Madame Brigitte Burgat : La Fruitière de Bevaix
La métairie de la Fruitière se trouve à environ vingt minutes de Neuchâtel et à dix minutes de Bevaix. C’est une route sinueuse, mais en très bon état qui nous y conduit.
La Fruitière, c’était un endroit où l’on fabriquait du fromage et elle était tenue par des fruitiers. J’ai aussi eu une autre version, c’est que ces fromages étaient mis dans des moules en bois faits à partir d’arbres fruitiers.
D’accord.
C’est vrai que les fruitières en général, c’est là où l’on fabriquait les fromages.
Depuis la Fruitière, il est possible de réaliser un grand nombre de balades à pieds ou en VTT, comme par exemple, la visite du grand cirque naturel du Creux du Van, sorte d’amphithéâtre aux falaises vertigineuses qui s’étirent sur près d’un kilomètre et demi pour une hauteur de cent cinquante mètres.
La faune et la flore sont protégées. C’est le paradis de nombreux animaux de montagne, marmottes, blaireaux, rapaces, chevreuils, chamois, bouquetins, serpents, chats sauvages, renards, sangliers et même lynx y ont élus domicile et sont aisément observables.
Alors la Fruitière, maintenant ici, c’est devenu une métairie ?
Voilà tout à fait. On y garde encore quarante génisses qui proviennent des paysans de Bevaix et puis, nous, on complète avec les nôtres.
Vous élevez aussi des poules ?
Oui, nous avons quelques poules et bien sûr, à côté, on a le restaurant.
À travers une petite clairière, il est possible par beau temps d’apercevoir le lac de Neuchâtel et au loin notre magnifique chaîne de montagnes alpine.
Quelles sont les dates d’ouverture durant la saison ?
Alors, c’est ouvert depuis début mai jusqu’à fin octobre, tout dépend de la neige, bien entendu !
Et qu’est-ce que vous proposez aux clients qui viennent comme carte, comme menus ?
C’est des menus traditionnels de montagne, du style fondue, röstis jambon, röstis tomme chaude, assiette froide, croûtes au fromage et sur commande ou réservation, du rôti sauce aux champignons, des choses comme cela et si les personnes ont d’autres idées, on est ouvert à tout.
La métairie de la Fruitière est fort bien aménagée avec une salle de quarante-cinq places, éclairée au gaz et possédant une magnifique cheminée paysanne. Et bien sûr, une magnifique terrasse fleurie pouvant accueillir plus de soixante personnes.
Tous les produits que vous utilisez sont, on peut le dire, des produits de votre ferme presque ?
Il y en a beaucoup, mais bien sûr, par exemple, les jambons, on est aussi obligé de se ravitailler de notre côté, parce qu’on n’en aurait jamais assez. Voilà. Le fromage, les tommes c’est tous des produits de la région.
Vous faites, il me semble, un point d’honneur de tout cuisiner, de tout faire vraiment maison.
Ah oui, vraiment. C’est de la cuisine qui est… Oui, on fait tout nous-mêmes, par exemple les tartes maison, le pain, les röstis sont faits. On cuit nos pommes de terre, on les râpe, c’est vraiment tout fait maison.
Pour l’histoire, c’est dans cette région que M. David Robert en 1757 tua le dernier ours.
Vous avez quand même une particularité, une réputation d’être quelqu’un qui reçoit très bien les gens, qui est toujours souriante. Ca fait partie de votre caractère ?
Disons, je pense oui et je me dis toujours que les personnes qui montent jusqu’ici doivent être bien accueillies, parce qu’elles viennent pour passer un bon moment, pour se détendre, même si quelques fois on a des soucis, il faut les laisser de côté et cela ne sert à rien du tout de faire la tête !
Justement, comment vous faites, quelle est votre philosophie pour pouvoir- parce qu’on imagine quand vous avez beaucoup de monde que c’est fatigant, que vous devez beaucoup courir, que c’est le stress, comment vous faites pour rester toujours souriante, sympathique ?
Cela je ne sais pas ! Mais il faut dire aussi qu’on a une clientèle qui est très agréable. C’est très rare d’avoir des gens grognons, c’est vrai qu’on a beaucoup de chance pour cela. Les gens sont gentils, c’est vrai, et je trouve que dans notre rôle, c’est l’un des premiers rôles, c’est de bien les accueillir. C’est très important cela.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod