TOR Boyard 009 : À l’Université de
Neuchâtel
Par Fred Loewer et
Daniel Fuchs
Pour la première épreuve intellectuelle
de TOR Boyard, il faut donc qu’on aille demandé au
doyen de l’Uni pour les questions.
Ah
ouais, lui il sait…
C’est le préposé, ça tombe sous le sens.
Mais moi, j’ai préparé quelques questions qu’on va lui soumettre.
Ah
ouais.
Mais avant, j’aimerais quand même ton
avis, si t’es d’accord.
Ouais
d’accord. Tu peux essayer. J’ai beaucoup d’avis.
J’ai classé, j’ai classé…
J’ai
plein d’avis officiels dans ma ferme, tu sais ? D’avis officiels…
Quoi d’avis officiels ?
Ouais
l’avis officiel.
Moi je veux un avis officieux,
maintenant.
Ouais
d’accord. Je te disais que j’avais l’avis officiel du canton.
Chacun fait sa vie. La vie que tu as, ce
n’est pas mon problème.
Effectivement,
ouais. Alors comme ça tu as des questions ?
J’ai eu toute la nuit pour les faire.
Ben
dis donc, alors là…
Forcément.
Moi,
j’ai un problème avec une vache. Elle n’a pas supporté… tu sais quand tu es
venu ce matin, ça lui a fait un souci. Quand tu as eu peur, elle n’est pas bien
quoi ?
C’est vrai. Ah oui.
Tu
te rappelles ?
Vaguement. Ah, elle t’a comme ça…
Non,
elle était mal.
Elle t’a fait une gastro
ou ?
Ouais,
arrête.
Je suis désolé. Je ne voulais pas…
Ce
n’est pas grave, c’est mon problème.
Tu sais, j’ai pris des thèmes comme ça.
Ouais,
c’est bien.
C’est mieux. Par exemple, j’avais une
question de maths que je trouvais intéressante.
Ah
ouais, je n’ai jamais été bien fort en maths.
Ouais, mais ce n’est pas grave. C’est
juste pour la question. Tu verras, c’est quand même d’un certain niveau.
Ah
ouais.
Non, il faut quand même, il faut être
« intellectuellé »…
Ah
ce n’est pas…
Accroche-toi bien.
Ouais.
La question, c’est : « En
tenant compte de la valeur de Pi… »
Ouais
et pis.
« De la roue… »
Je
connais, je connais le pis…
Le Pi.
Le
pis de vache.
Non. La valeur du Pi de la roue…
La
roupie, ça c’est une monnaie étrangère. C’est juste ?
Non. La roupille, pas quand tu
dors ! Le Pi de la roue. Une roue, tu fais Pi, le rayon, le truc…
J’en
connais un rayon là. J’ai trois vélos.
On continue.
Ouais.
« La valeur du Pi de la roue et que
le chiffre d’or sur la bête… »
Qui
est-ce qui dort ?
Il ne dort pas, il est d’or.
Ah,
il est dehors.
Non, le chiffre d’or. Tu n’as jamais
entendu parler.
Le
chiffre d’or, non. Ah ouais, je crois que c’était bien en géométrie… non ?
Ouais, attends ! Que le chiffre
d’or sur la bête est significatif, il est significatif…
Ouais.
« Pourquoi, pourquoi selon la
formule posée… ? »
Ouais.
« Ne faut-il pas mettre la charrue
avant les bœufs ? »
Ah
ça, j’ai la réponse ; parce que si tu mets la charrue avant les bœufs,
c’est la charrue qui tire les bœufs…
Ça forcément, mais…
Ce
n’est pas logique.
Ça ne répond pas à la question.
Mais
oui, parce que si on la met avant les bœufs, ça ne va pas marcher…
Tu crois ?
C’est
un peu bête ta question, dis donc.
Attends ! J’en donne une autre.
Ouais.
Une petite question de français.
Français.
Tu es fort en français, tu parles
toujours. « Le subjonctif imparfait faisant appel à la conjugaison du
verbe pleuvoir… »
Ah
oui, il eut plu.
« Et du passé simple du verbe
plaire… »
Ah
ça. Il eut plu que ça me « plaisse »…
« Nous permis de faire revenir le
soleil. »
Il
eut plus que ça me « plaisse » de revenir
le soleil.
Non, mais presque.
Ah.
Attends ! La conjugaison… pleuvoir…
Ouais,
ouais. S’il pleuvrait, ça me plu.
Non, non. Le verbe plaire, plaire.
Plaire et pleuvoir, revenir le soleil.
Ouais
donc, s’il ne pleut plus, ça me plut moins… C’est un peu compliqué, tes
histoires.
Mais ce n’est pas compliqué…
Ouais,
t’en as encore une autre ?
Cela fait : « Cela me plut
qu’il ne plut plus. »
Ah
ça ? Qu’il ne plut plus ! Ah ouais, c’est…
C’est logique, plut plus.
Ouais,
plut plus… Viens plus, plus !
Non mais pas plus, plus, mais plut plus.
T’as
des questions toi alors. Il y en a encore beaucoup comme ça ?
J’ai de la chimie. Tu veux de la
chimie ?
La
dernière, parce que la chimie… Moi, j’ai fait péter le labo à l’école. Il
fallait voir ça. On était tout noir.
Ah bon, il n’y avait pas…
J’ai
mélangé de l’acide chlorhydrique avec de l’acide fluorhydrique…
Ça fait du dentifrice, non ?
Ouais.
Tes questions, moi je propose plutôt qu’on aille les poser au doyen parce qu’on
n’a pas…
Une petite dernière… ?
Non,
écoute… ouais en vitesse.
En vitesse ! « Rien ne se
perd, rien ne se gagne, tout se transforme. » C’est bien connu.
Ah
ouais, c’est le purin.
En partant de cette affirmation, on peut
se poser la question suivante.
Ouais.
« Une mouche a une durée de vie de
trois jours. »
Ouais.
Ah bon, qu’est-ce qu’elle devient
après ?
Le
plus important, c’est qu’est-ce qu’elle fait de ces trois jours, parce que si
elle est malade deux jours…
Ah oui, c’est bœuf.
Un
peu mal pris.
Ah ouais, c’est bête.
Écoute,
c’est un peu tordu tes questions.
On va demander la réponse au doyen.
Je
crois parce que là…
Bon ok, on y va.
Je
t’avais dit qu’il ne fallait pas y poser cette question sur la mouche…
Ouais, je sais bien. Je ne pensais pas
qu’il allait piquer la mouche, moi…
Texte retranscrit par Françoise Berthod