« Quoi de 9 ? » 402 : du 11 au 17 janvier 2010

 

 

Les frères Totor

 

Salut à tous. « Quoi de 9 ? » vous est présenté par Françoise Berthod, François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis bonjour et bienvenue sur TOR votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Nos amis, le Duo du Bas, comme vous ne les avez certainement jamais vu dans leur propre théâtre, le Matchbox à Neuchâtel.

 

 

On reste avec nos amis, le Duo du Bas, mais cette fois-ci dans le cadre de leur fameuse émission TOR Boyard. On les retrouve dans le stade de la Maladière, ambiance garantie…

 

 

On se retrouve avec François Gombàs. Bonjour François.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler ensemble des personnes handicapées. Ma première question, est-ce que c’est important pour une personne handicapée de pouvoir pratiquer un sport ?

Oui, c’est très important en fait, avoir accès aux pratiques sportives ou même dans le cadre de loisirs. C’est très important qu’elles puissent se déplacer pour s’intégrer à la société. Sport et handicap sont compatibles. On développe une certaine estime de soi, une nouvelle confiance en soi et ça permet à ces gens-là d’accepter leur handicap et les capacités peuvent l’aider à changer l’image qu’ils projettent sur les gens. Parfois, le groupe a plus envie de l’accepter quand on voit ces qualités sportives et les efforts qu’il fait à s’intégrer.

 

On a compris que pour un handicapé, c’est donc important de pouvoir se développer dans un sport, mais il faut encore trouver des endroits adéquats ?

C’est vrai. Dans beaucoup de pays, on n’a pas ces associations ou ces endroits qui s’occupent d’eux. En Suisse, oui on les aide beaucoup. Il y a une organisation Handicap International qui depuis 1982 va dans les pays à risques où il y a souvent des affrontements et des guerres, parce que souvent, c’est là que les personnes reviennent blessées. On doit les aider à réintégrer la société. Elle œuvre à peu près dans 60 pays à travers le monde aujourd’hui. Un des derniers projets, c’est en Tunisie parce qu’il y a eu pas mal d’affrontements là-bas et là, ils forment même le personnel qui va entourer ces handicapés.

 

Ces personnes peuvent donc faire de la compétition, mais je pense qu’il a fallu adapter les équipements et les règles ?

C’est vrai. Les règles surtout dans les sports d’équipe notamment pour les malvoyants, on a un ballon sonore qui leur permet de suivre la balle. Pour les sports individuels surtout en athlétisme, on a développé des sièges adaptés. Récemment, on a créé des prothèses assez spéciales qui permettent de courir assez vite. Il y a eu notamment Pistorius, un Sud-africain qui lui a voulu faire de la compétition avec les vrais athlètes et il a fait la demande pour se rendre à Pékin. Cela a été refusé, parce qu’il courait même plus vite que les vrais. Il a été refusé pour ça ! Mais il a quand même participé aux derniers jeux paralympiques et il a fait trois médailles d’or…

 

Quels sont les sports les plus pratiqués par les personnes handicapées ?

On voit surtout l’athlétisme pour les sports individuels, mais vous avez la natation, l’escrime, l’escalade, la voile, le golf, beaucoup de sports. Pour les sports d’équipe, il y a le basket, le volley, le football, etc. C’est quand même reconnu dans le monde entier parce qu’on a aussi les paralympiques. C’est des jeux olympiques pour handicapés qui se déroulent sur le site même des jeux olympiques. La dernière fois, c’était à Pékin et en général, c’est deux à trois semaines après. Il y avait 4000 athlètes à Pékin de 150 pays dans vingt disciplines différentes et il y avait près de 100 000 personnes qui ont assisté à la cérémonie d’ouverture. Par contre, ce que l’on peut aussi dire, c’est que c’est ouvert à tous les athlètes handicapés. Il y a juste deux catégories qu’on n’accepte pas, c’est les malentendants ou les sourds car physiquement, ils peuvent accomplir les mêmes choses et les handicapés mentaux lourds.

 

Et en Suisse comment s’est développé tout ça ?

En Suisse, il y a pas mal d’associations, beaucoup de gens s’occupent, on essaye d’intégrer les handicapés. C’est un peu la société en Suisse, mais ils sont reconnus chaque année lors de l’élection du sportif de l’année. L’année passée, c’était Heinz Frei pour la dixième fois… Il a plus de 50 ans, il a déjà participé à six olympiades. Il a gagné 24 médailles dont 13 en or. L’autre, c’est Edith Hunkeler qui a gagné déjà trois ou quatre fois la place du meilleur sportif de l’année. Ils sont souvent les deux en compétition.

 

Très bien. Merci François de nous avoir éclairés sur ce monde assez bizarre, assez mystérieux, dont on voit que beaucoup de choses sont faites pour eux quand même. À bientôt !

À bientôt, merci.

 

On va rencontrer pour illustrer ces propos un homme absolument fabuleux qu’a rencontré Françoise Berthod. Il s’agit de Monsieur Marc Glaisen.

 

 

On se retrouve avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On l’a vu. C’est vous qui avez réalisé cet entretien. Un homme, qui je crois, vous a beaucoup impressionnée ?

En effet, oui. M. Glaisen c’est vraiment quelqu’un d’extraordinaire et quelqu’un qui est à part. Comme on le voit, il est dans une chaise et on a une idée préconçue des gens qui sont en chaise roulante. Lui, il a une volonté, une rage, une force de vivre exemplaire.

 

C’est clair qu’il a eu son accident ; il était très, très jeune. Il était sportif à ce moment-là ?

Oui et il doit décider d’un jour à l’autre ce qu’il va faire. Comme il le dit, il n’avait pas de métier, il doit revoir toute sa vie, faire des études. Il se dirige un peu vers la psychologie quand même et le sport l’a beaucoup aidé. Il fait du ski, des choses comme ça.

 

C’est vrai que le choix de la psychologie, c’est assez bien vu ?

Oui je pense, il le dit lui-même, il a hésité entre le journalisme, l’histoire et après il se pose quand même des questions par rapport à son jeune âge, un tel accident. On se révolterait peut-être à sa place. C’est surtout ça qui m’a marqué, son optimisme. Il est optimiste…

 

Il a réussi en effet à positiver ce qu’il lui est arrivé, ça a dû le renforcer aussi au niveau de son caractère et il doit être sans aucun doute un très, très bon psychologue.

Exactement. Il comprend les gens et il ressent les choses autrement qu’un autre psychologue.

 

Merci en tout cas Françoise pour ce magnifique témoignage, à bientôt !

À bientôt, merci !

 

Voilà. C’est sur ce reportage que se termine notre émission. Merci Mesdames et Messieurs de votre fidélité. Passez une très bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod