Les poèmes du berger : Testament d’un écorché vif
Je donne mon argent à tous les pauvres, les miséreux du Tiers-Monde, du Quart-Monde, ces gens de cœur qui m’ont plus appris l’humilité que n’importe quel livre mensonger des hommes tricheurs !
Je lègue la sueur de mon front à tous les chômeurs et qu’ils touchent à la fin du mois ma paie. Je leur rends toute la bière que j’ai bue à leur table quand nous prenions ces monstres cuites et qu’ils sachent que je les sais encore !
Je donne à tous les désespérés, le peu d’espoir qu’il me reste de cette Humanité finissante !
Je lègue mes désillusions à toutes les femmes que j’ai aimées et qui n’ont rien su faire de mieux que de me tricher !
Je laisse mon humilité à tous ceux qui ont bien voulu m’écouter !
Je donne, j’offre enfin toute ma tendresse, mon affection, mon amour, le peu de cœur qu’on a rongé ; à ma chouchou qui restera à jamais l’île de ma paix tranquille !
La solitude, je la garde pour moi pour dernière compagne avant ma dernière heure !
Poème écrit par Eric Broye
Texte retranscrit par Françoise Berthod