PUTAIN D’ RESTOS           (Rythme : 139, Tempo : 96, Final : 01)

 

 

J’avais un chouette pote, un grand amateur, fou de moto,

Un pote, un grand un vrai pote, un signal, un poteau,

Qu’un camion, bizarre et laid, pas un petit, mais un gros,

A fauché, un sale jour, blafard, beaucoup trop tôt…

 

Mais, qu’est-ce qu’il faisait là ? Ce putain de camion…

 

Il avait eu, la grande idée, inspirée par l’Abbé,

L’Abbé de ce rude hiver, glacial, de cinquante-quatre,

L’idée de tout partager, avec les plus démunis,

Toutes ces montagnes d’excédents, gaspillés et détruits…

 

Et pour les faire manger, moi, je vais leur faire des restos…

 

La grosse Pierre, laquelle, posée, comme hier, l’avait fait l’Abbé,

Fut amenée, un beau matin, frileux, par Colucci,

Le St Michel des pauvres, dans la ville de Paris, endormie,

Le Paris qui allait, bientôt s’éveiller, tout surpris…

 

Ils seront au moins au chaud, dans les restos…

 

Surpris, parce qu’un Pantin, un clown, un crève la faim,

Se préoccupa, lui, de ceux qui n’avaient plus rien,

Quelle drôle d’idée lui avait-il donc passé par la tête ?

D’offrir aux oubliés, tout ce qu’on jette, et qu’on rejette…

 

On n’aurait pas besoin, d’ouvrir tous ces restos…

 

Et vous tous, les privilégiés, obèses trop bien nantis,

Jetant vos restes de repas, beaucoup trop bien fournis,

Vous ne pouviez pas penser, qu’il vous aurait suffit,

D’un petit geste, pour vous… enrichir, d’un…Merci !

 

Eux, au moins, dorment bien, quand ils quittent les restos !

 

Il est parti, en laissant, ses restos derrière lui,

Il pensait : Juste quelques nuits, quelques mois, ou deux ans,

Les semaines ont passé, et les mois, et…vingt ans,

Il vous regarde avec la honte… Et tristesse, de Là-Haut…

 

Il sera heureux quand, on aura plus besoin, de ces putains d’restos…

 

J’avais un pote, un vrai, un grand, parti, beaucoup trop tôt…

 

 

Jéhan-Georges Muller, 20 décembre 2005