Madame Lucia Cannata Leemann : Danse et prière
Mesdames, Messieurs bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir votre télévision sociale. C’est dans le cadre de l’émission Trajectoires que nous recevons aujourd’hui Lucia.
Bonjour Lucia.
Bonjour.
Qui pratique la danse-prière. Vous pourriez nous expliquer un petit peu ce qu’est déjà la danse-prière ?
La danse est mon langage et pour moi, c’est exprimer ma prière et mon témoignage de foi, exprimer l’amour de Dieu pour la création tout entière, à travers la danse, à travers le mouvement, à travers une expression qui va au-delà des mots et qui se traduit dans les gestes de mouvement sur la musique.
Comment êtes-vous venue à cette discipline, comment l’avez-vous découverte ?
J’ai découvert cette façon de prier dans une retraite en fait. C’est là que tout a commencé. Une personne qui était là m’a partagé sa connaissance de cette façon de prier, inspirée par l’Esprit Saint et m’a donné l’adresse d’une personne sur Avignon qui pratiquait cette danse-prière et qui organisait toutes les années pendant le festival des rencontres internationales de danses chrétiennes. C’est là que j’ai découvert cette expression, c’est là que j’ai découvert que j’avais cela dans mon cœur depuis ma naissance et que j’avais vraiment envie de témoigner de ma foi, de témoigner de ce que le Seigneur a fait pour moi à travers la danse.
C’est
une façon de le communiquer aux autres aussi. Est-ce qu’il y a une explication
du langage de Dieu, de
Cela cherche à communiquer. Donc, ça cherche à communiquer ma prière d’abord, mais c’est vrai aussi que le geste peut soutenir la parole de Dieu, être expression d’un psaume, d’un texte biblique exprimé à travers le geste et à travers le mouvement.
La danse-prière n’est pas très courante. On n’en entend pas beaucoup parler. Quelles sont les réactions des gens la première fois qu’ils la voient ? Est-ce que c’est bien reçu… on sait que l’église chrétienne n’est pas très dansante, très festive ? Est-ce qu’il y a des mauvaises réactions par rapport à ces danses ?
Je n’ai jamais ressenti de mauvaises réactions. Les retours que j’ai eus ont toujours été des retours très positifs. C’est clair que pas tout le monde vient donner un retour et s’exprimer, mais je pense que c’est une dimension que les gens recherchent aujourd’hui, de trouver quelque chose qui va au-delà du simple mot, qui va au-delà de rester figé dans un banc d’église. C’est quelque chose, en général, qui peut toucher aussi les gens qui sont un peu en marge ou un peu en recherche, parce que justement cela ne renferme pas les choses dans les mots et dans des moments aussi peut-être d’émotions plus fortes où on ne sait pas, où on est un peu maladroit avec les mots. C’est là que l’expression : « Prière à travers la danse » peut, je pense, beaucoup apporter.
Vous pensez par rapport à cela que l’église est en pleine mutation, qu’elle a de la peine à diffuser son message à l’heure actuelle et qu’elle cherche d’autres moyens d’expression ?
Je ne sais pas très bien, mais c’est sûr que les gens sont en recherche. Ils le sont toujours et là, je crois que les gens ressentent le besoin de vivre d’une façon plus globale leur spiritualité. Pas simplement dans des choses imposées, mais d’intégrer toute leur vie, d’intégrer leur sensibilité, d’intégrer leur moyen d’expression aussi dans leur vie de prière. On voit de plus en plus aussi d’expression à travers les fleurs, à travers les contes, différentes façons comme cela d’exprimer la foi, la prière, les récits bibliques et cela, il me semble que c’est très bon et que cela peut vraiment apporter une dimension plus incarnée à la prière.
Que ressentez-vous quand vous dansez, quelles sont vos émotions ?
Ca, c’est difficile à exprimer ! En tout cas pour moi, ce qui est important, c’est vraiment d’exprimer ma prière et ce qui est important, c’est que cela soit l’amour de Dieu qui passe, que les gens quand je danse ne soient pas attirés par moi, par ma personne, mais qu’ils puissent vraiment voir la prière, voir le Christ, sa croix, son amour, la miséricorde, l’amour du Père pour tout ses enfants. Et c’est vrai que moi-même, je suis quelqu’un qui a facilement le trac et qui est bien timide et je demande toujours au Seigneur de me remplir de son amour pour les gens qui sont présents et de laisser déborder sur eux et cela m’aide énormément à vraiment être en prière quand je danse et pas à m’occuper de rien d’autre.
Vous vous entraînez beaucoup pour cette danse. Est-ce qu’il y a un entraînement ou est-ce que c’est vraiment du ressenti ou est-ce qu’il y a des mouvements de base, une certaine technique ou est-ce qu’il existe certaines écoles ? Ou est-ce que c’est vraiment quelque chose qui vient du ressenti ?
Il y a un langage. C’est un symbole que l’on apprend et qui revient. Il y a le travail personnel de technique dans des cours de danse contemporaine classique suivant chacun et, il y a surtout le chemin de prières. Cela ne veut pas dire que cette danse soit seulement pour des danseurs. Pour moi, c’est très important de partager cette forme de prière pour les gens qui n’ont jamais dansé et je travaille très volontiers à l’atelier pour partager cette façon de prier. Alors là, c’est clair qu’après, ce n’est pas une expression qui est forcément portée dans une célébration pour le public, comme on vit quelque chose au sein d’un petit groupe, mais on peut faire tout un chemin aussi ensemble pour apprendre à se connaître, à se respecter et à exprimer sa prière, son cœur, son besoin et peut-être son cri au Seigneur à travers le geste et la danse.
Ce n’est pas seulement inhérent à l’une des confessions, qu’elle soit chrétienne, catholique ou protestante ? Vous allez dans toutes les confessions ?
Pour moi, c’est important de travailler au service des églises. On a tous le même Christ. On a tous le même Seigneur et d’aller au-delà de nos différences pour faire un bouquet de nos différences et vivre quelque chose ensemble. Pour moi, c’est vraiment important.
Racontez- nous un petit peu votre emploi du temps dans la danse-prière. Est-ce que vous allez tous les dimanches soit à un culte, soit à une manifestation chrétienne quelconque ? Dans quel cadre, est-ce que c’est seulement dans le cadre du culte dans une église ou par rapport à certaines manifestations ?
Je
travaille surtout sur demande et dans le cadre des églises, mais pas seulement
dans le cadre d’une célébration liturgique. Aussi dans des rencontres de
prières, dans n’importe quel cadre qui est dans le cadre de prières. Je danse
aussi avec
Lucia, nous arrivons au terme de notre entretien. Vous avez la foi, est-ce que vous avez un message à passer à nos téléspectateurs ? Il y a quelque chose que vous avez envie de partager avec nos téléspectateurs ?
Je crois que ce que j’ai le plus à cœur de partager, c’est que l’amour de Dieu pour nous est vraiment une réalité du quotidien, de tous les jours. Que je l’ai expérimenté et je l’expérimente tous les jours, que je suis toujours émerveillée aussi de voir comment le Seigneur nous rejoint et nous prend par la main. Il n’a jamais dit qu’il enlèverait nos souffrances, mais il a toujours dit qu’il est avec nous et il est avec nous fidèlement et il nous aime et c’est cela qui nous donne la force de vivre, d’aller de l’avant, de traverser les moments les plus difficiles.
Voilà ! Trajectoires, c’est fini. Si les danses-prières de Lucia vous ont intéressé (e), vous pouvez la contacter au numéro qui va apparaître ci-dessous : 032 724 38 63. Alors à tout bientôt pour une nouvelle émission de Trajectoires, mais ceci est une autre histoire et ça, cela va se savoir, au revoir.
Interview réalisée par Patrick Perret
Texte retranscrit par Françoise Berthod