Exposition féline à Neuchâtel
José Barbezat
Alors la journée pour l’exposant, c’est… au départ, il y a le contrôle vétérinaire sur l’état de santé du chat, les puces, contrôle des vaccins, et après, les éleveurs vont à leur cage, ils préparent leur chat, tout pour les amener en jugement, ils les peignent, ils nettoient les yeux. C’est surtout pour certaines races et après ils vont vers le juge qui leur est destiné au niveau de la catégorie qu’ils ont. Une fois que le chat est jugé, ils attendent pour savoir si il est nominé pour le « best in show » ou pas et après, l’après-midi se passe avec le « best in » où on désigne le meilleur chat de chaque catégorie.
Certains chats ont déjà pas mal de valeur. Tout à l’heure, un éleveur nous parlait de 1000 euros même plus, mais c’est malgré tout une passion qui ne rapporte pas, ou bien ?
Cela ne rapporte absolument rien du tout, parce quand on a des chatons, il y a des vaccins, il y a plein de choses. On vient en exposition, il y a des frais d’exposition, il y a des frais d’hôtel. Il faut vraiment avoir deux ou trois cents chats à vendre par année pour gagner peut-être quelque chose.
Le profane pourrait se demander si c’est bien utile d’essayer de sauvegarder des races, parce que c’est finalement ce qu’ils font ?
C’est tout à fait ce qu’ils font, mais quand on est passionné par quelque chose, on va certaines fois à l’extrême pour garder la race et que certaines races ne soient pas éteintes. C’est surtout ça.
Et maintenant pour en revenir au club de Neuchâtel, comment est-ce qu’il se porte ?
Il ne se porte pas trop mal. Comme tous clubs, il y a toujours des hauts et des bas. Il y a aussi un manque de motivation au niveau des membres, etc. Mais il n’y a pas trop de problèmes.
Fabrice Calmes
Je suis juge FIF, c’est la Fédération internationale féline, depuis maintenant une quinzaine d’années et je juge ce que nous appelons la catégorie 1, c’est-à-dire les Persans et les Exotics et la catégorie 2, tous les chats à poils mi-longs.
Chaque chat a des critères bien précis. Il n’y a pas tellement d’appréciation personnelle ?
Il y a une toute petite partie d’appréciation personnelle, mais nous avons des standards qui définissent absolument chaque race de façon très, très précise et à partir de ces standards, nous comparons les différents chats que nous jugeons lors des expositions.
Comment devient-on juge ?
Cela, c’est une école, une formation qui est un peu longue. Il faut déjà être éleveur. Il faut déjà effectivement avoir participé à des expositions. Ensuite, il faut passer par le stade de ce que nous appelons les assesseurs, les stewards, c’est-à-dire présenter les chats au juge. Ensuite, on arrive au stade où l’on est à côté du juge, ce que l’on appelle l’élève juge et pour pouvoir passer ces examens avec toutes une série de questions sur la génétique, sur les standards, sur l’organisation, sur les règlements et enfin l’examen qui nous permet de pouvoir juger tout seul, on est dans le grand bain, pouvoir juger tout seul les chats de race.
Après ce n’est pas un métier que d’être juge, c’est un hobby. Il faut que cela reste un hobby. Nous ne sommes pas professionnels. Nous ne sommes pas rémunérés, ça reste quelque chose là du côté passion, mais pas du tout professionnel. C’est vraiment parce que l’on aime cela, mais aussi parce qu’on a envie de travailler sur l’amélioration de la race et surtout, surtout là j’insiste, le bien-être du chat. Voilà.
Là, on juge un Exotic. Un Exotic, c’est l’équivalent du Persan mais avec en moins la longueur du poil. C’est-à-dire qu’on a exactement le même type, la même morphologie. C’est un chat qui est relativement court en corps, qui est solide, qui est musclé avec un corps qu’on appelle « cobby », solide. Celui-là, c’est un chat qui est costaud, qui a un cou qui est très court. Il a ce que l’on appelle un « stop ». C’est un petit creux au-dessus du nez. Il a des belles joues. Il a une très très belle couleur, assez rare, d’ailleurs, lilas, ce qu’on appelle du lilas. Il a des très belles marques tabis, un beau dessin, des très beaux yeux orange. On regarde toujours l’âge du chat pour voir un petit peu. Là, on voit que c’est un jeune chat qui n’est pas encore tout à fait… ce qu’on appelle « en balance » et qui est un peu encore timide. On ne sait pas encore très bien se présenter… On va noter bon caractère, parce que ça c’est très important. Il faut que les chats qui sont présentés en exposition soient vraiment agréables à présenter, aussi gentils, autant avec le propriétaire qu’avec le juge. On manipule quand même jusqu’à cinquante chats par jour. On préfère donc qu’ils soient gentils avec nous ! Bon caractère, bien présenté et on écrit à nouveau prometteur, parce que c’est vrai. Ce chat concourt en classe ouverte. On lui donne donc son certificat d’aptitude au championnat. Bravo !
André Christin
Vous élevez-là une race assez rare, est-ce que justement vous pouvez nous en parler ?
Oui, c’est une race très rare. C’est une race qui est tout à fait naturelle, qui était issue d’une portée de Chats de Maison. C’est une race qui a été découverte en 1966 à Toronto. C’est un phénomène qui existe depuis la nuit des temps, puisque cela a toujours existé, mais cela n’a jamais intéressé quelqu’un. Cette portée a eu, au sein de celle-ci, deux chats qui sont nés sans poils, qui ont été viables. Cela a intéressé les propriétaires d’où ils ont fait des croisements avec du Persan, du Rex Devon. Lui a été nominé, il était « best in show » hier et il est de nouveau nominé aujourd’hui. Donc, on verra quand ils feront le « best in », si ils le prennent ou pas… Le but n’est pas là. Le but, pour nous, c’est de les faire découvrir, de faire connaître une race que je dois dire, malheureusement, est controversée parce que c’est une race qui ne plaît pas par son esthétique. De toute façon, nous, on les présente aussi, c’est pour les faire connaître au public et c’est pour enlever ces appréhensions ou ces mauvais ragots qu’on reçoit de ce chat.
Marie Fonteneau
Quelle est la race de chats que vous élevez ?
On élève des Maine Coon depuis quatre ans maintenant. C’est le plus gros chat de race qui existe. Là, c’est un mâle qui a un an. Au niveau du poids, cela peut aller jusqu’à neuf kilos pour des mâles de très bonne lignée. Ils ont des poils longs et, au niveau du caractère, sont extrêmement gentils, extrêmement calmes par rapport à leur taille. On les appelle, les chats « chiens ».
Et pour vous, de faire ces concours, c’est vraiment important ?
Oui, c’est important pour la reconnaissance de notre chatterie et c’est aussi important pour le chat en lui-même, qui fait son parcours de champion en fait.
Combien peut coûter un chat comme le vôtre quand il est réputé ?
C’est vrai que des chats d’exposition se négocient en euros, dans les 1300 euros. Mais après, il y a des chats de compagnie qui sont conformes, qui sont beaux, mais qui ne sont pas forcément des chats… ça se négocie dans les 700 à 900 euros en France.
Trudy Anliker
Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quelle race il s’agit ?
C’est des Siamois et le Siamois a une tête comme un triangle. Cela, c’est le standard. Le corps est très élégant et la queue est longue et très fine au bout. Les jambes hautes comme cela ils sont bien élégants.
Cela fait combien d’années que vous vous occupez de l’élevage ?
Pour moi, j’ai commencé avec un chat siamois il y a vingt-six ans. Toujours des Siamois, mais maintenant j’ai aussi un Sibérien, semi long poils. Ils se supportent très, très bien avec le Siamois. Celui-là, il a gagné hier. Cette année, je n’avais pas beaucoup d’élevage… des expositions.
Bruno Bedoni
Je viens de Rolle où j’ai mon élevage. J’ai commencé en 1993, cela fait maintenant quatorze ans. J’ai toujours élevé des Maine Coon depuis le début. C’est une race superbe avec un gabarit impressionnant, un look vraiment très, très sauvage. Le look sauvage agressif qui fait presque peur n’a rien à voir avec le caractère du chat qui a un caractère très, très doux.
Il fait penser un petit peu au lynx avec ses oreilles ?
C’est l’une des caractéristiques du Maine Coon, d’avoir des grandes oreilles avec ce que l’on appelle un « lynx type », ces petits plumets qui nous rappellent le lynx.
Quelle est son origine géographique ?
L’État du Maine, le nord-est des États-Unis, région de Boston, anciennement la Nouvelle Angleterre qui a été divisée en trois états, le New Hampshire, le Massachusetts et l’État du Maine.
Comment cela se passe entre les éleveurs, l’ambiance ?
Généralement bien. C’est convivial en ligne générale. Comme dans tous regroupements, il y a des personnes qu’on apprécie plus que d’autres !
Et par rapport aux juges, est-ce qu’il peut y avoir des problèmes ou des contestations ou les critères sont vraiment très précis ?
En principe, les critères sont précis. Je dirais que les personnes qui contestent, ce sont des personnes qui ne sont pas forcément, comment dire, bons joueurs. Mais autrement, je dirais, contestation au sens vraiment grave, grave, non ! Généralement, la contestation va avec la déception. C’est sûr que quand on est déçu, on n’est pas forcément toujours bon joueur.
Liliane Ballaman
Je fais partie de la Fédération féline de Neuchâtel. Là, je présente un Sacré de Birmanie bleu point qui a déjà une superbe carrière. Elle a fait toute sa carrière en classe ouverte en étant euro championne. Elle a aussi fait toute la carrière en classe castrée et aussi euro championne même Premior. Elle a fait, sur deux ans, ce que l’on appelle « le prix du meilleur show ». Il faut dix shows en deux ans. Elle en a fait vingt-et-un et elle a participé au championnat du monde aussi. On a loupé le titre mondial pour deux points en Italie. C’est dommage. J’en suis à ma sixième génération dans le travail du Birman. Le Birman, c’est un travail qui est très, très long. Vu que c’est un chat qui est fabriqué, ce n’est pas un chat nature, la particularité, c’est d’obtenir ces petits gants blancs parfaitement symétriques aux quatre pattes, d’avoir des jolies pointes arrière. Je ne sais pas si on les voit là… d’obtenir des petites oreilles. Il faut que cela soit vraiment bien petit, le nez assez court, le plus régulier possible dans la couleur. Cela, c’est un bleu point. Mais il faut vraiment être mordu et il faut vraiment avoir le feu sacré pour faire de l’élevage, surtout de l’élevage de Birman, parce que c’est plus difficile, du fait qu’on a des critères qui sont beaucoup plus élaborés que les autres races, au niveau justement des pattes. Il faut que cela soit parfait, que les yeux soient très bleus, il faut qu’il y ait des petites oreilles, que tout concorde. Ils veulent le Birman parfait, mais cela n’existe pas !
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod