Soutien à Ingrid Betancourt : Marc
Aymon et Olivier Mottet
J’ai
en face de moi Marc Aymon, Olivier Mottet qui sont ici à
On va peut-être aborder tout le problème de la corruption en Amérique latine puisque l’on se rend compte qu’en Colombie notamment, les paramilitaires sont payés par le gouvernement pour casser du gauchiste. Qu’est-ce que vous en pensez, Olivier ?
La chanson : « La liberté en ballottage », on ne l’a pas faite seulement pour la libération d’Ingrid Bétancourt et des otages, mais c’est aussi une chanson universelle pour la liberté elle-même. C’est au nom de la liberté qu’on a écrit cette chanson. La liberté qui est ballottée d’un parti à l’autre justement, qui est ballottée d’un idéal à l’autre et lorsque on a écrit cette chanson, on avait en tête, en toile de fond, la corruption, la corruption des pays d’Amérique du Sud. On parle de Bogota, mais cela peut-être Quito, Guayaquil, l’Amérique entière. Un problème principal qu’on voit là-bas, c’est que le gouvernement - actuellement en Colombie, ce n’est pas un gouvernement de dictature - le président a été élu comme le président chez nous - mais le problème reste quand même dans la police, dans les médias qui font un peu de ce qu’ils veulent de la liberté justement.
En
parlant de corruption, il y a une proposition de
On
dit que le président a été élu comme tout président chez nous. Mais en même
temps, on voit que la politique reste ce qu’elle est, et la corruption à tous niveaux.
Il y a de la corruption en politique aussi chez nous. Si on prend l’exemple de
Justement
Marc, est-ce que vous estimez que
Moi, le message que j’ai envie de faire passer plutôt que de parler de corruption, j’ai envie de parler de liberté. Ce message que l’on a envie de transmettre à travers la musique. Après, je pense que c’est toujours très délicat de parler de ces choses-là. Il faut être sur place, vraiment approfondir, vraiment étudier le sujet. Je préfère ne pas répondre à cette question plutôt que d’y répondre mal. Je préfère parler de la liberté d’Ingrid et de sa fille, qui a notre âge et, qui attend sa mère. Envie de me battre et de chanter pour elles.
Est-ce que le facteur âge vous a poussés à créer cette chanson ? Est-ce que le fait d’être du même âge, vous vous dites finalement : « Même âge, même combat ». ?
C’est-à-dire que c’est très dur de se représenter la situation que vit la fille, la maman à l’autre bout de la terre. La forêt amazonienne est une prison en soi. Pour avoir passé un mois entier dans la forêt amazonienne, je vous dis qu’on cherche un moyen de s’en sortir, même si on est là comme touriste, car c’est oppressant. C’est un milieu qui est très dur et dans la détention d’otages, je pense que c’est encore plus dur. On est là au nom de la corruption contre la liberté. Et le fait que la fille d’Ingrid Bétancourt ait le même âge que nous, je pense que c’est aussi un combat qu’on peut défendre.
On n’arrive pas à imaginer ce qu’elle vit, mais avec le peu - rien qu’en essayant de penser - cela paraît tellement dur que c’est la moindre des choses que de se battre pour cette cause. Et en même temps, se battre pour cette cause et obtenir cette libération à l’intérieur. Comme dit la chanson de Renaud : « Nous serons libres lorsque tu le seras ».
En même temps, cela sera une libération, mais en même temps cela va donner du courage à plein d’autres personnes que de se dire que c’est possible de s’en sortir. La liberté devrait être la seule réponse.
Je trouve qu’il ne faut pas oublier qu’il y a trois mille personnes qui sont séquestrées.
Bien
sûr ! C’est pourquoi on a fait la chanson, c’est aussi par rapport à cela.
Il y a eu un poids énorme autour d’Ingrid Bétancourt, qui est peut-être la
représentante, la porte-parole de tous ces otages. Mais des otages, il n’y en a
pas seulement en Colombie dans la forêt amazonienne, il y en a partout dans le
monde. Et les gens aujourd’hui, en priorité, sont tournés sur
Chanson écrite par Patrice Jaunin, le texte et musique d’Olivier, journaliste et poète.
Journaliste et poète, j’espère y arriver. Merci beaucoup et bonne soirée.
Interview réalisée par Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod