M. Matthias Gerber : Les 8 heures de Lignières

 

 

Il y a soixante ans débutait la production d’un drôle d’engin à mi-chemin entre le vélo et la moto. Né de l’imagination de Maurice Goudard et Marcel Mennesson, à l’origine fabricants de chauffage, le Solex allait rapidement motoriser une bonne partie de l’Europe de l’après-guerre et par la suite devenir un véritable objet culte.

Écoutez à ce sujet, Matthias Gerber, président du comité d’organisation des 8 heures de Lignières, en Solex, bien entendu !

 

 

C’est une course en Solex qui dure de dix heures jusqu’à cinq heures le soir, sans arrêt. Les groupes peuvent changer de conducteur et cela reste un véhicule. Si le véhicule, il casse, ils peuvent en changer, si ils en ont un deuxième. Et…

 

C’est un peu l’ambiance des 24 heures du Mans de la moto, du Bol d’Or ?

Presque. Mais ici il y a seulement huit heures, il y a un tiers des 24 heures. C’est déjà assez fatiguant je trouve avec ces Solex, parce que trente à l’heure, quarante à l’heure, ça prend quand même tout d’un coup…

 

Vous êtes un passionné de vélomoteurs. Vous avez un magasin de Solex à Bienne ?

Exact. Dans la vieille ville, le Solexus, oui.

 

Le Solex avait presque disparu, il revient maintenant ?

Je crois. Il était toujours là, mais peut-être on a oublié ces vieilles choses et c’est un « remember » qui revient.

 

Il date de quoi… 1940, 1950 ?

Le Solex date, c’est sorti le premier en 1940, c’était des préséries et après en 1942, cela a donné une deuxième présérie de mille pièces. Les travailleurs de l’usine du Solex, c’était en France, ils avaient le travail de rechercher les petits défauts de ce véhicule. Après, c’était en 1946 que c’est sorti en séries jusqu’aux années 85.

 

Vous qui êtes un spécialiste du Solex, est-ce qu’il a beaucoup changé depuis 1950-1960 jusqu’à aujourd’hui ?

La mécanique, je dois dire… Sur le Solex, on peut bricoler soi-même, mais si vous achetez un scooter aujourd’hui, c’est tout plastic. Vous changez une pièce plastic, voilà c’est fait ! Et cela même dans un magasin de motos.

 

C’est difficile de les réparer aujourd’hui. C’est difficile de trouver des pièces ?

Pour les Solex, non, je trouve. Il y a des Chinois qui font une réplique du Solex, c’est « Black’n Roll ». Il y a des Français qui refont des répliques des différentes pièces. Alors, le service est garanti, je dois dire.

 

Et pour revenir à la course ici, aujourd’hui. Est-ce que c’est très sérieux, est-ce que c’est très contrôlé ou l’on peut imaginer que des passionnés maquillent un petit peu leur Solex ?

Oui, c’est plutôt pour l’amusement. C’est le plaisir de rouler, parce que comme on roule ici sur cette piste, on ne peut pas rouler sur la route avec tous ces véhicules qui circulent aujourd’hui. Trente ans en arrière, ce n’était pas la même chose. C’est plus dangereux, je trouve sur les routes d’aujourd’hui. Ici, il n’y a pas de voiture, c’est tranquille. L’un ou l’autre qui tombe, qui est tombé maintenant, mais pas de risques, c’est quand même le plaisir.

 

D’accord. Extra. Merci beaucoup M. Gerber.

Service. Merci à vous.

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod