Madame Françoise Bonnet-Borel : Château de Valangin

 

 

Bonjour Madame.

Bonjour.

 

Vous êtes la conservatrice ici du Château et du musée de Valangin. Vous avez décidé aujourd’hui d’organiser une journée, une soirée tout à fait spéciale, pourquoi ?

Tout simplement, c’est le dernier jour d’ouverture du Château. Le dernier jour pour 2006 et comme chaque année, je fais de toute façon, une journée portes ouvertes ce jour-là, où j’offre des visites guidées. Aujourd’hui, ça tombait un peu par hasard près de Halloween. Ce n’est pas un thème que j’avais envie de traiter, mais on avait envie d’inviter une fois plus de monde à cette dernière journée. Alors, on a décidé de faire une journée courges et de se concentrer sur les activités enfants. Voilà et en même temps comme chaque année aussi, il y a un concert qui clôt la saison du Château.

 

Pouvez-vous nous raconter un petit peu ce qui va se passer aujourd’hui pour les enfants comme pour les adultes ?

Pour les enfants, on a plusieurs ateliers. Ils peuvent par exemple tailler une courge pour se faire une bougie. Ils peuvent aussi se faire et décorer un gâteau à la courge. Ils peuvent également faire une chasse aux trésors, ça c’est pour les petits qui ne savent pas lire qui cherchent des photos et qui finissent par tomber sur le lieu du trésor dans tout le château. Et pour les un peu plus grands, il y a un petit rallye à frissons, parce qu’on les fait aller dans quelques coins un petit peu mystérieux, un petit peu effrayant. C’est un rallye au cours duquel ils doivent répondre à quelques questions, ça les fait découvrir aussi un peu le lieu.

 

À une époque où la télévision et Internet ont pris énormément d’importance, c’est difficile la vie d’une conservatrice ?

Des fois, par exemple pour terminer aujourd’hui, on a aussi la visite guidée de l’exposition temporaire, alors ça, cela s’adresse à des adultes et je dirais, autant c’est facile d’attirer des enfants et les parents sont toujours heureux de venir et de les accompagner, de voir ce qu’ils font, autant c’est difficile d’attirer des adultes sur un sujet qu’on veut un peu plus pointu, un peu plus documenté où il faut un petit peu plus réfléchir pour rentrer dedans.

Je pense que là, le créneau enfant ça marche toujours parce que c’est là qu’on aime la vie, on aime quand ça bouge, on aime quand l’enfant fait des choses ou dit des choses… Je trouve quelque fois un peu difficile oui, de mobiliser le monde des adultes.

 

Pour attirer un peu les gens, vous avez organisé aussi une exposition temporaire qui va s’achever d’un jour à l’autre ?

Voilà. C’est une exposition qui a duré en fait depuis le mois de mai qui s’appelle « D’en haut et d’en bas, regards croisés », organisée dans le cadre de Neuchàtoi, la réflexion cantonale sur l’identité, elle se penche à l’aide d’un questionnaire qu’on a fait remplir à un certain nombre de gens dans le canton de Neuchâtel. Un questionnaire qui est porté sur les sentiments que peuvent se porter respectivement les gens du Haut et les gens du Bas.

 

Et les vieux clichés du Haut et du Bas ont changé ?

Non, les vieux clichés sont assez férocement là encore, mais justement on essaie de voir – à nos yeux, ce sont de purs clichés -, dans quelle mesure ils trouvent une explication par exemple dans l’histoire ou alors s’ils sont tout à fait vrais encore aujourd’hui. On a éclairé tout cela avec un petit clin d’œil humoristique. Donc, ce sont les dessins d’Elzingre qui nous ont… Il a fait une dizaine de dessins exprès pour nous, pour l’exposition qui explique une dizaine d’aspects justement de cette question.

 

De toute façon, le Château de Valangin vous le situez dans le Haut ou dans le Bas ?

Cela, c’est la question très difficile parce qu’en fait, il devrait être dans le Haut si l’on remonte assez loin dans l’histoire puisqu’il était le chef-lieu de la Seigneurie de Valangin qui commençait ici même, à peine à trois, quatre kilomètres de Neuchâtel et qui allait jusqu’aux Brenets, La Chaux-de-Fonds, Le Locle. Cependant, je crois que dans l’imaginaire de la plupart des Neuchâtelois, Valangin fait quand même partie du Bas ou alors fait partie de rien du tout aussi, si finalement on peine à le mettre en Bas.

Ce n’est pas tout à fait comme le Val-de-Ruz parce que le reste du Val-de-Ruz est souvent approprié, si l’on peut dire comme cela, par les gens du Haut comme appartenant au Haut, alors que les gens du Bas pensent que le Val-de-Ruz appartient au Bas, mais Valangin occupe cette situation un peu frontière sans que personne l’exprime exactement de cette manière. Valangin, c’est à part !

 

Est-ce que vous avez déjà prévu une exposition temporaire pour l’année prochaine et sur quel thème ?

L’année prochaine, nous ouvrons une exposition le 1er mars sur la mode. Il faut dire que nous avons deux collections prestigieuses ici au Château qui sont à peu près méconnues parce que peu présentées, c’est la collection de textiles et la collection de dentelles. Nous ouvrons le 1er mars, une exposition, ça ressemblera à un défilé de vêtements en dentelles qui remontent aux dix-septièmes, dix-huitièmes et dix-neuvièmes siècles, et dans le reste du Château, il y aura vingt ou vingt-cinq tenues en dentelles qui relèvent de la création moderne toute récente de la mode. Ce sont des créations de dentellières neuchâteloises ou jurassiennes de toute beauté qu’on pourra voir. Il faut peut-être préciser que cette exposition-là est faite pour répondre en quelque sorte à une autre exposition qui va s’ouvrir le 23 novembre à l’Office des statistiques de Neuchâtel et qui met en scène quarante vêtements qui illustrent l’histoire de la mode depuis le début du dix-neuvième jusqu’à nos jours. Chaque vêtement étant aussi traité, interprété par un intervenant extérieur, artiste, physicien, historien. On a toutes sortes d’intervenants. Cela sera une exposition très amusante, je pense.

 

On se réjouit de venir la visiter et en attendant, on vous remercie pour votre accueil.

Merci d’être venus ici. J’espère que vous avez trouvé l’atmosphère à votre goût. On est très heureux. On trouve qu’il y a beaucoup de monde et tout marche bien. On a bien testé nos activités pour enfants. On sait qu’elles ont du succès et je crois que tout va bien.

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod