Équitation western à Nods

 

 

Daniel Sauser

 

C’est la quatrième fois que vous organisez ce genre de compétition, comment ça s’appelle très précisément ?

Une manifestation comme cela, c’est un concours western qui stipule le travail des cow-boys aux États-Unis. On essaye de faire au mieux en Suisse. C’est surtout le tri du bétail, comment est-ce qu’ils le travaillent là-bas. On a un lot de génisses par troupeaux qui est de douze et on doit en sortir trois. Cela, c’est comme ils le font aux États-Unis pour marquer un veau, une bête malade, la sortir, trier ou séparer des génisses de deux ans d’avec des génisses d’une année. C’est le travail que l’on fait aujourd’hui ici, mais sous forme de concours. Aux États-Unis, c’est plutôt leur job en somme.

 

On voit que cela se fait dans beaucoup de respect. Ils respectent les génisses.

Forcément, ici on doit faire très attention parce que nos lois suisses ne nous permettent pas de faire du lasso ou d’aller trop brutalement. Nos paysans suisses aiment quand même leurs bêtes, ils en prennent du soin. Ce n’est pas à un concours où on doit faire de la casse avec les animaux. On doit relativement faire attention.

 

On va voir trois choses en tout cas ici aujourd’hui à Nods ?

Oui. Aujourd’hui, nous avons le team penning. Team qui vient de l’anglais équipe. Qui se travaille à trois cavaliers qui doivent trier trois génisses. Ensuite, nous aurons le barrel race qui est une course de vitesse surtout, de dextérité parce qu’on pose, c’est-à-dire, trois tonneaux. Les concurrents doivent tourner autour le plus rapidement possible, le plus près possible et c’est ça qui fait la différence, un bon cheval, un mauvais cheval au niveau vitesse. Ensuite, nous aurons le cattle penning qui est la même chose que le team planning. Simplement, c’est un seul cow-boy qui travaille avec une seule bête qui est similaire au team planning.

 

Dans la région, canton de Berne, canton de Neuchâtel, est-ce qu’il y a beaucoup de jeunes ou de moins jeunes passionnés par ce genre d’équitation ?

Oui. Ici aujourd’hui, on a quarante-cinq équipes même quarante-sept dont douze qui sont françaises. On a la chance de les accueillir cette année. C’est vrai que tout le reste, c’est des équipes suisses qui sont de toute la région, du Valais, du canton de Vaud, de la région même. Il y a pas mal de passionnés, je dois dire !

 

Il y a des compétitions ici, est-ce qu’il y a aussi des compétitions nationales et vous-mêmes, vous en faites ?

Moi organisateur, je fais partie du championnat suisse et c’est une manche qualificative pour la STPA, qui n’est autre que la Suisse Team Penning Association.

 

Des championnats internationaux aussi ?

International il y a aussi. Alors, il faut sortir de nos frontières…En France, en Italie, en Allemagne, ils sont aussi très développés voire plus que la Suisse. La Suisse, on est vraiment dans un début, ça commence à devenir connu.

 

Vous avez déjà été vous confronter à des cow-boys américains ?

Alors oui. L’année passée, je suis parti faire un stage aux États-Unis et tout le travail que l’on fait ici, je l’ai fait moi-même là-bas avec des vrais cow-boys.

 

Qu’est-ce que vous valez, si je puis dire, par rapport à eux ?

C’est très difficile à dire. Au niveau expérience, j’ai eu une bonne base, je sais comment travailler, mais après il y a aussi le cheval qui fait tout, c’est-à-dire qui fait une grande différence. Je pense que je suis pas mal, on va dire ! On ne va pas trop se vanter non plus…

 

Si des jeunes souhaitaient monter une équipe, comment est-ce qu’ils doivent faire et est-ce qu’ils peuvent vous contacter ?

Me contacter moi, c’est un peu difficile mais nous avons un site Internet qui est www.stpa.ch et là, ils trouveront tous les renseignements auprès du président.

 

 

Virginie Pidutti

 

Vous faites partie de l’équipe de France ?

Là, on est en train de remonter une association alsacienne. Oui, on va courir pour le championnat de France.

 

Pourquoi faire autant de kilomètres pour venir ici ?

Par plaisir et surtout par passion. Cela nous tient tellement à cœur le team penning qu’on est prêt à faire des kilomètres… on est tellement passionné.

 

Justement pourquoi cette passion ? On peut faire tellement de choses avec un cheval. Pourquoi le western ?

Cela, c’est quelque chose qui n’est jamais pareil. Les vaches ne bougent jamais pareil et vraiment, une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer.

 

Il faut être agricultrice ou fille d’agriculteur ?

Non, non juste avoir son cheval. C’est le seul truc.

 

Vous avez choisi le western pas tout à fait par hasard ?

En fait, c’était mon ami qui au départ s’était lancé dans l’équitation western et moi je faisais de l’équitation classique. On a fait un concours ensemble et cela m’a tellement plu, les vaches, qu’on est passé là-dedans.

 

 

Norbert Chabloz

 

Vous avez créé une association qui s’appelle « Cheval Pour Tous », est-ce que vous pouvez nous en parler ?

Oui « Cheval Pour Tous », tout simplement parce qu’au départ, j’ai fait un peu de randonnées et beaucoup de tourisme rural. J’ai une exploitation agricole à la base dans la région des Alpes vaudoises et cela m’a donné un bon à-côté au départ, c’est pour cela que j’ai créé ça. Effectivement, on accepte tout le monde moyennant, on ne va pas partir en randonnée avec cinq cavaliers débutants, pour des raisons de sécurité, on va partir avec un ou deux. La seule chose que je ne fais pas, c’est de donner des cours d’équitation. Il y en a d’autres dans la région qui le font, qui ont des brevets et qui le font beaucoup mieux que moi. Alors, je m’arrête à ça et avec mes chevaux par la suite, on en est venu à faire du ski joering, ce qui consiste à faire du ski derrière le cheval, qui est bien connu en Suisse surtout à Saint-Moritz. Cela s’est beaucoup perdu ailleurs depuis qu’il n’y a plus de cavalerie et, de fil en aiguille, on est arrivé au concours que l’on fait ces jours avec du team penning, du tri de bétail qui est un concours avec des courses western qui sont vraiment typiques et qui viennent d’arriver en Europe. En Suisse, c’est tout nouveau. En Europe, il y a beaucoup de championnats. Il y a déjà eu deux championnats du monde qui ont été organisés. Un en France et l’autre en Allemagne. Cela vient doucement. On est toute une équipe, là, plus sur la Romandie, parce qu’il y a déjà une question de langue, on a notre barrière linguistique. On pourrait faire plus d’efforts pour être tous ensemble, mais on y travaille et j’espère que l’on va arriver pour ce style-là, à faire plus de team penning en Suisse et pour en revenir à moi, mon organisation est ouverte à tout le monde avec www.cheval-pour-tous.ch, vous trouvez toutes les informations dont vous avez besoin sur ce site.

 

Qu’est-ce que vous pourriez dire pour donner envie aux jeunes et aux moins jeunes de faire ce que l’on voit aujourd’hui ici ? Qu’est-ce qu’il y a de si fabuleux dans ce sport ?

Alors ce qu’il y a de fabuleux dans ce sport, il y a une partie de chance, il en faut de toutes façons, mais si on a de la chance, on n’a pas droit à une erreur. On travaille avec des animaux qui sont imprévisibles et vous ne pouvez pas avoir vraiment une tactique de jeux précise, parce qu’elle peut changer à tout moment. Par équipe de trois, il faut vraiment bien s’entendre, savoir comment le collègue va réagir, pour nous, réagir différemment. Il n’y a aucun contact qui doit avoir lieu avec le bétail pour éviter des accidents et autres. C’est vraiment le fait de la dominance du cheval sur le bovin qui doit vraiment être importante et qui doit arriver là. Pour donner l’envie, je crois que le plus simple, c’est que ces gens se renseignent. Il y a aussi un site qui est www.stpa.ch. Vous pouvez avoir les dates, les rendez-vous et tout ce qui s’y fait actuellement et venez voir. Je crois que c’est la meilleure solution. Venez voir ces courses. Il y en a peut-être une ou deux cet automne. L’année prochaine, il y aura de nouveau quelque chose qui s’organise. Venez voir et prenez contact avec toutes ces personnes-là. Il y a des adresses, il y a des liens sur ce site, des personnes qui peuvent vous donner des cours. Je suis de loin pas seul. On est nombreux et cela sera avec plaisir qu’on donnera une initiation pour leur donner le virus. Je crois que c’est important.

 

 

Xavier Degallier

 

Vous avez monté une équipe avec votre amie, votre belle-maman ?

Oui exactement, c’est le team penning. C’est une compétition qui se court à trois. On était trois cavaliers, ça allait bien. On aime bien la monte western, donc effectivement c’était prédisposé pour faire une équipe de team penning.

 

Pourquoi avoir choisi finalement la monte western, il y a tellement de choses possibles avec l’équitation ?

Vous avez raison. Il y a énormément de sports possibles, d’activités possibles, probablement le fruit de certains voyages et également le confort de la selle western. J’ai appris à monter sur une selle western et finalement je ne l’ai plus jamais quittée. C’est un fauteuil, ça me plaît bien. C’est une équitation qui est assez sympa.

 

Il y a ce rapport, bien sûr, avec les génisses, c’est particulier ?

Cela, c’est de l’amusement. C’est vrai que c’est issu historiquement du travail du bétail dans les ranchs. Nous, on n’a évidemment pas de vaches, pas de ranchs et on ne travaille pas le bétail, si ce n’est pour s’amuser. Les buts, les enjeux sont un peu différents. On a des règles qui sont assez strictes et qui visent finalement à protéger surtout le confort des cavaliers, des vaches et des chevaux, qu’on ait vraiment le respect de l’animal pour que l’on puisse s’amuser, mais avec des règles qui soient correctes, sans brutalités.

 

Quand on choisit comme cela la monte western, on pense aux cow-boys c’est normal. C’est des envies, c’est des rêves qui remontent très loin, cela ?

Très loin, non. Il y a des voyages effectivement, c’est sept ou huit voyages aux États-Unis dans des États particulièrement riches aux cultures western, mais sans en faire l’amalgame du cow-boy avec le revolver dans la poche. Cela sort un tout petit peu de la monte classique.

 

Alors aux États-Unis justement, c’est vraiment le sport national dans certains départements ?

Le sport national il y en a d’autres, mais il y a le base-ball et d’autres sports nationaux, mais le cheval permet de vivre. Il y a des gens qui font ce type de compétition de manière professionnelle, qui traversent le pays pour remporter des points et se qualifier et finalement, ils arrivent à vivre de cela. Il n’y en a pas beaucoup, il ne faut pas rêver. Cela peut être un sport qui peut être lucratif.

 

Et en Suisse, on peut dire que c’est un sport qui monte ?

Qui mérite de se faire découvrir, d’ailleurs vous en êtes la preuve probablement, mais non, c’est réservé à quelques initiés. Voyez ici, il n’y a pas beaucoup de public, c’est surtout des gens qui viennent par curiosité où les participants eux-mêmes.

 

Mais il ne manque pas de cavalières, ni de cavaliers. Ils viennent même depuis l’Alsace.

Oui. Cette année, c’est particulier en Suisse romande, on a fondé une association qui vise surtout à uniformiser les règlements par rapport aux différentes manifestations et on fait un petit classement sur l’année. Alors cela motive les gens. Si on commence bien la saison, on vient vite au dernier pour marquer quelques points.

 

Est-ce que c’est un sport qui est très coûteux par rapport, je ne sais pas, au football, au hockey sur glace ?

L’équipement est peut-être un peu plus onéreux dans le sens où il faut quand même un cheval. Il faut l’entraîner assez régulièrement. Mais par rapport à l’équitation, non, ce n’est pas plus cher.

 

Ce n’est pas ou ce n’est plus, comme on aurait envie de le dire, un sport réservé à la jet société ?

Non probablement pas. C’est probablement une image contre laquelle il faut se détacher, parce que vous avez vu le parking. On voit un petit peu le type de cavaliers et le type de personnes qui sont là. Pour l’instant, le team penning en Suisse en 2007, c’est encore une histoire de copains et il faut que cela reste comme ça le plus longtemps possible.

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod