La Désalpe de Lignières
Guido Scherz
Vous êtes le président de la Désalpe de Lignières depuis combien de temps ?
Moi, ça fera ma sixième année. J’ai repris après la vingt-cinquième. J’ai fait la trentième, j’attaque la trente et unième et on verra la suite. Je cherche un remplaçant, mais… c’est toujours très difficile.
Vous pouvez nous faire un peu l’historique de la fête, même si vous n’étiez pas là au début ?
Tout à fait. C’est un groupe qui se trouvait dans le temps à la métairie de l’Isle, spécialement le berger qui s’appelait Roger Rey en son temps et qui a vraiment lancé on peut dire cette Désalpe, telle qu’elle existe actuellement. Il y a eu naturellement d’autres personnes aussi qui ont été très actives pour que cette Désalpe démarre et ces dernières années, il y a eu l’apport des sociétés en plus du troupeau. Maintenant, c’est vraiment la grande fête et la grande Désalpe.
Ce n’est pas seulement folklorique. Il y a vraiment des troupeaux qui descendent de la montagne ?
Alors effectivement, sauf l’année passée parce qu’on a eu des problèmes au niveau des bêtes pour le fourrage et tout cela. Mais sinon, chaque année, les animaux descendent depuis l’alpage. Cela veut dire, les génisses tout spécialement qui descendent depuis la métairie de l’Ile.
Cela se déroule chaque fois en même temps que la Fête des vendanges à Neuchâtel. Cela ne vous a jamais fait peur, cette concurrence ?
Absolument pas, parce qu’on est très complémentaire. Il y a même encore la Brocante du Landeron. Donc, c’est vraiment un tout. Les gens qui viennent de l’extérieur, ils peuvent vraiment faire le tour. Ils peuvent aller voir du folklore, des vieux meubles, s’amuser, boire un verre à Neuchâtel, donc tout le monde y trouve son compte. C’est vraiment un week-end complet, on peut dire.
Il y a beaucoup de stands dans le village. Vous avez fait très attention à ce qu’il n’y ait pas n’importe quoi qui se vende ?
Alors oui. C’était un vœu aussi quand j’ai repris la présidence, c’est que chaque société présente une autre spécialité culinaire. C’est aussi un attrait de plus pour les sociétés elles-mêmes. Comme cela, les gens ont vraiment le choix de manger ce qu’ils ont envie.
On ne voit pas, comme à la Fête des vendanges, des stands de tous les pays ?
Non malheureusement, et ce n’est pas le but. On veut que cela reste en fait traditionnel, que même si on va faire peut-être du chili con carne ou des choses comme cela. Mais il faut que ce soit vraiment les gens du village qui fassent à manger.
Pour ces sociétés locales justement, c’est un apport financier important ?
Oui, c’est la principale fête où ils peuvent récolter des sous parce que c’est vrai, à part cela, les lotos ne marchent plus et c’est vraiment l’apport financier annuel pour les sociétés.
Vous n’avez pas vu une baisse malgré la crise ?
Non et nous, en plus, on maintient les prix, donc c’est un plus pour les sociétés. On n’exagère pas dans les prix. Depuis que je suis président, on a toujours les mêmes prix et cela faisait déjà une bonne dizaine d’années qu’on maintient ces prix.
Tout à l’heure dans le cortège, qu’est-ce qu’on y verra de très important ?
Naturellement le troupeau, c’est un peu… on dira la star du cortège. Là, cette année, ils ont augmenté le quota. J’ai été faire un petit tour avant, donc les génisses déjà, plus en cours de route un troupeau du village qui va se joindre à ce troupeau qui descend de la métairie.
Et les sociétés locales se présentent aussi ?
Alors les sociétés locales, soit elles font un char ou éventuellement un groupe qui se déguise, qui participe au cortège à pieds, mais la plupart des sociétés font un char, voire des chars humoristiques.
Pour ceux qui aiment la bonne cuisine campagnarde, les bistrots aussi ont fait des efforts ?
Oui, eux tout spécialement. Il y a des spécialités neuchâteloises. Vous allez au Café du Commerce qui fait les tripes neuchâteloises et chaque restaurateur sort le grand jeu ce jour-là ! On en a trois au village et chacun y va de sa petite cuisine.
Extra. Alors écoutez, bon appétit et à bientôt.
Merci. À vous aussi, bon appétit.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod