Visite des candidates à Miss Chine en Suisse

 

 

Xing Shen

 

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Pierre Kohler

 

J’ai à mes côtés le conseiller national, Pierre Kohler, conseiller national jurassien comme tout le monde le sait, qui a déplacé les foules aujourd’hui pour quelques jolies Chinoises qui font l’honneur de visiter ce pays.

D’abord un petit premier bilan après deux jours.

Le bilan est extraordinaire, puisqu’elles ont eu l’occasion de voir le canton du Jura pendant deux jours sous plusieurs facettes. Les paysages des Franches Montagnes, goûter à la Tête de Moine, voir les paysages jurassiens avec les chevaux et aujourd’hui, nous sommes ici à Colombier. Je dois dire, on ne fait pas ça tellement pour les Chinoises, on fait surtout cela pour présenter la Suisse romande aux Chinois, parce que nous espérons amener des touristes chinois ici en Suisse et nous espérons vendre des produits suisses en Chine.

 

Justement, vous avez envoyé deux cent cinquante lettres dans le cadre de votre mandat politique et vous n’avez eu aucune réponse. Quelle a été votre réaction ?

Alors, d’abord une réaction de déception et ensuite, je n’allais pas me laisser décourager, et aujourd’hui la preuve est là qu’il fallait faire cet événement, même s’il me coûte du temps et de l’argent. Je le fais pour la Suisse romande, je le fais pour celles et ceux qui croient en notre pays et qui ont envie de le présenter de manière positive à l’étranger.

 

Justement, vous avez déjà un pied en Chine. J’ai lu quelque part que vous y aviez passé trois mois. Quel est le fait qui ressort lorsque vous étiez en Chine ?

C’est un pays immense avec énormément de monde. Je crois que les Suisses ne sont pas conscients de la population qui est gigantesque et aussi un pays qui se développe à grande vitesse, mais où les inégalités sont aussi de plus en plus grandes avec des gens immensément riches et des gens qui sont aussi pauvres. Il y a des problèmes qui vont se poser aussi en matière d’environnement, mais ça on est en train de corriger.

 

Justement pour terminer. On parle de frilosité économique au niveau des Suisses, vous, vous foncez. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Oui, mais ça va bientôt changer. Je pense que grâce à cet événement, nous pourrons faire avancer les choses de manière plus positive.

 

Je vous remercie beaucoup Pierre.

Merci, c’est moi.

 

 

Nadine Thalmann

 

Vous êtes embarquée dans une aventure plutôt particulière, puisque vous allez côtoyer des Miss, vous-même, Miss Beauté. Vos premières impressions ?

C’est vrai que c’est une expérience pour laquelle je me suis beaucoup réjouie, puisque c’est une culture que je ne connaissais pas. C’est vrai que d’être avec ces filles, leur faire découvrir la Suisse, être ambassadrice pour elles, des produits du terroir, du pays de Fribourg et de tous les cantons ici, c’est vraiment un grand honneur et cela me fait vraiment plaisir d’être avec elles.

 

Que pensez-vous de la formule choisie, c’est-à-dire finalement leur faire vivre un quotidien que tout le monde ne connaît pas ?

Je trouve ça très bien. C’est vrai que Genève, le Jet d’eau, on l’a déjà vu partout et que finalement montrer autre chose, c’est bien. Mais j’espère que là, on va aller en ville parce que là, elles se posent vraiment des questions ; où est la population suisse ? Elles me posent tous les jours la question : « Mais, ils sont où les gens chez vous ? » Tout le monde ne vit pas comme cela. On a aussi des villes et là, on va aller en ville bientôt. On va pouvoir leur montrer comment c’est. Mais le concept m’a beaucoup plu et c’est pour cela que j’ai accepté d’être l’ambassadrice pour elles.

 

Vous allez donc partir en Chine bientôt pour la finale.

Voilà exactement.

 

Vous êtes déjà allée là-bas, vous connaissez un peu ?

Je ne suis malheureusement encore jamais allée là-bas, mais c’est vrai que je me réjouis beaucoup, beaucoup. C’est vrai qu’une carrière pourrait peut-être se profiler là-bas, on ne sait jamais. Rien que pour l’expérience, pour voir comment c’est. Il doit y avoir tellement de monde là-bas par rapport à chez nous, cela doit être vraiment hallucinant.

 

Est-ce que cela signifie que vous êtes plus citadine que campagnarde ?

Non. J’habite à la campagne et je ne pourrais pas m’en passer. Par contre, les boutiques j’aime bien. C’est en ville, donc j’y vais. Il faut les deux. Moi, il me faut les deux pour avoir un bon équilibre, je pense.

 

Je crois que c’est un aspect très féminin sur lequel je ne passerai aucun commentaire. Au niveau relation avec ces demoiselles, est-ce que vous avez pu lier des contacts un peu plus sérieux que bêtement : bonjour, au revoir, bonne nuit ?

Il y a des contacts qui se font, mais c’est vrai que c’est des gens qui sont très fermés. Ils sont assez fermés quand même et un peu froids. Ils ne s’ouvrent pas facilement, mais elles sont très chaleureuses en même temps. Elles sont vraiment adorables avec moi et je parle beaucoup avec elles, parce que je suis tout le temps avec elles. Mais je ne dirais pas que j’arrive à les connaître.

 

Vous ont-elles fait une confidence qui vous a frappée à propos de notre pays ?

Ce qui m’avait frappé, c’est qu’elles m’ont demandé : « Mais, ils sont où les gens ? » Il y en a partout, il y en a plein, tu ne les vois pas ! Je me réjouis de la rencontre parce que ça va être genre puissance quinze par rapport à ce que l’on a chez nous. C’est vrai que cela, c’est des choses qui m’ont un peu choquée. C’est vrai aussi que de les faire dormir sur la paille, c’est vraiment leur montrer la Suisse bien profonde. J’essaie toujours de bien leur expliquer que nous, on ne dort pas forcément tous les jours sur la paille quand même.

 

C’est peut-être mieux effectivement. En tout cas, on vous souhaite un bon voyage à Pékin et donnez-nous des nouvelles.

Merci.

 

Au revoir.

Au revoir.

 

 

B. Mathez (recrue)

 

Cela se passe plutôt bien. On a l’instruction comme d’habitude, c’est juste un petit peu particulier à midi, mais sinon ça continue comme une journée normale

 

Pour avoir goûté quelques cuillères de ce délicieux potage, est-ce que c’est meilleur aujourd’hui que les autres jours ?

Pour nous, c’est comme cela tous les jours.

 

Est-ce que l’on vous a peut-être enseigné quelques mots chinois, histoire de lier conversation ?

Non chinois. Je ne peux pas du tout vous parler.

 

En anglais peut-être ?

En anglais, je sais un petit peu. Mais ça s’arrête-là.

 

Donc peut-être un problème de communication, finalement ?

Peut-être.

 

Merci beaucoup.

Merci à vous.

 

 

Jacques Yuming

 

J’ai à mes côtés, M. Yuming, qui est l’un des grands organisateurs du périple des Miss Chine, les dernières concurrentes en Suisse romande. D’abord un bilan des deux premiers jours dans le Jura ?

Je trouve que c’est très très positif. On a eu l’occasion de montrer des régions qui sont un peu défavorisées vis-à-vis des touristes chinois. On parle toujours de Genève, Lausanne, des grandes villes. Mais cette fois-ci, on a l’occasion de parler des régions rurales comme le Jura. On a tellement de choses à montrer. Par exemple, hier, on a pris le train à vapeur. C’était fantastique. Cela nous a menés il y a cinquante ans en arrière. On voit que les gens vivaient et surtout aussi dans les fermes et dormir dans les pailles. C’était vraiment très original.

 

Très original.

Les Chinoises sont tellement contentes. Hier soir, on avait fait une soirée et tout le monde dansait, chantait. C’était génial. Surtout, il y a une chose que je dois quand même signaler. Avant, on a toujours dit et moi, je l’ai répété plusieurs fois que les Chinois, surtout des jeunes, aiment le fromage. Ils sont en train de changer leur goût de la cuisine. Alors, je dis : « Alors, ça c’est une chance énorme, inouïe pour nous », producteur de produits laitiers. Personne ne me croyait, mais hier, cela a été justifié. Les Chinoises, elles ont mangé, elles ont raclé des Têtes de Moine avec beaucoup d’appétit. Après, j’ai fait un sondage. Tout le monde était enchanté. Ils m’ont même dit : « Il faut prendre l’exclusivité pour les Têtes de Moine en Chine ».

 

On passe une journée aujourd’hui en compagnie de l’Armée suisse à Colombier, est-ce que vous avez déjà eu des retours de la part de ces demoiselles ou de l’entourage ?

Tout à l’heure, j’ai discuté avec quelques Miss. Elles étaient enchantées, elles ont dit qu’elles n’attendaient pas dans une caserne militaire… « au début j’ai pensé que j’ai eu peur, que c’est des sauvages, mais finalement c’est des gentils garçons ». Ils faisaient des photos. Les Miss ont dit : « C’est dommage, on avait reçu l’ordre de ne pas toucher les armes et de ne pas trop les embrasser, pas trop bousculer ». Alors, elles ont dit que c’était un peu dommage. Elles auraient bien aimé faire un peu plus de temps avec nos braves soldats suisses et surtout elles ont dit : « On était entourée, on a vraiment eu l’occasion de voir le militaire suisse avec leurs armes faire une démonstration devant nous, c’est vraiment quelque chose d’unique. » C’est inoubliable et ça prouve aussi que la Suisse… aujourd’hui on dit : « Les armes, c’est quelque chose de dangereux », mais on dit : « La Suisse est vraiment un pays où là, on peut vraiment vivre en paix. » C’est vraiment un pays où il y a plein de sécurité.

 

D’accord. Vous allez maintenant continuer, accomplir un long périple. On se rend compte qu’aujourd’hui ça demande énormément de travail, comment est-ce que vous concevez les jours qui vont suivre ? Vous risquez d’être épuisés à ce rythme-là ?

Moi, je pense oui. Il faut que l’on fasse attention. Malheureusement, ça c’est un choix. Alors, comme on a choisi de montrer la Suisse à fond à nos amis chinois, on est obligé de faire avec jusqu’au bout.

 

Donc, on ira jusqu’au bout !

Jusqu’au bout.

 

Parfait. Je vous remercie.

Merci beaucoup.

 

 

Interview réalisée par Alain Sunier

Texte retranscrit par Françoise Berthod