Tracteur Pulling à Cudrefin

 

 

C’est dans le village de Cudrefin que s’est déroulée la dernière manche du Championnat suisse de tracteur pulling. Plus de cents pilotes sont inscrits. Son président, Thierry Nussbaum, nous présente ce sport encore peu connu.

 

 

Alors c’est quoi le tracteur pulling ?

Le tracteur pulling est un sport qui est à l’origine d’Amérique qui consiste à tirer une charge, on peut appeler cela une « urge », une remorque frein. Il y a des catégories standard de trois à dix tonnes. Autrement, il  y a des catégories sport et super sport. Par la suite, des catégories « farm stock » aussi. Autrement, on a encore des camions pour animer, je dirais, en fin de soirée. Mais les camions ne comp tent pas dans le Championnat suisse, uniquement les tracteurs des catégories standard pourvu que le propriétaire du tracteur s’inscrive au Championnat suisse. La cotisation est de cent trente francs par année et il y a différentes manches dans toute la Suisse. Cel a part de Schaffhouse à Puplinge au bout du lac Léman, on ne dira pas Genève.

 

Donc, la compétition consiste à tirer une charge avec le tracteur sur cent mètres ?

Voilà, sur cent mètres. Une fois que l’on a atteint les cent mètres, c’est un full pull que l’on obtient. Chaque participant a deux essais et le dernier… On note la distance la plus longue parcourue. Mais après il y a un barrage, je veux dire, parce qu’il y en a qui vont faire quarante mètres, cinquante mètres ou soixante mètres. Tout le monde n’arrive pas aux cent mètres je veux dire.

 

Justement, pourquoi c’est difficile, c’est le tracteur qui tire ?

Alors, comme je vous l’ai dit, il y a des catégories de trois à dix tonnes et sport et super sport. Si je vous donne un exemple, en catégorie quatre tonnes, on va reculer le tracteur contre la luge, là et on va mettre une charge, enfin la charge est dessus. Il y a environ dix-huit tonnes à tirer. Cette charge se trouve à l’arrière de la remorque et plus on avance sur la distance, plus les contrepoids avancent et à l’avant de la remorque il y a une espèce de luge et ça diminue aussi l’adhérence, ça met du poids sur la luge, les contrepoids qui avancent et ça diminue l’adhérence du tracteur.

 

Et qu’est-ce qui fait la différence entre un bon ou un mauvais pilote ou quelles qualités il faut pour gagner ?

C’est toute une technique, le tracteur pulling. Déjà, il y a les pneus qui font beaucoup. Je veux dire, il y en a qui strient les pneus. Il faut le minimum de pneumatiques possible, donc de crampons je dirais. Autrement, il y a les poids à répartir sur le tracteur. Le but, c’est de tirer la force du tracteur au sol. Donc de mettre la meilleure adhérence tracteur au niveau… sous les roues, au sol. On peut mettre … Cela dépend tout de la longueur du tracteur. Il y en a qui doivent charger à l’avant du tracteur, il y en a qui doivent charger à l’arrière, au milieu du tracteur, ça chaque tracteur est différent je dirais.

 

Pas n’importe qui peut se lancer d’un jour à l’autre là-dedans ?

Non, non. Je dirais que pour équiper un tracteur pour le tracteur pulling, il faut compter une bonne semaine voire plus, si l’on veut faire les choses en ordre. Il y a différentes pièces, ce sont des tracteurs standard à part les sports et super sports, farm stock aussi, mais dans les standards, il y a différentes pièces à monter. Il y a un crochet à fabriquer. Il y a un règlement qui nous donne des hauteurs et des largeurs aussi, donc il y a des cotes. Autrement, il y a des patins à l’arrière des roues. On doit bloquer le relevage pour éviter que le petit tracteur arrive aux environs de huitante mètres, qu’il commence à se dresser, pour que le tracteur ne parte pas en weeling, c’est les patins qui le retiennent, je dirais.

 

La plupart des concurrents sont agriculteurs ?

La plupart sont agriculteurs ou mécaniciens sur machines agricoles ou dans ce secteur-là.

 

Extra. Je me réjouis de voir ces compétitions cet après-midi et à bientôt. Courage et bonne chance.

Merci.

 

 

Monsieur Daniel Gross, bonjour.

Bonjour.

 

Vous venez de finir aujourd’hui à Cudrefin, quatrième de la catégorie quatre tonnes. Est-ce que cela fait longtemps que vous avez cette passion pour ce sport ?

Oui, cela fait déjà plusieurs années qu’on essaie, qu’on essaie d’améliorer toujours un petit peu et on fait quelques courses par année. Je ne les fais pas toutes, parce que cela prend aussi du temps et je n’ai pas que cela à faire non plus, mais c’est un plaisir.

 

Il n’y a pas beaucoup de sports comme celui-là, qui est presque réservé exclusivement à des agriculteurs ou à des paysans ?

Non, c’est vrai. C’est l’un des loisirs spécifiques agricole. Il n’y en a pas beaucoup, c’est vrai.

 

Cela demande de travailler sur le tracteur. Je crois que cela donne du boulot. On ne vient pas comme cela avec le tracteur que vous utilisez tous les jours, ou bien ?

Non, tout à fait. Il y a des modifications à faire et au début, on croit que tout va bien aller comme on est et au fil des courses, on améliore chaque fois un petit peu autre chose et cela va toujours un peu mieux et l’on prend aussi goût à cet esprit de compétition.

 

Cela aide que vous utilisiez déjà un tracteur dans votre métier ou est-ce que c’est vraiment quelque chose de très spécial ?

Non. Je ne crois pas que cela aide tellement. C’est plus spécifique aux réglages du tracteur qu’on fait pour chaque course et la préparation qu’on y met que le fait de travailler avec le reste du temps.

 

Comment on explique ces différences, il y a des tracteurs qui arrivent à dépasser les cent mètres, d’autres ont de la peine à arriver à quarante mètres ?

Justement, c’est beaucoup le profil des pneus, s’ils sont préparés pour cela ou pas. Après la pression, le réglage sans crochet, le réglage des poids aussi. C’est un tout qui fait que cela va bien ou pas.

 

Mais le conducteur aussi, non ?

Oui. Le conducteur aussi. Il faut quand même le choix de la bonne vitesse, choisir la bonne trace aussi. Si l’on arrive dans les trous du précédent, on peut être cote même en étant tout à fait bien, je dirais. Mais le tracteur a plus d’importance que le pilote à mon avis.

 

On a vu aussi qu’il y avait une femme, y en a-t-il plus ?

Dans cette catégorie, il n’y avait qu’une femme. C’est vrai qu’on en voit très peu. Cela veut peut-être se développer un petit peu.

 

Cela reviendra l’année prochaine dans le canton de Neuchâtel ?

Oui, normalement. Il y aura toujours la manche qui se courra à Boudevilliers pour les finales, sauf erreur.

 

Merci d’avoir répondu à nos questions et peut-être que vous serez premier l’année prochaine.

Il y a encore du chemin à faire !

 

 

Fabrice Tanner

 

Vous faites aussi le tracteur, mais pas cette année ?

Non. Cette année, j’ai fait un tracteur exprès pour le pulling et je suis en train de le préparer. Je devais le faire normalement l’année passée. Ca fera un peu plus de temps que prévu de tout préparer. J’ai tout refait la mécanique, la peinture, tout. J’espère qu’il sera prêt pour 2007.

 

Mais dans quelle catégorie ?

Cinq tonnes.

 

D’accord. Comme vous n’avez pas voulu rester sans rien faire, qu’est-ce que vous avez fait comme démonstration tout à l’heure ?

Je fais des petites démonstrations avec Nogay, une petite chargeuse compacte pour animer. Là, c’est l’organisateur qui m’a demandé de venir.

 

Ce n’est pas dangereux ?

Non. On ne risque pas grand chose. Il y a toujours des petits risques, mais ce n’est pas… On est bien attaché. On a quand même un arceau de sécurité. On n’a pas grand risque de se faire mal.

 

Vous, vous n’êtes pas agriculteur ?

On a une exploitation, mais on a juste des cultures. On n’a pas de bétail. On a, à côté, une entreprise de génie civil.

 

D’accord et dans quel village déjà ?

Landeyeux. Le domaine est sur Landeyeux et nous sur Boudevilliers.

 

Merci et l’on se réjouit de vous voir l’année prochaine sur un tracteur.

Merci.

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod