Les Gorges de l’Areuse
L’histoire
du cours d’eau naît, en fait, dans le vallon des Verrières et celui de
La
plus grande rivière du canton de Neuchâtel prend sa source, de type vauclusienne,
à l’ouest de St-Sulpice, en amont de l’Écomusée de
Ce
bassin, d’une surface totale de 400 km2, s’enrichit du Buttes et du Fleurier… à Fleurier, bien
évidemment. Môtiers, le chef-lieu, apporte de l’eau
au moulin avec le Bied. Couvet mêle son grain de sel
grâce au Sucre. Et puis plus rien jusqu’à Noiraigue,
si ce n’est des eaux poissonneuses déroulant leur langueur au travers des
pâturages parsemés de sonnailles et de l’apparition furtive d’une faune d’une
rare richesse. C’est au pied de
Une fois consommé leur mariage avec le Noiraigue et le Merdasson, derniers affluents d’importance, les eaux se lancent alors dans des gorges au charme sauvage et parfaitement aménagées pour les randonneurs. La furie des eaux, en particulier à la sortie de l’hiver, a d’ailleurs coûté, en janvier 1978, la vie à un bloc granitique de trente tonnes plus que centenaire. Déposé par feu le glacier du Rhône, le vénérable a succombé au long et patient travail de sape de l’érosion pour finir par s’abîmer dans le courant tourbillonnant.
Passé des gorges qui parfois semblent se toucher, la rivière reprend ses aises jusqu’à Champ-du-Moulin. Un répit de courte durée mis à profit pour celles et ceux qui désirent rejoindre Boudry, car à nouveau la pente s’accélère. Les eaux paraissent pressées de retrouver le delta de l’Areuse et la respiration envoûtante des vagues qui, sans cesse, battent les rives du lac de Neuchâtel. Avec cette dernière union, la rivière met un terme à ses frasques et à sa belle histoire, longue d’une trentaine de kilomètres.
Texte narré par Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod