Maison des Jeunes de Bevaix : Breakdance

 

 

Patric

 

Laetitia : Cela fait combien de temps que la Maison des jeunes existe ?

On a ouvert en octobre 2004. On a récupéré ici les locaux de l’ancienne école enfantine. Tout le travail était de remettre les locaux en état pour que les jeunes puissent faire des activités.

 

Cela fait combien de temps que tu es animateur ?

Depuis 2004. J’ai commencé en fait ici immédiatement. J’ai fait du service civil au Louverain. J’ai organisé des camps d’été, ensuite j’ai postulé ici et j’ai eu la chance d’être pris.

 

Donc, c’est toi qui organises tout ?

En grande partie, mais avec l’aide des jeunes et on a un comité qui est derrière nous aussi avec des politiques de la Commune, certains parents de jeunes et des jeunes aussi qui représentent l’ensemble de tous les jeunes.

 

Il y a beaucoup de jeunes qui viennent ici dans le Centre ?

Cela dépend des jours en fait. On a le vendredi soir qui est souvent très très plein. Le jeudi après-midi, un peu moins de monde parce qu’on est ouvert que de 16h30 à 19h30. Ils passent après l’école pour venir faire un baby-foot et jouer à la Playstation. Sinon, on est ouvert aussi le mercredi après-midi de 14 à 18 heures et le mercredi après-midi, il y a pas mal de jeunes aussi, entre vingt et trente, qui passent le mercredi. Et le vendredi, c’est plutôt entre trente et quarante pendant la soirée. Ce n’est pas forcément des jeunes qui sont là depuis le début à 18h jusqu’à 22h. Il y en a qui passent cinq minutes. Il y en a qui restent toute la soirée. Après, c’est à leur bon vouloir vu que l’on n’est pas un club ou quelque chose où ils sont obligés de venir. C’est vraiment à leur bon vouloir.

 

Est-ce que c’est dur de motiver les jeunes à venir ici ?

Cela dépend des activités qui sont proposées. S’il n’y a pas d’activités qui sont proposées et que l’on fait simplement de l’accueil libre, ils peuvent venir profiter du lieu, discuter entre eux ou comme cela. Il y a toujours pas mal de monde, cela dépend des périodes de l’année. Par exemple en été, on a quand même moins de monde, parce que tout le monde va à la plage, mais cela dépend vraiment des activités. Comme ce soir, le breakdance, il va y avoir beaucoup de monde. Il y a d’autres activités culturelles qui ne sont pas vraiment les plus « rassemblatrices » ou qui rassemblent le plus de jeunes.

 

Vous organisez souvent des activités ?

En fait, je propose un programme qui sort tous les deux mois avec les activités pour ces deux mois et j’essaie au maximum de suivre aussi ce que les jeunes aimeraient faire dans la mesure du possible.

 

Ils vous en proposent des activités ?

Par exemple typiquement ce soir, le concours du breakdance, c’est une idée qui vient d’eux. On est aussi allé au « Laser Game » à Villeneuve, c’est un jeu de pistolet laser et cela venait aussi d’eux.

 

Pour ce soir, comment tu vois les choses ?

En fait, on aura deux groupes. On aura les plus petits qui vont commencer, donc jusqu’à quinze ans et après c’est les plus grands, donc à partir de quinze ans qui font le relais. On a cinq petits, plus jeunes et une douzaine de plus grands qui vont participer.

 

 

Sandy

 

Laetitia : Quel effet d’être une fille par rapport aux garçons ?

Aucune différence. C’est sympa, amical.

 

Est-ce que vous pensez gagner ?

Aucune idée, parce que je suis tombée contre quelqu’un d’assez fort apparemment. On verra. Je fais cela pour m’amuser.

 

Cela fait combien de temps que vous faites cela ?

Trois ans.

 

C’est dur ?

Non, ça va. Je m’amuse, j’aime faire cela, donc ce n’est pas dur.

 

 

Paolo

 

Jean-Pierre Lambert : Ce soir, vous officiez comme membre du jury pour ce concours. Il faut soi-même être un bon breaker pour pouvoir faire cela ?

Oui, je pense qu’il faut savoir breaker pour savoir par où l’on passe, pour pouvoir juger. Il y a beaucoup d’heures d’entraînement et des figures qui ont l’air simple comme cela et finalement, il y a des mois d’entraînement derrière.

 

Comment on fait pour juger, je parle en tant que néophyte, la rapidité, le rythme. Quels sont les éléments importants ?

Il y a beaucoup de critères en fait. Dans le break, chacun a son style. On va donc déjà juger le style par rapport à l’autre. Il y a évidemment la danse, forcément tout ce qui est musicalité, c’est important. Et la fluidité de tous les mouvements. Il faut que lorsqu’on passe sur le lino, ce soit des figures propres, mais pas à l’entraînement.

 

C’est d’abord un sport ou de la danse ?

Je pense que c’est d’abord un état d’esprit et après c’est de la danse et après c’est un sport.

 

Si vous dites état d’esprit, donc philosophie. Est-ce qu’il y a un côté éducatif finalement dans les règles ?

Il peut y avoir un côté éducatif dans le sens où les plus grands forcément forment les plus jeunes. Il y a des valeurs inculquées. Il y a du respect, il y a de la volonté, parce qu’il faut. Oui, il y a plein de choses.

 

Vous parlez de respect. C’est vrai que quand on les voit là, faire les finales, ils sont un contre un. Ils se regardent, ils se provoquent. Où commence le respect, où s’arrête le respect ?

Ils commencent déjà parce qu’apparemment ils se sont quasi tous salués au début. On voit le respect parce que quand il y a des bonnes figures, des bonnes choses qui sortent, ils s’applaudissent entre eux. Il est là, le respect.

 

Cela peut arriver qu’il y ait de la provocation qui dépasse les limites du respect.

Cela peut arriver, effectivement.

 

Et là, il y a des pénalités.

Il y a des pénalités, oui. En principe, il ne devrait même pas y avoir de contacts physiques quand on danse.

 

Donc, il y a un grand respect des uns vis-à-vis des autres.

Exactement. C’est un petit peu le but de la chose, c’est de se défouler sur la danse tout simplement.

 

On a vu tout à l’heure une fille qui s’est fait éliminer assez rapidement. C’est un handicap d’être une fille dans ce sport, dans cette danse.

Non, non pas du tout. Au contraire, sauf que voilà, il y en a peut-être moins. Moi, j’ai vu des filles qui étaient très très fortes. On commence tous au début et un pas après l’autre et voilà.

 

Donc une fille peut battre des garçons. Elle ne va pas systématiquement se faire battre à tous les coups.

J’en ai vu beaucoup battre des garçons. Non, non, elle ne va pas se faire battre, croyez-moi. Une fille a bien sa place là.

 

Contrairement à ce qui se dit peut-être, est-ce que c’est vrai ou est-ce un mythe, c’est un monde de machos ?

Est-ce que l’on n’est pas tous dans un monde de machos déjà à la base ?

 

Mais chez les breakers, particulièrement ou pas ?

Non, je ne pense pas. Franchement, je ne pense pas. Je pense que, je ne sais pas si vous avez interviewé la demoiselle, à mon avis, elle est bien soutenue et à mon avis, il n’y a pas de différence.

 

Ok. Bonne continuation et bonne fin de soirée.

Merci, pareillement.

 

 

Tom Pouce et Valdez

 

Jean-Pierre Lambert :Vous vous retrouvez là tous les deux en finale. Vous vous connaissez déjà ou c’est la première fois que vous vous rencontrez ce soir ?

On s’est déjà vu. On a déjà dansé une fois ensemble, mais sans plus.

Moi, je le connais de réputation et c’est vrai qu’on a déjà eu l’occasion de danser ensemble. Cela fait extrêmement plaisir.

 

Première fois que vous vous retrouvez en finale tous les deux.

Oui. Cela oui.

Exactement.

 

D’après toi, ton pronostic ?

Moi, je ne sais pas. Mais ce qui est bien, c’est qu’on est dans le même trip de mouvements. On fait un peu le même genre de mouvements. Cela, c’est bien. Ce n’est pas comme si tu tombais contre quelqu’un qui fait quelque chose de complètement différent et ça c’est super dur à juger. C’est cool.

 

Tu n’as pas de favori ?

Pas encore.

 

Et toi ?

Pas de pronostic non plus. Cela dépend de la condition physique, de la pêche, du peuple qui répond ou pas. On verra. On se laisse souvent porter par les gens qui crient dans la salle. Si ça crie, cela va mieux.

 

S’il y a des encouragements, vous faites quoi, vous prenez plus de risques ?

Non. Jamais plus de risques. Cela ne sert à rien de se faire mal surtout pour un enjeu qui, pour moi en tout cas, c’est du pur plaisir ici. Je viens ici pour me faire plaisir, non pas pour me briser un membre ou quoi que ce soit.

Moi, pareil. Plus ça crie, plus on a de l’énergie, plus on a de style, plus cela se ressent quand on danse, mais on ne va pas commencer à faire n’importe quoi pour se blesser. Ce n’est pas le but.

 

Mais quand même, quand tu vois ton adversaire qui fait des supers trucs, tu n’es pas tenté aussi ?

Oui bien sûr, mais il faut rester sur ses limites. Il faut faire gaffe, car c’est comme cela qu’on se blesse. C’est quand on veut faire quelque chose de toujours plus haut que ce que l’on arrive. Si l’on essaie des mouvements que l’on n’a jamais entraînés, là c’est dangereux.

 

Il y a une théorie pour tous les breakers qui s’applique, c’est : « tu essaies une fois, tu essaies deux fois, ça ne passe pas, la troisième, tu arrêtes. Tu vas te faire mal. »

 

D’accord. Je vous souhaite bonne chance à tous les deux.

Merci.

Merci.

 

 

Tom Pouce

 

Jean-Pierre Lambert : Voilà, tu l’as gagnée cette finale.

Voilà, je l’ai gagnée.

 

Tu avais l’air d’avoir mal, tu n’étais pas très décidé de faire le dernier tour.

C’est vrai, comme je l’expliquais avant, forcer pour forcer, cela n’amène rien. Moi, je m’étais fait déjà bien plaisir ici et c’est vrai que je suis venu pour voir un peu les différents mouvements, les différents gens que je n’ai jamais vus avant breaker, cela m’a fait extrêmement plaisir et je ne pensais pas que mes derniers passages étaient autant bons que cela. Merci les juges.

 

Et ton adversaire, quel hommage peux-tu lui rendre ?

Il a beaucoup plus de pêche que moi. Il était jusqu’au bout dans tous ses mouvements, tandis que moi, j’avais un petit peu plus de peine à les fignoler. Je terminais toujours un peu limite, tandis que lui, c’était vraiment du tac au tac tout du long.

 

Extra. Merci et bonne rentrée chez toi.

Merci à vous de nous avoir convié ici.

 

C’est un plaisir.

 

 

Interviews réalisées par Laetitia Sefini et Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod