Le Soleil des Aînés : Journal du home La Lorraine
Nous rencontrons aujourd’hui la rédaction du Soleil des Aînés, journal interne à La Lorraine, home médicalisé sur les hauts de Bevaix.
Avec l’âge apparaissent les petits bobos dont une baisse de l’acuité visuelle, c’est alors Caroline qui prête ses jolis yeux aux résidents.
« Lecture du Soleil des Aînés en chambre. »
Un article sur une sortie qui a été faite sur la Fête des chanteurs du district de Boudry qui a eu lieu à Saint-Aubin au mois d’avril. C’est un article qui a été fait par Mme Meier. Je vous lis peut-être celui-là. Fête des chanteurs du district de Boudry à Saint-Aubin. Nous sommes partis à 19h45 le samedi 23 avril de La Lorraine, quatre résidentes et une animatrice. Malheureusement, le concert commençait à la même heure que notre départ. En arrivant, nous avons entendu une de mes chansons préférées.
« Visite de la chanteuse américaine Barb Sorensen à La Lorraine. »
Lors de sa rencontre avec Jean Waldvogel, la chanteuse Barb Sorensen a pu constater le penchant international de certains rédacteurs. Un entretien dans la langue de Sherlock, s’il vous plaît.
« Revue de presse du Soleil des Aînés »
Nous allons commencer cette séance du groupe journal. Il y a plusieurs points que j’ai préparés.
Fondé par Myriam Tellenbach, le Soleil des Aînés paraît quatre fois l’an grâce au labeur de six résidents et l’appétit de son animatrice. Une rédaction qui est plutôt insolite, puisque la moyenne d’âge ne se situe pas loin des quatre-vingt-quatre ans. De quoi figurer dans le Guinness Book. Ses membres se chargent de rédiger des articles variés destinés aux résidents et au personnel du home.
Nous allons faire un tour de table pour savoir ce que l’on va mettre dans le prochain numéro, qui sortira au mois de septembre. J’aimerais aussi, si vous êtes d’accord, M. Calame a été hospitalisé depuis la semaine passée. Il va revenir tout à l’heure en chambre. Mais comme il ne sera pas en pleine forme, je trouverais sympa qu’on lui écrive un petit mot. Voilà ! Après, on passera aux divers comme d’habitude. Cela joue comme cela, l’ordre du jour ?
« Les aînés en visite dans le studio de Télé Objectif Réussir. »
Désireuse de mieux connaître notre structure aventure et dans le but d’écrire une bafouille nous concernant, cette joyeuse cohorte de journalistes émérites n’a pas hésité à braver les inconvénients d’un tel déplacement. Un moment d’échange et une visite fructueuse à bien des titres et surtout un autre regard. Jean-Pierre Lambert, le boss, s’est chargé de l’accueil et de la visite guidée.
« Mise en pages du journal Soleil des Aînés. »
L’élaboration d’un journal ne représente pas une entreprise simple car elle nécessite de nombreuses étapes où chacun se doit d’être performant et plutôt présent. Un concept que Myriam a parfaitement assimilé. Elle qui ne ménage ni temps, ni effort pour la délicate étape de la mise en pages du petit dernier. Un moment qui sous-entend des talents de chorégraphes, un bon zeste de fantaisie et de créativité. Le tout dans un état d’esprit rigoureux, informatique oblige. N’est-ce pas là, finalement, la vitrine de ce qui aura pris une flopée d’heures de travail auparavant ?
« Pliage et agrafage du journal… »
La Lorraine était déjà cliente de l’imprimerie il y a quelques années en arrière et tout à coup, ils ont eu l’idée de faire ce journal. Évidemment, avant de se lancer dans cette aventure, ils voulaient tout de même connaître le coût d’un journal. Alors, je leur ai fait une offre en cherchant évidemment la collaboration avec des gens qui le font - car moi-même je n’ai pas un gros copieur couleur – des gens qui ont un gros copieur couleur. Avec cela, j’ai réussi à offrir un prix qui est intéressant et ils ont accepté de faire ce journal. D’autre part, j’ai toujours eu plaisir à faire visiter mes locaux à différentes sociétés comme le club des aînés, des écoles. Il est vrai que l’on aime bien recevoir du monde et montrer ce que l’on fait dans notre petite imprimerie, parce qu’évidemment, on n’a pas les installations comme ils ont dans les très grandes entreprises. Nous, on a encore un petit caractère familial ici et l’on aime bien collaborer avec les personnes âgées. Surtout avec une équipe dynamique comme cela.
J’ai créé le Grain de sel pour deux choses : la première, c’est que je fais beaucoup d’animations individuelles et lorsque je rencontre les résidents dans leur chambre, ils me font des confidences, ils me font des remarques sur des sujets qui ne me concernent pas vraiment. Je trouvais dommage qu’ils ne puissent pas dire cela aux bonnes personnes, car il est vrai que moi, je suis animatrice, j’ai mon étiquette d’animatrice et quand je vais dire les choses à mes collègues ou à d’autres résidents, j’ai mon étiquette d’animatrice et pas de résident. C’est pour cela que j’avais envie d’ouvrir une tribune libre car j’ai senti quand même quelques peurs de s’exprimer. Les petits mots qui sont glissés dans le Grain de sel peuvent être signés ou pas, au choix du résident, et je passe dans les chambres pour les aider à écrire si besoin est. Souvent, c’est moi qui suscite, qui dit : « Tiens, cela serait une bonne idée, vous ne voulez pas le mettre dans la boîte aux lettres ? »
Qu’est-ce que vous pensez de la rubrique Grain de sel ?
Je la trouve bien. Sauf qu’il devrait y avoir un peu plus de précision de la part de ceux qui écrivent, un petit peu plus de précision et de clarté.
C’est-à-dire…
Plus de clarté dans leurs exposés.
D’accord. Ce n’est pas assez clair ce qu’ils racontent ?
Pas assez précis. Cela dépend des personnes. Ce n’est pas facile.
Le Grain de sel, là, c’était très bien. Il faut le défendre. J’espère que ça continue aussi car j’ai beaucoup de plaisir à collaborer avec ces gens. Là, je fais un petit peu l’agrafage, mais en général, c’est l’une de ces personnes qui le fait ou Mme Tellenbach.
Mais comment cela se passe, ils viennent tous les trois mois ?
Ils viennent, ce ne sont pas toujours les mêmes personnes. Je commence à les connaître. M. Waldvogel, l’on se connaît déjà. C’est une personnalité de la région. En fonction de la disponibilité des gens, ils arrivent pour assembler, plier ces pages. Je leur donne la possibilité de le faire dans nos ateliers.
Je m’occupe aussi du journal. Je trouvais dommage que seulement cinq ou six résidents s’expriment dans le journal, donc je me suis dit : les petits messages qui sont dans la boîte aux lettres, je pourrais les retranscrire dans le journal. Comme cela, il y aurait aussi les idées, les interventions d’autres résidents que l’équipe de rédaction du journal. Il y a des remarques pertinentes.
C’est l’heure du thé, du café, des gâteries sucrées ou salées. La dernière main a été posée. Il est temps de cogiter, de vivre le suivant, car l’aventure n’attend pas, elle s’offre. Donc rendez-vous au prochain numéro.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Commentaires en « voix off » : Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod