Meeting VW spirit 2007 à Cudrefin

 

 

Thierry Dormoy

 

Racontez-nous. Cela a l’air d’être une véritable religion pour vous, les VW.

C’est vrai que, pratiquement, on peut dire que c’est une secte. Le mouvement VW est vraiment très actif. Il y a beaucoup de membres. Nous, par exemple, on a deux mille membres sur le site et vraiment, c’est vraiment une secte. Chaque personne en a, une ne suffit pas, donc plusieurs voitures. Oui, c’est vraiment… on est un peu atteints, disons.

 

Pourquoi pas Peugeot, pourquoi pas Renault ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au départ, je pense que VW a du succès par sa fiabilité. Donc, tout ce qui était Coccinelle, bus, étaient d’une fiabilité redoutable. Aujourd’hui, vous trouvez toutes les pièces, donc il est facile de restaurer une Coccinelle par exemple. Les Golf, c’est déjà un tout petit peu plus difficile, parce que les lois du marché font que la pièce de rechange est plus difficile à trouver pour une voiture des années 80 qu’une vieille Coccinelle. On a beaucoup de chance, parce qu’aux États-Unis, ils fabriquent toutes ces pièces. Aujourd’hui, vous pouvez restaurer une Coccinelle sans problème.

Le mouvement, il est né du fait qu’il y a passablement déjà de sites, de forum sur Internet. Par contre, il n’y avait aucun site qui était consacré au « air et water cooled », qui est en fait l’air cooled de toutes les anciennes Coccinelles, bus et water cooled qui est Golf et la suite.

 

Cela ne vous perturbe pas trop quand on connaît la réelle origine de la VW ?

Oui, effectivement. Je dirais la réelle origine, non, parce que Ferdinand Porsche est quelqu’un d’intéressant et qui a fait énormément de choses bien. Malheureusement, il y a eu un contexte qui était la guerre. Malheureusement, il a dû faire des choses qui, à mon avis, ne lui plaisaient pas forcément. Ma foi, c’était l’époque !

 

Mais il n’y a aucun rapport entre la passion de la VW et cette époque ?

Mais non. Sûr que non. Mais par contre, c’est vrai que les voitures d’époque sont rares, parce que durant la guerre tout a été détruit.

 

La passion se tourne assez autour de la coccinelle ou bien ?

Je dirais, elle commence autour de la Coccinelle. Pratiquement, toutes ces personnes sont venues de la Coccinelle. Aujourd’hui avec le forum, on a maintenant des gens qui viennent de la Golf et qui viennent sur la Coccinelle. C’est vrai que la Coccinelle est quand même quelque chose de mythique, donc on en voit beaucoup. Aujourd’hui, il y en a énormément. Par contre, il y a des gens qui n’ont que des Golf et qui sont présents, qui sont actifs et qui, peut-être un jour, arriveront aussi à la Coccinelle. C’est vrai qu’il n’y a pas que la Coccinelle, mais c’est vrai que c’est quand même une voiture mythique. Il y en a encore beaucoup. En Suisse, on a eu beaucoup de chance, parce qu’on en a eu énormément et il en reste encore beaucoup. Il y en a encore beaucoup qui sont restaurées. On en découvre toujours. Un ami en a découvert une la semaine passée des années 50. Cela faisait depuis 1960 qu’elle était stockée. On en trouve encore et la passion est encore présente. Il y a moyen de faire.

 

Quels intérêts finalement de faire autant de kilomètres. On est ici à Cudrefin dans le canton de Vaud, presque à la limite du canton de Berne. On voit beaucoup de plaques valaisannes, des plaques genevoises à déjà 7-8 heures du matin ?

C’est la passion. Vous verrez, cet après-midi, il y aura des Tessinois qui vont venir. Il y a des Belges qui sont venus hier. Donc effectivement, c’est la passion qui nous anime. Nous, on a une grande chance en Suisse, c’est qu’on a une bonne qualité. Les gens se déplacent pour la qualité. Les gens là, les Belges viennent chaque année parce qu’ils savent qu’ici, ils vont trouver des voitures de qualité avec une belle finition, ce qui n’est pas forcément partout la même chose. Comme nous, on est assez strict à l’entrée avec des voitures pratiquement d’origine ou peu modifiées, c’est quelque chose qui attire les gens parce qu’ils savent ce qu’ils vont venir voir et ils verront de la qualité. Cela, c’est très important !

 

Qu’y a-t-il comme genres d’échanges ? On revient pour le plaisir des yeux, si j’ai bien compris, mais est-ce qu’il y a d’autres échanges qui se font ?

Oui. En fait, la grande chose, c’est qu’effectivement il y a d’une part montrer sa voiture parce que chaque année, elle évolue ou c’est sa nouvelle voiture qu’on a restaurée. Après, c’est l’occasion également de se rencontrer, parce qu’aujourd’hui tous les dialogues se font par Internet. Il y a des personnes que l’on ne connaît que par un pseudonyme. Mais par contre là, c’est l’occasion de se rencontrer, c’est l’occasion d’échanger des idées, c’est l’occasion d’échanger des pièces et c’est l’occasion de faire des connaissances. Là, on a également des Parisiens qui sont arrivés. C’est des gens que l’on connaît que de nom et aujourd’hui, c’est l’occasion de les rencontrer, discuter avec et de partager notre passion.

 

Il y a de véritables liens d’amitié qui se créent ?

Tout à fait. Et ce qu’il faut savoir, le monde de la VW, cela fait depuis 1936 qu’ils en fabriquent, il y a une multitude de choses à savoir, à connaître. Il y a des spécialistes pour chaque marque, chaque modèle ce qui veut dire que tout le monde ne peut pas tout connaître. L’occasion de se rencontrer, c’est de développer, par exemple, une voiture que vous connaissez moins, de voir les spécificités, de voir les détails et ça, c’est très intéressant.

 

Pas besoin d’être forcément mécanicien auto pour faire partie de votre groupe ?

Non. Mais c’est vrai que cela aide grandement. Aujourd’hui dans les garages, ils ne veulent plus tellement réparer les anciennes voitures. Vous êtes pratiquement obligé de mettre la main à la pâte. La majorité des gens qui sont là s’occupent de leur voiture tout seul. Les voitures plus modernes, pas forcément, parce qu’elles sont bourrées d’électronique, ce qui veut dire que ce n’est pas évident. Mais les anciennes, pratiquement la majorité des gens qui sont ici s’en occupent ou ont des amis qui peuvent s’en occuper.

Effectivement, cette année, on a ouvert la possibilité aux Vespa de venir, parce que là aussi, c’est un monde très proche de la VW, parce que dû aux formes. De nouveau, on arrive sur la Coccinelle, ses formes toutes arrondies et tout. L’ambiance, les personnes qui ont des Vespa sont très souvent des gens qui ont également des VW. C’est pour cela que l’on s’est dit : « On va ouvrir la possibilité aux Vespa de venir ». On ne sait pas aujourd’hui si on aura beaucoup de succès avec les Vespa. Ce n’est pas le but premier non plus. Mais c’est vrai que l’on aimerait bien rassembler un petit peu ces mondes qui sont assez fréquemment ensemble.

 

Votre philosophie, est-ce qu’elle va encore plus loin ? Est-ce que par exemple au niveau de la sécurité, ce genre de choses, vous êtes sensibles à cela ?

Ce n’est peut-être pas notre souci premier, je dirais, la sécurité. Mais par contre, on y pense, puisque l’on fait justement des sorties circuits sur lesquels on apprend à maîtriser sa voiture parce qu’aujourd’hui, sur les routes, on ne peut plus rouler, ça c’est certain. On est bien bridé sur la route, ce qui veut dire que l’on fait des sorties circuits. C’est l’occasion de connaître nos voitures, d’aller aux limites, de se faire plaisir également, d’aller tellement loin qu’on se loupe. Par contre, il n’y a pas de conséquences, ce qui veut dire que sur la route, vous êtes beaucoup plus calme parce que vous connaissez vos limites, vous savez jusqu’où vous pouvez aller et vous savez que sur la route, on ne s’amuse pas. On s’amuse sur un circuit. On fait également des sorties sur la neige, sur un circuit sur neige, ce qui veut dire que là aussi, vous apprenez à maîtriser votre voiture. Au niveau sécurité, c’est peut-être la chose que l’on fait. C’est vrai que l’on ne fait pas beaucoup de prévention, mais on en est conscient et on fait attention. La majorité des gens sont trentenaires ou plus. C’est vrai que l’on a fini de faire les Fangio et voilà, on est un peu plus raisonnable…

 

 

Antony Pesansky

 

La passion VW a commencé en fait il y a un an. Je recherchais une Golf cabriolet. J’ai acheté cette Golf qui était vraiment dans un état critique. Je l’ai achetée 5'700 euros et j’ai commencé petit à petit à la retaper et c’est venu comme cela. C’est vraiment très frais. Je suis tombé sur une annonce d’une Golf cabriolet et j’ai flashé dessus et ça été le coup de foudre !

Ce qu’il y a de spécial sur une Golf, c’est surtout sa ligne qui est vraiment d’une pureté… C’est très simple, c’est épuré, c’est ce qui fait son charme. Actuellement, j’ai trois Golf. J’ai une Golf cabriolet Carman de 1988 que j’ai fini de restaurer il y a six mois et que je vais garder indéfiniment et celle-ci, la Golf GTI que j’ai finie il y a à peine deux mois et que je garderai aussi jusqu’à la fin, jusqu’au bout.

En fait à la base, la voiture était beige. Il a fallu refaire une peinture complète. Ce qui s’est passé, c’est que l’on a tout dépouillé et l’intérieur, moquette, tableau de bord, pavillon de toit. Elle était vraiment à nue. Le moteur, on a enlevé le moteur et on a fait un rouge mars, première série, de 1978, pour avoir vraiment quelque chose de très propre.

C’est vrai qu’il y a quand même un budget qui est conséquent. Il faut savoir que celle-ci, par exemple, je l’ai achetée 1'000 euros et qu’elle me revient au jour d’aujourd’hui à 12'500 euros. Il y a un delta, mais on voit le résultat. C’est sublime !

 

 

Christophe

 

Votre passion, c’est le dessin, plus précisément comment est-ce que l’on appelle ça ?

On appelle ça, le « pinstriping », ça vient de la décoration des carrioles au début du siècle et cela a été repris dans les années 50 par des sortes de hippies pour moderniser le truc et maintenant c’est redevenu à la mode.

 

Vous faites que des dessins comme on vient de voir ici ou vous faites encore d’autres styles ?

Principalement dans ce style, lettrage à l’ancienne. Tout ce qui se rapporte à la peinture, ancien style.

 

Sur des carrosseries de voitures, sur des casques aussi ?

Sur des casques aussi, oui.

 

Quels sont les supports favoris, là ?

Les vieilles voitures américaines principalement, et après, tous les objets que l’on peut trouver. Les Coccinelles sont un bon support. Tout et n’importe quoi.

 

Cela demande visiblement une habileté hors du commun, non ?

C’est beaucoup d’entraînement.

 

Vous ne devez pas être un grand buveur de café ?

Oui, entre autres.

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod