TOR Boyard 001 : À Boudevilliers

 

 

Par Fred Loewer et Daniel Fuchs

 

Ouais, alors les bêtes. Vous êtes toutes là, pas qu’il en manque une. Ah l’agriculture moderne c’est quelque chose avec les statistiques pour la station fédérale. Alors 1026, on lève le sabot. Ouais, elle est là. 4011, tu viens manger là, tu viens manger… 4011, elle est là. 9051, tu es la plus jeune, ouais, ouais… bientôt bon pour la casserole. 7331, c’est bon. Voilà, ça c’est pour l’Office Fédéral de la Statistique.

Pour que vous deveniez plus vite grandes, parce que moi je dois vous vendre.

 

C’est bon. Moi, j’en prends aussi avec du lait tous les matins !

 

Oh là, là, il faut secouer la poussière, parce que la poussière qui stagne, ça ce n’est pas bon. Ah quel métier !

Eh Pierre, Pierre !

 

Ah mon Dieu, tu m’as fais peur. Mais tu as fait peur à mes vaches, toi… Tu vois un peu, tu as fait quoi là. Qu’est-ce qui t’arrive Roger ?

J’ai… j’ai peur des vaches.

 

Elles ont plus peur que toi, tu as vu un peu. Pourquoi t’es venu là comme ça ?

Ah, ah tu habites haut…

 

Mais dis donc, tu as couru ou bien ? Il y a un bus qui vient là.

Depuis Neuchâtel, il y en a un toutes les cinq heures. Il a bien fallu que je vienne avant. J’ai reçu un téléphone de Jean-Pierre sur TOR.

 

Ouais quoi ?

Ils veulent qu’on organise un jeu télévisé.

 

C’est bien ça.

Je n’aurais jamais dû dire oui. Je n’ai pas d’idées, c’est la cata…

 

Pas d’idées.

Attends ! Oui, j’en ai une ou deux. J’ai besoin de toi, j’ai besoin de toi, sinon je ne vais pas y arriver…

 

Ouais.

Ah, elles reviennent.

 

Allez, allez, il n’est pas bien… Il a peur. Un peu speed, mais il n’est pas méchant.

Je suis venu te chercher. Ah ça me tourne…

 

Je t’ai dit, tu aurais pris le bus, il s’arrête juste devant la Jonchère là-bas.

Mais il y en a un à 7 heures le matin et un à 7 heures le soir, comment veux-tu que je sois là à midi ?

 

Il faut se lever. Moi je me lève à 4 heures pour traire.

Alors pour le jeu, j’ai pensé à un truc un peu aventure, sportif. Quelque chose qui bouge.

 

Ah c’est bien.

Le problème, c’est comme tu peux le constater, avec mes problèmes de souffle…

 

Ouais.

Parce que travailler dans un bureau, le souffle… attends c’est bon, je crois que ça arrête.

 

Ce n’est pas avec ces petites touches qu’on s’épuise.

Ah c’est bon, on a compris. Elles font du bruit.

 

C’est pour que je sache où elles sont.

Moi, dans mon bureau…

 

Quand je suis dans ma ferme là-bas, j’entends le soir si elles sont là.

Forcément.

 

Je suis tranquille.

Moi, j’entends deux bruits dans mon bureau, c’est la climatisation et la timbreuse à 17h00, alors tu vois…

 

Ce n’est pas lourd la timbreuse…

J’ai profité de mes heures de travail pour mettre quelques idées sur papier. Mais j’ai plein d’idées pour les épreuves intellectuelles.

 

C’est quoi ?

Des questions, des trucs, des épreuves intellectuelles pour le…

 

Ça veut dire quoi intellectuel ?

Quand c’est le cerveau qui fonctionne, tu sais… Ah non, t’as jamais fait. Ce n’est pas grave, je m’en occupe. Non, ce n’est pas grave. Le cerveau, je le fais. J’ai besoin de tes jambes et de tes bras.

 

Ouais, ça ils sont…

Voilà, je me suis dit… il faudrait imaginer des épreuves physiques à travers Neuchâtel, tu vois.

 

Ouais, c’est une idée.

C’est joli Neuchâtel, tout ça.

 

Mais, t’as pas besoin d’avoir peur, c’est elles qui ont eu peur.

Seulement, il faut un nom.

 

Un nom ?

Ben oui, il faut un nom.

 

Non.

Mais oui, il faut un nom.

 

Ah non.

Un nom à nos jeux.

 

Mais oui. Un nom, oui.

Alors, je pensais « La ferme en folie », ça c’est fait.

 

Ouais.

Qu’est-ce qu’on pourrait mettre d’autre, « Je cours donc je suis ! »

 

Ouais.

Mais comme tu ne vas pas me suivre, c’est idiot.

 

« L’amour est dans les prés. »

Mais « L’amour est dans le pré », ce n’est pas de l’aventure, ça.

 

Mais des fois, c’est une sacrée aventure, je peux te le dire.

Je ne sais pas, il faudrait prendre un truc avec TOR. Tu sais, c’est la télé TOR, la seule télé qui a toujours raison. Non, c’est déjà fait.

 

Attends, si j’avais au moins mes cigarettes à fumer, j’aurais une idée. Tu sais, j’ai oublié mes boyards. Ah ce n’est pas vrai…

Quoi tes boyards ?

 

Mes clopes, mes boyards.

Mais t’es un génie…

 

Quoi, quoi ?

On n’a qu’à l’appeler TOR Boyard. Ce n’est pas mal.

 

Ben dis voir.

Tu viens m’aider, on y va.

 

Attends, les bêtes restez sages…

Tu laisses à ton cousin…

 

On va où là ?

On va aller au château de Valangin. Pour TOR Boyard, il faut un château. On y va…

 

 

À suivre…

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod