« Quoi
de 9 ? » 404 : du 25 au 31 janvier 2010
Les
frères Totor
Salut à tous et
bienvenue sur TOR. « Quoi de 9 ? » vous est présenté aujourd’hui
par François Gombàs, Christophe Berdat
et Jean-Pierre Lambert.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
chers amis bonjour et bienvenue sur TOR votre télévision sociale et culturelle
neuchâteloise. On commence cette émission par un entretien qu’a réalisé Christophe
Berdat sur l’Association Enfance et Maladies Orphelines.
On se retrouve sur notre plateau avec Christophe
Berdat, bonjour Christophe.
Bonjour
Jean-Pierre.
On vous a vu assez concentré, assez ému
pendant cet entretien que vous avez eu avec cette dame. Il faut dire que vous
avez vous-même un enfant, une fille, qui souffre d’une maladie orpheline. Évidemment,
ça doit être quelque chose de difficile à vivre. On a entendu tout à l’heure ce
que nous disait Mme la présidente ; qu’est-ce qu’on ressent quand un
médecin tout à coup vous annonce le diagnostic ? Elle avait quel âge votre
fille quand vous l’avez su ?
On l’a su il y
a six mois à peu près. Elle a actuellement vingt mois. Ça vous arrive comme un
poids de dix tonnes sur la tête… On ne s’y attend pas et ce n’est pas facile à
gérer.
Qu’est-ce qu’on se dit, on se pose plein
de questions, on interroge le médecin ?
Déjà, en
sachant que c’est une maladie génétique, on se sent coupable d’une certaine
façon, étant donné que ça vient de nous. Ce n’est pas facile à accepter. Après,
quand le médecin vous annonce ça, il y a tout qui s’écroule et je dirais que
moi, ça va encore, parce qu’étant donné que la journée je suis ici, mais la
maman qui doit subir ça du matin au soir, c’est un lourd poids à porter quand
même…
On peut toujours se dire, il y a pire.
C’est souvent ce que l’on se dit dans ces cas-là. Il y a des maladies
orphelines où l’on sait que malheureusement l’enfant est condamné à court
terme. Ce n’est pas le cas de votre fille ?
Non, c’est un
traitement et un régime strict à vie. C’est clair que dans le cas de la
mucoviscidose, on sait que le gamin n’y survivra pas.
Dans le cas de votre fille, comment cela
va-t-il se passer ?
C’est un régime
drastique à vie : pas de pâtes, pas de riz, pas de pain, les pommes de
terre, c’est interdit aussi. Elle a droit à des légumes, à des fruits, à des
pâtes spéciales, du pain spécial, du lait spécial, plein de produits spéciaux
qui ne sont pas très bon marché, on va dire.
Et ça va évidemment lui poser des
problèmes, ça ? C’est presque la condamner, elle ne pourra jamais aller au
restaurant manger ou il faudra qu’elle soit sûre de ce que le cuisinier a
fait ?
Ça va être très
difficile pour elle plus tard effectivement. Je n’ose même pas imaginer les
colonies de vacances où il faudra y aller avec le bagage de produits spéciaux,
le bagage pour les habits. Pour elle, ça va être difficile à gérer. Ma foi
c’est comme tout, il faudra se faire une raison et vivre avec…
Après quelques semaines ou quelques mois
justement, on n’arrive quand même à se faire une raison ? Je pense surtout
aux téléspectatrices, aux téléspectateurs qui nous regardent, qui viennent
d’apprendre par exemple des diagnostics. Vous, maintenant cela fait six mois
que vous savez ça, vous commencez à savoir le gérer ?
Franchement,
non ! Pour le moment, c’est difficile à gérer. On se fait une raison parce
qu’on n’a pas le choix. Mais le gérer encore personnellement, c’est beaucoup
d’émotions, surtout quand ça touche votre enfant. Ça me toucherait moi
directement, je pourrais gérer plus facilement la chose. Mais là, étant donné
que ça touche un bout de chou de vingt mois, ce n’est pas facile, surtout que
par rapport à sa sœur, il y a des choses qu’elle n’a pas droit et à vingt mois,
elles se rendent déjà compte et elle voit bien qu’on fait une différence. C’est
bien malgré nous qu’on la fait, cette différence !
Vous avez dit que ça coûtait très cher,
on l’a compris, est-ce que les assurances prennent ça en charge ?
La caisse
maladie non, mais c’est pris en charge par l’AI…
Qui paie l’intégralité de ses frais
alimentaires, d’accord. Et maintenant, s’il fallait finir sur une note positive,
est-ce qu’on peut dire, parce qu’on le sait, on l’a vu avec certaines personnes
handicapées physiques, souvent elles développent d’autres qualités, d’autres
forces, est-ce que l’on peut imaginer et espérer que ça peut arriver, par exemple,
à votre fille.
De toute façon,
comme je l’ai dit avant, on n’a pas le choix et c’est clair qu’étant privée de
beaucoup de choses, elle appréciera d’autant plus ce qu’elle a droit.
Vous disiez que l’AI prenait en charge ;
vous savez à peu près ce que ça coûterait autrement par mois maintenant, la
nourriture spéciale pour votre fille ?
Dans le cadre
de ma fille, par mois, le lait, la nourriture spéciale et tout ça, ça
reviendrait à environ 1200 francs. Sans l’AI qui prendrait en charge sur ce
budget, c’est beaucoup…
Mais malgré ça, il y a des familles dans
votre situation qui peuvent quand même avoir de graves difficultés financières,
même si l’AI participe et l’AEMO, pour ça, est utile
aussi ?
Oui, justement,
pour les personnes qui ont un revenu modeste, voire beaucoup de frais, l’AEMO peut les aider en plus avec une participation qu’ils
étudient eux.
On peut en tout cas recommander à ceux
qui nous écouteraient de les contacter, s’ils ne l’ont pas déjà fait et s’ils
ont un enfant qui a une maladie semblable.
Oui et même si
eux sont atteints d’une même maladie et qu’ils ont des frais occasionnels,
voire répétitifs. C’est une association trop peu connue à mon goût.
Très bien. En tout cas, merci Christophe
de nous avoir fait connaître justement cette association. Merci aussi d’avoir
accepté de témoigner. Je vous souhaite une bonne fin de journée et beaucoup de
courage avec votre fille.
Merci
Jean-Pierre, bonne fin de journée à vous aussi.
Merci.
Voilà. Je ne veux pas faire très, très
long parce que j’ai rendez-vous avec nos amis, le Duo du Bas sur un bateau de
la Société de navigation de Neuchâtel. Vous savez nos amis, le Duo du Bas, qui
prépare cette fabuleuse émission de télévision que toutes les télés nous
envient, TOR Boyard.
On reste à Neuchâtel pour aller faire un
petit tour du côté du Coq d’Inde où s’est déroulé le Marché de Noël. C’est un
reportage de François Pellet.
On vient de voir ce Marché de Noël. Il a
été mis en place par une association neuchâteloise qui s’appelle « l’Association
du Coq Dingue ». Des associations, on va en parler avec François Gombàs, bonjour François.
Bonjour
Jean-Pierre.
Des associations, quand on fouille un
peu, à Neuchâtel, c’est surprenant, il y en a pas mal ?
Oui, j’ai
regardé et compté à peu près une vingtaine d’associations de quartiers à
Neuchâtel. Il y en a un peu partout dispersées dans la ville. Il y en a à La
Coudre, Le Mail, La Maladière, au centre ville, Le
Neubourg, la rue des Chavannes et il y a, par exemple, deux quartiers que la
ville de Neuchâtel utilise dans un projet qui s’appelle Anim’action.
C’est le quartier de Pierre-à-Bot qui inclut Puits-Godet, Quatre-Ministraux, Verger-Rond, Denis-de-Rougemont
et les Acacias et aussi le quartier de Serrières.
Vous avez dit : « Anim’action », c’est quoi ?
Oui Anim’action. C’est un projet que la ville a fait avec
d’autres associations, le Centre de Loisirs et avec l’Université et ça
s’inscrit dans un projet international Agenda 21, c’est pour promouvoir un
environnement durable. On essaye d’aller dans ces deux quartiers et on essaye
grâce à ce projet de discuter, dialoguer avec la population parce qu’on pense
que sans la participation de la population, on ne va pas y arriver. Dialogue
avec l’administration, avec les responsables et avec la population du quartier
pour voir quels problèmes ils ont dans ces quartiers et ainsi on pourra
développer une certaine qualité de vie et une cohésion sociale dans la ville de
Neuchâtel.
Quelles sont les différentes étapes
nécessaires pour y arriver justement à ça ?
Il y a trois
étapes. D’abord, il y avait des rencontres, les étudiants d’ethnologie de
l’Université de Neuchâtel sont allés à la rencontre des résidents de ces
quartiers pour essayer d’évaluer leurs besoins, et aussi pour voir les relations
qu’ils avaient entre eux, les petits services qu’ils se rendaient, comment ils
interagissaient entre eux et aussi comment ils percevaient, comment ils
concevaient leur cadre de vie, les immeubles, les parcs, ce qu’il y a autour,
les infrastructures. Dans un deuxième temps, il y a eu un dialogue après que
les étudiants soient venus faire leurs recherches. On a fait des séances de
communication, d’information avec la population. Là, on a essayé de trouver des
thèmes en commun qui rapprochaient les gens, et après on a essayé de mettre
ensemble les gens qui avaient un sujet en commun pour présenter des thèmes ou
des activités après qu’ils soient intervenus. Dans un troisième temps, il y a
eu les actions. Une fois que tout a été mis en place, dès 2008, on a commencé
la phase pilote, c’est-à-dire en allant sur le terrain et en trouvant des
financements pour entamer ces activités.
Donc, cela a l’air de bien fonctionner en
tout cas déjà depuis 2008 ?
Oui, depuis que
la ville, le conseil communal a accepté le projet, suite aux rencontres, aux
dialogues et aux actions. Le premier truc, c’était le financement. On a dû
trouver un lieu de rencontres. Dans chaque quartier, on a trouvé un lieu de
rencontres où les gens pouvaient se rencontrer et ensuite on a mis en place un
comité, pilotage du projet, et là on va mieux cibler les actions qu’on va
faire. On a aussi mis une équipe de projet en route avec des gens de
l’administration, des autorités et des quartiers eux-mêmes. À Pierre-à-Bot, on avait d’abord deux associations de
quartier qui ont fusionné, elles n’en font plus qu’une depuis avril 2007. Ils
ont réussi à se mettre d’accord et, maintenant, ils vont planifier les
activités, cibler pour choisir les activités qu’ils veulent pour le quartier, pour
améliorer la qualité de vie, pour donner une meilleure image du quartier.
À Pierre-à-Bot,
quelles activités sont programmées ?
Ce sont des
activités en général sociales, culturelles, éducation, divertissement, quelques
activités éducatives, par exemple des travaux manuels pour les enfants. Ils ont
créé un centre d’aide au niveau scolaire pour les petits pour les accueillir,
les aider. On essaye aussi de sensibiliser les jeunes enfants à
l’environnement. C’est un quartier où il y a la forêt. Il y a Pierre-à-Bot qui est au-dessus, il y a pas mal de divertissements
à faire en été comme en hiver. Il y a aussi des activités sociales. Tous les
deux mois, on organise un nettoyage du quartier pour enlever tous les déchets.
C’est vrai que des fois, il y a pas mal de déchets tout autour. Ils font une
liste de tous les besoins du quartier ; n’importe quelle personne peut
contacter les responsables et dire ce qu’on peut faire. Ils font des visites
aux personnes âgées, aux personnes seules, des veuves ou des veufs. Ils
essayent de lutter contre la déprédation du quartier. Ils essayent de garder un
quartier assez propre, pas trop de graffitis, pas trop de vandalisme. Ils font
aussi une prévention envers les jeunes, anti-tabac, anti-drogue et anti-alcool
surtout. Il y a aussi des activités culturelles. On organise des soirées
culturelles avec des expositions ou des activités saisonnières, il y a eu par
exemple la pétanque l’année passée, des trucs comme ça, quand c’est la saison
et aussi quelques projections de films.
Il y a une très
grande place de jeux. D’ailleurs, il y en a plusieurs et souvent il y a les
parents qui viennent un peu surveiller les enfants sur la place de jeux comme
on le fait dans une école à la récréation, dans la cour de récréation, où les
profs descendent pour surveiller ces petits. Il n’est pas rare de voir, 30, 40,
50 enfants jouer sur cette place et souvent un petit accident, c’est vite
arrivé. Il y a quelqu’un qui surveille et ils font aussi des petites excursions,
surtout en été. Ils ont une chorale pour les enfants et, pour Noël, on pouvait
inscrire les enfants à la chorale. C’est déjà actif. Il y a toujours
l’organisation d’une journée sportive pour tout âge et chaque année.
Très bien. Merci François pour cet
éclairage sur les associations neuchâteloises. Vous nous avez donné envie
d’aller habiter à Pierre-à-Bot. J’espère qu’il y a
assez de place… bonne fin de journée, à bientôt !
Merci à vous
aussi !
Voilà Mesdames et Messieurs, on reste
toujours à Neuchâtel, ça sera vraiment une émission 100 % neuchâteloise
cette semaine, pour aller assister au concert des Guggenmusiks
qui s’est déroulé durant la fête des vendanges.
Notre émission touche malheureusement
déjà à sa fin. Merci Mesdames et Messieurs d’être toujours plus nombreux à nous
regarder et à nous faire des compliments ; ça nous fait toujours plaisir.
Passez une bonne fin de journée, une bonne soirée ! Prenez bien soin de
vous et des autres aussi !
Émission présentée par
Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par
Françoise Berthod