Le petit théâtre de Mister DAN : Le lièvre et la tortue
On se trouve en direct devant le petit théâtre de Mister DAN avec la vedette elle-même, en personne. Salut Mister DAN.
Salut Jean-Pierre, comment tu vas ?
Cela va bien, merci. Écoute, cela fait longtemps que l’on ne t’avait pas vu ici à Boudry. Est-ce que tu peux en quelques mots nous dire ce que tu viens y faire ?
Je suis en train de me poser la question. Qu’est-ce que je fais là ? Où suis-je ? Qu’entend-je ? Cours-je ? Qu’asperge ? Concombre ? Je ne sais pas ce que je fais là, moi. Oui, oui, je m’en souviens maintenant. Je viens faire un petit spectacle pour les enfants parce que c’est le dixième anniversaire de la Fondation « L’enfant c’est la vie ». Voilà ce que je fais à Boudry.
Et je crois savoir que tu aimes bien les enfants ?
Ah ! j’adore. Je suis moi-même un enfant, donc si je n’aimais pas mes copains, qu’est-ce que ce serait pas triste… ce ne serait pas drôle, je veux dire, la vie.
Et ça ne te fait pas peur de parler tout à l’heure devant ces dizaines ou ces centaines de petits enfants ?
Ne m’en parle pas. Je suis mort de trouille… J’ai un de ces stress, moi, à l’intérieur. C’est terrible. Oh lala ! Je ne sais pas comment je vais m’en sortir d’ailleurs.
Tu ne seras pas tout seul ?
Non. Avec moi, il y aura… je ne veux pas tout te dire maintenant, il faut garder la surprise ou bien je peux dire un petit peu ?
Tu peux nous dire un petit peu. On ne dira rien !
Un petit peu, bon. Il y aura Jean de La Fontaine qui va venir. Tu sais qu’il voyage en bulle spatio-temporelle.
Jean de La Fontaine ?
Mais oui. Il paraît qu’ils avaient déjà inventé le voyage dans le temps au XVIe siècle, alors il vient…
Il ne voyage pas sur un lièvre ou sur une tortue ?
Ah non. Cela c’est les fables. Cela n’a rien à voir. Non, non. Lui, il vient du XVIe siècle avec sa navette spatio-temporelle. C’est génial.
Ah, c’est un Jean de La Fontaine très moderne.
Ben oui. Même pour lui, Internet, c’est de l’antiquité, alors tu vois…
Et à part Jean de La Fontaine, qui vient avec toi, Mister DAN ?
Tu l’as déjà dit : « Il y a le lièvre et la tortue, il y a la grenouille et le bœuf, il y aura le chêne et le roseau, le loup et l’agneau et pour finir la cigale et la…
Fourmi.
Exactement. Tu connais bien tes classiques.
J’ai répété avant de venir te voir. Je savais que tu étais un spécialiste de Jean de La Fontaine.
Spécialiste, spécialiste… Je m’y suis mis il y a quelque temps tu sais. Mais je crois qu’on n’a jamais fini de les découvrir. Il y en a tellement de ces fables. C’est vraiment extraordinaire.
Il paraît que tu as des dons pour la chanson aussi ?
Des dons ! « Au clair de la lune, mon ami Pierrot… » C’est vrai que je sais chanter un petit peu, disons. Je me donne de la peine.
Fais-nous un petit essai, juste pour nous.
« Il était une fois, un petit bonhomme, qui attendait seul au bord de la route ». Voilà, c’est une chanson pour apprendre à traverser la route en fait.
C’est très pédagogique ton petit théâtre.
Oui. Parce qu’au départ, si tu veux, j’avais un tout petit frère et il était un petit peu étourdi au bord de la route. Alors, j’ai écrit cette chanson pour lui et d’ailleurs depuis lors, tu sais que la police du canton de Neuchâtel a fait un disque avec cette chanson et que toutes les maîtresses d’écoles enfantines du canton apprennent aux enfants à traverser avec cette chanson. Tu savais cela ?
Tu as des dons d’instituteur, alors.
Des dons, je ne sais pas. Mais la chanson est efficace, c’est ça qui compte.
Voilà. Je pense que c’est cela un petit peu le but. C’est pour cela que ton petit théâtre marche si bien.
Effectivement. Je crois que l’on peut faire du ludique tout en étant un petit peu, si je peux dire, éducatif. C’est ce que j’essaie de faire.
Tu cherches aussi à faire rire les enfants. Tu ne vas pas que leur donner des leçons de morale ou bien ?
Oh non. Ce serait tristounet. Non, non, leçon de morale peut-être, mais ce n’est pas moi qui les donne. Moi, je présente les choses mais d’une façon rigolote, parce que des fois je me plante, je me broute et c’est très drôle…
Comme le bon vieux de théâtre de marionnettes, tu parles avec les enfants. Ils peuvent te répondre aussi ?
Eh oui. Mais ça dépend combien il y a d’enfants, tu vois. Par exemple, si il y a quarante, cinquante, soixante enfants, des fois, il y a des petites relations qui se créent. Des enfants qui sont devant, qui me disent des choses rigolotes, alors je leur réponds, on fait des gags et c’est drôle. Mais si tu as deux ou trois cents enfants, c’est déjà plus difficile, tu comprends.
Oui, je comprends. Question indiscrète. Tu as quel âge ?
Oh là là, ça c’est très indiscret. Et toi, tu as quel âge ?
Moi, c’est vraiment indiscret de me le demander à moi. Toi, tu es nettement plus jeune que moi.
Oui. Écoute, je suis né en 99, en fait, après J.-C.
Donc, ça fait depuis 1999 que tu fais des spectacles.
Ah non. Les spectacles. Je suis né, d’abord j’étais un dessin tu vois. Mais moi-même, Mister DAN marionnette, j’existe depuis 2004. Donc, je suis tout jeune. J’ai en fait à peine deux ans.
Et avant, c’est toi qui faisais les dessins ?
Non. J’ai un copain qui s’appelle Nicolas. Il travaille au Musée d’Ethnographie à Neuchâtel, c’est lui qui faisait tous mes dessins. Il me dessinait. Il dessine super bien. C’est lui qui a fait toutes les pochettes de mes disques. Il est extraordinaire, il est extraordinaire Nicolas.
J’ai vu que Mister DAN comme www.misterdan.ch. Tu as un magnifique site Internet. J’ai vu que tu faisais de la publicité aussi.
C'est-à-dire, vu que c’est un site Internet, si tu veux, je n’ai pas de magasin. Les gens qui sont intéressés à écouter mes chansons, ils vont sur www.misterdan.ch et peuvent entendre des extraits de chaque chanson, parce que justement le disque, les fables de La Fontaine, je viens de le sortir il y a un mois à peine. Au mois d’août, il est sorti.
D’accord. Mais parmi tes talents de conteur, parmi tes talents d’instituteur, tu as fait de la publicité, tu as fait de la musique de film aussi ?
Ah oui oui. J’ai fait pas mal de trucs c’est vrai. Mais si tu veux, avant j’étais autre chose qu’une marionnette en fait. Je me suis réincarné en marionnette, si l’on peut dire.
À l’époque où tu n’étais pas une marionnette ?
À cette époque justement, je faisais de la musique de film pour plein d’entreprises. J’ai fait des films de fiction, mais ça c’est confidentiel. Il y en a eu que deux et de la publicité effectivement. Des fois, tu entends ma voix à la télévision.
Et puis sur RTN 2001.
Sur RTN 2001. Tu te rappelles, on peut dire des marques ?
Oui, oui.
On peut dire des marques, bon. Tu sais le fromage, tu aimes le fromage ?
Oui, vas-y. Fais-nous cette publicité ?
Attend. C’était Emmental. Tu sais, il y avait une petite souris qui courrait pour trouver le fromage, alors c’était : « Bienvenue dans notre grand show les yeux en face des trous et voici aujourd’hui Freddy » et il allait chercher son fromage et voilà.
Tu vas continuer d’en faire ou tu vas rester dans la peau de Mister DAN ?
Je préfère Mister DAN, c’est plus drôle, c’est plus durable disons. La pub, on t’appelle une fois, tu vas faire ta pub, tu reviens à la maison, tandis que les spectacles, c’est sympa. Il y en a toujours. Cela revient et encore, et encore.
Et comment on fait pour pouvoir te voir ?
Alors justement avec les fables de La Fontaine, peut-être que tu me verras dans les écoles parce que maintenant que j’ai fait ce spectacle si tu veux, les fables de La Fontaine s’adressent aux enfants entre 7 et 12 ans principalement. Les plus petits aiment aussi, mais le sens des fables est bien compris entre 7 et 12 ans et je m’adresse surtout aux écoles primaires. Donc, si tu connais des écoles qui cherchent des spectacles pour la fin d’année, pour Noël ou pour différentes occasions, je suis disponible.
D’accord. On ne va pas manquer d’étudier tout cela et on va te laisser à tous ces petits enfants qui t’attendent.
Ah, c’est génial. Je me réjouis.
Tu vas voir le spectacle, toi aussi.
Bien entendu. À tout bientôt Mister DAN.
Salut.
Salut. Je te serre la main.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod