Éric Graf et Daniel Cosandey : Dojo de Neuchâtel

 

 

Mesdames et Messieurs, bonjour à toutes et à tous. J’ai le plaisir aujourd’hui de recevoir deux personnes qui n’ont l’air de rien comme cela extérieurement, mais qui pourtant si vous les rencontrez un soir dans la rue, pourraient vous effrayer. C’est-à-dire, j’ai là Daniel Cosandey et Éric Graf, bonjour.

Bonjour.

 

Vous êtes ici dans une tenue plus ou moins originale, je dirais plus que moins. Comment appelle-t-on cette tenue et quel sport pratiquez-vous ?

Éric : Cela s’appelle un kimono.

 

Un kimono oui.

Éric : Cela, c’est un hakama pour pratiquer de l’aïkido.

 

Et vous, Daniel.

Chez nous, nous appelons la tenue Võ-Phuc pour pratiquer le Võ-Vietnam.

 

D’accord. On est dans le Võ-Vietnam, je suis absolument incompétent dans ce qui est arts martiaux. Est-ce que vous pourriez nous expliquer quelle est la philosophie du Võ ?

La philosophie du Võ ? C’est un art martial traditionnel du Viêtnam, mais avant cela, c’est un sport pour soi-même, pour retrouver…

 

Une certaine sérénité

Pour pratiquer un sport, pour trouver une détente avec quand même une idée de respect de soi, de maîtrise de soi et aussi une part de traditions en ce sens que nous ne faisons pas de compétitions, mais c’est vraiment des gestes qui ne sont pas que pour l’efficacité à l’état pur, mais, parce que c’est des gestes qui ont été créés il y a très longtemps, il faut respecter la forme sans pour autant comme je l’ai dit avant ne faire que de l’efficacité pure.

 

Et l’aïkido, c’est japonais si je ne me trompe pas.

Éric : Oui. L’aïkido a des origines japonaises. Je dis origine, parce que maintenant c’est pratiqué dans le monde entier mais cela a commencé au Japon. C’est un art martial. Moi, j’aime bien faire la différence entre l’art martial et le sport dans le sens où le sport est inclus dans l’art martial, mais on ne peut pas forcément dire l’opposé dans le sens où, dans un art martial, il y a en plus de l’aspect physique, il y a justement une espèce de philosophie ou des règles de comportement qu’on essaie de faire passer et d’apprendre aux gens en même temps que des mouvements qui sont physiques.

 

Vous parlez de règles de comportement. Est-ce que vous pouvez nous en citer ?

Par exemple, avant de pratiquer, on se salue toujours entre nous par respect de l’autre, par respect… On salue aussi au début du cours toujours en direction d’un mur qu’on appelle « le kamiza », cela veut dire mur d’honneur. C’est un salut qui est pour soi-même et vis-à-vis de la salle, de l’endroit, c’est aussi une prise de conscience de se dire que l’on va pratiquer quelque chose qui peut être dangereux, donc on s’applique et l’on se concentre. On est conscient du fait que ce n’est pas sans danger justement. Il y a certaines règles de précaution à suivre et des choses comme se saluer, cela permet toujours déjà de poser un peu le cadre nécessaire à une pratique sans risque, mais avec une plus grande concentration aussi.

 

Daniel, Éric parle de salle. Vous vous retrouvez dans la même salle les deux, est-ce que l’on pourrait avoir un petit historique ? Je crois que vous l’avez inaugurée il y a peu de temps.

Alors, nous avons inauguré l’année passée les dix ans du club de Võ-Vietnam, mais cela correspond aussi à une bonne collaboration de dix ans entre l’aïkido et le Võ-Vietnam. Nous avons aussi les cours dans la même salle, dans l’ancienne salle à Neuchâtel et maintenant à Serrières.

 

Vous êtes à Serrières, où précisément pour les gens qui seraient intéressés?

À Serrières, à la rue Maillefer 11D, c’est au sud en face de la gare.

 

D’accord. Cela fait dix ans que vous pratiquez. En Suisse, le Võ quand c’est que l’on a, peut-être le canton de Neuchâtel. Dans le canton de Neuchâtel, quand c’est que le Võ est apparu.

Le Võ est apparu à La Chaux-de-Fonds en 1983 fondé par un Algérien et l’on a créé plusieurs clubs et celui de Neuchâtel a été fondé en 1986. Cela fait une dizaine d’années.

 

Je crois que l’aïkido s’est implanté plus tôt ?

Dans le canton de Neuchâtel, c’est également à La Chaux-de-Fonds que cela a commencé. Je ne sais pas la date exacte, mais il y a une bonne trentaine d’années. Et à Neuchâtel, c’était d’abord à Peseux il y a vingt-cinq ans peut-être à peu près. Et c’est tôt, parce que l’aïkido est un art martial très récent. C’est l’un des derniers arts martiaux japonais à avoir été créé ici…

 

Créé…

Il a été créé par Maître Ueshiba qui était un expert dans plusieurs arts martiaux et qui a eu à un moment donné une espèce d’illumination où il s’est dit et où il a compris que l’art martial, ce n’était pas uniquement pour se défendre, mais justement c’était aussi pour réussir à se développer soi-même. Le premier profit est pour soi-même et pas forcément par rapport aux autres. Dans cette optique-là, il n’y a pas de compétitions parce que la seule qui existe, elle est avec soi-même. Ce n’est pas se comparer aux autres. En aïkido, il n’y a pas de ceinture de couleur. Il y a que la ceinture blanche. Il y a plusieurs examens, plusieurs niveaux, mais l’on ne voit pas de différence visuelle. On la voit qu’à partir de la ceinture noire où l’on commence à porter un hakama. Mais après, il y a différentes ceintures noires et l’on ne voit non plus, plus visuellement comme cela tout de suite qui est très avancé par rapport à quelqu’un d’autre.

 

Vous me disiez tout à l’heure, justement, qu’il y a un état d’esprit où les plus avancés vont, presque autant dans le Võ qu’à l’aïkido, vont vers celui qui va arriver. On essaie de créer un lien, peut-être Daniel au niveau du lien qui se crée, pourquoi est-ce que tout à coup l’avancé, pourquoi est-ce que l’on crée des couples, des paires ?

Alors là, je ne parlerais peut-être pas de couples, mais plutôt de liens en ce sens que chez nous il y a aussi effectivement des niveaux comme Eric l’a dit avant. Il y a aussi qu’une ceinture noire. Il y a deux tenues. Une pour l’élève et une pour l’enseignant. L’élève en bleu, l’enseignant en marron, mais comme on ne différencie pas les niveaux parce qu’on donne un cours ensemble et les avancés aident les débutants. À ce niveau-là, il y a un lien, un échange de la même sorte que quelqu’un qui est fort, qui ne va pas s’entraîner égoïstement que dans la force, mais il va aller faire un pas dans la direction de son partenaire qui n’est peut-être que souple. Il y a toujours une osmose qui va se créer et cela c’est pour moi un état d’esprit qui est très important dans la pratique des arts martiaux, plus particulièrement au Võ-Vietnam et je crois savoir aussi à l’aïkido.

 

Éric : Je veux rajouter que c’est des débutants qu’on apprend, qu’on apprend beaucoup parce qu’entre avancés cela devient de plus en plus facile de pratiquer dans le sens bien sûr que les avancés savent bien chuter. Ils savent faire beaucoup de techniques. On peut en faire des compliquées sans risques. Il y a moins besoin de faire attention, mais avec un débutant, il n’a pas les réflexes qu’on apprend avec l’aïkido. Par exemple, ironiquement, il n’est pas pollué par l’aïkido. Il a des réflexes qui sont les siens. Ils peuvent être naturels ou pas naturels du tout, mais en attendant il a d’autres réflexes. De cela, on apprend beaucoup parce que cela nous fait atterrir sur terre et voir ce que l’on peut faire. Qu’est-ce qui va se passer, qu’est-ce qui est, comment dire, est réaliste et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Même si on ne vise pas qu’à faire des techniques réalistes comme disait Daniel un peu avant. Il y a une partie de l’art martial qui doit fonctionner. Cela doit pouvoir être appliqué comme une technique de self-défense, mais il y a aussi une partie non négligeable qui est faite pour soigner le corps, pour l’esthétique aussi un petit peu et pour se sentir bien. Il faut des fois différencier. Il y a des fois à l’entraînement où l’on se dit : c’est un peu ésotérique presque, mais en fait, c’est parce que l’on travaille quelque chose de plus profond que simplement l’aspect physique de défense, même si cela y est aussi.

 

D’accord. Daniel, vous m’avez dit que vous aviez essentiellement des adultes, vous ?

Oui des adultes.

 

Tranches d’âges ?

Idéalement à partir de quatorze, seize ans. Mais ceci dit, j’accepte les jeunes à partir de douze ans s’ils se sentent prêts à s’investir. À partir de douze ans, on peut avoir une taille suffisante.

 

Oui et une musculature peut-être suffisante.

Une ossature aussi.

 

Et vous avez combien de monde ?

Actuellement, nous sommes vingt-cinq participants avec un bon tiers de femmes, ce qui est la preuve pour moi que c’est un art martial accessible à tout le monde en fait. Ce n’est pas un sport de brutes, ce n’est pas un sport catégorisé dans un sens ou dans un autre. C’est ouvert à tout public.

 

Vous me disiez même qu’il n’était pas nécessaire d’être un sportif d’élite pour commencer. On n’a pas besoin d’un entraînement spécifique finalement. Le fond physique se fait en pratiquant en fait.

Alors, c’est clair. Autant la forme physique, le degré de souplesse, le degré d’endurance, de précision, chacun a ses capacités, vient avec ses capacités et après le travail. Il est évident que la personne qui arrive et qui est essoufflée après deux marches d’escaliers aura certainement plus de problèmes à s’intégrer. Mais dans l’esprit où chacun fait ce qu’il peut, voire un petit peu plus avec l’objectif d’améliorations, c’est accessible à tout le monde.

 

Éric, chez vous, pas mal d’enfants ?

Oui. Nous, on a des cours spécialement pour les enfants dans le sens où là, on ne peut pas mettre les adultes avec les enfants. On voit là, le début d’un entraînement.

 

C’est quoi, un échauffement ?

C’est un échauffement, c’est moitié un échauffement, moitié un exercice de respiration et de mise en concentration si je puis dire. C’est un exercice où l’on crie pas mal et où l’on bouge assez énergiquement aussi.

 

Justement, le cri là, cela m’intrigue. Expliquez-moi le rôle du cri.

Le cri, il peut être utilisé dans différentes situations. Cela s’appelle un kiai en japonais. C’est un cri, mais c’est un cri qui ne se fait pas au niveau de la gorge. Il doit sortir du centre au niveau du ventre, du centre du corps et il est poussé dehors par l’énergie du ventre plutôt, si je puis dire. Il y a une force qui se dégage du corps subitement qui peut devenir justement assez impressionnante. Il faut faire attention quand même, mais cela c’est le kiai.

 

En gros, quelle est la proportion de femmes et de jeunes filles chez vous. Est-ce que l’on retrouve un petit peu le 30% de Daniel ?

On est aussi à peu près au tiers. Lui disait un bon tiers, nous c’est plutôt un petit tiers.

 

Un petit tiers. Chez vous, le cri aussi Võ-Vietnamien ?

Chez nous, non. Pas de cri. C’est vrai, j’entends Éric, le cri est effectivement une forme de manifestation d’une intensité de l’intention beaucoup plus forte. Chez nous, pas de cri pour la simple raison que c’est traditionnellement pas au Vietnam que cela vient le kiai, mais du Japon. C’est vraiment un art, le cri, je pense.

 

D’accord. On vit actuellement des moments difficiles. Les instituteurs en particulier, car il y a une violence qui se développe dans les collèges. On en voit de plus en plus. Le fait, Éric, d’enseigner des prises à des enfants, quelles sont les précautions que vous prenez ou alors on verra peut-être chez vous après. Est-ce que vous pensez que l’influence des mangas, des jeux vidéo joue un rôle ?

Il y a une influence certaine, oui. D’ailleurs, rien que d’entendre les enfants discuter dans les vestiaires de ce qui se passe dans la cour d’école, c’est impressionnant déjà par rapport à moi. Dans la cour d’école, je ne me rappelle pas que c’était aussi violent que ce qu’ils racontent. Il y a plusieurs choses qui se passent à l’entraînement : d’une part, on leur explique que ce qu’ils apprennent est dangereux. Cela peut leur servir pour se défendre, mais ce ne serait en aucun cas pour paraître plus fort qu’un autre ou pour se glorifier par rapport aux autres. En fait, à priori, ils n’ont pas le droit d’appliquer ce qu’ils apprennent en art martial en dehors du dojo sauf si vraiment ils sont coincés. On leur apprend par exemple aussi que la meilleure défense, c’est partir en courant. Cela on leur dit toujours. Après avoir enseigné plusieurs techniques, si vous pouvez partir en courant, partez en courant. Peu importe l’ego brisé, la fierté perdue, c’est mieux que de finir en combat, parce que dans un combat il y a toujours deux perdants. Un a le nez cassé, l’autre le bras et si ce n’est pas le cas, un est blessé intérieurement et l’autre physiquement, etc. Une autre chose qui se passe à l’entraînement, c’est aussi que les enfants prennent assez vite conscience tout à coup de la différence entre la réalité et ce qu’ils voient dans les jeux, dans les jeux vidéo ou à la télé. Cela, c’est très rigolo, parce que cela se fait en une ou deux semaines. Ils comprennent qu’on ne peut pas recevoir dix poings dans la gueule et se relever au dernier moment et mettre l’autre ko. Ca ne marche pas comme cela, comme dans les films. Cela, ils comprennent assez vite. Je dirais, la grosse influence qu’on peut faire déjà en deux, trois mois n’est pas du tout physique, ce n’est pas du tout technique, c’est dans la tête qu’il y a déjà un déclic qui se fait et ils deviennent plus matures sur ce point-là. Ils comprennent assez vite ce que l’on peut faire avec son corps, ce qui demandera peut-être des années avant d’y arriver.

 

Daniel, un peu la même philosophie ? Vous me disiez tout à l’heure que si l’on peut esquiver, on esquive.

Oui, c’est vrai qu’apprendre un art martial, c’est apprendre aussi à se défendre. Ce n’est pas le but ultime et je suis d’accord avec Éric : s’il faut vraiment se défendre, il faut se défendre à cent pour cent. Mais l’idéal, c’est de ne pas arriver à une situation où il y a conflit, où il y a combat. C’est vrai aussi que des enfants qui apprennent des techniques entre guillemets dangereuses ont peut-être plus conscience de ce qu’ils peuvent faire comme mal, comme coups aux autres, ce qu’ils peuvent aussi recevoir, ce qui fait que cela les rassure, je pense. Ils ont une vue différente sur un conflit et ils acquièrent aussi une forme de maturité. Ils comprennent mieux leur corps, les coups et je pense que cela les rassure et une personne rassurée, à mon avis, ils sont moins dans le conflit.

 

Est-ce que vous avez eu des cas, Daniel, où cela a chauffé comme on le dit entre deux partenaires ?

Oui comme nous faisons régulièrement des combats contrôlés, cela est arrivé une fois en dix ans. Il y en a deux qui étaient vraiment, je n’ai pas mesuré si c’était pleine lune ou autres, mais effectivement ils étaient très très chauds et j’ai dû intervenir. C’est extrêmement rare, car il y a quand même toujours l’éthique, l’état d’esprit. On travaille en osmose avec le partenaire.

 

Et vous Éric, des situations critiques une fois ou l’autre ?

Je pense, je dirais que dans l’aïkido c’est encore plus rare que déjà le Võ-Vietnam où il y a déjà plus de coups donnés. Dans l’aïkido, il y a plus d’immobilisations, de projections, mais comme il le dit, dans le dojo, il y a, les gens sont inhibés par les règles d’étiquette justement, et le fait que l’on se salue avant de commencer, ça calme tout de suite par rapport à une injure, cela met dans un état d’esprit différent. Le dojo est fait pour cela. Le dojo, cela veut dire lieu d’éveil. On peut le traduire comme cela. Par contre dehors, une fois que l’on en sort, on quitte un peu ce lieu neutre ou ce lieu calmant.

 

Ok. On peut recommander aux parents dont les enfants ont un excès d’énergie de venir chez vous par exemple.

Je nuancerais dans le sens où souvent il y a aussi des parents qui nous envoient leur enfant parce qu’il est hyper actif ou il est hyper agressif ou hyper énergique. Il est toujours hyper quelque chose. On reçoit des cas difficiles à traiter. On peut les traiter, mais il y a une condition sine que non, c’est que l’enfant soit motivé.

 

Si je comprends bien, il s’agit aussi d’avoir des talents de psychologue dans la pratique du Võ et de l’aïkido ?

Je ne pense pas qu’il faut des talents psychologiques. En tout cas, je n’ai pas fait d’études de psychologie. Je crois qu’on peut essayer de comprendre soi-même, comprendre les autres déjà au travers d’un travail physique, un coup de poing, une parade, des choses simples et petit à petit, ce terrain neutre qu’est le dojo nous permet de connaître les autres. Je pense que c’est important d’apprendre à connaître les autres sans masque ou quasi.

 

Une bonne école de vie autant dans le Võ que dans l’aïkido, c’est ce que l’on peut dire.

L’aïkido, c’est la voie de l’harmonie, de l’union et de l’harmonie.

 

De l’union et de l’harmonie. Il y a un truc qui m’intrigue, c’est le bâton. Alors, c’est quoi cette histoire de bâton ?

Il y a différents bâtons, il y a différentes pièces de bois que l’on utilise. Il y en a un qui s’appelle le « jo », c’est un long bâton assez fin et l’on apprend à se battre avec ce bâton. On peut reproduire presque toutes les techniques que l’on fait à mains nues peuvent être reproduites avec le bâton.

 

Daniel, des accessoires dans le Võ ?

Dans le Võ, comme il est dit traditionnel vietnamien, nous utilisons le bâton court, le bâton long, la lance, la guisarme, ainsi que les armes blanches. Dans le Võ, nous enseignons plutôt, c’est peut-être moins spécifique, mais l’arme est juste le prolongement du corps, ce qui veut dire qu’il faut bien travailler la base, bien travailler le corps et ensuite seulement un prolongement. Si le prolongement se fait d’abord, il y a déséquilibre. Il faut que la base soit solide. C’est d’abord un travail de base pour débutants, puis quand on est avancé, les armes telles que bâton court, bâton long.

 

Pour les gens qui vont voir, regarder cette interview, est-ce que l’on pourrait avoir dans le Võ et dans l’aïkido, un prix d’un cours, de l’habillement ? Est-ce que c’est deux sports chers ou c’est à la portée de toutes les bourses ? Daniel, peut-être.

Alors pour le Võ, je ne sais pas. Je pense que non. Les cours coûtent entre 50 et 70 francs par mois avec un kimono, un Võ-Phuc qui coûte environ entre 80 et 100 francs.

 

D’accord ! Et vous êtes à pieds nus, donc pas de problèmes de chaussures. Pour l’aïkido, qu’est-ce qu’il en est, Éric ?

On est assez proche des prix du Võ-Vietnam. Disons, on peut dire qu’un débutant qui vient, il peut toujours commencer en training tant qu’il n’est pas sûr. Et une fois qu’il veut commencer, il peut acquérir le kimono qui coûte, il y a différents prix, mais le premier, c’est aussi entre 50 et 100 francs. Les armes, on peut aussi les acquérir à la suite et c’est aussi en dessous de 100 francs. La pratique régulière est aussi entre 60 et 80 francs par mois.

 

Vous parlez de pratique régulière, ça signifie quoi ? Deux entraînements par semaine, trois, c’est variable ? Est-ce qu’il y a un cadre fixé, Daniel ?

Je conseille toujours aux nouveaux d’en faire un maximum. Plus vite on a une base, plus vite on a du plaisir à s’entraîner. Idéalement, cela serait 80% de ce que l’on peut faire, c’est-à-dire si l’on a envie de faire dix fois par semaine, on en fait au moins huit.

 

D’accord.

Mais concrètement, on a deux soirs d’entraînement à Neuchâtel et l’on peut s’entraîner aussi les autres soirs dans les différents clubs de La Chaux-de-Fonds.

 

L’aïkido, la fréquence d’entraînements ?

Pour l’aïkido, je dirais la même chose que Daniel. Il faut essayer d’en faire le plus possible. Moi, je conseille toujours si l’on peut faire deux fois par semaine pour commencer, c’est bien dans le sens où comme cela, après deux mois, on a quelques bases qui nous permettent d’avoir du plaisir, vraiment du plaisir à l’entraînement sans être bloqué par la peur d’une chute ou des choses comme cela. Dans la pratique à Neuchâtel, il y a trois soirs par semaine. Dans l’autre école que l’on a à La Chaux-de-Fonds, il y a aussi trois soirs. Si l’on est prêt à faire la navette, on peut s’entraîner tous les jours.

 

Bien. Daniel et Éric, je vous remercie beaucoup. Les parents qui seraient intéressés par l’aïkido ou le Võ sont maintenant éclairés. À vous le kimono, à vous le bâton et pensez à vos enfants. Au revoir.

 

 

Interview réalisée par Alain Sunier

Texte retranscrit par Françoise Berthod