« Quoi
de 9 ? » 403 : du 18 au 24 janvier 2010
Les
frères Totor
Salut à tous et
bienvenue sur TOR. « Quoi de 9 ? » vous est présenté aujourd’hui
par François Gombàs et Jean-Pierre Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis bonjour et bienvenue sur TOR votre télévision sociale et culturelle
neuchâteloise. Dans quelques minutes, nous allons nous rendre du côté de Morat
pour aller visiter un festival. Un festival de BD assez particulier, mais
avant, nous allons avec François Gombàs, bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
Parler justement de la BD. On dit que
c’est un art à part entière, je crois ?
C’est ça. On
dit que c’est le « neuvième art ». En fait, c’est un art entre une
écriture graphique et une écriture littéraire. C’est aussi un moyen de raconter
des histoires, parce que souvent les histoires sont accompagnées d’une ou deux
lignes de texte. Il y a certaines personnes qui disent que si c’est un art, on
doit rattacher la bande dessinée aux premières représentations picturales, aux
premiers dessins de la grotte de Lascaux. Les archéologues disent que ces
dessins-là ne racontent pas une histoire, c’est plutôt une interprétation
chamanique de ce qui se passait, cela a plus une fonction et un langage
magiques et religieux et on ne devrait donc pas rattacher la bande dessinée à
ces dessins-là, ni aux frises du Parthénon, ni aux codex précolombiens, ni à
toutes sortes de représentations historiques qui ne racontaient pas vraiment
une histoire.
Alors si la bande dessinée ne remonte pas
à la grotte de Lascaux, ça remonte à quand ?
Étonnamment, ça
remonte à
Au départ, la BD avait comme objectif de
viser un public assez jeune ?
Oui, surtout en
Europe ! C’était ce qu’on essayait de faire, mais au début du XXème siècle, on a voulu diversifier l’audience.
On a commencé à créer des revues hebdomadaires qui visent toutes les catégories
d’âges. L’une des premières, c’est les Pieds Nickelés. C’est une bande dessinée
de Louis Forton et la première a paru en 1908 dans
l’hebdomadaire L’Épatant. Après, on a toujours voulu viser plus toute la
famille, toutes les tranches d’âges à nouveau. On a eu Tintin en 1929, très
connu et aussi Astérix un peu plus tard en 1959.
Et aux États-Unis, il y a eu la même
évolution ?
C’est assez
bizarre, c’est presque l’inverse. Au début, c’est plutôt les adultes et après
aux États-Unis, il y a l’arrivée des Comics Books vers les années 1930. Là,
c’est un peu une révolution. C’était plus moderne, plus jeune d’esprit et on
visait surtout un public plus jeune. D’ailleurs en 1934, il y a eu la première
parution du journal de Mickey qui est aussi apparu en France. Je pense à l’un
des plus célèbres Comics Books, cela doit être Spiderman
qui a paru en 1960 à peu près qui a eu son Comic Book
en 1963 et après il y a eu un petit déclin dans les années 60, parce que ces
journaux-là ont paru dans des formats un peu plus petits comme Mickey Poche,
Akim. Il y a eu une certaine recrudescence de ces journaux.
Et aujourd’hui on trouve toujours plus
d’albums ?
Depuis les
années 70, il y a eu un nouvel engouement pour des albums de séries qui sont cartonnés
donc un peu moins fragiles que les journaux, qui visent un peu un large public
et ça continue aujourd’hui comme par exemple XIII, un grand album qu’on vend
beaucoup. Il faut aussi dire que depuis les années 80, la BD est reconnue
vraiment comme un art à part entière. Cela a pris pas mal de temps pour que ça
soit ainsi et c’est bien qu’on reconnaisse vraiment cet art comme un art à part
entière.
Très bien. Merci François pour ces
explications. On va se retrouver tout à l’heure pour d’autres sujets. On va se
rendre maintenant près de Morat pour assister à un festival qui s’appelle le
« Comic Festival BD bilingue »et là on va
rencontrer de véritables professionnels.
Après les héros de la bande dessinée, on
va retrouver les héros à nous, ceux de TOR, ceux de TOR Boyard, nos amis le Duo
du Bas qui sont toujours en train de préparer cette fameuse émission TOR Boyard
qui verra d’ailleurs jamais le jour, qui sait ? Quoi qu’il en soit, on va
les retrouver au Jardin anglais à Neuchâtel. Eh oui, c’est là qu’ils ont décidé
de faire leur bureau…
On se retrouve avec François pour parler,
comment dire, de l’ex-URSS ou de l’URSS. Il s’est passé beaucoup de choses à
l’Est depuis le début du XXème siècle.
Oui, cela
s’appelait d’abord
Là, vous nous racontez la naissance du
communisme ?
Oui, c’était la
naissance du communisme qui a duré, qui perdure d’une certaine manière encore
aujourd’hui. Mais c’est vrai qu’il a fallu attendre jusqu’en 1989, la chute du
mur de Berlin. Là, c’était le président Gorbatchev qui était à la tête du
gouvernement et là il y a eu un certain laxisme avec beaucoup de pays qui se
révoltaient, surtout les pays qu’on avait annexés, les pays satellites comme
J’imagine comme c’est souvent le cas,
toutes ces privatisations ont engendré pas mal de corruption. Beaucoup de gens
voulaient se placer un peu ?
C’est ça. La
corruption gangrénait le pays ; ce qui n’a pas permis au pays de se développer. De 1991 à 1995, c’est
vraiment les années noires de
Il n’est pas tout à fait, Poutine, issu
du bon peuple ?
Non. Lui, est
issu de cette police secrète qu’on appelle le KGB, mais il a bénéficié vraiment
de l’appui de ces gens. D’ailleurs, il a servi deux mandats pendant lesquels il
a été très malin. Il s’est rapproché de l’Occident parce qu’avant c’était la
guerre froide. Il s’est rapproché des Américains au nom de la lutte
anti-terroriste. À l’intérieur du pays, il a contenté les oligarques russes. Il
a gagné de la stabilité à l’intérieur du pays envers les oligarques et avec
l’Occident il a aussi gagné une certaine popularité.
Aujourd’hui Poutine a quitté le pouvoir,
enfin plus ou moins ?
Il a quitté le
pouvoir sans vraiment le quitter… Il a fait voter une loi pendant qu’il était
président qu’un ancien président pouvait devenir premier ministre. Donc en
2008, Dimitri Medvedev a été président, mais Poutine s’est retrouvé premier
ministre ! Il est toujours là et c’est toujours lui qui a un peu la main
de fer sur tout. Depuis, les relations avec l’Occident se sont un peu dégradées
parce qu’il y avait la crise en Géorgie, avec cette guerre. Il a fait
maintenant voter une nouvelle loi qui permet à un président d’être élu pour six
ans. Donc en 2012, il pense se représenter à la présidence, mais cette fois, il
sera élu pour six ans. Deux mandats, ça fera douze ans. C’est toujours un peu
une certaine dictature, je dirais et l’on se cache derrière les apparences.
Tout n’est pas rose en Russie aujourd’hui. Il faut bien qu’on sache que
l’espérance de vie d’un homme russe n’est que de 59 ans ! Par rapport aux
autres pays occidentaux, c’est vraiment très peu. Cela ne dépasse pas certains
pays d’Afrique et cela est dû justement aux conditions de la société, aux
problèmes économiques. Les gens se réfugient dans l’alcool. L’alcool engendre
la violence, le crime, le suicide et ce n’est vraiment pas un tableau très,
très joli à voir.
Vous nous avez fait là un portrait assez
sombre de l’ex-URSS, mais heureusement le folklore se porte bien, la musique se
porte bien. Preuve en est, c’est le magnifique orchestre Traditsiya
qui est venu il y a quelque temps à Neuchâtel et nous les avons rencontrés.
Après
Émile Verhaeren
est un poète d’expression française et belge. Il est né en 1855 en Belgique.
D’abord, il a fait des études à l’Université de Louvain pour devenir avocat.
Après, il a été influencé par un homme, Edmond Picard qui lui a donné goût à la
poésie. En 1884, il publie son premier recueil de poésies qui s’appelle Les
Flamandes. Lui, il trouvait ses inspirations littéraires dans les problèmes
contemporains de l’époque. Il décrivait surtout les atmosphères des grandes
villes déjà et aussi un peu la campagne. Il avait écrit les Villes
tentaculaires ou les Forces tumultueuses. Mais Verhaeren était un homme qui
croyait en l’homme. Il pensait qu’il y avait des promesses pour un avenir meilleur.
Bien que ce fût la première Guerre mondiale, il avait écrit des vers pacifistes
dans des revues antiallemandes. Malheureusement, il s’est rendu à Rouen pour
faire une conférence sur ses idées et la foule était tellement présente sur le
quai de gare, avait tellement envie de le voir, qu’elle l’a poussé sur les
voies et il s’est fait roulé dessus par un train… Il est mort comme ça
tragiquement.
Il a eu une fin tragique, mais peut-être
encore quelques mots sur son œuvre.
Son œuvre, on
l’attache souvent au symbolisme bien que lui n’aimait pas tellement cette idée.
C’était une figure marquante de la littérature française. D’ailleurs à sa mort,
on voulait l’enterrer au Panthéon, mais sa famille a refusé. Il a été enterré
dans sa ville natale. Son œuvre a été traduite en plus de vingt langues et elle
occupe une place très importante dans le patrimoine littéraire mondial.
Aujourd’hui, il continue à intriguer le lecteur moderne. Il avait vraiment un
style innovant, des poésies fraîches et il faisait aussi des critiques, des
essais sur l’art. Il a failli gagner le prix Nobel de littérature en 1911, mais
il ne l’a pas fait.
Vous avez envie de nous lire un extrait,
je crois ?
Oui, on peut
illustrer l’un de ces poèmes qui est très court. Il part de la mer.
« La mer
pesante, ardente et libre
Qui tient la
terre en équilibre.
La mer que
domine la loi des multitudes
La mer où les
courants tracent les certitudes. »
Merci François pour cette page poétique,
à bientôt.
À bientôt, il
n’y a pas de quoi.
On va aller retrouver maintenant un
reportage réalisé par Oscar Garcia. Il a mis justement en images un poème de ce
magnifique poète.
Notre émission touche déjà à sa fin.
Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivie. J’aimerais vous signaler que si
vous aimeriez revoir l’une ou l’autre de nos émissions, vous pouvez aller la
retrouver sur notre site Internet www.objectifreussir.ch.
Passez une bonne fin de journée, une bonne soirée, une bonne nuit. Prenez bien
soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par
Françoise Berthod