CPLN 08 : Ces foutues apparences
Christophe Aebischer, Jonathan Alves, Adrien Belgrano et Christophe Wiedmer
Le titre de notre film, c’était « Ces foutues apparences ». En fait, c’était un film que l’on a fait dans un magasin, chez Denner. C’était un vol et il y avait un Securitas et ce Securitas, il a directement repéré une personne de couleur et il l’a un peu poursuivie dans le magasin, alors qu’une personne blanche à côté était en train de voler toutes sortes d’aliments et la personne noire qui faisait tout simplement ses achats s’est faite contrôler, alors qu’elle n’avait rien voler et la personne blanche a pu s’échapper sans payer et sans se faire contrôler.
Moi, j’avais le rôle du Securitas dans ce film. Au début, on voit, comme il l’a dit avant Christophe, je remarque que la personne de couleur et je fais allusion à la personne blanche. C’est pour montrer, que voilà, on a de mauvais préjugés. Pendant tout le long, on voit que je suis la personne de couleur, je la surveille et tout. Au milieu, pendant un petit moment, on voit la personne blanche qui prend des objets et qui les met dans un sac. En fait, c’est ça l’histoire… J’ai le rôle de la sécurité !
Moi, j’étais la personne qui volait justement. Le Securitas ne fait pas du tout allusion à moi. Il m’oublie totalement ou alors il me voit, et il fait semblant de ne pas me voir et il s’occupe seulement de la personne de couleur. Moi, je me balade dans le magasin. Je fais mes achats, mes vols plutôt et je vais payer à la caisse, un coca seulement pour paraître normal et ne pas attirer l’attention et je sors sans problèmes, sans que l’on me remarque, sans rien…
C’est des cas déjà que pas mal d’amis m’ont dit. J’ai pas mal de copains de couleur et, souvent, ils se font, il faut le dire quand même, plus souvent arrêter que les gens, que les Blancs, je dirais. C’est regrettable et, souvent, on les prend aussi pour des gens qui savent moins, parce qu’on abuse sur le pouvoir que l’on a sur eux. Ils ne connaissent peut-être pas tout comment cela se passe ici. Je ne sais pas, je trouve cela triste, un peu ! Je trouve que notre clip reflète bien la réalité, à part cela…
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod