La journée du chien à Bôle
Lolita Morena
Lolita Morena, bonjour.
Bonjour.
Cela ne vous fait pas trop peur de passer à la télé, j’espère ?
Si, si, je suis morte de trouille…
D’accord. C’est un plaisir de vous voir ici à Bôle, ça c’est certain. Ce n’est pas vraiment une surprise de vous voir ici pour deux raisons, d’abord vous avez des liens avec Bôle ?
Oui. J’ai passé toute mon enfance ici, en fait jusqu’à ce que je parte à Genève, à l’Uni. Oui, j’ai des bons souvenirs ici.
Vous êtes née ici ?
Non. Je suis née en Italie. J’avais quatre ans quand je suis venue m’installer ici, à Bôle.
Vous avez fait une partie de vos écoles ici à Bôle et à Neuchâtel ?
Exactement. Bôle, Colombier, Neuchâtel.
On l’entend. Il y a une autre raison pour laquelle vous êtes ici, les chiens ?
Absolument. Moi, j’adore les animaux et, aujourd’hui, c’est la journée du chien qui est organisée chaque année et cette année, on a la chance d’avoir un temps magnifique en plus de toutes les démonstrations exceptionnelles. Voilà, je viens donner un petit coup de main.
Vous parlez d’exceptionnel. Vous êtes quand même une femme assez exceptionnelle aussi, parce que vous avez été Miss Suisse, tout le monde le sait.
Oui.
Mais rares sont quand même les Miss, nous avons eu le plaisir d’en interviewer une, il n’y a pas longtemps, qui réussissent finalement une carrière. Pourquoi ?
Je pense que ce n’est pas vrai. Il y a quand même pas mal de Miss qui réussissent et c’est aussi une envie aussi après, je pense, de continuer dans cette voie-là ou de changer de direction. Il y en a beaucoup, avec la maturité, quand elles sont élues, elles sont très jeunes, et avec la maturité, elles ont envie de faire complètement autres choses, ce qui est bien.
Avant de repartir à vos occupations, reparlons du chien. On sait que vous avez l’amour des chiens, mais pas que des chiens. Avant c’était un renard ou d’autres choses ?
Oui.
Pourquoi cet amour ? J’ai envie sans vouloir plaisanter, presque, est-ce que vous faites partie de ces gens dont on dit : « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ! »
C’est-à-dire que je pense très sincèrement que si on peut aimer les animaux et la nature, on peut aussi aimer l’être humain et que le contraire est plus difficile.
Que pensez-vous d’une journée comme celle-ci, beaucoup de monde, beaucoup d’amoureux des chiens ?
Oui, c’est la preuve. En général, les réunions où il y a beaucoup d’animaux, c’est toujours des gens sympathiques qui font aussi beaucoup pour les autres. Voilà, cela fait partie de la nature depuis la nuit des temps, l’être humain vit avec les animaux et cela doit continuer ainsi parce que c’est l’équilibre naturel.
Extra. Merci Lolita. Bonne journée.
Merci. À vous aussi. À bientôt.
Oscar Appiani
Je m’appelle Oscar Appiani. J’habite Fleurier et je suis responsable du Refuge et suis président de la Fondation neuchâteloise pour l’accueil des animaux.
On a rencontré tout à l’heure Lolita Morena, ce n’était pas vraiment une surprise de la rencontrer à Bôle et en plus, encore moins, dans une réunion avec des chiens. C’est une petite histoire avec elle. Je dirais presque une vieille histoire ?
C’est-à-dire la maman habite toujours Bôle. Elle habitait Bôle et elle passait devant le Refuge avec ses chiens. Elle avait dix-sept, dix-huit ans à ce moment-là. Dix-sept ans.
Ce qui se passe aujourd’hui à Bôle est magnifique. Vous pouvez nous en dire quelques mots aussi ?
Oui à Bôle, c’est plus facile parce que je ne suis pas tout seul. Il y a aussi les sociétés qui adhèrent, qui organisent. C’est surtout beaucoup de membres de diverses sociétés qui se donnent à fond pour présenter le travail des animaux, des chiens. Voilà.
Le chien, j’exagère peut être un petit peu, a une mauvaise cote depuis quelques mois, quelques années suite à des accidents. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire à ce sujet ?
Il y a toujours eu des accidents. J’ai cinquante ans de société cynologique et j’ai toujours connu des accidents, c’est clair. Maintenant, il y a beaucoup plus de chiens qu’avant, alors automatiquement, cela augmente les problèmes et il y a des indisciplinés. Il faudrait un peu éduquer, c’est le propriétaire qu’il faudrait éduquer en tout premier ! Mais bien sûr que le caractère de l’animal, du chien, varie de l’un à l’autre et on peut rien dire s’il arrive un pépin ou n’importe quoi. Seulement, il faut faire attention. Si on veut que l’on respecte l’animal, le chien, il faut aussi respecter, disons, les personnes qui ont peur, qui sont craintives vis-à-vis du chien.
Lorsqu’il y a des accidents finalement si je vous comprends bien, les principaux responsables, ce ne sont pas les chiens ?
Ce n’est pas le chien. Le chien participe, c’est lui qui mord. La seule chose que le propriétaire, le maître doit savoir si son chien est susceptible d’attaquer ou de mordre sans le vouloir. Il peut être craintif et un geste brusque de quelqu’un et il peut répondre avec une morsure. Donc, il faut faire attention. On doit de plus en plus contrôler son chien, d’être vraiment le compagnon. Il doit être le compagnon. On doit se comprendre, le chien et le maître.
Quand quelqu’un vient chercher un chien chez vous au Refuge, est-ce que vous faites une « enquête » entre guillemets ou est-ce que vous discutez avec les futurs propriétaires ? Qu’est-ce que vous leur dites ?
Bien sûr que l’on discute. C’est toujours la même question, mais pas toujours, on arrive bien. Des fois, on est obligé d’aller reprendre les animaux. Cela peut arriver à n’importe qui et des fois, on pense que quelqu’un n’est pas bien et c’est encore lui le meilleur. C’est très difficile et ce qui compte, c’est d’avoir des contacts régulièrement avec ceux qui prennent nos chiens. On a actuellement presque trois mille chiens placés depuis que la Fondation existe. Il y a eu des problèmes. C’est comme partout. Dans toutes les sociétés, il y a des problèmes.
Merci beaucoup Monsieur de nous avoir fait partager votre expérience.
Moi, je tiens à vous remercier d’être là aujourd’hui et à une prochaine fois.
Avec plaisir, merci.
Jean-Jacques Thiébaud
Monsieur Thiébaud, bonjour.
Bonjour.
On a le plaisir de vous rencontrer ici, à Bôle, dans le cadre de cette magnifique réunion qui réunit toutes sortes d’associations canines et vous, vous faites partie de l’une de ces associations, est-ce que vous pouvez nous en dire deux mots ?
C’est l’Association « Le Copain » qui existe depuis bientôt quinze ans. Je fais partie du comité depuis six ans. L’Association forme des chiens d’assistance pour venir en aide à des personnes handicapées à mobilité réduite.
Vous-mêmes vous avez un chien, c’est un golden retriever, je pense.
Exactement oui. Elle s’appelle Yaka. Elle a dix ans.
Cela fait déjà pas mal d’années qu’elle est avec vous. Alors, elle a été dressée justement par l’association Le Copain.
Oui cela fait huit ans que je l’ai et elle a été dressée par l’association Le Copain.
Ce ne sont pas des chiens pour non-voyants. Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence ?
Non, ce n’est pas des chiens pour non-voyants. C’est des chiens pour des personnes à mobilité réduite. C’est des chiens qui peuvent ouvrir des portes, ramasser des objets, allumer la lumière, aboyer sur demande. Le chien connaît environ une cinquantaine d’ordres.
Est-ce que les personnes à mobilité réduite ou ayant d’autres handicaps font facilement appel à votre association ?
Il y a de la demande, parce qu’en quinze ans, on a déjà donné cent quatre vingt-sept chiens en Suisse.
J’imagine que, comme pour les chiens de non-voyants, cela ne doit pas être très bon marché, la préparation de ces chiens ?
Le coût d’un chien revient à environ vingt-cinq mille francs.
Comment est-ce que l’on peut régler ce problème quand on est en chaise roulante et que l’on n’a pas forcément beaucoup de moyens ?
Le chien est donné au bénéficiaire gratuitement et on a des aides qui viennent de l’extérieur, soit des cotisations des membres, des donations ou diverses récoltes qu’on peut faire comme ici à Bôle.
Cela fait déjà pas mal d’années que vous possédez l’un de ces chiens. Dans quelles mesures, cela a changé votre vie ?
Déjà, c’est un super compagnon. C’est un ami fidèle et c’est mon confident.
Cela a vraiment changé votre vie, pas que sur le plan pratique ?
Pas sur le plan pratique seulement, sur le moral, tout ça…
Vous ne pouvez que recommander à des personnes dans votre situation ou ayant d’autres handicaps de contacter l’association.
Tout à fait, oui.
Carine Racine
Carine bonjour.
Bonjour.
Vous faites donc partie du club REDOG qui fait une démonstration ici à Bôle, est-ce que vous pouvez nous en parler un peu ?
Le groupe REDOG ici présent couvre trois cantons romands, c’est-à-dire les cantons de Vaud, Neuchâtel et Fribourg. Nous entraînons nos chiens dans le but de retrouver des personnes disparues soit dans les décombres, soit en forêt, plaine et montagne.
Dernièrement, vous avez déjà été sur des lieux de sinistres ?
Dans mon cas, non. Car j’ai commencé les entraînements avec ma chienne, malheureusement pour des problèmes de santé de ma chienne, j’ai trouvé plus sage d’arrêter les entraînements pour lui permettre d’avoir une vie encore longue et agréable et pas trop s’épuiser au travail.
Autrement, votre association est appelée sur des lieux d’avalanche, des tremblements de terre ?
Pas sur des lieux d’avalanche, car il existe les chiens d’avalanche pour cela. Par contre dans des lieux de tremblement de terre ou lorsque des personnes disparaissent dans la nature.
Vous faites des recherches pour personnes disparues en collaboration avec la police, j’imagine ?
Oui, tout à fait.
D’accord. Vous êtes également l’auteure d’un livre « Chien sauveur, je n’ai pas peur », qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?
Ce livre raconte l’histoire d’une petite fille qui a peur des chiens et qui se perd dans la forêt. Lors de sa fugue, des chiens de recherche la retrouvent. Il y a des chiens de police, également un chien de REDOG et, à la suite de cette mésaventure, cette fille cherche à comprendre un petit peu mieux ces chiens d’utilité. Elle fait sa petite enquête et on découvre plusieurs chiens d’utilité, autant les chiens d’assistance pour les personnes handicapées, les chiens guides d’aveugles, les chiens de recherche, les chiens de police… il y a énormément à savoir.
Vous avez écrit ce livre uniquement pour les enfants ou aussi pour les adultes ?
J’ai écrit ce livre pour tous les gens qui aiment les chiens, mais également pour tous les gens qui ont peur des chiens, car j’espère qu’à la suite de cette lecture, les gens auront moins peur des chiens et apprécieront leurs qualités.
C’est vrai. Cela dit, il y a quand même eu des accidents il n’y a pas longtemps avec des chiens, qu’est-ce que vous en pensez ?
Malheureusement, c’est vrai que des chiens sont mal éduqués, mal encadrés et cela a créé des accidents. J’ai été très touchée par ces annonces qui ont paru dans les journaux, suffisamment pour me dire qu’il fallait parler également des chiens utiles, des chiens bien équilibrés, bien éduqués. Il y avait aussi beaucoup à en dire, contrairement à ce que les gens peuvent penser quand ils voient ces photos de pitbulls impressionnants.
Votre expérience vous dit quoi ? Une famille qui a envie d’acquérir un chien.
Je leur souhaite beaucoup de bonheur. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’un chien demande beaucoup de temps, beaucoup de disponibilité autant d’esprit que physiquement. Il faut bien réfléchir avant d’en acheter un. Il faut qu’il soit heureux.
Et sur le choix des races ?
Sur le choix des races, c’est très personnel. Il y a tellement de races différentes. Il y a autant de races que de personnalités humaines.
Mais vous pensez que tous les chiens peuvent être appropriés pour des enfants ?
Alors non, justement. Autant il y a de races, autant il y a de spécificités au niveau du caractère, au niveau du comportement. C’est pour cela que je conseille aux familles de bien, bien se renseigner avant de faire l’acquisition d’un chien car, évidemment, il y a des chiens plus difficiles à mener que d’autres et des chiens aussi qui demandent un peu plus de poigne que d’autres.
Le conseil que l’on peut donner à ces gens, c’est d’aller vers des spécialistes pour se renseigner quel est le chien le plus approprié vu l’environnement dans lequel il va devoir vivre.
Exactement. C’est ce que je pense aussi. Des spécialistes, vous en trouvez chez les vétérinaires. Vous en trouvez dans les clubs de races, chez les éleveurs. Il y a pas mal de bonnes adresses que l’on peut obtenir, notamment dans mon livre puisque je cite, à la fin de l’album, toute une liste de sites Internet à aller visiter.
Justement puisque vous reparlez de votre livre, où peut-on l’acquérir ?
Actuellement, il se trouve à plusieurs endroits, c’est-à-dire d’abord à la SVPA dans les environs de Lausanne, au Chalet-à-Gobet et également chez moi. J’habite à Lausanne. Je pourrai éventuellement donner mes coordonnées tout à l’heure. On va également le trouver dans les lieux publics, c’est-à-dire comme ici à la journée du chien. Je serai également présente au Comptoir sur le stand de l’École romande pour les chiens d’aveugle. Je serai aussi présente au Festival de la bande dessinée à Lausanne qui aura lieu le week-end prochain et vous me trouverez aussi à Animalia.
Extra. Merci beaucoup, Carine.
Merci beaucoup.
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod