Madame Claire Bertholet : Poney Handicap
Mesdames, Messieurs, bonjour. Bienvenue à vous et merci de nous retrouver pour cette nouvelle édition de Socialement vôtre, qui, aujourd’hui, vous emmène à la rencontre de l’association Poney Handicap qui vient de fêter ses vingt ans d’existence.
Voilà donc deux décennies que l’association met à disposition de personnes handicapées un cheval ou un poney.
C’est sous l’impulsion de Claire Bertholet, praticienne de la TAC (Thérapie avec le cheval) que des enfants et des adolescents peuvent profiter des infrastructures mises à disposition par le Centre équestre de Fenin.
Je m’appelle Elisa, j’ai treize ans et j’habite Neuchâtel.
Je m’appelle Julia, j’ai quinze ans.
Je m’appelle Patricia, j’ai quatorze ans.
Je m’appelle Jérôme, j’ai douze ans et j’habite à Peseux.
Je m’appelle Furta, j’ai quinze ans.
Claire Bertholet
Poney Handicap a commencé il y a vingt-cinq ans. Au départ avec deux poneys islandais qui étaient prévus pour « l’hypothérapie K » qui est une forme de physiothérapie avec le cheval.
C’est une technique qui est mise en place par une physiothérapeute, Madame Künzle, et qui a protégé ce terme, donc ce qui fait qu’en Suisse en général, on parle « d’hypothérapie K » pour tout ce qui est physiothérapie. Donc la personne, elle, utilise le mouvement du cheval comme soin, alors qu’en thérapie avec le cheval, on utilise toutes les capacités de l’enfant, toutes les techniques d’équitation pour travailler autant le mental, le pédagogique que le physique. Actuellement, j’ai une vingtaine de patients qui viennent par semaine.
La thérapie avec le cheval touche un large éventail de personnes depuis les personnes qui peuvent avoir des problèmes neurologiques, mais qui peuvent conduire le cheval, qui ont envie d’apprendre un petit peu quelques rudiments d’équitation. Les enfants hyperactifs, les enfants à syndrome autistique, les enfants ou les adultes qui ont des problèmes, qui aimeraient monter à cheval, mais qui ne peuvent pas monter dans une classe.
Les objectifs, ce sont d’amener les gens à prendre confiance en eux, à gérer leur mouvement, à doser leur force et à apprendre quelques bases, disons d’équitation. Pour certains avec les bases de la connaissance, on fait des figures de manège, du respect des règles. Il y a des jeunes qu’on peut introduire après dans des classes d’équitation et pour d’autres, on voit que sitôt que le cheval marche un petit peu plus vite, ils ont peur. Donc, on va rester en thérapie, mais en faisant d’autres exercices, en allant promener à la main dehors mais toujours accompagné.
Il y a une demande des parents si c’est des enfants qui viennent en privé, un conseil du médecin, un conseil d’autres thérapeutes qui à un moment donné voient qu’il faudrait vraiment qu’il y ait une relation de cause à effet, quelque chose d’assez solide, comme le cheval car c’est quand même un gros animal. Mais en général, on demande quand même un avis médical. Donc, il y a des gens qui viennent aussi souvent en désespoir de cause, parce qu’ils ont essayé beaucoup de choses avec leurs enfants et ils essaient encore cela. Et l’on voit très souvent que c’est des enfants avec qui cela va bien. Le cheval a quand même un côté mythique, donc, en général, ils aiment. Il y a une crainte. Il y a la crainte de la grandeur, du poids du cheval. Mais en général, il y a un rêve là-derrière et ce rêve, ils le réalisent en montant sur le cheval.
Après, il y a un moment qui est plus dur, c’est de réaliser en fait ses propres limites. On est là et c’est un animal qui a de la force, qui marche vite ou qui ne veut pas faire ce qu’on lui dit ou qui n’a pas compris ce qu’on lui dit. Donc, pour des enfants souvent en difficulté sociale, c’est aussi de demander à travers leur corps quelque chose à l’animal, comme vous avez vu avant, avec les jambes, de demander avec les mains, de regarder où on va et tout cela, ce sont des choses qui vont beaucoup aider ce genre d’enfants à se structurer dans la vie. On a pour les plus grands le cheval de thérapie qui appartient à Poney handicap, qui est à disposition pour eux. Et puis pour les enfants plus petits qui ont entre cinq et huit ans souvent, on a la chance de louer la ponette du manège. Cela m’apporte beaucoup, cela m’apporte du contact, cela m’a permis quand même de mettre en place des techniques de travail, de recevoir beaucoup de monde parce qu’on a aussi beaucoup de gens qui viennent en visite, qui viennent faire des mémoires, qui viennent regarder.
Donc, en même temps, cela remet chaque fois en question quand les gens viennent, posent des questions : « Est-ce que c’est utile, est-ce que cela a un but ? » Moi, cela m’apporte beaucoup, c’est presque un peu ma vie ! Il y a beaucoup de positif. Il y a énormément dans la confiance en soi, dans l’apprentissage des choses, des termes. On développe quand même chez l’enfant des mots, des connaissances, de la motricité. Ils doivent faire des choses qu’ils ne font pas ailleurs, mais qui leur sont utiles dans la vie : de gérer l’espace temps, de gérer le matériel, d’anticiper les situations et là, ils le font dans un climat de sécurité et avec un animal qu’ils aiment. Ce sont des enfants qui sont à l’école, mais qui sont dans des classes spéciales, c’est la classe du « Clean » à Peseux.
Sinon, j’ai des enfants qui sont à l’école normale. Ceux-là, ils viennent le samedi et d’autres qui sont moitié à l’école, moitié dans un centre. Donc, ils sont intégrés partiellement, mais on voit énormément de progrès dans la confiance en eux et aussi dans l’ouverture. Là, on a vu avec les jeunes à quel point ils arrivent entre eux à partager, à collaborer, à communiquer, cela vient aussi avec le cheval.
Poney Handicap vit essentiellement de dons. Cela est quand même magnifique de penser que cela fait vingt-cinq ans qu’on réussit à mettre un cheval à disposition des handicapés que grâce à des dons. Il y a eu la Loterie romande qui a fait d’énormes efforts pendant de nombreuses années, beaucoup de particuliers, de clubs services, d’associations qui nous aident, sinon on ne pourrait pas offrir cela.
On est allé dans la salle en haut. On a fait des corrections et après on est allé préparer le cheval.
Quand on arrive ici, on monte à la cafeteria et on corrige des choses. Après, on redescend préparer le cheval, mettre la selle et tout cela. Après, quand on fait du cheval, on doit tout préparer, les obstacles et tout cela.
On doit monter le cheval, apprendre où il faut aller, à gauche, à droite et cela me fait un petit peu peur. Je viens de commencer cette année, c’est tout.
Interviews réalisées par Alexandra Viteri et Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod