par exemple coucou. Et ensuite, on les a élevés pour la chasse comme la fauconnerie et là les connaissances ont un peu circulé à travers le monde, parce que la fauconnerie existait depuis 35 siècles en Asie et ça été importé en Occident après les Croisades au VIIème siècle. Aussi la poule de chez nous, on a commencé à les élever au 6ème millénaire avant J.-C. en Nouvelle-Guinée et c’est aussi qu’au VIIème siècle qu’elles ont été domestiquées en Occident.

 

Les oiseaux sont des animaux assez intéressants. Il y a ceux qui sont sédentaires et il y a ceux qui, pour des raisons qu’on peut expliquer, ont besoin de se déplacer ?

C’est le phénomène des migrations ; cela a toujours fasciné les êtres humains. D’ailleurs il y a eu beaucoup de spéculations, jusqu’au XIXème siècle, on ne savait pas s’ils hibernaient ou s’ils se transformaient. C’était tantôt spéculation scientifique ou religieuse. Jusqu’au XIXème siècle, on s’est basé sur les observations d’Aristote qui étaient totalement fausses. Aujourd’hui, on comprend mieux ces phénomènes de migrations, parce qu’on les bague et grâce surtout à ces groupes d’amateurs aussi.

 

Les hirondelles, les cigognes qui ont besoin de se déplacer pour vivre ?

C’est ça et sans ces amateurs autour du monde, on ne pourrait pas le faire. D’ailleurs, on les retrouve dans chaque région. En général, ils sont regroupés en clubs attachés à une région spécifique et ils observent la nidification, quels oiseaux viennent et quels oiseaux repartent et c’est grâce à eux qu’on a, à peu près, percé le mystère des migrations.

 

On leur met même des appareils, des GPS pour les suivre presque minute par minute ?

La plus célèbre, que tout le monde presque connaît, c’est Max la cigogne qui d’ailleurs a changé ses habitudes récemment. Avant, elle allait jusqu’au sud du Sahara et on a remarqué que les deux dernières années, elle va en Espagne peut-être à cause du réchauffement climatique, je ne sais pas.

 

Peut-être qu’elle vieillit aussi ?

Elle a peut-être moins de force que les années précédentes, mais c’est intéressant de voir qu’ils peuvent changer d’endroits tous les hivers.

 

Merci François. On se retrouve tout à l’heure pour parler de tout à fait autre chose.

À tout à l’heure !

 

Nous, on part à Saint-Blaise pour voir que l’être humain aime les oiseaux pour visiter, vous verrez une magnifique exposition.

 

 

On se retrouve avec François pour aller faire un petit voyage en Bretagne. Alors comme on le dit, dans chaque pays il y a des coutumes, il y a des costumes, il y a des musiques.

Oui, ce qu’on appelle le folklore. En Bretagne, c’est assez poussé déjà au niveau du costume, parce qu’on dit à chaque pays son costume. À travers le costume, on peut voir le statut social et reconnaître le patrimoine familial d’une personne. La Bretagne est divisée en deux parties. Il y a la Haute-Bretagne où l’on parle le breton et la Basse-Bretagne où l’on parle le gallo. Ces deux contrées sont divisées en petit pays qu’on appelle « bro » et chacune de ces contrées a son propre costume. On pouvait savoir d’où une personne venait en Bretagne de par son costume.

 

On a dit deux mots sur les costumes. La musique bretonne est aussi très particulière ?

Oui, je pense que c’est ça qui représente aujourd’hui le plus la culture bretonne parce qu’il y a beaucoup d’artistes qui sont très créatifs, que ce soit dans le chant, dans la danse traditionnelle. Maintenant, on a aussi une mode qui revient, c’est les fest-noz, les fest-deiz, des fêtes de nuit ou de jour. On a aussi des cercles celtiques qui deviennent très populaires qui présentent des spectacles différents. Une particularité, c’est les instruments qu’on utilisait à l’époque sont toujours les mêmes instruments aujourd’hui avec des binious, une sorte de cornemuse bretonne, des bombardes, c’est des instruments à vent, des clarinettes, etc. Depuis les années 60, il y a eu une modernité qu’on a pu observer. Cela a été mis au goût du jour et Alan Stivell, dans les années 60 a vraiment apporté cette musique au monde entier avec des nouveaux sons, une nouvelle sonorité.

 

La Bretagne est aussi un pays de légendes ?

C’est vrai qu’il y a beaucoup de légendes qui courent en Bretagne. C’est basé sur une grande tradition orale qui s’est transmise à travers les siècles. Un thème récurrent c’est la mort qu’on appelait l’« Ankou ». On a beaucoup d’histoires par rapport à lui et souvent c’est le personnage qui vient chercher les âmes perdues et on le voit qui les transportent sur une charrette ou sur une barque dans les régions côtières. On a aussi tous ces petits êtres magiques qui ont des pouvoirs magiques qu’on appelle korrigans ou morgans ou encore poulpiquets. Il y a aussi les mythes des villes englouties. La plus célèbre, c’est la ville d’Ys. Cela vient aussi de la tradition celte, c’est quand il y a eu cette espèce de transition entre les cultures celtiques et le christianisme.

 

Écoutez, vous nous donnez envie de découvrir la Bretagne. On ira peut-être un jour faire une émission là-bas. En attendant, je vous souhaite une bonne journée.

Merci beaucoup à vous aussi !

 

Merci. Voilà, on s’en va non pas en Bretagne, mais tout simplement à Peseux où chaque année se déroule justement une fête bretonne.

 

 

Nous arrivons au terme de notre émission. Merci Mesdames et Messieurs de votre fidélité. Nous vous souhaitons une très, très bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod