M. Roger Hofstetter : Les Jardins extraordinaires 2006

 

 

Bonjour Messieurs, Mesdames.

 

Voilà, je vous présente pour les Jardins extraordinaires 2006, la latitude agricole. La latitude agricole qui est une ouverture à « Neuch à toi », donc l’ouverture à l’étranger tout simplement, et aussi une ouverture à l’agriculture qui est la fête, je dirais presque nationale ici sur la terre, qui s’inscrit cette année sur l’agriculture. Les autres années, c’est la sylviculture ou tout simplement l’horticulture.

 

Pour présenter cette latitude agricole, on a des hémisphères sud et nord et là, je peux vous présenter celle qui est droit en face de nous, qui est l’Australie comme latitude sud ou La Nouvelle-Zélande. Si l’on prend La Nouvelle-Zélande, on a du dicksonia, qui veut dire des fougères arborescentes d’origine de Nouvelle-Zélande et sinon, on a aussi des épinards qui sont horticoles et agricoles qui sont originaires de Nouvelle-Zélande aussi.

 

Sinon ici, dans la latitude australienne, on a le blé qui est représenté en plante agricole et on a d’autres plantes horticoles, dont la verveine oriane ici à l’intérieur. Ce qu’il faut bien dire, c’est que les plantes n’ont pas de frontières comme les humains. Donc le blé, on peut le retrouver dans d’autres latitudes, que ce soit aux Etats-Unis ou en Russie. Ca voyage vraiment à travers le monde.

 

Me voilà encore une fois dans le groupe des semences, mais vraiment dedans. Si, c’est pour être dedans, c’est aussi présenter un petit peu dans le cadre d’Evologia, ce que l’on fait ici. Donc, c’est de la réinsertion professionnelle et sociale, l’URSP - Unité de réinsertion sociale et professionnelle - et dans le cadre de ces Jardins extraordinaires 2006, il n’y a pas que les espaces verts de cette réinsertion sociale et professionnelle qui oeuvrent dedans, il y aussi la menuiserie pour la création de ce dôme. Comme on a vu pour ces visiteuses, il y a aussi la serrurerie qui œuvre à l’intérieur. Par la suite, c’est clair qu’il y a l’entretien des plantes par les espaces verts, le nettoyage des chemins des poubelles par la conciergerie, et tout le suivi administratif par les bureaux de chez nous. Donc, cela regroupe toutes ces personnes qui oeuvrent dans les Jardins extraordinaires 2006.

 

Nous voilà dans une autre latitude dans d’autres pays à la suite. C’est la latitude aussi qui est du nord, donc le Japon ou la Chine. La particularité du Japon, on retrouve des érables du Japon et derrière moi, aussi un bambou, qui sont des plantes horticoles originaires du Japon et on trouve aussi des plantes agricoles, que cela soit le riz ou la ciboulette tout simplement ou d’autres plantes originaires, je dirais, du Japon. On va créer des ambiances. Ici, vous êtes dans la présentation des Jardins qui est celle qu’elle est aujourd’hui, donc pas tout à fait finie et d’ici une petite semaine, on aura aussi un parterre de gravier qui « zenifie » un petit peu ce jardin pour la latitude japonaise.

 

Sinon, de l’autre côté ici, on a la latitude chinoise. À l’intérieur, on a des œillets de Chine et on distingue vraiment - cela fait un parterre je dirais de porcelaine. On peut se représenter la Chine de cette manière-là, mais aussi d’une manière un peu plus surprenante si l’on regarde par exemple l’oranger qui est juste à ma droite ou le kumquat qui sont des plantes originaires de Chine et non pas du sud de l’Europe ou du nord de l’Afrique. On a aussi des roseaux de Chine qui sont des « mischkantu chinesi ou la pomme de terre qui est aussi originaire de Chine et de bien d’autres pays aussi. Mais cette fois-ci, on la représente au niveau de la Chine.

 

Un petit peu plus loin dans cette latitude agricole et - on a la chance aussi de voir que les jardins du monde entier ne se travaillent pas seul - qu’il y a aussi des mains qui travaillent à l’intérieur, donc Denis ou Jean-Michel ici qui nous ont préparé ces géraniums rouges. Donc, si j’ose me permettre cette petite intervention, c’est dans le sens où ces géraniums rouges - on a l’impression souvent qu’ils viennent de nos chalets de Suisse qui sont représentés sur les chalets ou sur les fermes. Mais ces géraniums rouges, dont le « Béganium peltatum » vient d’Afrique du Sud et c’est très intéressant à voir l’origine de cette plante et l’intégration qu’elle a faite. C’est aussi un travail que l’on fait par rapport à « Neuch à toi », c’est cette intégration à l’étranger et à l’ouverture. On voit que le géranium s’est bien implanté chez nous, jusqu’aux fenêtres. Je dirais qu’il fait presque partie des cartes postales avec le Cervin, les chalets et le géranium dessus. Et on voit aujourd’hui que cette latitude, donc ce géranium rouge, vient d’Afrique du Sud et à travers cette latitude qui est un chemin très large, on aura aussi un brassage de personnes de différentes cultures et de pays qui vont aussi pouvoir s’intégrer à ce paysage.

 

Nous voilà aussi dans une latitude d’Europe, c’est l’Espagne. Peut-être que dernière moi, vous voyez des mains travailleuses. C’est clair que les soins sont administrés dans tous ces jardins. On a une casquette du Portugal, donc on voit vraiment cette ouverture à l’étranger. On a même des personnes du Portugal qui travaillent nos sols espagnols et même suisses. Là, l’Espagne, on l’a travaillée un petit peu dans un sol noir qui est un sol de charbon, qui représente un petit peu un sol volcanique et ce sol volcanique, c’est un petit peu pour représenter les Lanzarote, une région d’Espagne où l’on travaille tout en cuve, cela veut dire que le raisin est travaillé en cuve. C’est pour réceptionner l’eau à l’intérieur et pour qu’elle puisse se garder, ce qui fait en l’occurrence un excellent vin. On a d’autres plantes que cela soit la sarriette, les cotes de bettes ou les sauges qui sont à l’intérieur, qui sont des plantes aussi originaires d’Espagne.

 

Voici un petit peu la suite de cette latitude agricole. Il faut bien dire que cette latitude n’est pas seulement, je dirais, une latitude terrestre, mais elle est presque cosmique. On voit, je dirais presque, des extra-terrestres qui sont en train de nous l’implanter ici au nord. Ces sphères représentent aussi une agriculture qui vient d’un autre monde, qui représente aussi des planètes, que cela soit Mars, Neptune, Vénus. Ces planètes ont aussi différentes couleurs, ces différentes couleurs sont aussi représentées par la pendaison de floraisons qui vont venir naître à l’intérieur et jaillir d’ici une petite semaine à l’intérieur. On voit que ces structures doivent aussi être accueillies par l’être humain, de différentes cultures et de nationalités avec tout l’enthousiasme qui en va.

 

Nous voilà dans le bout de cette latitude agricole et est-ce que l’on peut appeler cela un bout, parce qu’on a fait le tour du monde ? Est-ce qu’elle est vraiment plate ou est-ce qu’elle n’est pas ronde ? Est-ce que l’on ne rejoint pas après La Nouvelle-Zélande au bout, c’est la question que l’on peut se poser et que vous pouvez venir découvrir ici à Evologia.

 

Ici au bout, on est dans une latitude nord qui est celle des Etats-Unis. On retrouve à l’intérieur du maïs qui est ici à ma droite ou à ma gauche. A l’intérieur, ces fleurs bleues qui sont des « salvia farinacées » et juste derrière moi, ce qui me chatouille à peine un petit peu le dos, ce sont des tournesols tubéreux qui font partie d’une vieille espèce de proceraria, qui sont des vieilles plantes agricoles à ce niveau-là.

 

Sinon on voit, on peut se projeter un petit peu à l’intérieur de cette latitude et on peut aussi voir le Mexique ou encore l’Argentine ou encore Denis qui vient me poser une petite question pour la suite des jardins. Merci.

 

Nous voilà dans le jardin d’un curieux - belle parenthèse, curieux - de voir un petit peu ces gens travailler aussi dedans. Le jardin d’un curieux est réalisé par la formation AI qui est ici à Evologia et aussi à Malvilliers. Le jardin d’un curieux, c’est vraiment l’interprétation d’un potager de proceraria, donc des vieilles semences agricoles, et il nous pousse carrément jusqu’à une palissade en bois et à travers cette palissade en bois, on pourra voir des petits trous et l’on pourra découvrir ce que c’est vraiment que ce jardin du curieux. Je vous invite vraiment à tous y venir.

 

Je vous présente le jardin « La spirale ». La spirale a déjà été réalisée il y a deux ans en arrière par Stéphane Rossel et moi-même. Ce jardin évoquait une montée au ciel. Cette année, on l’introduit dans le jardin de la latitude agricole dans le cadre des Jardins extraordinaires 2006, plutôt sous un thème d’un jardin de passage entre le rite et les croyances bouddhistes. C’est pour cela qu’on le traite de manière dorée, c’est aussi une marche dans laquelle on peut se prêter à la réflexion et je dirais, pour nous amener à ce jardin, on a vraiment un rite de petites montagnes de prières qu’on retrouve dans le nord de l’Inde, que ce soit au Kandjar ou en Birmanie. C’est des petites montagnes que vous verrez ici dans les jardins qui nous permettent vraiment d’avancer et de découvrir ce jardin qui est la spirale.

 

Nous voilà dans le jardin de corail qui est un jardin qui est réalisé par l’architecte Bruno Marmiroli qui était un architecte paysagiste qui oeuvrait dans le cadre des Jardins de Chaumont sur Loire tout simplement dans le festival et qui est à Arquesenens. On fait un échange à travers ce jardin. Nous-mêmes, on en réalise un à Arquesenens. On a fait cette année un jardin sur le thème de l’absinthe « Eaux troubles » et eux-mêmes sont venus réaliser ce jardin, donc l’institut Le Doubs, Arquesenens, et des écoles du Jura tout simplement. Ce jardin de corail est à la base de la philosophie d’un bouquin qu’a écrit Borislav Nivinowski et il traite la valorisation des végétaux et on a par exemple des tagettes, des patates douces. On a aussi par exemple – je dirais presque la plus belle plante – alors qu’elle a un petit peu souffert du froid ici à Cernier, c’est le bananier qui est là. La personne qui cultive la plus belle plante, c’est la personne qui a la place la plus importante dans la tribu. Il a le droit de l’offrir à un autre. Donc, c’est vraiment une valorisation par la plante selon la philosophie ou la thèse de M. Milinowski.

 

Nous voilà dans le jardin « immortel cube trois ». Pourquoi trois, parce que c’est la passation entre l’année de la sylviculture, l’horticulture et cette année de l’agriculture et on fait un petit hommage aux jardins Majorel qui est un jardinier qui a créé un jardin à Marrakech au Maroc et on va travailler le bleu. Le bleu, c’est des sauges farinacées qui ont vraiment un bleu assez électrique et comme M. Majorel l’a mis dans son jardin, on travaille la paille et le blé à l’intérieur. J’ai juste une petite fable à vous raconter par rapport à cela : « C’est que M. Majorel lui-même, en créant son jardin à Marrakech, a voulu y introduire une couleur. Il a créé le côté artistique du jardin au niveau de la chorégraphie végétale et architecturale et ensuite, il a dû y introduire une couleur et cette couleur, il avait vraiment de la peine à la trouver et pour lui, elle est venue vraiment d’une manière spontanée, parce que les ouvriers qui ont travaillé dedans avaient une tunique bleue ». Et c’est pour cela qu’il a mis cette couleur et c’est vraiment une particularité qu’on peut faire chacun chez soi. C’est imposer une couleur et vous verrez que cette couleur, on a l’impression après qu’elle appartient au lieu. Je vous le recommande.

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod