Atelier de tissage à Perreux

 

 

Bonjour Regula, merci de nous recevoir dans cet atelier de tissage. Alors j’aimerais bien revenir un petit peu… en tout cas moi, la première fois que j’ai visité cet atelier, j’ai été très impressionnée par tous ces… comment on appelle cela ?

Les salariés.

 

Les salariés, oui mais

Le métier à tisser.

 

Le métier à tisser. J’ai été impressionnée, parce que c’est vrai que maintenant, on n’en voit plus beaucoup. Tu es tisserande, tu m’as dit.

Oui.

 

Tu as fait un CFC de tisserande. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ton parcours par rapport à cela ?

J’ai commencé à travailler chez moi un petit peu. J’avais envie de faire moi-même un manteau et j’avais déjà tissé, alors je voulais tisser un manteau, une étoffe de manteau. J’ai fait cela et tout à coup, j’ai vu que je ne réussirais pas toute seule. Je devais avoir quelqu’un qui m’aide un petit peu, les grandeurs, le tissu comme il est fait pour faire vraiment un beau manteau.

 

D’accord.

Et c’est pour cela que je suis allée à l’école pour demander si je pouvais faire l’école, parce que j’avais déjà trente-cinq ans quand j’ai commençé à m’intéresser. Depuis ce moment-là, je tisse.

 

Tu as trouvé une école en Suisse.

En Suisse, c’était encore à Berne. Là, on pouvait faire trois ans et on avait le CFC. Mais, maintenant, depuis deux ans, l’école est fermée et on doit aller dans une vallée des Grisons où il y a… Münstertal, je ne sais pas si ça s’appelle comme ça. Là-bas, c’est vraiment le plus loin de Suisse que tu peux…

 

C’est la seule école.

C’est la seule école en Suisse romande et allemande.

 

Donc tout se passe en école. Il n’y a pas de maître d’apprentissage.

Non, il y a deux façons d’apprendre. Il y a l’article 41. Là, on apprend à la maison et on fait l’école au Münstertal ou on trouve une tisserande qui suit tous les trois ans à côté. Mais il y en a très peu. Il y a deux ou trois ans, il y en avait une qui faisait l’école de tisserande. Maintenant cela recommence, il y en a trois ou quatre qui suivent. Je ne sais pas si c’est le moment de dire qu’il y en a plus, on verra.

 

Tu as l’impression que cela repart un petit peu ?

J’ai l’impression, oui.

Cela existe encore jusqu’en 2011 cet apprentissage. Alors souvent quand un apprentissage s’arrête, un métier, il y a encore des gens qui courent derrière parce qu’il n’existera plus. Maintenant, on ne sait pas encore si cela va continuer d’exister.

 

Tu as encore des contacts avec l’école.

Oui. En Suisse, on se connaît toutes. On est obligé. Le tissage, c’est une maladie. Si l’on commence, on veut toujours en savoir plus.

 

On n’arrive plus à s’arrêter.

Exactement. Si on a une copine qui fait aussi cela, on peut discuter des heures, parce qu’il n’y a pas l’autre côté de la porte quelqu’un qui peut tisser.

 

Je crois qu’il faut avoir un bon système D et de la jugeote pour pouvoir travailler sur ce genre d’appareil. C’est un peu du bricolage.

Exact. Il faut avoir les mains pour cela. Ce n’est pas seulement les fils, il y a aussi le bois. Les deux ensembles, cela fait un beau tissage.

 

 

Antoine Freitag

 

Bonjour Monsieur, Myriam Tellenbach.

Moi, c’est Antoine Freitag.

 

Enchanté.

Vous voulez nous parler un petit peu de votre travail ici. Qu’est-ce que vous faites à l’atelier ?

Le tissage.

 

Expliquez-moi quelle matière vous travaillez ?

La soie. C’est mieux que le coton ou la laine. Parce que la laine ici, il y avait souvent des fils qui se cassaient ici. Ici, il y avait des fils qui se cassaient, tandis qu’avec la soie, c’est mieux.

 

Ah oui, c’est doux. C’est un matériel plus solide que la laine.

Et que le coton aussi.

 

Vous faites des bobines d’abord.

On fait des canettes comme cela pour mettre dans la navette et après on tisse. Ici, on a mis dix mètres et pour les châles verts, on a mis quinze mètres.

 

D’accord et là, vous faites aussi un châle.

Un châle oui.

 

Vous faites toujours des châles ?

Oui. Une fois on a mis quinze mètres, une fois on a mis dix mètres. Vous pressez la navette ici.

 

Cela sert à quoi de tirer le peigne.

Pour taper, pour que cela soit bien régulier, qu’il n’y ait pas de trous.

 

Alors, il faut travailler régulièrement.

Régulièrement, ça tu prends le battant. Alors, je vais vous expliquer un truc. Il y a le battant, la pédale, un rouleau.

 

Et ça, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’hélice et là, c’est le chasse-navette.

 

Vous travaillez tous les jours dans cet atelier ?

Trois fois par semaine. Le mardi matin, le mercredi matin et le jeudi matin à partir de 10 heures. Le vendredi après-midi, il y a des fois « Culture et découvertes ».

 

Quand vous travaillez avec la navette, vous avez le temps de penser à autre chose.

Des fois.

 

Cela fait longtemps que vous venez dans cet atelier.

Oui, cela fait longtemps.

 

Vous vous rappelez combien de temps ?

Une année.

 

Une année et cela vous plaît de venir trois fois par semaine travailler ici.

Oui, ça me plaît. Avant, j’étais à Prébarreau, je fendais du bois.

 

C’est un travail un peu plus minutieux ici.

 

 

Armelle Panchaud

 

Bonjour Armelle.

Bonjour Myriam.

 

Vous êtes stagiaire MSP, monitrice socio-professionnelle et vous venez faire un stage de combien de temps ici ?

J’ai commencé le 4 décembre et je reste jusqu’au 22 avril, ce qui fait cinq mois en fait.

 

C’est le premier stage à Perreux.

De tous les stages que j’ai commencés.

 

Ici en tous cas, dans l’Institution ?

À Perreux oui, c’est mon premier.

 

Quelle a été la première impression quand vous êtes arrivée dans cet atelier de tissage ?

L’atelier de tissage, c’était beaucoup de, comment je pourrais dire ça, avant je pensais que le tissage, c’était pas quelque chose de plus intéressant que cela. C’était un truc que faisaient les grands-mamans et quand je suis arrivée là et que j’ai poussé la porte et que j’ai vu toutes ces couleurs, tous ces métiers à tisser, je me suis dit : « J’ai une idée complètement fausse en fait. » C’est grâce aux couleurs en fait que cela m’a interpellée et avec le temps, Regula m’a montré différentes choses que l’on pouvait faire là comme vous le voyez. C’est vrai que je me suis rendu compte en fait que c’était énorme, le tissage. C’est quelque chose d’incroyable.

 

Vous avez travaillé quelle matière ?

Moi, je travaille avec du coton si je ne dis pas de bêtises. Oui, je travaille avec du coton et des bandes de tissus en fait. Cela peut être du tissu récupéré de vieux vêtements et l’on coupe des bandes et au lieu de tisser avec du fil de soie comme vous avez vu Antoine le faire avant, moi c’est des bouts de tissus. C’est une économie de matériel et cela donne des trucs chouettes, parce que l’on peut vraiment mélanger les différents matériaux. Vous voyez, là, j’ai de la laine, là j’ai du coton. On peut vraiment prendre plein de tissus complètement différents, même du synthétique.

 

Maintenant, après trois mois dans l’atelier de tissage, vous vous sentez à l’aise pour tout faire

Non. Je ne me sens pas à l’aise pour tout faire. J’essaie du mieux que je peux d’aider Regula, mais je ne connais rien au métier à tisser. Je sais plus ou moins tisser, vous voyez moi, j’ai deux pédales, mais suivant le métier à tisser, il y en a quatre. Il y a différentes manières de tisser et c’est vrai que moi, j’en ai exploré qu’une pour l’instant et j’espère que dans les mois qui vont venir, je saurai un petit peu mieux, mais non…

 

C’est un travail compliqué.

C’est assez compliqué. Il y a plein de parties sur un métier à tisser que je ne connais pas. Voyez là, le fil cassé. Je ne sais pas le remettre.

 

D’accord. Et le contact avec les résidents ?

Cela au début, j’avais pas mal d’appréhension. C’est vrai que c’est quand même des gens qui ont des troubles du comportement comme vous avez pu voir, Giovanni qui est assez : « J’aimerais partir, j’aimerais partir… » C’est vrai qu’au début, je ne m’attendais pas à ce que cela soit comme ça. En fait, on s’habitue à eux. On arrive à prévoir les réactions qu’ils vont avoir et, finalement, cela se passe très bien. Je suis déjà toute triste de partir. Je vais partir dans deux mois, c’est vrai.

 

Dans deux mois, donc c’est un stage de cinq mois.

Cinq mois oui.

 

Et vous allez partir de

De Perreux et je vais faire un autre stage.

 

D’accord. On vous souhaite bonne route pour la suite.

Merci.

 

 

Giovanni Galo 

 

Qu’est-ce que vous faites là ?

Des porte-clefs.

 

Vous faites des porte-clefs avec votre tissage ?

Oui.

 

Il y a trois opérations à faire sur ce métier à tisser. J’entends Regula qui dit un, deux, trois.

 

Regula : Alors, vous aimez le tissage ?

Oui, j’aime bien.

 

Regula : Alors, on continue à tisser. Oui, super. Giovanni, il peut tisser très vite quand il veut. Cela va bien. Un, qu’est-ce qui se passe maintenant ? Non, maintenant il faut changer. Voilà, maintenant c’est bon. Une, deux et trois, une, deux et trois. Maintenant, c’était trop vite. Ce n’est pas juste Giovanni. Maintenant, il y a quelque chose qui ne joue pas. Il faut enlever…

 

Cela, c’est du coton ou de la soie ?

Regula : Cela, c’est du coton. Souvent on commence à travailler avec le coton, parce que c’est très très facile.

 

 

Donc avec ton CFC de tisserande, tu es venue présenter ton projet à Perreux ?

Non. C’est le chef d’atelier, ça veut dire d’UR, il avait trouvé ces métiers dans les autres écoles qui ont fermé. Il les a apportés, il voyait que les gens aimaient tisser. Lui, il est aussi tisserand, cela veut dire qu’il a aussi fait deux ans à Lyon en dehors de La Suisse. Il ne savait même pas que l’on peut faire une école en Suisse pour tisser. Là, il a récupéré, il a tout fait pour que les métiers fonctionnent à nouveau. Il a vu qu’il n’avait pas assez de temps dans l’atelier. Alors, il a cherché une tisserande et moi, par hasard, j’ai entendu qu’il cherchait quelqu’un, alors j’ai donné mes papiers pour…

 

Tu es arrivée, l’atelier était déjà en place.

Exactement. Il était déjà là.

 

Il y avait déjà des résidents.

Oui, exactement.

 

Les deux, vous avez pu développer cet atelier pour qu’il y ait plus de monde.

Oui et maintenant, on cherche un peu des articles qu’on peut tisser pour que ça marche un peu. Moi, c’est cela que je veux essayer. Je veux essayer de trouver des tapis, des choses, pour que les gens viennent nous les commander. Un truc que j’ai essayé de développer, parce que Perreux, ils ont des moutons, on est allé voir comment ils tondent les moutons, on a lavé la laine. On l’a gardée et on aimerait bien faire de beaux tapis. C’est pour cela qu’on essaie de trouver une maison….

 

Pour promouvoir.

Exactement.

 

À part des tapis, vous avez un grand métier à tisser pour faire des tapis.

Exact. Un très grand qui fait 2,50 m. C’est presque exceptionnel. Normalement, on a 1,50 m. Là, on peut faire des plus grands de 2,50 à 5,00 m. Vraiment des grandes pièces.

 

J’ai vu sur ton exposition que tu faisais d’autres choses. Tu essayais d’avoir de l’originalité par rapport aux pièces que tu fais, à part des tapis.

Oui, tout à fait. Moi, je suis vraiment un peu dans les vêtements. Les gilets, j’aime beaucoup les gilets. Je fais différents modèles, mais je trouve aussi que pour les gens, c’est bien de savoir des simples choses, des linges, des sets, des nappes. On a par exemple une commande d’une nappe. Elle veut vraiment une certaine largeur et longueur et là, on est prêt, on peut le faire.

 

Quand vous avez travaillé sur un métier à tisser, les résidents de Perreux ont travaillé une certaine longueur, après vous coupez dedans pour faire des pièces, des coussins, des linges ou d’autres choses.

Tout à fait.

 

Cela ne se défait pas, puisque c’est des fils. Quand on coupe dedans, cela

Souvent avant de couper, on le scotche.

 

Ah, d’accord !

On a un scotch comme les peintres. On a le même scotch, on le met sur le tissu et cela colle. Et après, on peut l’enlever facilement. Il ne faut pas laver.

 

Les résidents qui viennent travailler ici régulièrement, ils arrivent à rester des heures derrière leur métier ?

Oui. Je crois, il faut trouver… Moi, j’essaie de trouver pour chacun un travail qu’il aime. Cela veut dire, il peut premièrement choisir un petit peu les couleurs. Cette dame-là, elle a des couleurs vraiment très spéciales, jaune, rouge, très vives. Mais c’est ses couleurs. Quand je suis rentrée dans sa chambre, elle avait vraiment ces couleurs, les coussins, les tapis. C’était que ces couleurs. Il y a vraiment des trucs qu’il faut trouver. Il faut trouver les choses qu’ils aiment, parce que…

 

Qui les motivent.

Comme Armelle, ces gens sont beaucoup plus sensibles aux couleurs. Quand ils n’ont pas de couleurs, ils ne se sentent pas bien. Quand ils prennent les couleurs, cela leur fait vivre l’âme. Là, il y a vraiment un truc qu’il faut trouver un petit peu et le deuxième, trouver l’objet qu’ils aiment bien faire. Si je prends Antoine, il aime faire que des châles. Je ne sais pas si je peux une fois le faire changer d’idée pour un tapis, je ne sais pas. Peut-être, j’essaie une fois mais là, il est vraiment dans les châles. Il aime beaucoup l’objet. Il faut pour chacun trouver un peu son objet. Cette dame-là, par exemple, elle a beaucoup de problèmes pour dormir. Moi, j’avais l’idée de faire des coussins, parce que comme cela elle peut poser sa tête sur des coussins. Pour chacun…

 

Qu’elle a faits.

Il faut trouver l’objet qu’il aime. On va voir si cela donne pour tout le monde quelque chose.

 

Pour l’instant, vous vendez vos objets de quelle manière ?

On avait fait une porte ouverte, trois jours. On a ouvert pour les gens de Perreux, parce qu’il y a pas mal de gens qui travaillent là, qui veulent aussi changer un peu d’idée.

 

Une vente interne.

On a fait un marché à Cortaillod pour les artisanales.

 

Les résidents ont pu participer ?

Ils pouvaient participer, mais ils n’avaient pas envie. Là, dans l’atelier, ils se sentent bien. C’est l’atmosphère qui leur convient, parce qu’ils peuvent montrer les métiers. Sur un marché, ça leur manque. Ils sont comme vides.

 

Démunis.

Oui. On avait une porte ouverte pour tout Perreux et là, l’atelier était aussi ouvert. Là, on fait vraiment de la pub pour tout le monde. On essaie vraiment de nous sortir pour que les gens viennent nous rencontrer.

 

Comme cela, ils peuvent choisir ce qu’ils ont envie de faire, avec quelles couleurs.

Exact. C’est cela le but, parce que l’on aime quand même travailler pour savoir pourquoi l’on travaille. Là, il faut se faire connaître.

 

Les résidents, ils ont quoi comme réaction quand on leur achète un objet ?

Ils sont très très fiers. Un avait déjà dit, il faisait un tapis, et c’était sa première pièce qui n’était pas vraiment tout à fait correcte. Il disait tout de suite : « Ah non, je fais du travail que personne ne veut acheter. » Cela a été pour lui un peu un problème qu’il ait fait quelque chose qui n’intéresse personne. Là, je vois que maintenant on a vendu un tapis pour quelqu’un et il voit le produit et d’autres gens sont intéressés. Maintenant, il est gai…

 

C’est une source de motivations aussi.

Très fort.

 

Qu’on s’intéresse à ce qu’ils font.

Le truc, c’est aussi l’armure qu’ils font, comme ils tissent. Ils tissent très simplement avec deux pédales. C’est une largeur de travail que vous voyez avec les yeux. Tout va bien. Ils ont l’idée qu’ils sont capables de travailler avec une machine. C’est déjà cela qui leur donne la fierté.

 

Ou l’envie de continuer.

Oui, tout à fait.

 

C’est quoi les projets d’avenir ?

Le projet sûrement d’avenir, c’est comme je le disais, avec la laine. Moi, j’aimerais bien parce qu’il y a partout pas assez d’argent, alors j’aimerais trouver un peu une solution avec les matériaux recycling ou ce qu’il y a déjà là. Une chose que j’aime beaucoup, c’est la laine. J’aimerais bien que l’on trouve une carde, parce que l’on peut louer maintenant une carde pour filer. C’est tout des choses qu’il faut trouver. On cherche. On doit peut-être acheter une machine à carder pour que l’on puisse vraiment l’utiliser…

 

Votre propre laine.

Exactement.

 

Ce serait 100% Perreux.

Exactement. Moi, je trouve que c’est vraiment bien. C’est une direction où l’on peut travailler.

 

Quand on est autonome.

Exact.

 

On n’a pas à attendre des fournisseurs. Je crois savoir qu’on travaille aussi sur les métiers à tisser avec du matériel recyclé, de la laine, du coton, etc. et j’ai entendu parler qu’en Afrique, les femmes tissent les cornets en plastic qui s’envolent dans la rue.

Oui, tout à fait. C’est même venu à Paris pour faire la mode des vêtements.

Là, j’ai quelque chose qu’on a essayé de faire. On a coupé les sacs en plastique.

 

C’est fait qu’avec des sacs en plastique.

Tout à fait et cela donne des bons sets. C’est un essai. On voulait voir comment cela se travaille et maintenant on veut couper pour un résident pour qu’il puisse essayer dans sa chambre pour sa machine à café.

 

C’est vrai, c’est plus facile à nettoyer.

Exactement.

 

C’est plus hygiénique.

Oui. C’est pour cela que des sets ça serait bien. Des sacs à commissions parce que là…

 

Cela se nettoie. Vous faites des tests aussi.

Oui. Il faut tout essayer.

 

Regula, je te remercie beaucoup de nous avoir accordé un moment pour nous recevoir et je vous souhaite tout de bon pour la suite.

Merci beaucoup. C’était sympa.

 

 

Interview réalisée par Myriam Tellenbach

Texte retranscrit par Françoise Berthod