Halluciné : Ciné-club de l’Université de Neuchâtel
Fidèles de Télé Objectif Réussir bonjour, bonsoir ou bonne nuit si tel est le cas. J’ai le plaisir aujourd’hui de recevoir à ma gauche, David, Gilliane et Raphaël. Des jeunes fous de cinéma qui ont créés peut-être pas, mais en tout cas qui travaillent dans le cadre d’Halluciné, une organisation qui essaye, une association plutôt qui essaye de diffuser des films qui sont hors circuit par rapport à ce que l’on a coutume de pouvoir déguster sur les grands écrans.
Peut-être que Raphaël va nous faire un petit historique dont il a le secret.
Oui. D’abord, je tiens à préciser que le nom du ciné-club, c’est Halluciné. Des films hors circuit pas vraiment, puisqu’on travaille beaucoup avec les reprises. Et venir à Halluciné, c’est aussi l’occasion de pouvoir découvrir les films qui sont restés une semaine, passés inaperçus au cinéma. On essaie dans la mesure du possible, bien sûr, de montrer des films peu vu. Parfois même, on a eu l’occasion de montrer des inédits. C’est le ciné-club de l’Université de Neuchâtel. Donc une dizaine d’étudiants s’occupent de faire fonctionner cette Association et on présente une dizaine de films par semestre. On arrive entre dix-huit et vingt séances par année au cinéma Bio à Neuchâtel.
L’Association qui s’est formée part d’une série de goûts personnels qui tout d’un coup se sont retrouvés et on dit : « Tiens, on pourrait faire quelque chose » ou il y a eu déjà un ciné-club, si l’on peut dire, dans le cadre de l’Université ?
Raphaël : Je ne sais pas exactement sous quelle forme existait le ciné-club avant Halluciné. Halluciné, ça fait maintenant une quinzaine d’années que ça fonctionne. Au départ, c’était très petit évidemment comme à la naissance de toute association. C’était à l’Aula des lettres en 16 mm. Après, on est passé au 35 mm à la Cité universitaire. Mais les conditions de projection n’étaient pas terribles et on a eu l’occasion, il y a cinq ans, de trouver un arrangement avec les salles de cinéma de Neuchâtel et de pouvoir louer le cinéma Bio, ce qui nous permet d’être indépendant. Au sein de l’équipe, on a comme principe de choisir ensemble les films et d’essayer dans la mesure du possible de coller à l’actualité et de montrer des films du monde entier.
En parlant d’actualités, David, votre présence ici n’est pas l’effet du hasard, puisque vous avez choisi l’exclusion pour les six ou sept films, si je ne fais erreur, qui vont sortir pour le semestre, si j’ai bien vu. Vous dites si je me trompe. Alors, pourquoi votre présence ici ?
David : Un cycle sur l’exclusion, sept ou huit films projetés. Neuf films projetés.
Gilliane : Sept films au cinéma et deux, une soirée court-métrage et un documentaire vidéo.
Apport précieux de Gilliane, je tiens à le préciser. David ?
David : Sinon l’exclusion au sens large, par exemple, le premier film traité de la communauté tzigane, c’était « Chat noir, chat blanc ». Le second film « Ouaga Saga », c’est un film qui se passe au Burkina Faso, aussi entre guillemets, des gens qui sont victimes des fois de l’exclusion.
En noir blanc aussi ?
David : Pardon ?
En noir blanc aussi ?
David : Non, en couleurs. Voilà au niveau Université, on fait des choses très théoriques, très conceptuelles. Ce cycle porte sur l’exclusion, mais nous, on voulait faire un geste concret en faveur de gens exclus dans la région de Neuchâtel. Exclu, je le dis toujours entre guillemets. Et c’est donc moi, qui la semaine passée, a pensé à votre journal. J’ai vu qu’il est fait par des chômeurs en fin de droits, par des gens à l’assistance sociale et tout. Des gens que l’on pourrait dire, en marge et on a décidé comme geste concret, d’offrir à votre association, huit billets pour le film du 12 décembre, « La vie de Brian ».
Raphaël : L’idée de faire un truc sur la marginalité et l’exclusion est partie en fait du résultat des votations de la loi sur l’asile et de la loi sur les étrangers. C’est depuis ces votations qu’on s’est dit : « Zut, il faut faire réagir les gens » et c’est aussi le rôle d’un ciné-club d’essayer justement d’éveiller à l’ouverture d’esprit et c’est comme cela qu’on a programmé « La barque est pleine » qui a donné son titre au cycle.
Finalement, c’est une décision qui a dû être prise rapidement, puisque les votations ne sont pas si lointaines que ça. Comment cela s’est-il passé ?
Gilliane : En fait « La barque est pleine », c’est parti d’un documentaire, « Un îlot dans la tempête », qui n’est pas sorti à Neuchâtel, où on avait l’occasion d’inviter la réalisatrice qui est une Française d’origine espagnole, qui avait tourné « Un îlot dans la tempête », qui relate en fait l’histoire vraie d’enfants juifs sauvés d’un home pour enfants du Sud de la France, ça s’appelle home pour enfants, mais une sorte d’orphelinat et la directrice du home qui est une Suissesse qui travaillait pour la Croix-Rouge suisse a réussi à évacuer ces enfants juifs vers la Suisse, vers l’Espagne.
Moi, j’ai eu connaissance de ce documentaire et j’ai eu l’idée de le programmer à Halluciné. Après, il fallait le lier avec un autre film et là, j’ai pensé « La barque est pleine » qui est vraiment le grand film suisse qui a un peu remis en cause toute la conception du droit d’asile en Suisse.
L’accueil des Suisses à cette époque.
Gilliane : Voilà. Pendant la Deuxième Guerre mondiale. Et là, on avait déjà en fait cette soirée qui était fixée depuis, je pense, le mois de juillet. Après, il a fallu remplir avec d’autres films et il y avait justement la prévision des votations qui était fixée depuis longtemps. On est au courant, moi en tout cas, depuis le printemps passé. Oui, tout cela a été un peu lié.
Ce n’est peut-être pas inutile d’ailleurs, puisqu’on sait que bientôt, le week-end qui vient, il y aura un petit million qui doit être débloqué par les Helvètes.
David : Milliard.
Milliard. Je me suis arrêté à six zéros, par modestie.
Raphaël : La ministre des Affaires étrangères a fait le même lapsus à la radio.
Non, mais ça risque d’être intéressant justement d’avoir ce que vous avez prévu en fonction aussi de la prochaine votation. Cela devient tendu !
Gilliane : Souvent, on a des programmations qui sont quand même assez liées aux votations. Il y a souvent des votations un peu étendues comme celles-là et c’est vrai qu’on projette beaucoup des films qui ne sont pas dans la norme hollywoodienne, qui sont quand même avec des gens un peu hors circuit. Enfin, on profite comme ça, chaque fois de coller, comme à l’actualité de notre point de vue cinématographique.
Est-ce qu’il y a une connotation politique ?
Gilliane : Oui et non. Nous, on n’est pas politique. Mais c’est vrai le but dans le ciné-club, c’est quand même de faire réfléchir les gens sur la société. On a une société , elle est ce qu’elle est, et voilà. On projette des films d’auteur qui ont aussi une réflexion sur cette société et souvent une projection plutôt de gauche.
C’est un peu l’impression que j’ai eue en consultant votre site d’ailleurs, puisque vous avez un site. C’est bien cela.
David : On ne voudrait pas non plus s’enfermer, soit à gauche, soit à droite.
Gilliane : On est complètement à politique.
David : Si, il y a des gens de droite qui veulent voir nos films, ils sont les bienvenus.
Ils sont les bienvenus quand même.
Raphaël : Je crois que Gilliane l’a bien expliqué. Ce n’est pas qu’on soit forcément un ciné-club militant, mais en choisissant les films, on se rend compte que les réalisateurs parlent de ce qui les révolte peut-être. C’est des auteurs à part entière en général et le malaise de notre société se retrouve dans ces films et c’est pour cela qu’on colle à l’actualité aussi. Tout cela est lié un peu.
Gilliane : Nous, on projette des films d’auteurs. Les films d’auteurs, c’est vraiment ce monde très nuancé et pas ce monde de « Super, tout va bien des comédies hollywoodiennes ». Là, on est très lié à notre programmation. Il se trouve qu’on est aussi. Je crois qu’on est tous dans le ciné-club, on a des idées sur la société. Mais, on n’est pas politique, je tiens quand même à le dire.
Raphaël : On a vu tellement de bons films qu’on a quand même une ouverture d’esprit qui n’est pas donnée à tout le monde.
David : On essaie de toucher les gens plus par les émotions que par l’intellect.
Étant donné votre formation, c’est une démarche qui n’est pas forcément courante, parce qu’on soupçonne les universitaires de plutôt fonctionner à l’intellect qu’au cœur. Par exemple, étudiant, l’exclusion, j’ose espérer que ça sera apprécié.
Parlez nous un petit peu de la soirée spéciale.
Raphaël : La soirée spéciale du 19 décembre qui aura lieu au Chauffage compris, qui est un bar à Neuchâtel. C’est une soirée complètement à part. On ne parle plus d’exclusion, c’est tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe.
Woody Allen.
Raphaël : Sans jamais oser le demander. C’est un long métrage qui est composé de six ou sept courts métrages. L’idée c’est, en collaboration avec Feel The Food, qui est une Association qui fait des repas un peu partout, de présenter les courts métrages, chaque court métrage avec un plat qui lui correspond. Malheureusement cette soirée est déjà complète, parce que la salle n’a pas une grande capacité et les cuisiniers non plus, ne veulent pas faire à manger pour…
Pour deux cents personnes.
Raphaël : C’est un repas gastronomique, voilà.
D’accord et ça c’est dans le cadre d’une programmation spéciale qu’on retrouve d’ailleurs en été.
Raphaël : Oui en général, on a en hiver une soirée court métrage et l’été, on fait un cinéma open air qui a lieu au bord du lac, au sud de la faculté des lettres. Dans l’idéal, on essaie de faire cette projection en 16 mm et là, on retrouve la magie du cinéma avec le projecteur qui fait « tic tic tic » pendant la projection.
Et les petites banderies qui défilent sur l’écran, vu l’âge du film présenté, je suppose.
On a parlé de programmation, êtes-vous responsables de la programmation d’une journée ou d’une soirée comme celle de Chauffage compris et qu’est-ce que cela implique comme investissements ?
Gilliane : Alors en fait, on est plusieurs membres, tous ensemble on choisit la programmation générale. On apporte chacun des films qu’on a envie de voir et après il faut choisir lesquels on va projeter, à quelle date, lesquels sont trouvables sur le marché suisse 35 mm. Donc, ça c’est un travail commun et après les soirées spéciales comme celle des courts métrages, on a un membre qui s’occupe spécialement des choix des courts métrages. C’est un peu particulier ce semestre, parce que c’est Woody Allen, mais on a déjà les courts métrages. Ils sont déjà là. Il n’y a plus besoin d’aller faire des choix à droite et à gauche. Oui, un petit peu.
Raphaël : Il y aura quelques surprises. En plus de Woody Allen, il y aura quelques autres courts métrages sur le même thème.
On ne le dira pas.
Gilliane : Ce n’est plus trois heures de courts métrages à chercher. Maintenant, c’est quelques-uns. On va dire une dizaine de courts métrages surprise. Donc là, c’est moins de travail quand même. Autrement, on a vraiment un membre qui s’occupe de la soirée courts métrages et la soirée spéciale aux Jeunes Rives, par la force des choses, c’est moi qui m’occupe car c’est moi qui a le contact. De nouveau, un membre, moi, qui ne fait que ça, prendre les contacts, voir quand la personne peut arriver et le reste suit son cours normalement.
David, vous nous avez contacté. Je crois que c’est vous qui nous avez contacté. J’ai lu le mail et c’est moi qui ai répondu d’ailleurs. J’espère que ça allait. Dans la communication, il y a beaucoup à faire pour vous, est-ce que vous êtes bien reçus partout ?
David : Moi, c’est un petit peu une première, parce que nous, on a un attaché de presse, on peut dire ça comme cela, qui s’occupe de la publicité en général. Et là, pour ce petit sujet, c’est moi qui m’en suis occupé. Ce n’est pas mon rôle général au sein d’Halluciné.
Et puis comme vous le disiez Raphaël tout à l’heure, pas toujours facile d’accéder aux médias.
Raphaël : Non et d’avoir une information qui soit relayée juste dans les médias locaux. En général, ils se trompent de date, de salle. Malgré le succès actuel du ciné-club, on est quand même une centaine de personnes par séance.
Votre système. On a donc cinq et huit, mais cinq pourquoi ?
Raphaël : On a un système de cartes de membres. Les étudiants, chômeurs et AVS paient dix francs pour la carte et ensuite, ils ont les entrées à 5.- frs. S’ils viennent voir six films, ils ont le septième gratuit. Pour les salariés, c’est un petit peu plus cher, c’est 15.- frs pour la carte, ensuite les entrées à 5.- frs. Et 8.- frs, c’est pour ceux qui n’ont pas la carte.
D’accord.
Raphaël : Maintenant, il y a des adultes qui paient la carte. Les salariés qui paient la carte ou qui paient 8.- frs c’est égal pour nous, mais ce que l’on aime c’est avoir leur adresse pour adresser ensuite un courrier, leur envoyer notre papier hallu, notre petit journal qui fait le programme.
Justement au niveau du public. On en parle, est-ce qu’il y a une tendance qui se dessine ou c’est vraiment tout public ?
Raphaël : Étant donné qu’on est le ciné-club de l’Université, on a un public principalement composé d’étudiants, mais il y a des cinéphiles de tous âges qui viennent aussi.
D’accord. Ce n’est pas réservé à l’élite.
Raphaël : Non, non. C’est ouvert à tout le monde.
David : Des fois, si l’on passe un film sud-américain, la communauté sud-américaine se déplace pour nous.
C’est vrai je crois qu’il est bon de préciser que vous projetez vos films en V.O.
Gilliane : Oui.
Avec sous-titrage français allemand, c’est juste.
Raphaël : Et sans entracte…
David : et sans publicité.
Et sans pop corn.
Gilliane : Mais par contre ce que l’on fait avant le film, souvent on essaie dans la mesure du possible de faire une animation pour que les gens n’aillent pas seulement au cinéma, mais communiquer avec d’autres personnes. On essaie des fois de se procurer des courts métrages qu’on passe avant, comme ça c’est aussi une autre sorte de cinéma ou on a une collaboration avec le théâtre universitaire, de nouveau d’autres acteurs culturels. Enfin, on essaye de collaborer dans la mesure du possible avec d’autres moyens d’expression que juste un film en 35 mm en long métrage.
En plus de cela, la cerise sur le gâteau, vous avez un endroit accueillant, David peut-être. On vous a peu entendu avec ces deux bavards-là. Un bar ?
David : Généralement, les séances ont lieu au cinéma Bio à Neuchâtel. Les portes ouvrent à 20 h. Le film est à 20h30 et entredeux les gens peuvent aller au bar sympa et pas cher surtout aussi. On tient aussi à ce que les choses soient très accessibles.
Est-ce qu’on peut y refaire le monde jusqu’à des heures interdites ?
David : Cela dépend. Parfois.
Raphaël : Cela dépend du film en fait.
Cela dépend du thème du film.
Raphaël : Oui. Cela dépend du film. En général, les gens crochent bien.
Ce n’est quand même pas des grandes envolées lyriques. Est-ce que c’est accessible à un exclu comme moi, par exemple ?
Gilliane : En tout cas, les films de ce cycle, tout à fait, parce que le semestre passé on a fait des films un peu durs à apprendre. C’était très critique aussi sur la société. On a essayé ce semestre de mettre des films plutôt comédies, dont « Chat noir, chat blanc » est un film très accessible pour tout le monde, malgré que ce soit un film en yougoslave sous-titrer en français. C’est une comédie, c’est drôle. La musique est bien. « Ouaga Saga », c’est une comédie. « Mar Adentro », c’est un mélodrame, donc de nouveau un genre très accessible à tout le monde. Oui, ce semestre c’est très accessible. En principe oui. On a des fois deux ou trois films un peu plus exigeants, on va dire les choses comme cela. Mais c’est bien aussi dans un ciné-club, parce que le but c’est aussi que les gens se sortent d’eux-mêmes. C’est accessible pour tout le monde, oui.
En parlant de sorties, vous êtes sortis pour venir nous rejoindre au nom finalement du thème de ce semestre, l’exclusion. Moi, j’aurais une petite question. Est-ce que l’exclusion implique la marginalité ou est-ce que la marginalité implique l’exclusion ? Vous le feriez comment, ça m’intéresse ?
David : La marginalité, c’est une exclusion qui est relativement bien vécue par les gens, j’ai l’impression.
Donc un choix.
David : Je pense aux artistes marginaux. Ils apportent quand même quelque chose à la société. Ils peuvent transmettre leurs émotions. Je pense que dans ce sens-là, c’est différent que vraiment une famille monoparentale qui doit compter chaque sou pour finir le mois.
Gilliane ?
Gilliane : Moi, je pense aussi que l’exclusion c’est un état de faits non voulu. Il est difficile de se remettre dans le circuit, tandis que la marginalité, on peut être en marge et revenir. C’est plus ondulant, on peut dire…
Peut-être plus doux ?
Gilliane : Peut-être aussi. Mais moi, je sais que j’aime bien être en marge des fois. Tandis que l’exclusion, une fois qu’on est hors circuit, il faut vraiment vouloir se remettre dedans.
Raphaël : Moi, je vois les choses un peu différemment. Je vois presque deux synonymes finalement. Les exclus, les marginaux, c’est ceux que la société n’a pas voulu, les laisser de côté. Maintenant, ceux qui ont choisis d’être marginaux sont simplement une toute petite minorité, à mon avis.
Dernière question à des universitaires. On se rend compte actuellement que le fait de posséder une licence ou un doctorat n’est pas forcément une garantie d’emploi, est-ce que vous vous attendez à être exclu, Raphaël ?
Raphaël : Personnellement, vous voulez que je réponde ?
Oui.
Raphaël : Je n’ai pas encore ma licence, mais j’ai déjà un travail. Pour l’instant pas, mais je vois justement en discutant avec une amie qui est éducatrice que ça peut venir du jour au lendemain. Après avoir fondé une famille par exemple ou plus tard.
Gilliane ?
Gilliane : Moi, c’est tout à fait l’inverse. J’ai fini mes études universitaires, mais je suis sans emploi depuis février 2005. Actuellement en fait, je vis de stages non rémunérés. La société actuelle accepte de nous fournir de l’emploi, mais pas de nous payer. C’est pour passer le temps, avoir de l’expérience, puisqu’il faut de l’expérience professionnelle aussi. Je suis accueillie à bras ouverts : « Ah parfait avec votre CV », mais voilà.
David ?
David : Moi, je n’ai malheureusement pas réussi à finir mes études pour des problèmes personnels et là en fait, je suis placé au Musée d’Histoire naturelle à Neuchâtel par les Services sociaux. Quelque part, l’exclusion, je la vis aussi un petit peu au quotidien. Il y a bien pire que moi comme situation.
En guise de conclusion, je serais tenté de dire : « Bienvenue au club ».
Merci.
Bienvenue au club d’Association de cinéma Halluciné. Je ne souhaite à personne d’être dans le cadre des sociaux, donc bienvenue au club en tant qu’êtres humains et joyeux camarades de combat, ça y est, on est en politique, et je vous remercie surtout d’être venus ici et merci encore pour ces places de cinéma qui seront largement et joyeusement appréciées.
Merci à David, à Gilliane et à Raphaël.
Raphaël : Merci à Télé Objectif de nous avoir accueilli.
Ok.
Interview réalisée par Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod