Géraldine Rabot : Joueuse d’orgue de Barbarie
Bonjour. Je m’appelle Géraldine Rabot. Je suis intermittente du spectacle et je chante des chansons anciennes accompagnées de mon orgue de Barbarie. La passion de l’orgue de Barbarie m’est venue par mon papa, puisqu’il aimait vraiment les orgues et m’a enrôlée dans cette profession qui est de jouer de l’orgue de Barbarie.
Il m’a transmis sa passion et c’est vrai qu’en fin de compte, j’aime beaucoup mon métier, parce que c’est un métier relationnel avant tout. C’est vraiment ce que j’aime.
« La valse brune », Georges Villard (1909)
Je chante donc des chansons, quelques exemples, d’Édith Piaf, des chansons de Charles Trenet, de Montand, parce que ces chansons, il ne faut quand même pas les oublier. Elles font partie quelque part de notre patrimoine et comme je vous l’ai dit, c’est des chansons à texte. J’ai envie quelque part qu’on ne les oublie pas et que chaque génération puisse les fredonner à un moment ou à un autre.
À la fin des concerts, souvent, il y a un échange qui vient se faire et c’est un échange de souvenirs. Ca, c’est merveilleux, parce que quelque part, ces personnes se sont des livres d’histoire ouverts. Ils vous livrent une petite partie de leur vie et c’est souvent des moments très heureux, des bons moments et c’est merveilleux de rentrer dans ce petit jardin, je dirais, dans ce petit Eden.
« Vous permettez, Monsieur », Salvatore Adamo (1963)
Durant mon spectacle, j’aime bien resitué mes chansons dans un contexte d’autrefois. J’essaie de faire revivre tous ces souvenirs au travers des publicités dans le temps qui s’appelaient les réclames, c’était les réclames. J’aime aussi faire participer les personnes âgées, parce qu’en fin de compte, mon but premier est une communication au travers de la musique. On pourrait appeler cela de la musicothérapie, quelque part.
Les réclames : « Chaussures André », « Meubles Lévitan », « Monsavon », « Martini »
Mon orgue de Barbarie n’est pas très ancien, il doit avoir une vingtaine d’années. Les orgues de Barbarie se fabriquent toujours aujourd’hui. Mon facteur d’orgue se situe sur Genève, exactement à Meyrin, c’est M. Herman, à savoir qu’il vend beaucoup d’orgues à l’étranger. C’est vrai que dans les pays lointains, tels que le Japon, les États-Unis, ils sont très friands de cette culture et de ce patrimoine qui est l’orgue de Barbarie.
Un facteur d’orgue de Barbarie, c’est une personne qui fabrique donc ces orgues. Il y a une profession qui est tout à côté, ce sont les noteurs. Les noteurs d’orgues, ce sont les personnes qui fabriquent les cartons. À savoir que pour mon orgue de Barbarie, il n’existe plus que trois noteurs en France, deux sur Paris et un sur Toulouse. Pour chaque orgue de Barbarie, moi, c’est un orgue Herman, mais il existe d’autres marques, et pour chaque orgue de Barbarie correspond des noteurs.
« Chevaliers de la Table Ronde », XXème siècle
Je joue beaucoup pour les personnes âgées. Je fais beaucoup de maisons de retraite, de EMS et ces chansons m’inspirent beaucoup puisqu’en fin de compte, elles ont du texte. Il y a moyen de les vivre et de vibrer à travers ces chansons.
« Parlez-moi d’amour », Jean Lenoir (1930)
J’aime vraiment les personnes âgées, parce qu’en fin de compte, elles émanent une certaine sagesse, un repos, je n’ai pas vraiment les mots, il y a une spontanéité aussi. C’est un peu comme les enfants quelque part. Ca plaît, ça ne plaît pas. Ils vont vous dire les choses dans leur vérité et ils ont beaucoup à donner. Je dirais qu’ils ont énormément à donner et quand cela leur fait plaisir, il n’y a pas cette manifestation par des applaudissements, par des cris de joie où quoi que ce soit, cela va être simplement un sourire ou quelque chose… une petite larme et cet instant est très fort. Et vraiment très fort et je crois que c’est la plus belle récompense qu’on puisse donner à un joueur d’orgue de Barbarie, chanteur.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod