Anne Vanessa Comtesse et Gil Thomas : La Compagnie des Baladins
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour. Bienvenue sur TOR, Télévision Objectif Réussir, votre télé sociale et surtout neuchâteloise, restons locaux. J’ai le plaisir de rencontrer aujourd’hui Anne Vanessa non pas Paradis mais Comtesse et Gil Thomas qui font partie de la Compagnie des Baladins de l’Abbaye de Bevaix. Il fallait le sortir.
Gil Thomas (G. T.) : Du nom total.
Peut-être me définir ou nous définir vos fonctions respectives. On va commencer avec Gil.
En fait, on est les deux directeurs de chœur. Donc, on est un petit peu les deux dans la direction musicale du chœur. Moi, au piano et Anne Vanessa plus au niveau de l’apprentissage du solfège et tout ça.
D’accord. Un rôle quand même relativement important, parce que j’ai vu que le chœur en question compte une soixantaine de membres, entre quarante et soixante, ça serait juste ?
Anne Vanessa Comtesse (A. V. C.) : Cinquante membres actifs plus exactement. Quant à moi, j’ai une fonction un petit peu moins importante, cela fait seulement depuis un seul spectacle que je m’occupe de la direction musicale. Gil est au piano et effectivement je m’occupe du chœur plus devant, en face disons, avec les bras et le rythme.
On pourrait dire « la digne fille de son père ».
Oui.
Vu que votre papa a longuement collaboré avec la Compagnie des Baladins.
C’est lui qui a été au départ, directeur de chœur et musical. Lui il faisait les deux. C’était deux en un, au piano et à la direction. Là, on s’est un peu partagé le travail.
Je crois que c’est inutile de préciser que c’est Bernard Comtesse.
G. T. : Non, on aurait pu le deviner. Mais c’est vrai, Bernard Comtesse, il fait cela depuis des années.
A. V. C. : C’est son métier quasiment.
G. T. : De reprendre cela, il faut être culotté et de le faire bien, il vaut mieux assurer.
Vous m’aviez confié tout à l’heure que vous aviez des talents d’historien, alors comment s’est créée cette compagnie ?
G. T. : Talent d’historien, non. Vécu au sein des Baladins, oui. Cela s’est créé en 1998 par le Conseil communal qui voulait faire quelque chose de spécial au mille ans de l’Abbaye de Bevaix. Il voulait faire participer des villageois de Bevaix. Un spectacle écrit par Pierre-Henri Béguin qui est aussi réputé dans le canton et après la Compagnie des Baladins a suivi, grâce à Claude Wannenmacher qui a tout pris en compte pour fonder une troupe de théâtre et qui était le premier président des Baladins.
Ok. Au début, au départ est-ce qu’il y avait autant de monde que maintenant ou c’était un petit noyau ?
G. T. : Autant pas. Disons que c’était très amateur au départ comme dans toute création à son commencement. Là à présent, on commence gentiment à être plus structuré, chacun son rôle.
D’accord. Anne, vous avez joué comme comédienne, est-ce qu’il y a un rôle qui vous a marquée plus qu’un autre ?
A. V. C. : Oui. Disons le rôle participatif en fait du dernier spectacle, ce n’est pas un rôle de théâtre mais le rôle justement de responsable de la direction du chœur, ça cela m’a énormément marquée, parce que cela n’était pas du tout prévu au départ. Mais à part cela, je n’ai joué que dans deux pièces, alors il faudra revenir un peu plus tard, quand j’en aurai fait un peu plus.
G. T. : Lequel des deux tu as préféré ?
A. V. C. : Lequel des deux ?
G. T. : Mais que dire ?
A. V. C. : Mais que dire ? Si vous étiez là et si vous avez vu cette pièce, il y avait « Le fantôme de l’apéro », c’est un petit jeu de mots avec « Le fantôme de l’opéra » évidemment. J’ai joué une barmaid qui était un peu à l’extérieur de la pièce, de l’histoire. Ce rôle-là, je l’ai bien aimé.
J’ai regardé votre site, vous avez un site, vous organisez des pièces de théâtre et, je dirais. Des comédies musicales, expliquez-nous cela ?
G. T. : C’est en fait pour avoir le plus… Les Baladins en fait, « le Millénaire », c’était justement les deux. C’était du théâtre mélangé avec des créations musicales de Bernard Comtesse et le texte écrit par Pierre-Henri Béguin. On a décidé de continuer là-dedans avec la femme à Pierre-Henri Béguin, l’ex-femme de Pierre-Henri Béguin, Pascale Béguin et c’est elle qui a commencé à faire des cabarets comme cela où il y a une histoire de théâtre un peu plus légère, mais des chants qui permettent de passer un bon moment léger. On a un metteur en scène qui aime bien les pièces un peu dramatiques, les pièces policières où le spectateur doit réfléchir, où il doit être pris dedans. Alors cela nous permet d’avoir sur l’année, une pièce où l’on est un peu détendu, où l’on prend du plaisir à venir voir légèrement ce qu’il se passe.
A. V. C. : Divertissement.
G. T. Oui divertissement. Et une pièce de théâtre où c’est plus l’intrigue policière et où l’on réfléchit.
Anne, vous vous occupez, on l’a déjà dit, de la direction. Cela fait combien de temps, vous avez travaillé combien de temps par exemple pour votre dernier spectacle « DVD cision » ?
On a commencé avec les répétitions le 9 janvier 2007 et la première était le 4 mai. Voilà, cinq mois à peu près.
Et vous avez à faire à des gens comme moi, c’est-à-dire qui ne maîtrisent pas le solfège ?
Évidemment. Tous les gens ont leur histoire bien différente, ça c’est clair. Oui d’ailleurs, c’est pour cela qu’il a fallu créer quelques partitions et c’est ce qui a fait que finalement, j’ai participé à cette direction. Mais oui effectivement, les gens sont tous, justement c’est pour cela qu’on a besoin d’un directeur, en général, il faut un peu porter la musique et le chant, amener les gens…
À bout de bras.
Pas à bout de bras, non parce que justement, vous parliez de mon père avant, il avait énormément déjà bien préparé le terrain avec eux. Ils les avaient fait énormément travailler, disons on a beaucoup travaillé aussi, mais il n’y avait plus grand chose à faire au niveau des voix, du son, disons.
On va peut-être parler un tout petit coup de votre dernière pièce qui s’est terminée, les supplémentaires étaient le 2 et 3 juin si je ne fais erreur.
G. T. : Parlons-en des « DVD cision ». C’est donc une pièce écrite par mon père, Henri Thomas et écrite en partie par moi aussi. Disons rectifiée pour que cela passe au niveau du théâtre. Il y avait plusieurs entrées qui ne correspondaient pas. Par exemple, dire le nom de la chanson avant de chanter la chanson. Il faut trouver une espèce de serpentin pour accéder aux chansons. Je dis un peu n’importe quoi en même temps ! Voilà et la direction du chœur par Anne Vanessa Comtesse et par moi-même.
A. V. C. : Sur tous les fronts. Participer à l’écriture et le piano sans lequel la pièce n’aurait pas…
N’aurait pas eu lieu. C’est difficile de… Moi, je m’imagine très mal co-écrire avec mon père. Est-ce que c’est difficile de travailler avec son père ?
G. T. : Disons que lui avait ses idées qu’il voulait. Il a écrit son texte et après je n’ai pratiquement rien écrit. J’ai réécrit sur l’ordinateur pour que cela corresponde au niveau des phrases de théâtre et tout cela. Maintenant, il a écrit tout cela en majorité tout seul.
D’accord.
Ce n’est pas compliqué et il a quand même des bonnes idées qu’on connaît ensemble. C’est des moments de rigolade que l’on a eus ensemble et qui sont entrés dans la pièce comme ça par le biais de l’écriture.
A. V. C. : Vous demandiez si c’est difficile de co-écrire avec son père, cela dépend du père d’ailleurs. En l’occurrence, parce qu’Henri Thomas, c’est quelqu’un justement de très drôle et qui aime bien rigoler. Il est très cinéphile justement, d’où le sujet de la pièce, « DVD cision »
Peut-être en parler un petit coup.
De l’histoire de la pièce.
Oui. De feue la pièce.
De feue la pièce. C’est huit jeunes qui se retrouvent chez l’un de ces jeunes justement dans son appartement pour choisir un DVD, pour regarder ensemble un DVD et justement vient le moment crucial de choisir le DVD. C’est là que la « D cision », que la « DVD cision » se fait un petit peu attendre. On reparle de chaque film, de ce que l’on peut apporter. Il y a beaucoup de films justement qui sont très connus.
Cultes.
Souvent des films cultes, oui, qui parlent beaucoup au public et qui incitent aussi à la musique, à la bande originale du film souvent ou à la musique qui a été connue et reconnue à travers ces films.
Je vous propose d’ailleurs de voir quelques extraits qui ont été pris au Plan-Jacot, puisque c’est là que vous jouiez votre dernier spectacle. On y va.
D’accord.
De retour au studio. Comme on a pu le constater, votre travail avait une certaine ampleur, c’est le moins que l’on puisse dire. Au niveau des comédiens, question que j’aimerais vous poser. Est-ce qu’il y a vraiment une classe particulière, est-ce que c’est des gens venus de tout bord ou comme dans le parti socialiste, par exemple, il n’y a plus d’ouvriers mais quasiment que des intellos ? Quels sont les gens qui composent votre troupe ?
G. T. : En fait, les cinquante membres actifs sont également cinquante comédiens amateurs. Il y a des comédiens qui ont eu plus l’habitude de jouer au théâtre durant huit ans. Il y a des nouveaux comédiens qui se testent, mais cela reste très amateur. C’est selon le ressenti du comédien lui-même. Comment il sent la pièce, comment il la dit, comment il la dirait et il la joue comme ça.
Est-ce qu’il vous arrive d’avoir des coups de gueule, Anne Vanessa ?
Oui certes. Pendant l’élaboration de cette pièce effectivement. Le coup de gueule principal, c’est que justement il y a un metteur en scène qui est là, qui est présent depuis… Il y a eu quelques problèmes justement à propos de l’interprétation du texte. On trouvait parfois justement que les comédiens étaient un peu laissés à eux-mêmes parfois. Ils avaient le texte et ils le disaient comme ils le pensaient. Il aurait fallu quelques corrections supplémentaires parfois. Voilà, on l’a dit et cela a été fait.
Donc cela signifie qu’il faut de temps à autre, pour vous aussi Gil, être directif.
Là, je pars du point du vue que l’on peut se mettre à rigoler, on peut se mettre à déconner une fois que le travail est bien fait. Pour que le travail soit bien fait, il faut qu’il soit bien dirigé d’où l’aide précieuse d’Anne Vanessa Comtesse durant cette pièce pour que cela soit vraiment bien et une fois que c’est bien, on peut se permettre de rire et de faire un peu ce que l’on veut, de jouer avec son rôle de comédien autant qu’avec le cœur. C’est vrai que pendant les répétitions, pendant les musiques, tout d’un coup on joue un chant que l’on va chanter durant le spectacle mais avec un autre rythme, avec un rythme de boogie ou n’importe quoi où une fois que l’on est sûr de ce que l’on fait, on peut…
Se laisser aller.
Absolument. À partir de ce moment, on peut se permettre de rigoler. C’est vrai que là durant cette pièce de « DVD cision »… C’est huit jeunes qui se retrouvent, donc c’est assez compliqué de se dire : « Non, écoutez, vous devez être sérieux dans votre rôle », étant donné que c’est huit copains qui se retrouvent. Alors, c’est vrai qu’il y a deux ou trois fois où ça partait vraiment entre les copains, alors que l’on était trente dans la salle. Ou cela part entre huit copains à faire des petites blagues entre eux et que le public ne comprendra pas forcément. Il faut être à mon avis bien droit dans le texte ou dans le rôle à faire pour qu’après, on puisse prendre du plaisir.
D’accord. Anne Vanessa, des retours du public, est-ce que vous en avez eus, positifs, négatifs ?
Oui. Pour cette dernière pièce, c’était extrêmement positif. La salle était pleine tous les soirs, sauf les deux premiers qui sont là, un petit peu là pour enclencher le bouche à oreilles justement qui a fonctionné incroyablement, parce que le premier dimanche était déjà plein et le lundi, pour le week-end suivant, c’était aussi déjà rempli. Cela a marché très très fort, oui.
Vous attribuez cela justement à la participation des villageois. Je pense que cela joue un rôle, non ?
Oui leur participation.
Dans le sens les acteurs viennent… cela peut générer aussi.
Oui, je comprends bien. Oui évidemment, il y a le bouche à oreilles. Étant donné qu’il y avait trente personnes qui participaient à ce spectacle-là, forcément la famille est au courant, les amis de la famille, etc. mais le public est unique. Si les amis de la famille n’ont pas apprécié, ils ne vont pas forcément le transmettre plus loin. Là, cela a vraiment été le cas. Il y en a qui sont venus plusieurs fois aussi.
Tellement ils ont apprécié…
Oui voilà. Cela avait bien marché, vraiment.
Parfait. Si l’on parlait peut-être du prochain spectacle. Je crois que vous allez faire dans le crime…
G. T. : Le prochain spectacle. On a en général dans les Baladins prévu deux années à l’avance, les spectacles que l’on va faire. Cela nous laisse le choix déjà d’avoir les droits d’auteur, de réfléchir aux comédiens ou de réfléchir à la suite. Là, la prochaine pièce est en novembre, c’est Agatha Christie. Cela s’appelle « L’ami imprévu ». Le rideau s’ouvre sur un meurtre et on ne sait pas qui c’est des sept, huit membres de la famille à avoir tué le père familial.
D’accord. Et on ne le dira pas aujourd’hui d’ailleurs.
On ne le dira pas aujourd’hui, non.
Peut-être pas.
Oh non grand Dieu non ! Peut-être fin novembre, début décembre.
A. V. C. : Ce que l’on peut peut-être dire, c’est que tu y joueras. Donc cela risque d’être assez bien !
G. T. : Oui j’y joue là en tant que comédien, le fils qui s’appelle François Varnet, qui est névrosé, qui est complètement fou… cela va être sûrement intéressant au niveau comédie.
Au niveau du travail du personnage.
Au niveau du travail du personnage, parce que c’est vrai que quand on a un rôle qui est autant fort et autant intéressant au niveau du suivi du texte et des phrases, il faut vraiment bien réfléchir, parce qu’il ne faut pas faire rire le spectateur si l’on n’a pas envie qu’il rigole. Il faut essayer de maîtriser son personnage, ne pas être complètement farfelu, mais faire peur quand même.
Un rien schizo.
Voilà. Assez dans la schizophrénie.
Anne Vanessa, quand il y a cinquante personnes qui cohabitent finalement passablement, parce que l’on sait qu’une pièce de théâtre cela se prépare longuement, est-ce que l’ambiance reste sereine, bonne, drôle, cool, qu’est-ce que vous diriez ?
Oui effectivement, cela se passe vraiment bien. Évidemment, on n’est pas toujours cinquante en même temps. On est cinquante membres actifs, mais ça se complète aussi très bien, parce qu’il y a justement les gens qui aiment bien jouer, qui aiment bien avoir un petit rôle, qui aiment bien chanter. Voilà, c’est bien réparti. L’ambiance effectivement, c’est un peu une grande famille et on s’entend très bien. On rigole aussi beaucoup et c’est très agréable de travailler avec eux.
Parfait. On se réjouit de voir cette grande famille, comme tu l’as qualifiée, sur scène au mois de novembre et on tient à vous remercier d’être venus ici nous exposer un petit peu votre vie théâtrale.
A. V. C. : Merci à vous.
G. T. : C’est avec plaisir.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bye, bye.
Interview réalisée par Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod