Scouts neuchâtelois en fête
Marc Antoine alias Bison
Je rentrais de l’école de recrue quand on m’a « totémisé » et on me disait que j’avais une assez forte carrure et un mauvais caractère, alors mon totem a été « Bison ».
Vous avez fait partie du mouvement scout à quelle époque, cela ne date pas vraiment d’hier ?
Cela date de bien des années. Je suis entré au mouvement des louveteaux du Bouquetin de Neuchâtel en 1935. Je suis entré aux scouts en 1938 et j’ai eu le plaisir de faire mon premier camp d’été, le camp national à Zürich, juste avant la guerre en 1938.
Vous étiez donc enfant, adolescent à ce moment-là. Est-ce que cela vous a apporté quelque chose qui vous est resté ensuite ?
Oui, tout à fait. Cela a été une école de vie. Encore maintenant, comme on le dit : « Scout un jour, scout toujours. »
Et vos relations avec les anciens, c’est toujours très fréquent ?
C’est excellent. Toute l’adolescence que l’on a passée. Tous ceux qui sont restés encore à Neuchâtel, puisque j’habite Neuchâtel, on se retrouve encore régulièrement. On se serre la main, on se serre la main gauche.
On aurait pu craindre avec l’évolution de notre société que le mouvement souffre, voire disparaisse, cela n’a pas été le cas ?
Cela a failli être le cas pendant la guerre, la dernière guerre parce que tous les chefs ont été mobilisés. Il y a eu une période un peu de flottement et, heureusement, juste après la guerre, le mouvement a pu reprendre et je crois, à ma connaissance, jusqu’à maintenant malgré certaines rivalités, beaucoup de sociétés se sont mises aussi à des activités de plein air, ce qui était un peu la base du scoutisme. Le camping, c’est quand même le scoutisme qui l’a un peu apporté. Quand on était gosse, on allait camper. C’était une aventure, mais maintenant… aller camper, ce n’est plus du tout une aventure. Mais quand même, les règles de base du scoutisme sont restées et resteront encore longtemps après ce centenaire que nous fêtons aujourd’hui.
Justement, on observe qu’il y a toujours des règles très sévères malgré tout, très strictes, le respect. J’ai pu m’apercevoir, durant ces trois jours, que les jeunes respectent toujours ces règles-là. Cela paraît surprenant quand même ?
Il faut croire que c’est dans l’ordre des choses, être loyal, être fidèle, avoir le sens de l’honneur, avoir le sens du service, être comme notre devise « toujours prêts ». Les louveteaux, de mon temps, c’était : « De notre mieux, faire de notre mieux. » Après, les routiers le mouvement est né et était : « servir ». Oui, toutes ces règles de base, ces devises sont, je crois, toujours actuelles.
Bonjour. Vous voulez écrire un mot pour que le monde soit meilleur et qu’il y ait plus de paix.
Bonjour. Est-ce que vous pouvez écrire un mot pour que le monde soit meilleur et qu’il y ait plus de paix.
Bonjour. C’est pour voir si vous vouliez écrire un message pour que le monde soit meilleur.
Il y a trois zones. Une zone au centre, une zone au milieu et une zone à l’extérieur. Trois zones comme trois branches. Il y a une zone qui est prévue pour les louveteaux, une zone qui est prévue pour les éclaireurs et une zone qui est prévue pour les pionniers. Vous êtes séparés. Vous devriez travailler ensemble. Le plan du terrain : bleu pour les louveteaux, brun pour les éclaireurs et rouge pour les pionniers. Vous allez être les deux équipes dans ces zones. Le but du jeu va être de prendre des pives dans le bac bleu là. Le truc, c’est que pour empêcher les autres d’emmener les pives, de transporter les pives, vous aurez votre foulard dans votre pantalon, cela va vous faire une petite queue qu’on va pouvoir tirer.
Khâ
Mon nom scout, c’est Khâ, le serpent Khâ.
Pourquoi ?
Parce que j’étais un traînard et j’étais toujours dans les brousses.
Vous êtes toujours resté actif dans ce mouvement ?
Toujours, toujours. Il y a toujours quelque chose à faire. Actuellement encore, pour les baraques des éclaireurs à Neuchâtel ; les baraques qui sont en dessus des Cadolles ont été achetées par un nommé Veyonnet qui était chef éclaireur à Cortaillod. Il s’appelait « Castor » et on a travaillé ensemble, parce que moi aussi, j’étais « Castor » à l’époque, à Couvet avec mes copains.
Vous avez presque connu le mouvement scout dans ses débuts. Est-ce que cela a beaucoup changé d’après vous ?
Oui, cela a beaucoup changé. C’est énorme. Du reste, rien que la tenue des éclaireurs. Maintenant, vous voyez, ils sont habillés n’importe comment. Moi, j’ai un peu de tenue. Je ne sais pas si c’est l’armée qui m’a formé pour finir d’être habillé comme ça. Mais vous voyez, j’ai un foulard bien mis, j’ai un chapeau bien mis… Les autres, regardez, ils sont un peu débraillés. Je n’aime pas tellement ça ! C’est du désordre, cela ne veut pas dire qu’ils vont obéir à leur chef… Nous, on avait un chef qui était extraordinaire. C’était un nommé Jean-Paul Reitzel qui est devenu commandant de la brigade de montagne X en Valais après coup.
C’est un peu un reproche que vous faites aux chefs scouts aujourd’hui de ne pas exiger plus de discipline ?
Ce n’est pas un reproche, c’est une remarque. Allons-y doucement… Non, je les adore tous, mais il faut avouer que cela a bien changé.
Quels conseils vous donneriez à des parents qui ont des jeunes enfants pour les motiver à aller aux scouts ?
Actuellement, je m’occupe encore un petit peu de ça, mais c’est difficile. Moi, j’ai commencé à Couvet. Une troupe qui n’avait pas de nom, parce que c’était un ouvrier de chez Dubied qui travaillait avec mon père, alors il m’a formé comme éclaireur. À l’âge de treize, quatorze ans, je suis parti avec Jean-Paul Reitzel qui est un type sensationnel. Moi, j’ai quatre-vingt-sept ans maintenant. Je ne pourrais pas conseiller aux gens autre chose que de mettre un garçon aux scouts. Une fille, je ne peux pas dire, je ne connais pas assez.
Toi, tu as quel âge ?
Moi, j’ai quinze ans.
Prendre le temps de se causer.
Arrêter les guerres, plus de faim dans le monde.
Etre plus gentil.
Se respecter les uns, les autres.
Arrêter la guerre et que tout le monde ait à manger.
La paix et la tolérance.
Maye Sakhawadin
Quelles sont les spécialités somaliennes ? Qu’est-ce que vous utilisez comme aliments ?
On utilise plusieurs choses, du maïs avec du lait de chameau aussi et de la viande de chameau aussi. Nous avons d’autres spécialités qui nous viennent d’Inde, spécialités somaliennes, ça s’appelle « samosa » avec viande hachée de bœuf et nous avons des « badias », des brochettes. Nous avons aussi du riz basmati de trois couleurs. Ça, ça représente le drapeau neuchâtelois.
Est-ce que vous connaissiez déjà un petit peu les scouts avant et leur philosophie ?
J’ai participé chez moi. Les scouts, oui. On disait « boy-scouts ».
Pour parler de la Somalie, votre pays. Comment va-t-il si je puis dire ?
Maintenant, notre pays, à cause de la guerre civile, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas bien encore.
Et maintenant pour reparler d’autres villes, est-ce qu’il est possible de manger votre cuisine à Neuchâtel ?
Bien sûr. Nous avons présenté cette cuisine depuis 1994.
Est-ce que vous avez eu des problèmes finalement pour être acceptés par les Suisses ou cela s’est fait assez facilement ?
Non, non. On a été accepté facilement, parce qu’on était bien intégré. Je participais dans tous les domaines, soit socialement ou soit dans la part d’intégration aussi.
Valentin Montandon
Comment t’es venue l’idée de te mettre dans les scouts ?
C’est mon grand-papa qui m’en avait parlé. Ensuite, j’ai fait le passeport vacances et j’ai bien aimé et j’ai commencé.
Ton grand-papa faisait partie des scouts ?
Oui, il faisait partie des scouts. Ma mère aussi.
Qu’est-ce que tu trouves d’intéressant chez les scouts ?
Je ne sais pas. J’aime beaucoup les scouts, mais je ne sais pas pourquoi. J’ai des copains et on s’amuse beaucoup. J’aime bien les rallyes, les trucs comme ça.
Est-ce que tu sais pourquoi ils ont organisé ces trois jours un peu spéciaux ?
Pour les cent ans du scoutisme et pour un monde meilleur. C’est un projet.
Tu as participé hier pour recueillir ces petites phrases auprès des gens, qu’est-ce qu’ils ont dit les gens de ton quartier ou ceux où tu étais ?
On est allé interroger dans des magasins et il y en a qui disaient : « Arrêter la pollution, respecter son prochain », plein de choses sympas.
Est-ce que tu sais, c’est peut-être une question colle, qui est le fondateur des scouts ?
Oui, c’est Baden Powell.
Maintenant tu peux m’expliquer car je ne connais pas trop. Il y a des chemises bleues, des chemises rouges, des chemises brunes.
Oui, il y a aussi des chemises vertes. Les chemises bleues, c’est pour les louveteaux, les plus petits. Ensuite vers les onze ans, ils montent aux éclaireurs, c’est des chemises brunes comme la mienne et ensuite, on va aux pionniers, c’est des chemises rouges et quand on est chef, on a des chemises vertes.
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod